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jeudi 16 décembre 2010

Serveur ou chef de rang?

J'hésite entre les seins nus et un billet que je veux déjà écrire depuis plusieurs jours sans trouver le temps.
Bon, je veux bien qu'on me dise où les charmantes tumultueuses montreront leurs seins la prochaine fois, je ferai mon quota de longueurs, c'est promis!
Bon petites joies mises à part, parlons business.
J'ai été serveur, chef de rang pendant 7 ans, donc environ la moitié de ma vie professionnelle.
J'ai toujours bien gagné ma vie tout en étant précaire, sans jamais m'en plaindre. A 20 ans, célibataire et sans enfants, si on commence déjà à se plaindre, ça va mal.
Bon, là je tombe sur cet article de Rue89 qui nous raconte la misère des serveurs qui doivent rembourser le patron quand un client part sans payer.
D'après mon expérience, il existe deux types de serveurs, les étudiants, les mi-temps, les commis, qui gagnent pas beaucoup et ne sont pas des pros.
Mais il existe aussi les pros, et croyez-moi, ils gagnent bien leur vie, du moins sur Paris.
Je veux bien que l'on vole au secours des premiers nommés, qui gagnent souvent le smic hôtelier et galèrent avec des horaires de merde, mais en même temps, quand t'as pas de qualification, faut pas t'attendre à devenir Crésus.
Par contre, les pros, ceux et celles qui sont payés au porte-feuille ou au pourcentage global ne se plaindront jamais sérieusement de devoir payer les factures des clients qui s'enfuient.
Le métier de chef de rang est pour moi un métier complètement libéral, on offre aux employés la possibilité de gagner de l'argent en vendant, ce sont des commerciaux.
Je n'ai absolument pas envie qu'on nous transforme en misérables gagne-petit.
Faut arrêter de victimiser tout le monde dans ce pays.
On dit aux patrons de ne plus faire payer au serveur la note du client qui s'est barré (parceque le serveur a mal fait son taf), et le résultat, c'est que le patron paiera son serveur moins bien.
Parfois, il faut laisser l'équilibre tel qu'il est et arrêter de chialer.

jeudi 1 avril 2010

Entretien loupé, la faute à qui?

Je vais vous raconter une petite histoire qui mettra probablement notre jeunophile bourru Fabrice en colère.
Il y a quelques années, alors que je revenais du Japon, 8 ans après avoir quitté la France, j'ai travaillé dans un restaurant sur la Butte Montmartre à Paris, restaurant pour touristes, toujours blindé, pas cher et pas bon.
J'y ai vécu 7 moins d'enfer, 66 heures de travail par semaine, un patron tyrannique comme je n'en ai jamais vécu de ma vie, des journées entières à mes faire hurler dessus, mais entre 2500€ et 3000€ de salaire par mois, pourboire inclus.
Après 7 mois, j'étais l'un des plus anciens, mais je n'en pouvais plus, des mois à être irrascible à la maison, des mois à porter un béret pendant toute la semaine et à stresser au point d'avoir des péllicules plein les cheveux, j'ai donc arrêté, et j'ai cherché ailleurs. A mon grand plaisir, quand je suis allé voir une agence d'intérim spécialisée dans la restauration à Paris, la personne chargée de ma placer, m'a déroulé le tapis rouge quand elle a vu que j'avais survécu 7 mois dans ce restaurant. Je me suis vu proposer un poste de chef de rang avec évolution possible vers la gérance, rien que ça.
Tout ça pour dire, qu'en plus de m'avoir donné l'opportunité d'économiser un joli matelas m'ayant par la suite permis de changer de profession et de combler les nombreux trous budgétaires auquel j'ai dû faire face, cette expérience m'aurait également ouvert la voie royale si j'avais persisté dans la voie de la restauration.
Un détail important pour mieux comprendre la petite histoire qui suit, ce patron tyrannique aime les jeunes, les inexpérimentés, il le matraque, les noie pour mieux les façonner à son image.
Quand je suis arrivé à Paris, j'avais 7 ans d'expérience dans le métier, mais à l'étranger, et il est le seul à m'avoir donné ma chance quand les bistrot et restos parisiens m'envoyaient chier.
Le second point important, c'est qu'il ne vire jamais, tu peux être mauvais, il va te dégoûter, il va te punir, te faire chialer, mais il ne te vire pas, il te fait démissionner.
Donc, un jour, jour de recrutement, alors que je me tiens près de la caisse, arrive un jeune gars, la vingtaine, casquette vissée sur la tête, jogging, baskets.
Le gars s'adresse au caissier et lui dis qu'il vient pour l'annonce avec un accent clairement estampillé banlieue.
Le caissier esquisse un sourire et l'envoie au premier.
5 minutes plus tard, le gars redescend à vive allure en marmonnant je ne sais quoi dans sa barbe (il n'était pas barbu mais bon). Le patron descend m'engueule car je n'ai rien à faire devant la caisse et fustige le type qui vient d'échouer à son entretien d'embauche.
Pour ma part, je regarde partir ce gars, et je ne peux m'empêcher de penser qu'il vient de louper l'occasion de sa vie. Une occasion de gagner beaucoup d'argent, de se faire un CV et d'apprendre le travail tellement à la dure que tout lui paraîtrait simple après cette expérience.
Et pourquoi l'a-t-il ratée? Parcequ'il n'a été capable ni de mettre un jean et une chemise et ni d'adapter son language au monde du travail.
Je l'imagine en train de se plaindre de discrimination, de s'apitoyer sur son sort de victime de banlieue et toutes ces conneries qui me hérissent le poil, alors qu'il ne peut s'en prendre qu'à lui même.
Ce patron est un gros con, mais il n'est pas raciste et il donne sa chance à celui qui veut bosser et suer.
Je doute qu'il retrouve une occasion aussi facile d'entrer dans la vie active par ce type de porte en argent.
Je ne veux pas dire au travers de ce billet que tous les jeunes de milieux modestes ou issus de l'immigration sont fautifs de leurs échecs. La discrimination existe, bien sûr et c'est déplorable, mais avant se pleurer sur son sort, il faudrait apprendre à mettre toutes les chances de son côté, savoir s'habiller (Tati c'est parfait), apprendre à parler un français convenable sans ces intonations typiques de la banlieue qui vous ferment tant d'accès.
Il faut que la société française s'ouvre et accepte ces jeunes, mais il faut surtout aussi qu'eux-mêmes acceptent de jouer selon les règles du jeu en vigueur, j'ai trop souvent l'impression que certains croient pouvoir imposer leurs règles au monde, ben non.

