Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
vendredi 9 juillet 2010
Le climategate imaginaire...
jeudi 29 avril 2010
Une marée noire gigantesque et je fais mon Bisounours
Je pourrais être cynique, mais je suis trop attristé pour être cyniquement crédible.
La marée noire devrait donc toucher les côtes de la Louisiane vendredi soir et très probablement complètement ravager la faune et flore unique de cette région.
Si Dieu existe, on ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir prévenu nos amis américains, et plus particulièrement ceux de la Lousiane et la Nouvelle Orléans... Après Katrina, la marée noire...
Je ne vais pas accabler les USA et leur soif de pétrole qui se retourne contre eux mais j'espère que ce malheur supplémentaire les fera changer de cap.
J'espère que la nappe de pétrole ne s'échouera pas en Louisiane et que le pire pourra être évité.
J'espère aussi que les sociétés liées à cette plateforme pétrolière seront poursuivies et punies s'il s'avère qu'elles ont failli à certaines règles de sécurité.
J'espère également que cette catastrophe contribuera à nous faire prendre conscience quand aux risques que nous prenons à nous entêter à vouloir continuer sur le mode de la consommation outrageuse d'énergie fossile.
Voilà, pas de grand message, juste une désolation devant les faits.
vendredi 16 avril 2010
La France au top de l'écologie avec GDF au Brésil...
J'entendais un politique, dont je ne me souviens plus le nom, nous raconter ce matin à la radio que la France aurait pu être une nation précurseur en matière d'écologie pour X raisons...En fait j'ai l'impression que les français se disent souvent que nous sommes pas mal en matière d'écologie et qu'il faut taper sur les doigts des chinois, américains ou brésiliens...
Et bien GDF/Suez nous en a fait une belle en matière en protection ou plutôt de destruction de l'environnement avec la construction d'un barrage hydroélectrique à Jirau au Brésil.
-Inondation des forêts du bassion du Madeira
-Dévastation des stocks de poissons
-Déstruction irréversible des moyens de subsistance des populations locales.
Le gouvernement français, actionnaire à 36% de la compagnie, participe donc à un massacre écologique qui vaut à GDF Suez le prix ‘Public Eye Award’ 2010 récompensant l’une des entreprises mondiales les plus irresponsables sur les plans social et écologique...
L'information n'est pas nouvelle, mais je la découvre aujourd'hui, on dirait qu'on aime qu'on nous mette le nez dans notre propre merde.
Alors au lieu de tenir de grands discours creux et populistes, nos dirigeants feraient bien de commencer à éviter de détruire avant de vouloir construire proprement.
vendredi 24 avril 2009
Grenelle des ondes...
Je ne sais pas si les antennes relais sont dangereuses pour la population avoisinante, je ne le sais pas et je doute que ce grenelle permette de contribuer à le déterminer vu qu'il n'y a aucun scientifique d'invité.
Dès que la populasse grogne un petit peu, on lui file un grenelle pour la calmer.
On va donc avoir des représentants d'opérateurs, d'institutions de santé, d'associations de défense de l'environnement et de consommateurs, ainsi que des élus pour discuter d'un hypothétique problème de santé.
Un esprit sarcastique dirait que ce sera un petite réunion entre lobbies et couillons...
Auront nous moyen terme un crise comparable à celle des Ogms? Je ne pense pas, car si on interdit les Ogms, les gens pourront continuer à manger des légumes, par contre, sans antennes relais, ça risque de devenir compliqué d'avoir du réseau. Et sans aller jusque là, le confort d'un bon réseau partout est devenu une espèce d'acquis social que l'on ne sacrifierait certainement pas au nom d'une quelconque question de santé publique.
Sur la blogosphère, SNoWBloG doute de la dangerosité des antennes relais avec ironie tandis que Plunkett se demande à juste titre les effets qu'aurait l'annonce d'une dangerosité avérée des ondes et antennes relais, vu les sommes astronomiques en jeu dans le marché de la téléphonie mobile.
Pour ma part, j'ai viré le Wifi de chez moi, mais mes voisins ne l'ayant pas fait, le problème entier (si problème il y a), mon portable est éteint tous les soirs vers 22h.
