Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
mercredi 15 juin 2011
Ne laissons pas tomber la Grèce.
mercredi 30 juin 2010
Les fonctionnaires, ces fainéants, partent en retraite à 55 ans.
Enfin, ce n'est pas le sujet. Dans ce restaurant, nous avons stationné un long moment. Tu connais les repas de famille, cher lecteur. On s'y installe, on mange, et on papote, et puis on mange et on mange encore. Le pastrami n'étant pas une nourriture légère, j'ai progressivement commencé à somnoler et à délaisser les discussions familiales, mais j'ai été réveillé par le couple voisin.
Ils s'étaient installés là bien après nous. Ils ont commencé par une longue discussion sur leurs emprunts immobiliers, m'indiquant ainsi un niveau de revenus bien supérieur aux miens. La jeune femme, en particulier, se plaignait de ses difficultés à trouver un logement à Paris alors qu'elle disposait de 500 000 € de capacité d'investissement...
Après quelques nouvelles minutes de somnolence, je suis brutalement réveillé par un débat sur les retraites. Ah, dès qu'on tend l'oreille, on entend vraiment n'importe quoi. Nous étions quelques jours après cette grève très suivie du 24 juin, et les deux tourtereaux commencèrent à dire qu'ils étaient, eux, vraiment privilégiés et que leurs situations leur permettaient de ne pas s'en faire pour l'avenir. Je recommençais alors à divaguer en me disant qu'on ne pouvait pas vraiment être sûr de l'avenir et qu'il fallait être bien confiant pour se voir déjà à 67 ans quand on en a à l'évidence pas plus de 25.
Mais le jeune homme m'a ramené dedans, car il était passé maintenant à l'attaque contre les fonctionnaires. Je te restitue sa phrase : "oui, mais les fonctionnaires, ils abusent quand même, parce qu'ils partent à 55 ans à taux plein et ils trouvent encore le moyen de se plaindre en plus."
Ah, enfin, les vieux privilèges des fonctionnaires ressortaient. C'est marrant, parce que je m'étais amusé (si on peut dire), à estimer ma situation sur ce plan avec le projet gouvernemental. En clair, si je veux partir à taux plein et dans les meilleures conditions, je devrais attendre 67 ou 68 ans, en fonction des scénarios, sauf si le gouvernement maintient l'obligation de départ des fonctionnaires à 65 ans à taux plein, ce qu'il fera sans doute puisqu'il nous aura remplacé d'ici là par des profs en CDI, et il voudra se débarrasser de nous au plus vite. Donc, dans le meilleur des cas, je partirai à 65 ans.
Il y a bien eu, dans le passé, des personnes travaillant pour des EPIC et partant dès 55 ans, mais il faut bien comprendre qu'il s'agissait de plans mis en place par l'État pour se débarrasser de salariés rapidement. Il y a tout de même des fonctionnaires qui partent tôt, mais ce sont des catégories C, payés très mal, qui effectuent des tâches de niveau de qualification 5 ou 4 et qui ont donc commencé à travailler tôt. Tiens, dans mon lycée, une femme de ménage vient de partir à 58 ans, mais après avoir travaillé 39 ans et avec des annuités de moins pour cause d'enfants.
J'ai eu une furieuse envie d'intervenir et de parler avec ce couple et de leur expliquer qu'ils disaient une connerie. Cependant, j'ai hésité puis j'ai abandonné, estimant que je n'aimerai pas qu'on m'interrompe lorsque je suis à table avec ma femme pour m'expliquer que je dis une connerie. Je ne sais pas, cher lecteur, si tu l'aurais fait. Est-ce convenable ?
En attendant, les idées fausses continuent de circuler dans la population sur les retraites. Merci aux médias.
mardi 4 mai 2010
"Nous, on n'est pas socialiste."
La réponse de la commerçante fut cinglante : "Ah non ! Nous, on n'est pas socialiste !"
Il y a de quoi être interloqué, car lorsqu'on vient chercher son pain, on ne s'attend pas à ce que la marchande vous balance ses idées politiques à la figure, d'autant plus dans une commune où 60% de la clientèle a voté à gauche lors des dernières élections. C'est déjà un certain mépris à l'égard des autres salariés de la boulangerie qui auraient peut-être bien aimé rester au lit ce jour-là et profiter d'un beau jour férié, mais qui ont préféré rester au travail pour payer les traites ou pour permettre à leurs enfants de partir en vacances. C'est d'autant plus simpliste que la symbolique du 1er mai est loin de se limiter aux socialistes.
Ce positionnement est d'autant plus bizarre dans une logique commerciale. Normalement, l'argent n'a pas d'odeur. Pour un commerçant, que son client soit de gauche ou de droite, du moment qu'il paie, quelle importance ? Ce qui compte, c'est qu'il laisse les 0,85 € de sa baguette ou les 1,75 € de son pain complet...
