jeudi 19 novembre 2009

La France d’aujourd’hui, un pays riche…

Depuis 1981, le PIB français a augmenté de 40% en euros constants, grâce à une croissance régulière située entre 1 et 3% par an en fonction des années.

Depuis 1981, les revenus n'ont cessé de s'écarter, la croissance des richesses profitant majoritairement aux 1% des Français les plus riches.

Depuis 1981, malgré quelques périodes de croissance, le salaire minimum ne progresse que très lentement, et contrairement à ce qui avait été affirmé en 2007, le SMIC sera très loin de 1 500 € par mois en 2012.

Ce pays n'a jamais été aussi riche : nous devrions donc avoir la meilleure situation sociale possible dans le meilleur des mondes.

Où est cet argent ? Certains disent qu'il est dans les mains de l'Etat, mais en tout cas, alors que je travaille pour lui, il n'est pas dans les miennes.

Manuel va me dire que, comme tous les Français, je passe mon temps à me plaindre.

Certainement pas. Pour moi, la France n'est pas le pays parfait, loin de là. Se satisfaire de la situation actuelle, telle qu'elle est, c'est renoncer. N'importe quel citoyen devrait passer son temps à critiquer sa démocratie, quel que soit son bord, et ne jamais se montrer satisfait. Je me désole que, dans d'autres pays, les citoyens se satisfassent d'une situation pénible, difficile, voire même simplement imparfaite.

Il faut être critique, tout le temps, toujours, même si les hommes qui nous dirigent sont proches de nos opinions. La critique est un véritable vecteur de progrès pour l'ensemble de la société.

C'est ça, être citoyen, camarade !

mercredi 18 novembre 2009

Macho ou Machiste ?

Mes deux comparses se disputent cette semaine pour savoir qui est le moins macho des deux, d'un côté un alpestre "un peu de tout mais surtout du sud" à l'œil noir de ses colères légendaires, de l'autre le pâtre grec, au fessier poilu et à l'héritage sexuel... discutable...

Assez drôle à lire quand on connait les zozos dans leurs vies privées depuis un moment. Malheureusement peu de lecteurs de ce blog sont dans mon cas, ce qui classe leur baston dans la catégorie "private joke involontaire" et vous fait rater tout le comique de la situation.

Moi je ne vais pas énumérer en quoi je suis un macho, pour la bonne et simple raison que je ne suis pas macho. Ni féministe. Je suis juste respectueux des humains, sans distinction de genre ou de couleur (avec cependant une propension à considérer certains comme dignes de mon affection et d'autres tout juste dignes de mon mépris, ce qui n'est au final pas réellement plus intelligent qu'un machisme enragé. Nul n'est parfait...).

A les lire (ainsi que Rubin ou d'autres) cependant il m'a semblé nécessaire de faire un petit billet pour différencier le macho du machiste. C'est mon papounet qui m'avait tenu la jambe avec cette distinction l'année dernière, et comme mon papa est un génie (bien qu'il soit macho au dernier degré) il doit avoir raison.

D'un côté nous avons donc le Macho. Rétrograde non pas par conviction mais par pure fainéantise intellectuelle qui l'empêche de dépasser coutumes d'un âge révolu le macho ne considère pas la femme comme a priori inférieure, il se considère juste comme "pas destiné" à accomplir certaines tâches et "destiné" à en accomplir d'autres.

Archaïsme hérité des loi saliques (elle-mêmes pompées sur les lois romaines, ce qui explique qu'on puisse considérer qu'au 21e siècle il soit complètement dépassé voire ridicule d'être Macho) c'est, pour simplifier, une façon de considérer le mâle comme "propriétaire" (seuls les mâles héritent de la terre) des biens matériels, et par conséquent de considérer la femme comme "ouvrière" dépourvue de pouvoir et confinée à l'exécution des tâches ennuyeuses et répétitives qui se regroupent sous le terme de "gestion du quotidien".

