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jeudi 5 août 2010

L'arbre de la mort

Les choses se précisent malheureusement et j'ai bien peur que les pessimistes prédictions se réalisent.
Mardi, un arbre a provoqué un échange de tir entre l'armée libanaise et Tsahal, 4 morts.
Quelques roquettes du Sinaï se sont envolées vers Eilat et Aqaba (Jordanie) et un raid israélien est venu tuer un cadre du Hamas à Gaza.
Pas grand chose, mais cette histoire d'arbre est une piqure de rappel, la guerre entre Hezbollah libanais et Israël est prête à exploser, il faut juste une étincelle.
Le Hezbollah s'est constitué un arsenal plus sophistiqué qu'il y a 4 ans et se prépare depuis lors à un éventuel affrontement avec Israël.
Israël, pour sa part ne veut pas se retrouver enlisé dans un conflit de guerrilla interminable et meurtrier comme la dernière fois et agira différemment.
En d'autres mots, en cas de guerre Tsahal pourrait frapper le Liban sans faire de dinstinction avec le Hezbollah (représenté au gouvernement libanais) et pourrait même frapper la Syrie. Logiquement on peut se demander comment réagirait l'Iran et par effet boule de neige, les Etats-Unis.
Un beau merdier, je n'ose pas l'imaginer, et j'espère que les parties concernées voient bien les conséquences d'une telle guerre.
Aujourd'hui c'est le seul espoir d'éviter cette tragédie.
Sources:
Haaretz - U.S.: Lebanese fire on Israeli troops was totally unjustified
Rue89 - Les « tambours de la guerre » se font entendre au Proche-Orient

jeudi 3 juin 2010

Pour avancer sur le conflit israélo-palestinien : déconstruire les implicites et se référer à l'histoire.

Le conflit israélo-palestinien est un sujet pourri. D'abord parce que la plupart des personnes s'y intéressant sont très engagés idéologiquement et ensuite parce qu'il est extrêmement passionnel. Il n'y a qu'à lire la multitude de billets sans intérêt, agressifs voire insultants (et je passe sur les papiers racistes et/ou antisémites qui ont dû fleurir un peu partout) qui sont parus sur la blogosphère depuis trois jours. Nos camarades ont ainsi continué à considérer que les relations internationales sont gérées par des bisounours, qu'on ne peut s'intéresser à un conflit sans s'intéresser à son histoire, qu'il faudrait éviter d'y plaquer les questions françaises du moment (comme en profiter pour taper sur les Arabes et/ou sur les juifs par exemple)...

Ce qui me fait réagir ce matin, c'est un nouveau billet de Manuel qui se questionne sur l'identité israélienne et son ancrage en tant que nation.

Le billet est intéressant et je t'en suggère la lecture, car il est important de comprendre la problématique de la religion juive pour saisir les actions d'Israël. Cependant, bien modestement, je voudrais apporter deux compléments.

Tout d'abord, Manuel explique qu'on ne peut comprendre Israël sans saisir le fait qu'il s'agit d'un melting-pot qui ne survit que grâce au judaïsme. Là, je suis entièrement d'accord avec lui, et on ne peut que s'étonner que ce pays tienne le coup avec des communautés si différentes. Peut-être Manuel oublie de rappeler que l'histoire, qu'elle soit réelle ou reconstruite, reste un ciment très fort dans la culture juive. J'ai toujours été très impressionné de la force des liens historiques unissant l'ensemble des juifs du monde. Certes, les juifs égyptiens ou yéménites n'ont pas connu les souffrances des juifs européens, mais je suis sur qu'ils les ont intégrés complètement dans leurs mémoires propres. Ce sentiment d'appartenir à un groupe uni de par l'espace et le temps forme sans doute un ciment qui peut surmonter les tensions culturelles et communautaires. Cependant, cela ne doit pas être facile tous les jours et je n'aimerais pas être un politicien israélien, devant jongler entre les différents peuples présents sur place, sans oublier les Arabes israéliens.

D'autre part, Manuel s'agace des réactions des Français face à la présence de la religion dans l'espace politique israélien. Je crois qu'il néglige un fondement de la culture politique française : sa relation compliquée avec la religion. La France, depuis 1789, n'a cessé de souffrir de ses liens avec l'Église et de la sortie progressive de celle-ci du champ politique. Alors que les Français ont eu tellement de mal à renvoyer la religion dans la sphère privée, sans doute ont-ils des difficultés à saisir qu'un autre peuple puisse créer un Etat en s'appuyant justement sur une religion. Il faut y ajouter la relation complexe de la France avec la population juive locale, sur laquelle je ne m'étendrai pas mais qu'il faut avoir à l'esprit.