dimanche 26 juillet 2009

De la baisse de la TVA dans la restauration…

Comme tu avais pu le lire, cher lecteur, j'ai pris une première dizaine de jours de congé la semaine dernière. Durant cette période, je m'étais dit que j'allais tenter de mesurer la réalité de la baisse de la TVA dans la restauration. En effet, depuis plusieurs semaines, des restaurateurs et des bistrotiers affichent ce logo sur la baisse de la TVA, annonçant une baisse des prix sur certains produits-phare. Durant cette période, je me suis arrêté surtout dans des cafés, et dans deux restaurants. Au total, je n'ai pas réellement pu constater une évolution sensible des prix. Le pire a été dans un restaurant japonais parisien cette semaine, qui a refait sa carte en indiquant l'ancien prix barré en rouge et le nouveau prix en rouge aussi. Or, on peut voir, sans être un génie des mathématiques, que la baisse ne correspond absolument pas aux 14% de la baisse mais à environ 6%, ce qui signifie bien que le restaurateur se remet encore 9% dans la poche : au moins le prix a-t-il un peu diminué…

Ce qui est étonnant, dans cette affaire de TVA, c'est que personne n'y a jamais cru. Dès le départ, même les grands médias ont douté de l'effet mécanique de cette mesure, et ont indiqué l'impact négatif sur le budget de l'Etat. Certes, les restaurateurs ont fait de grandes annonces très solennelles, mais quels résultats ? La baisse des prix n'était certes pas une obligation. Personnellement, j'aurais trouvé cela très bien qu'un restaurateur marque au-dessus de son comptoir : « ici, les employés viennent d'être augmentés de 10% suite à la baisse de la TVA ! » Cette mesure aurait même été davantage salutaire, puisque les salaires cotisent pour les régimes sociaux. On aimerait aussi voir un restaurateur indiquer : « grâce à la baisse de la TVA, j'ai embauché un salarié ! ». Rien de tout cela…

Au final, cette mesure semble ne bénéficier qu'à peu de monde, aux restaurateurs en fait. Il faudrait donc rehausser la taxe ? J'y suis maintenant favorable, mais il y a un problème. Si les restaurateurs n'ont pas baissé leurs prix, je suis persuadé qu'ils s'empresseront de les monter si la TVA était raugmentée, histoire de préserver leurs nouveaux bénéfices.

Décidément, une réforme sans grand intérêt et réellement coûteuse… Mais bon, les restaurateurs votent à droite, alors…

PS : source de l'image ici.

mercredi 4 mars 2009

A qui profite la baisse de la TVA dans la restauration ?

Je ne sais pas si tu as entendu, cher lecteur, mais la Commission Européenne vient d’annoncer que la TVA pourrait être réduite sur la restauration à 5,5%. Cela fait des années que les gouvernements français militent pour cette mesure, et Sarkozy doit jubiler d’avoir pu arracher cette vieille demande de Jacques Chirac.

Même si je déplore cette nouvelle coupe dans les recettes alors qu’on annonce pour 2010 un déficit public record, je dois dire que la réduction de la TVA, l’impôt le plus inégalitaire qui soit, ne me déplaît pas puisqu’elle devrait permettre aux plus démunis d’en bénéficier…quoique.

Ce matin, j’ai entendu sur France Inter le président du syndicat des restaurateurs annoncer sans se démonter que les prix ne baisseraient pas. Pourquoi ? A cause de la hausse des prix des matières premières.

Tiens, c’est drôle, parce que depuis six mois, ces prix se sont totalement effondrés. Le gars aurait dit cela il y a un an, j’aurai compris, mais là, franchement… Il doit y avoir quelque chose de complexe que je ne saisis pas.

Alors, on pourrait imaginer que ce profit supplémentaire permettrait une hausse de salaire ou des embauches, mais rien de tout cela n’a été évoqué.

Je te propose deux hypothèses :
  • Soit les restaurateurs en profitent pour s’accorder une hausse de profit. En temps de crise, cela peut se comprendre, mais est-il intéressant que l’État perde des recettes pour cela ? Et que se passera-t-il une fois la croissance revenue ?
  • Soit les restaurateurs continuent effectivement à payer leurs produits chers, et dans ce cas, c’est que quelqu’un d’autre se sucre sur notre dos. La grande distribution ? Les intermédiaires ? Dans ce cas, je vois encore moins pourquoi l’État financerait cela ?

Je suis peut-être mauvaise langue. Si tu as une autre explication cohérente, cher lecteur, n’hésite pas à nous la faire partager.