A l'homme donc la noble tâche de gagner sa vie (le pouvoir économique est un pouvoir de propriété puisque nous sommes dans des sociétés marchandes) et celle de la famille, à l'homme encore de combattre pour la protection de sa famille (face à l'étranger quel qu'il soit, protégeant de fait sa propriété) ou de prendre sur lui la lourde charge des décisions (en propriétaire avisé lui seul sait ce qui est bon pour son bien). Accablé par toutes ces obligations harassantes le mâle n'a plus aucune énergie à consacrer aux tâches domestiques, il décide de déléguer une part de son autorité à la femme...

... Qui a donc le bonheur de régner en maître sur la gestion des affaires courantes que sont les tâches ménagères ou l'éducation primaire de la descendance du maître. Pas propriétaire "légale" donc ne disposant pas de l'autorité nécessaire pour la prise de décisions importante, on lui donne un os à ronger en la laissant libre (dans une certaine mesure, il ne faudrait pas dilapider le bien) dans les dépenses alimentaires. Ca ne coûte pas bien cher et ça occupe. Idem pour les enfants : elle peut leur apprendre à marcher, à lire et à écrire mais dès que le petiot devient capable de réflexion c'est papa qui va l'instruire des référents philosophiques à considérer, il ne faudrait pas que la lignée se retrouve corrompue par des penseurs allant à l'encontre de la tradition familiale, ça gâterait la valeur du bien.

Raisonnement vieux comme mes robes (ou celles d'Hérode je ne me souviens plus) qu'il a fallu de nombreux siècles et pas mal de penseurs pour fissurer. Mais changer les habitudes c'est compliqué et le Macho (harassé des contraintes sus-citées) n'a pas le courage de s'y attaquer alors il répète le cours de l'histoire en se disant "je fais comme avant mais après tout on a toujours fait comme ça".

Manuel me dira peut être que ça n'a rien à voir avec le Japon, je n'en ai aucune idée vu que je ne connais ni le japon actuel ni l'ancien, et que je n'ai pas la moindre idée des origines de leurs codes de loi. A ce qu'il décrit la femme japonaise est plus "propriétaire" que les autres, mais reste aussi "ouvrière".

et puis il y a le Machiste. Lui n'est pas paresseux. Il ne se contente pas de reproduire ce qu'ont fait ses ancêtres, il veut s'assurer que rien ne changera jamais, et pour cela il a développé tout un arsenal, juste au cas où ces enragées de féministes viendraient bousculer l'ordre établi qui le met en haut de la pyramide du pouvoir. Lui est supérieur à la femme. Plus intelligent, plus fort, plus sensé, élu des dieux, son rôle est de régner. Elle n'est que le produit d'un os surnuméraire, objet de péché, bouffeuse de pommes, instable à cause de ses hormones, physiquement faible, à peine plus réfléchie qu'un chien, elle n'est bonne qu'à être l'objet du plaisir du mâle, et déjà ça c'est lui faire bien des honneurs... (j'ai voulu mettre "bien l'honorer" mais c'était trop vulgaire, et en plus mensonger dans 95% des cas)

Pour s'assurer la pérennité le Machiste a d'abord pensé à instrumentaliser la Loi. Celle des hommes. En inscrivant son autorité dans le marbre il s'assure qu'on ne pourra pas la remettre en question. Mais les femmes sont perfides et même le marbre s'effrite dans le temps, on a vu des greluches diriger l'Empire dans l'ombre de maris trop faibles pour imposer leur droit.

Alors le Machiste a trouvé la deuxième étape : la loi Divine, la Religion. En présentant la femme comme un cadeau fait à l'homme il lui nie l'essence divine. En la rendant mauvaise et responsable du péché il s'assure qu'elle sera tellement accablée par son sentiment de culpabilité qu'elle ne pensera plus au pouvoir, sachant qu'elle fera forcément le mal. Pour ne pas trop exagérer on présente aussi des femmes "pures" mais une telle pureté est impossible à atteindre donc ce ne sont que des exceptions qui confirment la règle. Ca a tenu un bout de temps, et ça tient encore pas mal dans pas mal d'endroits, mais des crétins ont remis en question les lois divines dans leurs bouquins et ces pétasses de suffragettes ont sauté sur l'occasion, ça a foutu un bordel tel que le Machiste ne sait même plus à quel saint (sein ?) se vouer, on le retrouve donc un peu partout où on parle de retour à l'ordre et d'autorité forte. Il n'y a plus de respect, tout se barre en couille ma pauvre dame...