Je me suis posé une question que je vous pose à vous dans un petit sondage sur ce blog, celle de savoir si vous pourriez revenir à un vie sans téléphone portable...
En ce qui concerne, étant d'une génération ayant connu le monde avant internet et portables, je pense pouvoir m'en passer.
J'étais heureux avant, je communiquais, j'écoutais mon répondeur quand je rentrais chez moi, chaque communication avait de l'importance.
On se donnait rendez-vous et on s'y tenait.
Je sais que je sonne un peu vieux jeu réac', mais honnêtement si le portable était vraiment dangereux et se raréfiait, cela ne me dérangerait pas plus que ça.
Je suis curieux de découvrir vos votes (en pages d'accueil en haut à droite)
mercredi 1 avril 2009
La mode écolo réchauffée
Ben oui, on a eu un belle mode écologique, développement durable, avec des grenelles des ministres de l'écologie, du bio et c...
Maintenant, c'est fini, une petite crise, quelques fermetures d'usines, licenciements, belles paroles présidentielles et puis l'écologie est passé en queue de peloton.
Il arrive qu'un coureur se laisse tomber en queue de peloton pour mieux surgir par surprise au pied d'une côte, et bien je pense que quand il va surgir, le coureur, il va nous faire une ascension de l'Alpe d'Huez à la Lance Armstrong de la grande époque...
Et comme pour le champion préféré des français, il sera sûrement trop tard pour l'empêcher de foutre sa merde.
Je ne vais recommencer l'éternel débat pour savoir si oui ou non, on court à la catastrophe, si un dérèglement climatique a commencé et sera irréversible dans 10 ans, si le pétrole va bientôt être si rare et cher que les pauvres gens n'auront qu'a sortir leur vélo. Je ne commencerai pas de débat sur ces sujet, je vais simplement partir du principe que cela va être la cas.
Quand on fait une projection économique, financière, sur quel cas de figure se base t-on?
Le meilleur ou le pire?
Je vous laisse mijoter, mais sachez que je ne ferai pas affaire avec celui qui optera pour la première solution...
Alors, si le danger est toujours là, pourquoi ce désintérêt soudain?
J'ai évoqué la crise, oui, le prix du pétrole revenu dans le domaine du raisonnable aussi, mais la désintérêt est plus vieux que ça.
Non, je pense simplement que le bon vieux peuple fait comme avec la mode, il passe à autre chose, collection hiver / été.
Parce que c'est bien gentil l'écologie, mais moi je trie mes poubelles, je bouffe bio, il y a même du bio en marque distributeur, ça fait moins cher la bonne conscience.
Par contre, la bagnole, maintenant que l'essence est moins chère, ben je la prends comme avant. Et mon 4x4 parisien... Ben c'est mieux, c'est sécurisant, je me sens protégé(e).
Il faudrait un virage dans notre société, un virage finalement pas si incompatible avec notre mode de vie actuel mais impliquant quand même quelques privations.
La croissance, le mot magique, elle règle tous nos problèmes, achetez, consommez, jetez, rachetez.
Une chose est certaine, il faudrait arrêter ces conneries et commencer à fournir du matos "long terme".
Quand on voit que nos vieilles 504 roulent encore au Mali à plus de 600.000km, c'est qu'avec un petit peu de volonté on pourrait en faire de même chez nous, mais avec du matos prévu pour durer, pas du matos prévu pour clamser après 2 ans.
Je ne vais faire la liste des idées d'un Hulot, d'un Gore ou d'un ... Borloo...Non je déconne...
Je me pose une question, sommes nous cons? Et j'inclus nos dirigeants, allons nous courir au désastre et attendre de se prendre la baffe avant de comprendre qu'il y a un léger souci?
Honnêtement, je suis comme beaucoup, je ne sais pas trop quoi faire, je suis dans la lignée des trieurs de poubelles qui attend que le mouvement vienne d'en haut et qui a tendance à oublier le problème quand on n'en parle pas.
La lignée des baltringues, je sais.
Que faire?
Sarkozy, comme Chirac s'en bat les reins, Obama... Faut calmer le jeu avec le messie des amériques.