Ah oui, cher lecteur, si tu es en province, tu vas peut-être réagir en lisant ces tarifs. Certes, le niveau de vie à Paris est plus élevé, mais cela n'explique pas ces prix, d'autant plus que les prix du grain ont nettement diminué depuis le krach de 2008. A l'évidence, il n'y a pas que dans sa volonté de travailler le 1er mai que ma boulangère n'est pas socialiste...
vendredi 23 avril 2010
En n'aidant pas la Grèce, on va tailler dans le gras.
En 1963, c'est la vision française de l'Europe qui triomphe. A l'époque, le général de Gaulle renvoie les fédéralistes à leurs études et met en avant l'idée d'une Europe des États, ne partageant que certains domaines de compétences au bénéfice des États. La P.A.C. sera le meilleur exemple de cette politique, à l'avantage de la France. Cette association se voulait réduite, coincée entre des pays hostiles (le Royaume-Uni et ses alliés) et à de grandes puissances qu'on ne pouvait défier seuls.
Cette vision de l'Europe n'a cessé de reculer, mais sans jamais revenir vers une vision fédérale. Elle s'est d'abord agrandie, y compris vers des pays rétifs à l'idée de transfert de compétences comme le Royaume-Uni, rendant le consensus impossible. Elle a ensuite multipliée ses domaines d'intervention sans y associer les populations, seul moyen de faire plier des États défendant leurs intérêts.
La création de l'euro pouvait apparaître comme un succès réel de l'Union. En créant une monnaie unique, les États-membres, même s'ils n'étaient pas tous adhérents à l'idée, pouvaient se targuer d'avoir renoncé à l'un des piliers de leur souveraineté. Pour démontrer leurs volontés, ils instituèrent un machin qui n'avait jamais été mis en place, et qui provoqua sans doute chez nos amis libéraux de véritables poussées orgasmiques : la Banque Centrale Européenne (BCE).
Ah, la BCE... Ce machin est en théorie indépendant et se doit de respecter des principes issus des théories monétaristes, sans aucun pragmatisme. Cela a tenu en période de croissance, mais aujourd'hui, l'incohérence se révèle. En effet, les fondateurs de l'euro ont admis des membres qui ne correspondaient pas au critères des traités, comme la Grèce mais aussi l'Italie. De plus, en se refusant à fixer un véritable gouvernement fédéral monétaire, comme la logique gouvernementale aurait dû l'imposer, ils empêchent maintenant l'Union de réagir face à la crise de l'un de ses membres. Enfin, nos fondateurs ont oublié, ou ont feint d'oublier, que nos pays avaient des économies certes développées, mais très différentes, entre l'industrielle Allemagne, l'Espagne s'appuyant sur l'immobilier et le tourisme ou la France de l'agriculture et des services.
Maintenant, que va-t-on faire ? Il y a quelques semaines, j'évoquais l'idée de laisser l'euro se dévaluer en produisant de la monnaie, en allant contre les dogmes du traité de Maastricht. Cependant, pour des raisons politiques et idéologiques, mais aussi économiques (reconnaissons-le), les membres de l'euro risquent de ne pas suivre cette voie.
Mais que se passera-t-il si la Grèce fait banqueroute ? Les financiers et les capitalistes risquent bien de paniquer, et de faire payer la note aux autres États. Et que dire de la situation de l'ensemble de la population de nos pays ?
Les prochaines semaines s'annoncent tendues. Espérons que les acteurs sauront agir avec une certaine responsabilité et ne pas s'accrocher aux dogmes.
PS : à noter qu'un autre pays européen connaît de grandes difficultés qui pourraient aussi avoir un énorme impact sur l'Union...
lundi 9 novembre 2009
Le libéralisme d'outre mer
Depuis que j'ai commencé à bloguer en allant, main dans la main avec Fabrice, me fritter avec les libéraux, je note que les forces en place n'ont pas vraiment varié. C'est un peu la Guerre des étoiles politique, d'un côté, la Force avec l'inamovible et sa cour, de l'autre, le Côté Obscur avec ses variantes plus ou moins réactionnaires.
Très souvent les opinions se sont heurtées à une vision différente de l'humanité, j'étais le premier à dire que la vision d'un monde libéral tel que l'imaginent certains n'était réalisable que selon le postulat que l'homme était capable de donner de lui-même, qu'il était en quelque sorte naturellement bon et qu'il était contre-productif d'imposer, car cela nuisait à l'équilibre naturel.
En gros.
Je dois dire que mon voyage (qui ne me quitte pas) m'a ouvert les yeux sur quelque chose.
Nous sommes en crise économique mondiale, là bas, comme ici; toutefois, au Japon, je note un taux de chômage de 5%, je note des prix incroyablement bas, on dirait les soldes perpétuelles. Quand en France, le chômage monte en flèche, les prix montent aussi, je me dis que les nippons ont mieux compris certains trucs que nous.
Le gouvernement français a mis en place certaines mesures pour favoriser la consommation, mais essentiellement dans l'immobilier neuf et l'industrie automobile, les prix des biens de consommation courante sont identiques à avant, les tomates, patates, lait et riz sont aussi chers qu'avant.
Quand le problème majeur est actuellement le pouvoir d'achat, je trouve désolant de voir une telle incohérence.