Heureusement pour le Machiste le cinéma est encore friand de ces héros beaux et musclés qui sauvent le monde en s'encombrant d'une pouffiasse inutile qui ne fait que braire et les foutre dans la merde en essayant (la conne !) de l'aider alors que tout le monde sait que sauver le monde c'est une histoire de mec ! Faut bien rêver...

Manuel Macho ? Je pense que oui, jeune réac' devenu réac' d'âge moyen et se destinant à devenir un vieux réac' il aime bien la stabilité des coutumes, qu'elles soient françaises ou japonaises, qui lui permettent de ne pas vivre dans un univers sans règles. Peut être qu'il a raison, c'est vrai que chez moi la répartition des tâches cause souvent de longues discussions...

Mathieu lui... n'est pas un Machiste... enfin pas complètement, mais quand même... Un Machiste de gauche, agnostique laïcard et collectiviste, mais un Machiste tout de même.

Moi ? pfff, je suis certainement un traître à la cause des mecs, un demi-homme qui accepte un peu trop facilement d'être l'égal des gonzesses, un futur mauvais père qui préfère acheter à ses gosses un tableau magique plutôt qu'un pistolet ou une poupée barbie.

A toute fin utile je précise que j'ai fait ce billet avant de lire celui de Manuel, comme quoi c'est un sujet qui nous occupe...

Le macho et la féministe...

En ce moment, une chaîne contamine la blogosphère et dévoile les secrets machistes inavouables de ses participants bloggeurs.

Je ne pensais pas vraiment revenir sur le sujet, mais une conversation avec mon ami Fabrice, au cours de laquelle il sous-entend que je suis un affreux machiste rétrograde, me motive à le faire.

En fait, je remarque que cette chaîne machiste est fait une espèce de test à la Facebook du genre « Quel type de macho êtes-vous », mais sans les réponses et les fautes d’orthographes.

Au vu de ma difficulté à trouver des exemples concrets de mon supposé machisme, j’en ai déduit que finalement, malgré les apparences, je n’en étais pas un.

Je parle d’apparence, car j’ai un problème, celui de la provocation envers les femmes ayant un penchant féministe. Les bonnes blagues misogynes, les belles allusions machistes comme on n’en entend quasiment plus de nos jours, j’adore ça. Et si elle mord à l’hameçon, alors j’envoie généralement l’artillerie lourde. Le problème, c’est qu’ensuite, j’ai un déficit de sympathie à rattraper, souvent par le biais du conjoint bien emmerdé d’avoir un pote fouteur de merde, mais bon, tant que je me marre…

Le truc c’est qu’en France, en Allemagne (le reste de l’Europe, je ne connais pas), le macho est une vile créature méprisée par la gente féminine et même par la société dans son ensemble. Ce qui est étonnant, c’est que les machos que j’ai connu sont les mecs ayant eu, et de loin, le plus de succès avec les femmes.

Il y a un truc qui m’échappe dans cette équation…

Ben en fait il y a une logique, car si c’est le temps de la mode égalitaire, des hommes qui font la vaisselle, qui donnent le sein et passent l’aspirateur, il reste quand même un grand nombre de nanas qui tombent pour un type sûr de lui, qui en impose.

Car le macho a des côtés qui plaisent, le côté roc sur lequel se reposer, une virilité qui peut faire des ravages et j’en passe probablement…

Tout comme nous autres, hommes, n’avons pas tous les mêmes goûts, ben les femmes non plus, toutes n’aiment pas forcément le romantique sensible.

Fabrice, Mathieu et moi n’aimons pas le même type de femmes, et je ne parle pas de physique, alors pourquoi les femmes n’aimeraient-elles plus les mecs qui n’en-n’ont?