Je crois qu'on va se prendre un mur, on le voit venir, mais on va se le prendre en pleine tête, c'est comme ça.
Un petit lien, deux petits liens, toujours des petits liens...
Hubert Reeves
WWF
Hulot
mardi 31 mars 2009
L’étonnant retour d’Alain Juppé sur notre scène politique.
Depuis, l'ancien Premier ministre semblait se consacrer uniquement à sa bonne ville de Bordeaux. Mais là, depuis quelques jours, Juppé fait un retour en force sur la scène médiatique : Jacques Delors l'évoque la semaine dernière comme un potentiel président de la Commission Européenne, les médias parlent aussi d'un retour au gouvernement pour redorer un peu un gouvernement Fillon dont les ministres sont pour la plupart à l'agonie politique.
Ce matin, Alain Juppé faisait la promotion de son nouveau livre : « Je ne mangerai plus de cerises en hiver. » Dans ce bouquin, Juppé prône un nouveau modèle économique moins consumériste, moins incohérent environnementalement parlant, et moins soumis aux infâmes règles du marché. D'ailleurs, ce matin, il a appelé à proposer une loi sur les rémunérations des patrons, à ma grande surprise, alors qu'on a déjà publié un décret, apparemment mal fichu, sur la question.
Franchement, cher lecteur, ce type de discours me fait bien rigoler. On oublie de dire que Juppé a été le promoteur de ce système. En tant que Premier ministre, il a défendu une politique de réduction de la place de l'Etat et de dégradation des systèmes sociaux. Auparavant, il avait été ministre du budget lorsque Jacques Chirac était Premier ministre, entre 1986 et 1988, dans une des phases les plus libérales de notre histoire politique.
Doit-on déjà à la crise d'avoir amené Alain Juppé à changer radicalement de position idéologique ? Franchement, je n'en crois rien. Sans doute s'agit-il d'une conversion bien opportune, visant à se mettre en phase avec la population pour préparer un retour.
Nos hommes politiques sont vraiment increvables…
dimanche 22 février 2009
Vélib' s'étend en banlieue : est-ce efficace ?
Pour le moment, le modèle Vélib’ fonctionne plutôt bien. Certes, le vélo est lourd et un peu difficile à manier (surtout dans les cotes, avec seulement trois vitesses et un plateau), mais le fait de pouvoir laisser un vélo sans en avoir la responsabilité est un vrai avantage, surtout dans une ville comme Paris où les vélos se font très souvent faucher. De plus, le service reste peu coûteux.
Cependant, ce système peut-il réellement s’étendre à longue distance ? En proche-banlieue, les avantages devraient rester équivalents, car les distances restent courtes et les habitats denses. Il pourrait même y avoir un vrai gain pour les personnes effectuant des trajets inter-banlieues qui sont actuellement assez mal couverts par les transports publics et encombrés au niveau automobile.
Malgré tout, je doute de l’extension à longue distance de Vélib’. Le système s’appuie sur la proximité des stations les unes des autres. D’ailleurs, on ne peut emprunter le vélo que 30 mn maximum si on ne veut pas payer un surcoût. Or, la banlieue, en s’éloignant, a deux désavantages qui vont casser ce système. D’abord, plus on va loin, moins la banlieue est dense (l’habitat pavillonnaire est de plus en plus important). Ensuite, plus on s’éloigne, et plus les centres de peuplement et d’emplois sont éloignés les uns des autres, rendant les trajets longs on ne peut plus difficiles et réservant ce service à des personnes aguerries et entraînées.
En clair, hors de l’hypercentre, le Vélib’ touche sa limite. Ce service ne peut fonctionner que dans des endroits bien précis (la ville très dense) et risque de devenir intenable hors des zones les plus habitées.
Beaucoup ont présenté Vélib’ comme une alternative aux transports en commun et à l’automobile, et comme l’avenir de la région. Cela est juste dans Paris et en proche-banlieue, mais n’a plus aucun sens en grande banlieue. Dans ce cas-là, l’automobile et les transports en commun restent incontournables. Or, ce sont ces flux-là qui restent responsables de la majorité de la pollution actuelle en région parisienne.