Comment se fait-il que les prix soient bas, que le nombre d'employés par client soit largement supérieur à celui de France, et cela 24h/24 et 7j/7, et tout cela avec des salaires équivalents voire supérieurs?
Pourquoi réussissent-ils à permettre aux ménages de continuer à consommer normalement quand chez nous, les petits salaires ne bouclent plus les fins de mois?
Il y a quelque chose qui m'échappe.
Mathieu appelle cela la relance par la consommation, et ça sonne vraiment comme une insulte dans sa bouche...
Je ne sais pas exactement quelles mesures ont été prises pour permettre cette baisse des prix, cette relance, mais il y a fort à parier qu'elles sont plutôt libérales, j'imagine un allègement des charges patronales par exemple.
En tout cas, ça marche.
J'en arrive au point que je souhaite soulever dans ce billet.
Des mesures libérales auraient-elles le même effet en France et au Japon?
La baisse de la TVA pour la restauration aurait-elle été un pareil fiasco au Japon?
J'ai l'impression que les réflexes ne sont pas les mêmes, j'ai la triste impression qu'en France, dès qu'on donne du mou, le Patron prend ce qu'il peut, et vice versa.
Il n'y a pas de culture libérale, consommatrice.
Je suis persuadé qu'un patron japonais a une vision totalement différente de la relation avec l'employé, du fonctionnement de la société, idem pour l'employé.
Des mesures impliquant que les deux parties jouent le jeu sont donc peut-être productives la bas, tandis que chez nous, elles provoqueront une défiance, un affrontement devenus habituels.
De là à dire qu'on est pourris, non, je dirais plutôt qu'on s'est enfermé dans un système restrictif où la méfiance est maitresse duquel on ne peut sortir d’un coup de baguette magique.
Je continue donc à penser que le libéralisme n'est pas fait pour notre pays, mais qu'il peut fonctionner très bien ailleurs.
Chaque pays a sa vérité, le problème c'est qu'on en a pas trouvé en France, on jongle entre un socialisme mourant et un sarkozysme complètement injuste et inégalitaire.
Peut-être est-ce le destin de la France, être constamment dans la merde pour toujours avoir la possibilité de gueuler.
mercredi 4 novembre 2009
Erosion des salaires due à la crise économique, pour la deuxième année consécutive.
Ce n'est pas moi qui le dit, mais le Bureau International du Travail. Le rapport est à consulter ici.
jeudi 22 octobre 2009
La consommation et la crise au Japon
dimanche 26 juillet 2009
De la baisse de la TVA dans la restauration…

Ce qui est étonnant, dans cette affaire de TVA, c'est que personne n'y a jamais cru. Dès le départ, même les grands médias ont douté de l'effet mécanique de cette mesure, et ont indiqué l'impact négatif sur le budget de l'Etat. Certes, les restaurateurs ont fait de grandes annonces très solennelles, mais quels résultats ? La baisse des prix n'était certes pas une obligation. Personnellement, j'aurais trouvé cela très bien qu'un restaurateur marque au-dessus de son comptoir : « ici, les employés viennent d'être augmentés de 10% suite à la baisse de la TVA ! » Cette mesure aurait même été davantage salutaire, puisque les salaires cotisent pour les régimes sociaux. On aimerait aussi voir un restaurateur indiquer : « grâce à la baisse de la TVA, j'ai embauché un salarié ! ». Rien de tout cela…
Au final, cette mesure semble ne bénéficier qu'à peu de monde, aux restaurateurs en fait. Il faudrait donc rehausser la taxe ? J'y suis maintenant favorable, mais il y a un problème. Si les restaurateurs n'ont pas baissé leurs prix, je suis persuadé qu'ils s'empresseront de les monter si la TVA était raugmentée, histoire de préserver leurs nouveaux bénéfices.
Décidément, une réforme sans grand intérêt et réellement coûteuse… Mais bon, les restaurateurs votent à droite, alors…
PS : source de l'image ici.
mercredi 17 juin 2009
La crise ne touche pas tout le monde
En effet le budget de l’Elysée a augmenté de 18,5% en 1 an, progression sept fois supérieure à l’évolution du budget de l’Etat…
Pour la polémique on pourrait parler de la « Garden Party » de l’Elysée dont le coût est passé de 419.213€ à 475.523€, mais ce serait mal venu étant donné que le coût par convive est passé de 76.22€ à 67.45€. Le nombre de convives a grimpé de 5500 à 7050, et l’explication de M.Frémont, directeur de cabinet de N.Sarkozy est vraiment angélique :
"Le nombre d'invités, c'est exact, a été plus élevé en 2008 qu'en 2007 parce que le président de la République a voulu inviter des personnes qui ne viennent jamais à l'Elysée, notamment des enfants de différents quartiers, mais le coût par invité a été nettement plus faible que les années précédentes"
Il est bon, notre président, il est passé du Karcher aux petits fours…
Pour plus de détails :
AFP
Libération
Le Monde
lundi 20 avril 2009
L’économie financière redémarre : et on refait de vieilles recettes dans de vieux pots…
Deux victimes de la crise apparaissent ainsi :
- Les salariés d'abord ont payé l'ajustement de l'ensemble du système économique, alors qu'ils n'étaient pas responsables des décisions d'orientation de leurs dirigeants. Cela a commencé par les banques, puis se poursuit maintenant dans l'économie réelle.