J’ai l’impression que le mec qui se féminise ou se fiottise lentement mais sûrement veut se persuader, et avec lui aussi le reste du monde, que l’homme doit être comme lui et pas autrement. Le macho est donc un pauv’ type, pas sûr de lui ni de sa virilité qui joue aux durs pour se rassurer, je schématise un propos entendu. Elle serait simple la vie si c’était comme ça…

Ben non, et en plus le macho ne met pas systématiquement des torgnoles à sa nana, ne la trompe pas non plus forcément, il fonctionne juste différemment, et beaucoup de nanas y trouvent leur compte…

Autre chose, si je m’amuse tant à provoquer la femme féministe, j’en prends parfois plein la gueule, et bien souvent, je suis très surpris car ma provoc’ n’en était qu’à ses balbutiements et j’étais en fait encore en train de parler vrai.

Je ne pourrais plus vivre avec une femme ne sachant pas cuisiner…

Tentez la celle là, y’a du retour !

Si ma fille me ramène un mec qui ne me revient pas, ça va chauffer et le gus risque de ne plus avoir envie de revoir ma fille…

Effet garanti, un must!

Je ne conçois absolument pas que mon gosse se retrouve à la crèche ou chez la nounou à partir de quelques mois…

Là, j’ai même pas le temps de proposer d’arrêter de bosser moi-même que la mitraillette envoie ses rafales de plomb!

J’en ai d’autres, mais bon, je vais faire un billet dico des conneries qui énervent certaines femmes…

Le plus rigolo dans l’histoire, c’est que ma femme, plutôt autoritaire comme nana, elle aimerait parfois que je sois un peu plus macho, et peine à comprendre comment j’arrive à passer pour tel aussi souvent et aussi facilement…

En tout cas, je continuerai à emmerder la féministe et je à me moquer de cette diabolisation risible du macho.

mardi 17 novembre 2009

Kawaii!!

C’est peut-être la fin de cette saga japonaise à laquelle je joue depuis quelques semaines, et j’ai gardé le meilleur pour la fin, les femmes.

Lors de mon dernier voyage, j’ai redécouvert que Tokyo et Kyoto (pas vraiment été ailleurs...) regorgeaient de femmes splendides, bien évidemment ai-je pensé partager ce plaisir des yeux avec mes amis masculins restés en France. Prendre des femmes en photo dans la rue pouvant être assez mal perçu, je pensais naïvement que ma seule parole suffirait et que nous pourrions discuter de la beauté, de l’allure, des fringues de ces femmes mais c’était sans compter sur des réactions vraiment inattendues…

Je suis quelqu’un de quelque peu impulsif et parfois extrême et bien entendu, je suis revenu avec l’idée qu’elles étaient les plus belles. Un ami m’a répondu préférer les grandes (je soupçonne une petite dose d’humour dans cette réponse) et le second m’a fait remarqué que mon jugement était altéré du fait que j’aimais les asiatiques, ce n’est pas faux, mais je ne suis absolument pas exclusif en beauté féminine.

J’ai donc abandonné le sujet, bien malgré moi, et je le reprends ici; l’avantage du blog c’est que l’on ne vous coupe pas l’herbe sous le pied avec des arguments imbattables.

Bien entendu je ne me permettrais pas d’établir une hiérarchie de la beauté féminine par pays, c’est absurde, et je comprends tout à fait que certains hommes ne soient pas attirés par la beauté asiatique.

En fait il faut garder en mémoire que la société japonaise est une société plus machiste que la nôtre, dans son propre style; les femmes bossent, picolent, sortent, divorcent (moins) mais le rapport homme femme est plus traditionnel que chez nous.

J’espère ne pas m’attirer les foudres des féministes, mais je suppose que ça risque d’être le cas…

Pour ce que j’en ai vu et compris la société japonaise requiert de la femme qu’elle soit belle.

Nous avons tendance à penser que les femmes asiatiques sont naturellement minces, dites le à ma femme, et vous prendrez de volée, que c’est plutôt qu’elles font autrement plus attention que tout ce qu’elle a pu voir des femmes européennes depuis son arrivée en France.