Cette volonté permanente de la France de promouvoir un modèle universel agace profondément les étrangers, et j'en suis sûr, les Israéliens qui doivent se sentir jugés. Pour sortir de ce dilemme, il faut simplement se contenter d'une analyse rationnel des faits. Sinon, on tombe dans le simplisme et on en arrive à dire n'importe quoi.

Evidemment, ce n'est pas facile. J'en ai d'autant plus conscience que je passe mes journées à écrire des billets sur l'éducation, sujet qui me passionne et que j'aime, mais sans un effort de relativisation, on ne résoud pas un conflit et on arrive jamais à ce qui permet de faire la paix : le compromis.

Or, sur le cas du Proche-Orient, tellement d'abrutis tirent profit de ce conflit que les démocrates ne devraient pas tomber dans la démagogie. Délier ce noeud ne se fera pas sans que chaque camp fasse des sacrifices, quelles que soient les responsabilités de chacun. Les Israéliens ne pourront qu'abandonner les territoires occupés, que renoncer à la colonisation et qu'abandonner l'idée d'unifier Jérusalem. Les Palestiniens ne pourront pas revenir en Israël, ne pourront pas voir ce pays disparaître (heureusement !) et devront renoncer à unifier Jérusalem. Pour les deux camps, ce sera terrible, car renoncer à ses utopies n'est jamais facile, mais malheureusement indispensable.

Manuel n'y croit pas et pense qu'il ne verra pas la fin de ce conflit de son vivant. Pourtant, il ne faut pas désespérer. L'opération de la flottille vient encore de démontrer que la force est l'arme du faible. Espérons que les démocrates des deux camps parviendront à rebondir sur cet échec et que les deux peuples, lassés des morts et des bombes, finiront par imposer à leurs dirigeants d'en finir une bonne fois pour toute. Malheureusement, ce n'est pas sur la communauté internationale qu'il faudra compter pour arriver à quelque chose. J'avais beaucoup d'espoir en Barack Obama, et je ne peux qu'être déçu sur ce point...

mardi 13 janvier 2009

Les médias doivent-ils faire du sensationnel ou de l'information?

Le conflit au Porche Orient freine mes velléités d'écriture de billets, car je n'arrive à m'intéresser à rien d'autre, sauf peut-être le mercato d'hiver de l'OM...
Je suis donc beaucoup moins prolifique que d'habitude car, je suis un petit peu las de mettre de facto dans un camp et de devoir ensuite tenir des discussions parfois agitées sur ce conflit.
Je recommence aujourd'hui car j'ai exceptionnellement vu le journal télévisé de France 2 hier soir...
J'y ai entendu 2 choses concernant Israël et Gaza, la première étant l'importation des violences sur notre territoire et l'autre l'utilisation par Tsahal de bombes au phosphore.
Après lavoiture bélier en feu qui est venue enfoncer la grille de l'entrée de la synagogue de Toulouse, on a eu droit aux cocktails molotovs balancés sur la synagogue de Saint Denis et sur un lieu de prière à Schiltigheim en Alsace.
Heureusement pas de victimes et peu de dégâts.
Malheureusement, ça sent le vieux relent antisémite qui a l'occasion de s'exprimer en cette période de guerre.
Cet antisémitisme, pourtant tabou dans notre société post-Shoah, s'est également manifesté par des slogans sans équivoque pendant plusieurs manifestations pour la Palestine.
Hier le président de SOS Racisme, Dominique SOPO, nous expliquait que le conflit permettait l'expression d'un sentiment antisémite enfoui et interdit. J'ai quand même un doute, j'ai l'impression que l'antisémitisme exprimé par des jeunes se sentant touchés par la cause palestinienne relève plus de l'ignorance et la désinformation que de racisme inexprimé.
Comme j'en ai parlé dans un billet précédent, les médias jouent, comme d'habitude le tape à l'oeil, les images choc et les phrases accusatrices. C'est le jeu de l'audience, sauf que le jeu de l'audience provoque des tensions communautaires complètement déplacées.
Je ne vais revenir ici sur le fait qu'un juif et un israélien, ça n'est pas pareil...
Donc, hier, France 2 nous a gratifié d'un reportage à Gaza sur l'utilisation de bombes au phosphore, provoquant de graves brûlures sur les populations exposées. On voyait des images de personnes brûlées et des interviews de gazaouis expliquant la dangerosité de ces bombes.
Finalement, il s'avère que l'utilisation est autorisée par la convention de Genève, et strictement règlementée.
Probablement l'usage de ces bombes par Israël dépasse le cadre d'utilisation autorisée la convention, toutefois, Mr Pujadas n'en a pas beaucoup parlé, il s'est contenté de montrer les dégâts.
Voici donc un sujet traité très légèrement, en surface, juste assez pour choquer, mais pas assez pour comprendre.
C'est exactement ce que je reproche à nos médias, ils font du sensationnel et attisent la haine.