- Les États, c'est-à-dire nous, les gens qui ne bénéficient pas de l'enrichissement récent de l'économie, vont bientôt devoir payer les factures des énormes crédits faits aux entreprises, et particulièrement aux banques.
Au total, on est bien dans la socialisation des pertes et dans la privatisation des profits. En plus, l'économie semble donner des signes de redémarrage, ce qui signifierait que le système n'évoluerait pas.
Pourtant, contrairement au Gaulliste libre, je pense que le système ne peut pas réellement redémarrer comme avant, du fait de l'énorme taux d'endettement des États comme des ménages. Les entreprises ne peuvent plus espérer vendre massivement maintenant sans recourir à des hausses de salaire et à une meilleure répartition capital-travail des revenus. Si on reste dans la situation actuelle, l'économie ne pourra pas redémarrer comme elle l'a fait les années précédentes, car nos capacités d'endettement sont à leur maximum. N'oublions pas non plus que la croissance récente s'est faite massivement sur l'immobilier, et je ne vois pas comment ce secteur redémarrerait avec les mêmes recettes que les années précédentes, d'autant plus que la hausse des impôts va bientôt suivre, d'une manière ou d'une autre, réduisant nos possibilités d'endettement…
Je ne veux pas être pessimiste, mais je crains que l'économie réelle ne redémarre pas aussi vite que cela, malheureusement pour l'ensemble des salariés...
mardi 31 mars 2009
L’étonnant retour d’Alain Juppé sur notre scène politique.
Depuis, l'ancien Premier ministre semblait se consacrer uniquement à sa bonne ville de Bordeaux. Mais là, depuis quelques jours, Juppé fait un retour en force sur la scène médiatique : Jacques Delors l'évoque la semaine dernière comme un potentiel président de la Commission Européenne, les médias parlent aussi d'un retour au gouvernement pour redorer un peu un gouvernement Fillon dont les ministres sont pour la plupart à l'agonie politique.
Ce matin, Alain Juppé faisait la promotion de son nouveau livre : « Je ne mangerai plus de cerises en hiver. » Dans ce bouquin, Juppé prône un nouveau modèle économique moins consumériste, moins incohérent environnementalement parlant, et moins soumis aux infâmes règles du marché. D'ailleurs, ce matin, il a appelé à proposer une loi sur les rémunérations des patrons, à ma grande surprise, alors qu'on a déjà publié un décret, apparemment mal fichu, sur la question.
Franchement, cher lecteur, ce type de discours me fait bien rigoler. On oublie de dire que Juppé a été le promoteur de ce système. En tant que Premier ministre, il a défendu une politique de réduction de la place de l'Etat et de dégradation des systèmes sociaux. Auparavant, il avait été ministre du budget lorsque Jacques Chirac était Premier ministre, entre 1986 et 1988, dans une des phases les plus libérales de notre histoire politique.
Doit-on déjà à la crise d'avoir amené Alain Juppé à changer radicalement de position idéologique ? Franchement, je n'en crois rien. Sans doute s'agit-il d'une conversion bien opportune, visant à se mettre en phase avec la population pour préparer un retour.
Nos hommes politiques sont vraiment increvables…
Appel à la manifestation intersyndicale le 1er mai 2009.
Certains co-auteurs de ce blog avaient contesté l'usage de la grève pour manifester, lors du 29 janvier, pour bouger doucement ensuite. Là, pas besoin : tout le monde peut venir (privé et public, familles, retraités, jeunes...).
Alors, on manifeste ?
mercredi 25 mars 2009
Imposer à la source : je m’y oppose mollement.
Pour comprendre la situation, il faut comparer les deux systèmes. Les pays qui appliquent l'imposition à la source prélèvent un pourcentage du salaire chaque mois, prélèvement effectué par l'employeur. A la fin de l'année, l'administration fiscale recalcule les revenus réels et régularise ensuite la situation. Mes connaissances au Canada et aux États-Unis m'ont souvent dit que l'État avait une tendance à prélever systématiquement davantage que la somme réellement due. En France, les revenus sont déclarés plusieurs mois après la fin de l'année civile, en mai, et les impôts sont payés durant l'année N+1 selon la déclaration précédente, soit en paiement mensualisé, soit en trois fois. Dans un cas, l'État perçoit donc l'impôt durant l'année de perceptions des revenus, et dans l'autre, l'État récupère la somme durant l'année suivante, mais vu le décalage d'une année sur l'autre, le résultat est le même.
Manuel nous indique que cette réforme permettrait de ramener dans les caisses de l'État de l'argent frais en pleine période de crise. Déjà, je ne peux que me poser en faux contre cette affirmation. Si on prélève cette année l'impôt de 2008, l'État va toucher un impôt sur des sommes d'une année durant laquelle la situation économique n'était pas encore trop grave, alors que les impôts de 2009 seront forcément plus faibles. De plus, comme Nicolas le souligne, il faudrait forcément faire une année blanche, car si on prélevait en même temps l'impôt de 2008 et celui de 2009, il risquerait d'y avoir bien plus que 2,5 millions de manifestants dans les rues.