Le résultat de cet équilibre « machiste », c’est que ces femmes dépensent un fric fou en salon de beauté, fringues, coiffure, et que le résultat est visible, et je vous assure qu’il est vraiment bien visible…

Ajoutez à cela une mode vestimentaire très extrême, entendez par là des coupes de cheveux excentriques (ridicules), des combinaisons de couleurs et de formes étonnantes pour les hommes, une conscience de la mode qui me dépasse, moi qui ne me coiffe jamais…

Pour les femmes, c’est le vêtement sexy, tellement sexy qu’il serait indécent de se promener comme ça par chez nous, mais là bas, c’est normal.

Elles font tout pour se mettre physiquement en valeur, au niveau de la démarche, des attitudes, de la voix, de l’apparence tout est fait pour plaire à l’homme japonais.

Et marcher au milieu de cette foule de femmes extraordinairement bien mises en valeur est un plaisir n’importe quel homme (hétérosexuel du moins) saura apprécier.

Je reviens vers ma lectrice féministe qui est atterrée devant un tel déni des qualités intérieures de la gente féminine…

Les japonais et moi avons des goûts différents à plusieurs niveaux, je ne suis pas particulièrement fan des femmes enfants, et je préfère une allure déterminée et élégante qu’une allure « kawai », mignonne, timide, fragile.

J’ai des amies japonaises, et je sais que derrière la façade « pour plaire » se cache souvent un caractère n’ayant rien à envier à nos chefs de maison européennes.

Les femmes sont les maîtres absolues du compte en banque et des finances du foyer, l’homme a droit à de l’argent de poche et bien souvent il tente de cacher un peu de fric pour ses dépenses secrètes.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, la mère au foyer devenant une mère travailleuse, l’homme participe de plus en plus à l’éducation des enfants.

Cette image de société traditionnelle machiste cache en fait un foyer où les choses ne se passent pas vraiment comme on veut bien le croire, un peu à l’image des sociétés machistes matrimoniales où il ne faut pas faire le con avec la mama… Sauf que leur mama, elle est de plus en plus carriériste.

Je sais qu'une jolie japonaise aurait été plus apprécié qu'un ridicule host...

Oishii cuisine

J'ai parfois l'impression d'être quelque peu obsédé par mon dernier voyage, et mes billets ressemblent de plus en plus à des réflexions plus qu'à des billets politiques, et franchement c'est très bien comme ça, même si c'est plus risqué. Plus le billet est personnel, plus je suis sensible aux retours, et les impressions de voyages c'est personnel.

Dans mon dernier billet, je parlais pêle-mêle de la cuisine et des femmes japonaises, je ne vais pas encore m'attaquer à la montagne féminine, il va me falloir un peu plus de temps pour réellement pouvoir déterminer ce que je vais dire et comment.


J'ai eu du mal à m'habituer à la cuisine japonaise, mais fort heureusement je n'ai pas eu le choix, j'y ai vécu, je n’allais pas passer mon temps à éviter l'inévitable. Mais le crû, les algues, ça ne m'attirait vraiment pas, en fait jusqu'à aujourd'hui je ne suis pas vraiment fan de ce qui a goût d'iode.Vous avez deviné, je reste dans la cuisine et vais tenter de partager au mieux ma découverte d'une façon de manger totalement différente de celle de mon pays. J'avais déjà commencé l'année dernière avec du
beurre dans les épinards, je vais tâcher d'être un peu plus épicurien dans ma démarche aujourd'hui.

Mais même après avoir passé le cap de la peur de l'inconnu culinaire, j'ai mis beaucoup de temps à réellement apprécier cette cuisine, je la trouvais fade, pas assez grasse, alors je bouffais du curry, des Gyudons (bol de riz avec des lamelles de viande de bœuf) et autres plats simples. Je mangeais bien sûr toutes les autres choses que me faisait découvrir ma compagne, et petit à petit j'ai véritablement commencé à apprécier.

J'ai découvert une cuisine douce, très fine; ce qui me paraissait fade au début est devenu goûtu, j'ai appris à apprécier les textures, les couleurs, manger est devenu une expérience plus complexe et intéressante qu'elle ne l'a jamais été. Que ce soit un tendre Toro (thon gras) ou une table couverte de multiples salades, les pickles ou un ragout, chaque bouchée est devenue un mélange de sensations pour un plaisir accru.