C’est donc à ce défi que nos collectivités territoriales et l’État (qui conserve des prérogatives concernant l’aménagement à Paris) devraient s’atteler, d’autant plus que les travaux sont longs. On aurait aimé que dans ses annonces d’investissements, le gouvernement pense aussi à ce type de problématique…
dimanche 15 février 2009
GIEC ou Afssa? A vous de choisir...
Par contre un court billet de Nicolas m'a rappelé une incohérence dans le discour libéral.
D'un côté on a le GIEC, organisation scientifique officielle, qui nous avertit du danger du réchauffement climatique, et de l'autre l'Afssa qui nous explique que les OGM ne sont absolument pas nocifs pour l'homme.
Je ne compte plus mes nombreuses prises de bec avec Lomig et consorts sur qui ment et qui dit vrai.
Selon la bande de libéraux, très sélectifs sur les vérités, selon qu'elles abondent dans le sens de la liberté d'entreprendre ou non, l'Afssa dit vrai et le GIEC ment.
Et si le GIEC se trompait vraiment, mais pas dans le sens où ils le croient?
Dans leur configuration de croyance on risque de courir à la catastrophe sanitaire et écologique, dans la configuration inverse, nous risquons de prendre du retard en matière d'OGM et de développement industriel.
Mon choix est fait, à défaut d'être scientifique, le degré de risque doit être pris en compte quand on choisit un camp.
Pour ma part, je tiens également compte des conflits d'intérêts des organisations pondant lesdites études...
jeudi 27 novembre 2008
La dernière décolonisation de l'histoire occidentale : le Groenland.
Avant-hier, les Groenlandais ont voté à une très forte majorité pour un statut d'autonomie qui promet à leur immense territoire une indépendance progressive. Près de 75% des électeurs se sont prononcés pour une loi qui va permettre au gouvernement local de prendre progressivement en gestion 32 domaines de compétences, pour finir par décider, quand il le souhaite, de se séparer définitivement du Danemark. La tendance est ancienne : dès 1982, les 56 000 habitants de cet immense territoire avait déjà décidé de quitter la CEE et de s'éloigner ainsi résolument de l'Europe.
Est-ce normal, cher lecteur, que les fiers Vikings habitant cette lointaine dépendance danoise souhaite quitter leur métropole ? En fait, contrairement aux clichés que nous avons d'habitude sur cette région, le Groenland, certes découvert par les Vikings au Xe siècle, est très largement peuplé de populations inuits liées à l'Amérique. Les communautés vikings qui s'étaient installées sur place ont mystérieusement disparues et les autorités danoises ont récupéré au XVIIIe une colonie peuplée d'Inuits. Certes, une petite population scandinave vit sur place, mais de manière très minoritaire (12% des habitants). Si ce territoire accède à l'indépendance, nous verrons naître le premier État moderne géré par des populations inuits. Je trouve que cela méritait d'être relevé.
Le divorce avec le Danemark est un processus progressif. D'abord, le gouvernement danois a mené une politique de civilisation du territoire qui a poussé les Inuits à abandonner leurs vies ancestrales pour se regrouper dans des villes délabrées où la situation sociale est désastreuse. En plus, il n'a pas réellement investi sur place, sans doute du fait de moyens peu importants. Enfin, le Groenland s'était déjà séparé de sa métropole une première fois durant la guerre, les Groenlandais se tournant vers les États-Unis et le Canada durant l'occupation allemande du Danemark. On aboutit, par ce vote, au terme d'un processus long et finalement assez logique.
Mais tu vas me dire, cher lecteur : "Mais qu'est-ce qu'on en a à faire de cette grande île gelée et qui en plus ne veut pas être européenne ??? Pourquoi tu nous barbes avec cette histoire ???"
Je vais te l'expliquer de suite. Ce que va vivre le Groenland est un processus de décolonisation. En effet, la population locale a la possibilité historique de casser les processus coloniaux. Comment les Inuits vont-ils gérer leur nouvel État ? Vont-ils retourner à la vie traditionnelle ? Vont-ils risquer un mélange entre la culture danoise et la culture inuit ? Vont-ils s'orienter vers une occidentalisation à outrance ou vers un renfermement sur soi ? Expérience très passionnante à suivre...