Maintenant, pour regarder les bénéfices et avantages du système, je pense qu'il n'y en a quasiment pas, surtout si on est mensualisé. Pourtant, je voudrais faire une petite remarque de fond sur cette question. Actuellement, je touche mon revenu de 2009. Je sais que je vais devoir payer des impôts l'an prochain, mais je dispose maintenant de la somme, dont je peux faire ce que je veux : soit je la stocke dans un compte-épargne qui me permet le gain d'un minuscule intérêt, soit je peux éventuellement me servir de la somme en cas de coup dur, soit je peux la dépenser bêtement et me saigner les mois suivants pour payer mon impôt. En clair, je suis responsable et je gère ma comptabilité comme je l'entends.
Avec le système à la source, le résultat est le même au final, mais par contre, durant l'année en cours, je me retrouve immédiatement privé de sommes qui m'empêche de faire tout ce que je pouvais faire avec avant. Certes, je n'ai plus à me poser de questions sur ma gestion financière, et je récupérerai plus tard la somme que j'ai vraiment gagné, mais durant l'année, l'État a bloqué mes possibilités d'épargne, quand bien même elles sont ridicules.
Bon, je ne ferai pas une maladie si on changeait de système, mais je trouve qu'on a deux systèmes (un responsable et un moins responsabilisant pour le citoyen), que le second réduit nos possibilités d'action, et que cela me suffit à le refuser. Je préfère largement qu'on me retire la somme juste plutôt que de faire des avances qui ne me seront remboursés qu'un an après. Au moins, les choses sont claires. Comme Nicolas le disait à Rubin, on peut très bien réduire le délai de déclaration et régulariser plus vite la situation, mais là, c'est vraiment de la technique…
Il reste le risque sur la progressivité que Nicolas évoquait dans les commentaires du billet précédent. Là, je pense qu'il n'y a pas de réelle connexion. Rien n'empêche d'être progressif, ou de ne pas l'être, dans les deux systèmes.
lundi 23 mars 2009
Laurence Parisot démontre que le patronat ne sert à rien.
Vu que j'étais à l'étranger à ce moment-là, je n'ai pas réellement pu me questionner sur le sens de cette déclaration et réagir à chaud. En soi, cela permet d'avoir un peu de recul. Sur le moment, on peut s'étonner d'une telle véhémence de la patronne des patrons, alors que dans le même discours, elle invite le même Thibault à entamer le fameux dialogue social.
Quelques réflexions donc, cher lecteur. Tout d'abord, et contrairement à ce que semblent suggérer les journaux, je ne crois pas du tout que cette offensive ait été un hasard total, hors d'aspects politiques divers importants. Je n'imagine pas que la patronne du MEDEF ait pu se lancer dans un tel plaidoyer antisyndical sans avoir avant consulté l'Élysée, ou, en tout cas, des proches de la majorité au pouvoir. En effet, le gouvernement tentait plutôt de calmer le jeu au même moment, tout en restant ferme. Il s'agit bien d'une contradiction forte qui pourrait être une manœuvre concertée avec le pouvoir pour rassurer le patronat. De plus, et Sarkozy l'a encore redit récemment, la droite n'a pas l'attention de lâcher ni de réfléchir à quoi que ce soit sur les salaires ou sur l'investissement.
Il y a ensuite une logique que je ne parviens pas à saisir convenablement. Si les syndicats sont responsables de la chute de plusieurs entreprises, comme le dit le discours, quelle responsabilité des employeurs dans cette crise ? Il ne faut quand même pas oublier que les patrons ont aussi une part de responsabilités dans les phénomènes en cours, et particulièrement dans le système bancaire. Certes, ils ne décident pas seuls, loin de là, mais tenter de se défausser de cette manière de son rôle de dirigeant d'entreprise me semble très léger. Dans ce cas, à quoi peut bien servir le patronat, s'il n'a pas un minimum d'influence sur la vie de son entreprise. Il ne faut pas oublier non plus que de nombreuses grèves ont aussi été provoquées par des décisions des employeurs, en fait la grande majorité me semble-t-il.
Tout cela révèle, en tout cas, la tension grandissante dans les relations sociales. La mobilisation de plus en plus forte du secteur privé (le public était moins en grève jeudi dernier) inquiète beaucoup car ces salariés risquent beaucoup plus que les fonctionnaires et qu'ils pourraient mal réagir si la situation devenait vraiment grave. En effet, quand les fonctionnaires font grève, ils peuvent toujours revenir en arrière, car ils ont de vraies protections. Par contre, quand le privé se lance, il a souvent beaucoup à perdre, et il est donc beaucoup plus violent dans ses modes d'action.