J'ai en quelque sorte redécouvert le plaisir de la bouche, ce qui ne m'empêche pas de savourer avec un bonheur inégalé une bonne côte de bœuf, pas de souci de fidélité en gastronomie.

Un ami a un jour comparé la côte de bœuf à un bol de ramen.

Je trouve la comparaison magnifique, car les deux font partie de ce que j'aime le plus.

Vous connaissez certainement les plaisirs de la côte de bœuf saignante et tendre, peut-être moins ceux du ramen.

Le ramen au sel, au porc (tonkatsu), au soja, au miso, selon les régions, et plus ou moins gras, épais, fin, frais selon les restos. Aucun vrai ramen ne ressemble à un autre, et goûter la soupe du bout des lèvres avant de s’attaquer aux pâtes fines, épaisses, plus ou moins cuites, est un vrai délice pour les aficionados.

Et des aficionados, il y a en a au Japon, les classements des meilleurs ramen, meilleurs sushis, meilleurs restos de toutes sortes, des queues interminables pour une dizaine de minutes de dégustation, vous pouvez allumer n’importe quelle chaine de télévision, vous aurez de grandes chances de tomber sur une émission de dégustation de plats en tout genre, après les traditionnels Oishiiiii, la bouche pleine. Le plaisir culinaire est pour ce que j’en ai vu, au centre des plaisirs, les gens parlent de nourriture, vont très souvent au resto, et sont très exigeants. La seule source de plaisir ayant un impact comparable est probablement le sexe.

Je suis obligé de terminer par une phrase bateau qui commence par : « Les goûts et les couleurs… » pour éviter que l’on me qualifie d’intégriste japonophile. Mais mon plaisir devant une table couverte de leurs petits plats raffinés est pour moi le summum du plaisir de la bouche.

J’espère que certains d’entre vous auront la chance de le découvrir.

lundi 16 novembre 2009

L’intervention militaire de l’OTAN en Afghanistan : de l’impérialisme ?

En lisant ce billet sur un blog québécois, la question m'a sauté aux yeux : mène-t-on une intervention impérialiste en Afghanistan ? Si la réponse me semble évidente concernant l'occupation de l'Irak, les choses sont moins nettes en Afghanistan. Rappelons-nous du contexte : suite aux attentats du 11 septembre, les Etats-Unis obtiennent l'accord des Nations-Unies pour lancer une offensive militaire sur l'Afghanistan. Ils entraînent avec eux l'OTAN, organisation pourtant prévue pour la défense de ses membres au départ, sans réelle opposition à l'époque. Les opinions publiques étaient sous le choc des attentats et personne ne pouvaient dire avoir une affection pour le régime des talibans. Depuis, le pays est occupé, la situation est très difficile pour nos troupes, les Afghans nous rejettent de plus en plus, le gouvernement que nous soutenons est corrompu et s'amuse à truquer les élections, les talibans sont toujours là et font tâche d'huile sur le Pakistan voisin.

Mais est-ce une opération mal gérée ou de l'impérialisme ? Reprenons la définition donnée par les historiens de ce terme. Marc Ferro nous en donne la définition suivante :

L'impérialisme est une politique développée par un Etat qui cherche à conserver ou à étendre sa domination sur des territoires ou des peuples qui n'étaient pas sous son contrôle avant le lancement de ces politiques (je résume parce que la définition de Ferro est beaucoup plus longue).

Cela signifierait donc que l'OTAN tente d'imposer sa domination à l'Afghanistan, et que nous serions proche d'un système de type colonial dans ce pays.

A mon sens, on pourrait tout à fait répondre positivement à cette question. Si, au départ, l'intervention otanienne ne visait pas à soumettre l'Afghanistan mais simplement à retrouver des criminels et à détruire un régime dangereux, il y a bien longtemps que nous avons dépassé ce stade. Nos forces sont présentes depuis huit ans sur place et elles ne font pas que chercher Ben Laden. Ce pays regorge de richesses, permet à l'OTAN de surveiller Inde, Pakistan, Iran, Chine et Russie, est idéalement situé sur des routes pétrolières importantes. Ces facteurs pourraient nous inciter à rester.

