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mercredi 20 octobre 2010

Un progrès facteur de régression.

Pour la première fois, un authentique progrès va entraîner une régression de notre droit social.

Depuis le début de la première révolution industrielle, l'espérance de vie n'a cessé de croître. Aujourd'hui, on tourne en France, en moyenne aux alentours de 85 ans d'espérance de vie, avec une forte différence entre hommes et femmes. Les mâles français sont en effet moins suivis par le corps médical et ont une hygiène de vie moins bonne que celle de leurs conjointes. Contrairement à ce que l'on avance souvent, les hommes pourraient donc avoir la même espérance de vie que les femmes et des progrès sont donc encore possibles.

En France, cette évolution a été possible à la fois par les progrès de l'alimentation, du système de santé, des conditions de travail, du système d'éducation et par la prise en charge par la collectivité du coût des soins. Il est d'ailleurs intéressant de constater que notre pays a longtemps été à la tête du classement de l'OMS des meilleurs systèmes de santé, jusqu'à 2007 où nous avons commencé doucement à descendre...

Nous voici donc avec une vie bien plus longue que celle de nos ancêtres. Eh bien, c'est à cause de cette hausse de l'espérance de vie que nous allons être sanctionné et devoir travailler plus.

Ce choix va à l'inverse de toutes les évolutions des deux siècles derniers. Pour résumer, nos sociétés n'ont pas  cessé de produire davantage de richesses d'une année sur l'autre. En parallèle, la productivité n'a cessé de croître. L'agriculture en est le symbole le plus fort : il ne faut pas oublier qu'en 1789, sur les 30 millions de Français, 24 étaient agriculteurs et avaient de grandes difficultés à nourrir l'ensemble du groupe. Aujourd'hui, avec à peine 3,3% d'agriculteurs, nous croulons sous le poids de notre nourriture.

Cette évolution s'est accompagnée d'une décrue régulière du temps travaillé par chaque individu. Le salarié entre de plus en plus tard sur le marché du travail, travaille de moins en moins longtemps chaque semaine et chaque année et part en retraite de plus en plus jeune...

...jusqu'à cette année, où nous allons prendre le chemin inverse, car c'est définitif, cher lecteur, il y a trop de vieux dans ce pays.

Voilà donc l'argument développé par les soutiens de cette réforme. Nous vivons de plus en plus vieux, ce qui devrait nous obliger à travailler plus longtemps. On ignore pourtant que la richesse continue de croître régulièrement (même si c'est moins rapidement que durant les Trente Glorieuses) ce qui devrait plutôt nous amener à travailler toujours moins.

On utilise donc un progrès pour justifier une régression. Voilà un bel exemple de rhétorique qui, je le crains, risque de resurgir rapidement dans de nombreux autres sujets.

mercredi 31 mars 2010

Démographie palestino-israélienne

Ce billet devait être un commentaire, mais il serait trop long.
Il intervient dans une naissante discussion sur le billet "Pourquoi tant d'agressivité? Vous aimez la guerre ou quoi??" entre Fabrice et Seco.
Fabrice dit à raison qu'Israël a une delta positif d'un million d'habitant par rapport à la Palestine tandis que Seco suggérait un danger démographique pour Israël.
Israël avait en début 2009 une population de 7.373.000 habitants dont 20.2% d'arabes israéliens.
Côté palestinien, on compterait 4 millions de Palestiniens (36,7% du total) vivant dans la Bande de Gaza (37% de ce chiffre) et en Cisjordanie (62,1%), 1,25 million en Israël (11,5%) et 3,24 millions en Jordanie (29,8%), soit un total de 8.49 millions.
Fabrice me rétorquera que la plupart de ces 8.49 millions ne vivent pas en Palestine, mais pour ceux vivant en Jordanie, ils sont réfugiés et souhaitent un retour au pays.
Le grand souci pour Israël d'un point de vue démographique, c'est le taux de natalité largement supérieur chez les palestiniens que chez les israéliens soit 4,2 enfants par femme en Cisjordanie, contre 2,9 enfants par femme en Israël, ce qui donne un taux de croissance démographique plus rapide pour les Palestiniens - 3,2% par an contre 1,8%.
Nier ces faits, c'est nier une raison majeure de la colonisation, la peur de la guerre et de la défaite démographique.
A mes yeux la réponse à cette peur par la colonisation est mauvaise, c'est une vision à court terme, comme le sont souvent les visions agressives, le rêve (l'utopie) serait d'arrêter être haï par ses voisins, mais bon...