Or, en décrédibilisant la CGT, je ne pense pas que la droite mène une politique cohérente. En effet, si les syndicats ne sont pas crédibles, s'il n'y a pas d'alternative à gauche, si les employeurs et les riches refusent de bouger alors que le reste de la société souffre cruellement, que va-t-il se passer ? Franchement, cher lecteur, tout cela sent mauvais, et j'espère que nos élites vont vite changer de braquet…
mercredi 18 mars 2009
Une deuxième grève pour les mêmes raisons!
Néanmoins, une nouvelle journée de grève/manifestation arrive au galop, le remake du 29 janvier, mêmes causes, mêmes effets...
Vous connaissez certainement mon opinion concernant cette habitude française à gueuler dans la rue quand ça ne va pas et à demander du fric, du boulot, et moins de boulot; et bien je vais vous surprendre, mais cette fois, je commence à me lasser des solutions apportées aux problèmes.
Nous faisons face à une crise économique terrible, et petit à petit nous commençons à voir les effets dévastateurs de celle ci, fermeture d'usines, chômage en hausse.
Nous avions, avant cette crise, un problème de pouvoir d'achat pour les petits et moyens salaires, mais un chômage en baisse, maintenant, nous avons les deux, elle est belle notre société.
Je ne vais pas entrer dans les détails des solutions apportées par notre gouvernement pour sauver les meubles mais simplement faire un constat simpliste:
Les responsables de cette crise sont les institutions financières, les banques, mais la victime, ce sont les ouvriers.
Je ne sais plus combien de milliards ont été débloqués pour sauver les banques françaises, celles ci tiennent encore debout, leurs patrons touchent leurs salaires, leurs primes, je n'ai pas vu de licenciement ou de fermeture de banques de par le pays. Par contre, l'industrie française se casse gentiment la gueule, et là, les moyens mis à disposition pour adoucir la chute sont ridicules...
Peut-on en vouloir à l'ouvrier lambda de ne pas comprendre ce "deux poids deux mesures"?
Non, il faut redescendre du petit monde de la logique économique d'en haut et regarder la réalité en face. Ceux qui souffrent n'y sont pour rien, ceux qui sont coupables, vont bien.
Les fervents économistes libéraux me balanceront leurs calculs savants, leurs logiques implacables, mais les faits sur le terrain sont là, et ils sont implacables.
Alors, aujourd'hui on parle de supprimer le bouclier fiscal, de supprimer la réforme des heures supplémentaires, je dis ouf! Le bon sens existe donc dans les hautes sphères dirigeantes de notre pays.
Oublions le travailler plus pour gagner plus, et sauvons les meubles, il faut empêcher les boites de profiter de la crise pour délocaliser, il faut se serrer les coudes.
Pour une fois, donc, je ne gueule pas après les futurs manifestants, il faut que ça sorte.
samedi 14 mars 2009
Travailleurs, restons fiers de notre travail !
L’exemple a frappé, bien plus encore que celui de l’affaire Total. En effet, les salariés de cette entreprise avaient accepté de remettre en cause leurs droits (35 heures et RTT) pour travailler 40 heures payées pareilles que 35 heures, dans le but de sauver leurs emplois. Les médias se sont gaussés, dans ce contexte de crise, de l’échec de cette stratégie : les salariés perdent leurs emplois comme avant, et sans aucun avantage gagné.
Pour moi, les salariés de Continental ont été victimes aussi d’une dégradation permanente menée par l’ensemble des corps médiatiques et élitistes, de la valeur du travail.
Quel était le discours de Continental ? "Globalement, votre travail est sans valeur réelle. Un ouvrier chinois ferait la même chose, et il travaillerait 20 heures de plus par semaine, sans nous ennuyer avec vos demandes permanentes car au moins, eux, ils n’ont pas de syndicats. Or, nous sommes bien gentils, nous avons une éthique, et nous vous proposons de conserver vos emplois en échange d’une remise en cause de vos droits qui préservera nos profits."
En soi, le deal a pu sembler séduisant à nos ouvriers de l’Oise, d’autant plus que les emplois industriels disparaissent depuis le début des années 1980. Cependant, au final, quel résultat ? Ils ont travaillé deux ans de plus à 40 heures, et maintenant, ils sont virés. Lorsque l’activité repartira, si Continental existe toujours, ouvrira sans doute un belle usine en Europe de l’Est ou en Chine, exploitant pour moins cher les ouvriers locaux.
Cette situation vient du fait que les personnes ayant des emplois peu valorisés par la société ont perdu toute fierté dans leur travail, et toute confiance en elles-mêmes. S’estimant encore chanceux d’avoir un travail, et voulant tout faire pour le conserver, ils étaient prêts à accepter beaucoup. Ce manque de fierté des travailleurs du bas de l’échelle, je le vois tous les jours dans les classes. De nombreux parents s’estiment totalement dévalorisées, et espèrent que leurs enfants seront médecins. Devant l’échec de leurs gosses, ils sont dans une honte terrible, pensant que leur enfant fera le même travail infâme qu’eux. Pourtant, sans tous ces boulots, comment notre société fonctionnerait-elle ? On ne peut pas faire tourner une société développée comme la nôtre avec des employés des services, des cadres et des fonctionnaires. Contrairement à ce qu’on nous dit souvent, nous sommes toujours dans une société industrielle, même si l'industrie ne ressemble plus à celle des années 1950.