Mais ce n'est pas tout. Le Groenland est un territoire menacé par le réchauffement climatique. La couche de glace (inlandsis) qui couvre l'île fond doucement. Il est donc possible qu'on accède à une multitude de nouvelles ressources : cela fait plusieurs années que les Américains pensent trouver du pétrole dans ce pays. De plus, la fonte de la banquise va faire que le Groenland va devenir très important dans le contrôle de l'océan Arctique. Aujourd'hui, une base de l'OTAN est installée à Thulé, et, pour toutes ces raisons, il est sûr que les États-Unis et le Canada vont se tourner vers ce territoire et tenter de l'influencer.
Ce processus est d'autant plus inévitable que le Groenland, s'il s'oriente vers un mode de vie à l'occidental, n'en a pas aujourd'hui les moyens. Alors que les conditions sur place sont rudes et que les besoins sont importants, l'activité économique est centrée sur la chasse et sur la pêche. L'exploitation des matières premières, trop coûteuse, a quasiment été abandonnée. L'industrie est inexistante. Ce pays risque donc très vite de devenir dépendant des grands pays voisins, alors qu'il commerce massivement maintenant avec le Danemark (65% de ses échanges en moyenne).
C'est pour cela qu'il me semble important que les grands pays européens ne perdent pas de vue le Groenland. Nous avons tout à gagner à ne pas laisser aux Nord-Américains la seule influence sur ce futur État. Ce jeune pays va avoir besoin de trouver des partenaires, des technologies, des échanges commerciaux. L'évolution future de cette région et ses richesses devraient amener l'Europe, loin de regarder le Groenland s'en aller, au contraire de s'y consacrer un peu et de préparer le terrain. Il y a là à la fois des intérêts économiques, militaires, stratégiques et politiques qui ne doivent pas passer à la trappe. Je suis persuadé qu'il est possible de trouver des moyens de collaborer avec le futur gouvernement groenlandais sans pour autant maintenir la tutelle coloniale danoise. Voilà une nouvelle politique pour l'Europe à définir...
mercredi 19 novembre 2008
La petite phrase du jour
"L'Angleterre a eu besoin de la moitié de la Terre pour arriver à la prospérité, de combien de Terres aura besoin l'Inde?"
samedi 18 octobre 2008
Manifeste de la liste écologiste devant permettre de préparer les élections européennes.
Cher lecteur, pour que nous puissions en débattre, je reproduis ci-dessous le texte publié par le site internet de Marianne. N'hésite pas à réagir et à dire ici ce qui te plaît et ce qui te gène là-dedans.
Le texte du manifeste :
« L'histoire est en suspens, car la déraison s'est emparée du monde.
Comme en témoignent brutalement les dérèglements des mécanismes financiers, la croissance de la famine, l'aggravation des inégalités ou l'emballement du bouleversement climatique, l'humanité s'est mise en situation de perdre la maîtrise de son destin. Nous sommes parvenus à ce moment clé où tout peut basculer, jusqu'à l'irréversible, ou, au contraire, favoriser un sursaut pour construire une nouvelle donne dont l'Europe deviendrait le creuset.
Soit la trajectoire d'effondrement dans laquelle s'inscrit la mondialisation du tout-marché et de la prédation aveugle se prolonge, et l'on verra la conjonction des crises – écologique, énergétique, alimentaire, financière, économique, sociale, identitaire – précipiter la planète dans une régression sans précédent ; soit les sociétés humaines se ressaisissent, refusant la spirale de l'excès, des fractures sociales et du découplage avec la nature, et alors surgiront les forces porteuses des réformes nécessaires pour échapper au chaos et tracer l'horizon d'une nouvelle espérance.
Il est urgent de se rassembler pour y concourir. Ni demain, ni peut-être. Maintenant et résolument !
Ne rien faire ouvrirait la porte à des politiques autoritaires pour gérer les pénuries ou les conséquences des migrations d'origine climatique. Agir, c'est éviter la barbarie pour choisir la civilisation.