Si nous nous enracinons, voire si nous renforçons nos troupes et continuons à soutenir un gouvernement pourri, le terme d'impérialisme sera une réalité. Ne nous faisons pas déborder et sachons ne pas retomber dans nos travers du XIXe siècle.

Reste une question : si nous partons maintenant, les talibans vont revenir. Absolument, mais nous devons assumer nos responsabilités. L'occupation et nos choix politiques ont rapproché les Afghans de leurs anciens oppresseurs. Cela devrait être une bonne leçon pour nos actions militaires à l'extérieur : la force n'a rien résolue dans ce cas, et risque même de nous enfoncer encore davantage dans nos difficultés.

La solitude du retour

Le retour de voyage est un moment assez spécial, on est partagé entre la tristesse de voir se terminer une période aventureuse et excitante et le plaisir de revoir les siens, des souvenirs pleins la tête.

Pour moi, un voyage est une immersion dans un univers différent, à la différence des vacances qui sont la visite d’une région ou d’un pays sans autre prétention que le tourisme.

Lorsque je rentre d’un voyage, ma perception des choses est toujours plus ou moins altérée, voir un pays étranger de près, commencer à le comprendre remet en cause certaines certitudes que j’avais avant de partir.

J’espère donc toujours pouvoir partager mon sentiment avec mes proches, raconter, donner mon opinion, comme je peux le faire sur ce blog.

Ce n’est naturellement pas essentiellement politique, il peut s’agir des femmes, de la cuisine, des relations humaines, etc…

Et même si le temps m’a appris à trier ceux qui peuvent écouter et s’intéresser de ceux qui en sont incapables, je suis quand même à chaque fois confronté à des réactions qui me désolent.

Mon dernier retour du Japon et les discussions que j’ai pu avoir avec certains amis à ce sujet ont généré des réactions très étonnantes.

Si je parle de façon dithyrambique des femmes, de la cuisine, du service au Japon ou que je décris positivement la situation économique du pays, je me heurte souvent à un mur.

Un mur construit avec du rien, car les personnes se cachant derrière ce mur sont ceux qui ne connaissent pas grand chose du Japon et ne s’y intéressent pas particulièrement.

J’ai l’impression qu’il est difficile à certains d’accepter que l’herbe puisse être plus verte ailleurs, que les femmes puissent être plus sexy ailleurs, que d’autres systèmes économiques puissent également fonctionner, qu’un vendeur ultra poli ne soit pas forcément la victime d’une hiérarchie tyrannique, que nous ne soyons pas les rois absolus de la cuisine, avec nos voisins italiens.

Tout cela reste très subjectif, mais à la question :

« La nourriture était comment ? »

Je réponds que pour moi la nourriture japonaise est au dessus de toutes les autres en voulant bien sûr argumenter, car il y a des raisons à une telle affirmation.

Mais plusieurs fois, je me suis heurté à un :

« Non, c’est pas possible, la cuisine française est la meilleure…»

Pareil pour les femmes, quand je confie à certains amis que les femmes japonaises se mettent physiquement en valeur comme je ne vois pas les européennes le faire, je me heurte à une réponse merdique:

« Ouais mais toi, t’aimes les asiatiques ! »

Et des exemples comme ça j’en ai un paquet…

Je prends cela comme un manque total de considération pour mon intelligence, mon sens de l’observation et du jugement et surtout une volonté de défendre les couleurs occidentales qui ferme la porte à une perspective nouvelle et donc par définition intéressante.

En fait, face à ce genre de réaction, je clos généralement le sujet (sauf quand je suis bourré et que je m’emballe…), et mon interlocuteur ne saura donc jamais ce qui m’a poussé à affirmer ces choses qu’il ne peut accepter. Et en fait il s’en fout.

Je trouve cela triste et souvent en en décalage avec l’intelligence des certaines de ces personnes, mais si la défense du patrimoine français ou même européen est plus important que l’écoute d’un avis nouveau, tant pis.