Ce qui a changé, c’est simplement la localisation de nos industries employant des ouvriers peu qualifiés : maintenant, notre appareil productif est en Chine, où la merveilleuse société socialiste chinoise aide nos capitalistes occidentaux à maximiser leurs profits. Je ne vais pas blâmer Continental ni aucune autre entreprise de faire ces choix. Contrairement à d’autres, je trouve que cette situation est cohérente. Les entreprises capitalistes servent à dégager du profit pour des actionnaires, et les responsables sont ceux qui nous ont fait croire qu’une boite pouvait avoir une éthique autre que celle-là.
Le problème se localise plutôt au plan politique : ce sont nos gouvernements qui ont mis en place cet écrasement des plus faibles et des plus pauvres ici, et cette exploitation des encore plus pauvres là-bas. Ce sont nos hommes politiques qui ont choisi de ne plus agir de manière trop forte sur l'économie. Ce sont nos dirigeants qui préfèrent agiter la menace de l'immigré, du musulman ou de l'ouvrier chinois que d'assumer leurs responsabilités.
Ce processus touche même les classes moyennes. Je le vis tous les jours dans l’enseignement, où la dévalorisation permanente menée par les pouvoirs sur notre travail touche les collègues et finit par nous faire accepter beaucoup de choses, et encore avons-nous la protection de l'emploi qui nous permet de résister un peu. Cette crise devrait nous permettre de revenir là-dessus et de reprendre conscience que le politique reste au centre des choses.
Je sais qu’il est très difficile, dans un monde où tout le monde vous dit le contraire, d’être fier de son travail, mais je reste assez persuadé que c’est en étant fier de soi et de son ouvrage, quel qu’il soit, qu’on en arrive à la conscience sociale et à l’engagement dans des luttes. Le capitalisme est devenu plus libre parce que les plus faibles et les classes moyennes ont perdu leur fierté d’eux-mêmes et de leur utilité sociale. Le travail de reconquête doit commencer là.
Ah, si seulement, à gauche, on s’en rendait un peu compte…
jeudi 12 mars 2009
Dans le cul, Continental!
Ils n'ont pas voulu appliquer le système des quatre huit, comme l'avait demandé leur direction...
Bien fait pour leur gueule diront les libéraux!
Vous vous demandez sûrement ce que je raconte comme conneries...
Ben oui, en fait c'est usine Continental dans l'Oise qui ferme ses portes.
Ce qui est très drôle, ou plutôt révélateur de notre société et scandaleux, c'est que les employés de Continental ont accepté de revoir à la baisse leurs conditions de travail et se sont assis sur une partie de leurs avantages sociaux pour justement sauver la société.
Le moins qu'on puisse dire c'est que ce fut une réussite exceptionnelle!
On va voir comment ça va se terminer, mal pour les employés, c'est sûr, mais en plus cela va affaiblir la position des patrons à l'aube de nombreuses négociations avec les syndicats en ces temps de crise économique...
Faut être con pour faire des efforts et se faire entuber au final, maintenant tout le monde sait à quoi s'attendre.
J'avais déjà publié un billet sur l'émission "Là bas si j'y suis" parlant du cas de l'usine Goodyear. Je vous conseille l'écoute de cette émission. Édifiant.
C'est même pas un coup de gueule car je ne suis pas surpris, c'est dans la logique actuelle.
Il y en a un qui résume bien le problème sans longs discours...
mercredi 4 mars 2009
A qui profite la baisse de la TVA dans la restauration ?
Même si je déplore cette nouvelle coupe dans les recettes alors qu’on annonce pour 2010 un déficit public record, je dois dire que la réduction de la TVA, l’impôt le plus inégalitaire qui soit, ne me déplaît pas puisqu’elle devrait permettre aux plus démunis d’en bénéficier…quoique.
Ce matin, j’ai entendu sur France Inter le président du syndicat des restaurateurs annoncer sans se démonter que les prix ne baisseraient pas. Pourquoi ? A cause de la hausse des prix des matières premières.
Tiens, c’est drôle, parce que depuis six mois, ces prix se sont totalement effondrés. Le gars aurait dit cela il y a un an, j’aurai compris, mais là, franchement… Il doit y avoir quelque chose de complexe que je ne saisis pas.
Alors, on pourrait imaginer que ce profit supplémentaire permettrait une hausse de salaire ou des embauches, mais rien de tout cela n’a été évoqué.
Je te propose deux hypothèses :
- Soit les restaurateurs en profitent pour s’accorder une hausse de profit. En temps de crise, cela peut se comprendre, mais est-il intéressant que l’État perde des recettes pour cela ? Et que se passera-t-il une fois la croissance revenue ?
- Soit les restaurateurs continuent effectivement à payer leurs produits chers, et dans ce cas, c’est que quelqu’un d’autre se sucre sur notre dos. La grande distribution ? Les intermédiaires ? Dans ce cas, je vois encore moins pourquoi l’État financerait cela ?
