Maintenant, franchement, cher lecteur, je rigole bien en lisant le Monde ce soir. On y découvre d'abord un titre grandiloquent annonçant que François Fillon convoque les banquiers pour leur faire la morale. Il ne faut pas oublier deux choses importantes, dans cette affaire. D'abord, l'Etat a prêté de l'argent aux banques pour les renflouer, à des taux assez élevés d'ailleurs, les banques remboursent. Il n'y a aucune clause indiquant, dans ces prêts, aux banques de se comporter différemment avec les traders. C'est marrant, mais cela semble avoir échappé aux journalistes. De plus, le Premier ministre n'a absolument aucun pouvoir coercitif sur les banquiers, vu que la France a refusé de rentrer dans les conseils d'administration des banques, contrairement aux actes de la plupart de nos voisins.
Ensuite, le PS me fait bien rigoler aussi. Alors que la logique aurait voulu que l'Etat entre dans le capital des banques, le PS n'a pas vraiment réclamé cette mesure et a soutenu les prêts que le gouvernement a effectués. Maintenant, Ayrault réclame que Fillon tape du poing sur la table. Avec quel impact ?
La nationalisation, au moins partielle, des banques françaises aurait dû être la seule mesure viable. Dommage qu'en France, alors que le président annonçait vouloir moraliser le capitalisme (encore une belle phrase creuse…), personne n'ait le courage d'affirmer des idées différentes de la doxa… De plus, il serait temps que nos hommes politiques assument les responsabilités de leurs décisions. En démocratie, n'est-on pas censé être responsable devant le peuple ?