Nous n'avons plus le temps. Tous les indicateurs sont au rouge. Notre modèle de développement est pulvérisé par les faits ! Aveuglé par l'idéologie de la croissance sans limites, dopé par le laisser-faire du libéralisme, le système productiviste fonce tout droit vers la catastrophe, tel un bateau ivre. Partout l'insécurité sociale grandit. Le progrès perd son sens au profit d'une montée de l'insignifiance et d'une destruction du vivant. L'humanité avance vers son désert.
[…] Une autre politique est possible : celle de la responsabilité. Le devoir d'équité universelle, l'attachement au vivant sous toutes ses formes, la nécessité de réduire l'empreinte écologique sur les ressources et les équilibres naturels commandent de changer d'ère. Il faut entrer sans plus tarder dans un nouveau monde, celui d'une profonde mutation écologique et sociale de civilisation. Celle-ci s'appuiera sur les valeurs de sobriété, de mesure et de modération, de partage, de solidarité et de démocratie, a contrario des aliénations marchandes et des violences économiques qui contaminent les écosystèmes, déstructurent les sociétés, écrasent les diversités culturelles et broient les individus dans la compétition du toujours plus et les frustrations permanentes.
D'abord, il faut rompre ! Rompre, c'est s'en prendre enfin aux racines […]. Agir sur les structures de nos sociétés et travailler en même temps à une insurrection des consciences, voilà les deux défis à relever pour éviter une désagrégation tous azimuts et, au final, la défaite de l'homme.
L'urgence commande donc de réunir les conditions collectives pour que la trajectoire humaine s'engage sur une autre voie. Autre projet de société, autre modèle de civilisation… le chemin passe par la refondation progressive et pacifique de nos manières d'être et de vivre, ensemble et individuellement.
b[[…] Nous n'affichons ni lendemains qui chantent ni programmes miracles.]b Nous affirmons seulement un autre choix : celui d'une nouvelle régulation, fondée sur l'impératif écologique et social, dont la déclinaison devra être établie démocratiquement dans chaque domaine impliquant la communauté humaine. Notre démarche consiste à opposer pied à pied des alternatives aux logiques destructrices et spéculatives, à trier entre ce qui est possible et ce qui ne l'est plus, à rassembler les énergies pour que la société s'engage dans une transition vers un monde qui, à défaut d'être parfait, restera viable pour tous et se montrera plus juste au plus grand nombre.
L'enjeu est tel et son urgence si prégnante que nous ne pouvons plus consentir à la tradition des jeux de rôle auxquels la représentation politique se complaît, avec ses rabâchages traditionnels qui pétrifient le futur et ses crispations claniques qui dévalorisent les consciences. Quels que soient leurs référentiels idéologiques, les partis politiques dominants bégaient devant les défis du nouveau siècle, refusant l'obstacle du grand tournant nécessaire. Ils restent liés à un type de développement insoutenable, fondé sur le mythe d'une progression exponentielle des richesses et, au final, sur le diktat absurde de la croissance pour la croissance. Chacun à leur façon, ils persévèrent dans la reproduction de mécanismes de plus en plus aliénants qui consacrent la domination de l'avoir sur l'être et de l'économique sur le politique.
Vivre avec son siècle consiste aujourd'hui à prendre conscience que l'âge du gaspillage et de l'inconséquence est terminé, que l'autorégulation du marché est un mirage, que la réalité est désormais surdéterminée par la crise écologique et l'approfondissement des inégalités sociales.
[…]
C'est pourquoi il s'agit de développer un nouvel espace politique au sein duquel ceux et celles qui se rassemblent dans leur diversité traceront la perspective d'un nouveau projet de société. Celui-ci n'est pas hors d'atteinte. Il repose sur l'aspiration grandissante des populations à vivre autrement que dans l'accumulation, le factice ou les dettes et sur la montée de l'exigence citoyenne pour une répartition équitable des richesses et un juste échange entre les peuples.