Je suis peut-être mauvaise langue. Si tu as une autre explication cohérente, cher lecteur, n’hésite pas à nous la faire partager.
samedi 21 février 2009
Les caisses automatiques : déplaçons le travail vers les clients.
Lorsque j’étais aux États-Unis, en avril dernier, j’avais découvert les caisses automatiques dans un supermarché de la marque Stop and Shop. Le principe est le suivant : tu te présentes devant la caisse, qui est une machine automatique, tu scannes tes articles toi-même, tu fais tes sacs tout seul, et puis tu payes, soit en utilisant ta carte de crédit, ta carte de débit, soit en usant de pièces et de billets. Dans ce supermarché, il y avait quelques caisses automatiques et quelques caisses encore tenues par des caissiers.
Sur le moment, on se dit que, dans notre tendance à l’individualisation, que c’est quand même mieux : on fait ses petites affaires tout seul, on ne parle à personne (et quand on est étranger, c’est plus facile), et c’est assez rapide quand on a peu d’achats.
Et puis, on réfléchit un peu : certes, on se dit que cela ne change pas grand-chose, mais du côté du supermarché, l’impact est évident. On a sabré dans la masse salariale et on a dégagé un petit bénéfice. On fait un beau transfert de charge, puisque c’est le client qui effectue un travail à la place du supermarché. Les prix baissent-ils pour autant ? J’en doute. Comment ces salariés vont-ils trouver du travail plus tard, si on supprime chaque jour un peu plus ces emplois peu qualifiés mais pourtant humanisants et utiles ?
Il y a quelques jours, je me suis rendu au supermarché Leclerc de Pantin (93), et j’ai pu découvrir que quelques caisses automatiques y avaient fait leur apparition. Pourtant, la grande distribution française s’était engagée à ne pas le faire de suite, et sans supprimer d’emploi. Franchement, je ne vois pas l’intérêt de maintenir des emplois si le travail est fait par des machines et par les clients, qui paient et sont contents de travailler.
Ce qui est encore plus dommageable, ce sont les nombreux clients qui vont être incapables d’utiliser ces machines. Elles devront donc s’infliger les caisses humaines restantes, celles où vont aller les énormes caddies de début de mois.
Est-ce un progrès, à part pour les profits des supermarchés ?
PS : je te signale, au passage, cet article de Vogelsong sur l'évolution de notre système d'impôt vers l'annulation de la progressivité.
dimanche 15 février 2009
Cher lecteur, payons les dettes pourries des banques !
Ici, des rumeurs bruissent : certains pays européens sont au plus mal financièrement. Il se murmure même que l’Autriche serait sur le point de demander une aide d’urgence à l’Allemagne pour retrouver un peu de liquidités. Le sort de l’Islande, en pleine débâcle financière et en train de nationaliser tout son système financier, a l’air de guetter un certain nombre de petits pays européens fragiles.
A la suite de ce dernier billet, l’auteur nous indique que l’une des solutions possibles serait que les États reprennent les créances pourries de nos banques pourries, puisque seul les États disposent de la longévité pour étaler toutes ces dettes et les payer. C’est ce que vient de faire l’Islande. Cependant, il faut te rappeler une chose simple, cher lecteur, si l’État ne peut jouer de la planche à billets pour dégrader la valeur de ces capitaux, ces dettes seront payées, c’est sûr, mais par les impôts.
En clair, dans ce merveilleux processus de crise qui est le nôtre aujourd’hui, crise que beaucoup voyaient venir d’ailleurs, non seulement les prix montent (ce qui frappe les pauvres en premier, mais touchera vite les classes moyennes), le crédit est paralysé, les salaires stagnent, le chômage augmente, et en plus, il va falloir que l’on paie les conneries des banques avec nos revenus, puisque c’est sur eux que portent les deux impôts les plus importants, l’impôt sur le revenu et la TVA.
Tout cela signifie quoi ? Tout d’abord, les dépenses publiques vont connaître une hausse considérable dans les prochaines années, puisqu’il va falloir assurer le traitement social de la crise, relancer la machine économique, investir et payer les dettes des banques. Cela signifie ensuite que ce sont encore les pauvres et les classes moyennes qui vont payer les pots cassés de l’économie. Personnellement, si je le pouvais, je laisserais crever les banques et leurs actionnaires, je te nationaliserais tout cela et je ne paierais pas ces dettes : les banquiers ont prêté n’importe comment, tant pis pour eux, qu’ils tombent, et les capitalistes qui ont passé l’argent avec. Malheureusement, c’est de l’utopie…
Pour certains, on ne pourra pas faire mieux et on entre dans une période de crise terrible. Pour moi, l’État risque bien d’être obligé de relancer la planche à billet. Théoriquement, l’euro empêche cela. Contrairement à d’autres raisons parfois évoquées, voilà un beau défi posé à la monnaie unique : pourra-t-on sortir des dogmes et trouver des solutions innovantes à cette vaste crise économique ?
Pour le moment, cher lecteur, je ne vois pas venir grand-chose…