Ce modèle alternatif n'est inscrit dans aucun dogme ni bréviaire, même s'il est attaché aux meilleures traditions humanistes, en particulier l'opposition radicale au racisme, à l'antisémitisme, au sexisme et à toute forme d'ostracisme et de domination. Il se construira pas à pas, à partir des besoins de bientôt 7 milliards d'individus, de l'intérêt collectif des peuples de la Terre, de la protection des biens communs et de l'extension des services publics, du partage des ressources et du respect des équilibres du vivant. Il se fondera sur les valeurs de justice sociale et de solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites, de droits humains et de dialogue démocratique. Il orientera progressivement les activités vers une réduction de l'empreinte écologique, impliquant de nouvelles façons de consommer, de produire, de se déplacer, de travailler, d'échanger, d'innover, d'habiter les villes et les territoires et de faire ensemble société. Il encadrera rigoureusement les mécanismes du marché et leurs prolongements financiers. Il stimulera la recherche scientifique et la créativité industrielle selon une perspective compatible avec les besoins réels et les limites de la biosphère.
A nouveau projet de société, nouvelle régulation économique et sociale. Il s'agit de penser l'organisation de la société selon le principe de durabilité, intégrant à la fois l'impératif écologique et celui de la justice sociale : durabilité des ressources et des équilibres naturels, durabilité, dans leur diversité culturelle, des systèmes économiques de demain, des contrats sociaux et des modes de vie. Autrement dit, il s'agit d'engager des réformes incompatibles avec l'hégémonie productiviste et consumériste qui précipite les dégâts écologiques et sociaux à coups de dérégulation, de financiarisation, de marchandisation et d'uniformisation.
Un nouvel espace politique porteur d'une nouvelle politique de régulation ne peut se concevoir d'emblée qu'à l'échelon européen puisque l'Europe est notre famille, et sans frontières puisque le monde est notre village.
[…]
L'Union européenne, malgré les aléas de sa construction et des pratiques trop souvent technocratiques, a bâti un espace de paix et de coopération entre les 27 États et les 83 peuples qui la composent. Elle a su s'interposer comme une force de conciliation dans les conflits. C'est un formidable acquis, une histoire positive, à rebours des visions archaïques ou souverainistes qui imprègnent encore ce continent qui était celui des guerres. Des cultures différentes démontrent qu'elles peuvent vivre ensemble et s'enrichir mutuellement dans un monde déchiré par la violence multipolaire et les replis nationalistes et communautaristes.
Plus que jamais, nous avons besoin d'Europe. Mais l'Union européenne n'apparaît plus comme une entité capable de réguler les équilibres mondiaux selon des critères de justice sociale et d'environnement. Ses dérives libérales tendent à l'assimiler à un simple épiphénomène d'une globalisation chaotique, voire même à un accélérateur de celle-ci. D'autant plus que les peuples boudent l'Europe parce qu'ils ne se reconnaissent pas dans ses institutions sans visage. Comment s'en étonner, dès lors qu'on leur parle surtout de compétitivité et de concurrence, comme si le marché pouvait à lui seul tenir lieu d'horizon ? L'Europe est plus présente dans leur vie pratique que dans leurs cœurs. Ils attendent légitimement un projet qui les fédère et leur ouvre l'horizon.
Le moment est venu pour que les Européens s'emparent et s'identifient à la perspective politique d'une Europe solidaire et durable. En installant la mutation écologique et sociale comme colonne vertébrale de la communauté de destin des peuples européens, nous avons l'occasion de vivre mieux. A nous tous de la saisir ! »
Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, José Bové, Jean-Paul Besset, Cécile Duflot, Antoine Waechter, Yannick Jadot, François Alfonsi, Pascal Durand
mardi 14 octobre 2008
Comment les riches détruisent le monde (Le Monde Diplomatique)
Je vous conseille la lecture de cet article issu du Monde Diplomatique écrit par Hervé Kempf.
Bonne lecture.
mardi 7 octobre 2008
Voiture écologique
J'espère que c'est le début d'une ère de découverte pour nous affranchir du pétrole et in fine des énergies fossiles.
Qu'on soit "réchauffiste", comme moi, ou non, ce genre de trouvailles ne peut être qu'une bonne nouvelles. Pour les uns la priorité c'est réduire les émissions de CO2, pour les autres, c'est réduire les coûts et donc la dépendance au pétrole.
Allez, 3500€ pour le premier prix, disponible pour ce printemps!