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mardi 28 juin 2011

Déficit vs prélèvements obligatoires

Un déficit budgétaire de 138 milliards en 2010 et un taux de prélèvements obligatoires de 42.5%, parmi les plus élevés en Europe.
Je sais que je suis en train de tenir un discours de droite, mais parfois les chiffres parlent d'eux mêmes.
Quand on pratique des tarifs importants mais que les comptes sont mauvais, c'est que quelque chose cloche dans l'utilisation des recettes.
Soit on continue et on continue allègrement à s'endetter, soit on réforme en profondeur l'Etat et son fonctionnement.
On ne peut simplement pas continuer à prélever à la pelle tout en perdant 140 Milliards par an.
Audits poussés, réflexion sur ce qu'on veut et action.
On ne peut pas continuer comme ça.

mercredi 15 juin 2011

Ne laissons pas tomber la Grèce.

Je publie ici cet appel lancé à l'initiative de Theodorakis. Ce texte devrait servir d'inspiration à nos dirigeants, dans la préparation des élections de 2012. A méditer.



AUX CITOYENS INDIGNÉS DE GRÈCE ET D'EUROPE

« Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement),  demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.

Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes.

Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.

Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu'ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.

Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !

Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.
Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète !

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »
 
Le Comite Consultative du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’ Etincel » (*)
 
Athenes, 26 Mai 2011
(*) Créé à l’initiative de Mikis Theodorakis

samedi 13 novembre 2010

L'étalon-or : inflation ou déflation ?

Depuis quelques semaines, nos camarades libéraux s'alarment des politiques mises en place par la Fed pour sauver l'économie américaine. Quel est le problème ?

On pourrait s'attendre à la forte crainte qui pèsent sur les autres pays suite à cette politique, par exemple sur la Corée du Sud ou Taïwan et sur les risques qui pèsent sur la stabilité du système financier international. On peut d'ailleurs supposer que les pays du G20 ont beaucoup débattu de cette question, mais nous n'en n'avons pas vraiment entendu parler dans les grands médias.

Non, ce qui inquiète les libéraux, c'est le risque d'inflation qui toucherait les Etats-Unis et qui risquerait de mettre en place un impôt très lourd sur les acteurs économiques américains. Certains conseillent d'acheter de l'or pour éviter de prendre le risque de l'effondrement de nos monnaies qui suivrait l'effondrement du dollar. Et pourquoi pas, finalement, revenir à l'étalon-or ?

N'étant pas un grand économiste, j'ai consulté mes collègues de SES au lycée, qui m'ont rappelé un exemple historique contraire et m'ont guidé vers un autre exemple historique récent.

Ah, le Royaume-Uni et son étalon-or. Je me suis donc replongé dans mes cours d'histoire économique. Dans les années 1920, ce pays fait tout pour revenir à l'étalon-or qu'il a dû abandonner durant la guerre. En 1925, Churchill fait passer une loi qui aboutit à ce processus. Or, cette politique va aboutir, durant la crise de 1929, à plonger le pays dans une déflation très forte, amenant les entreprises à réduire leurs investissements et à liquider leurs stocks et le pays ne parviendra à réémerger qu'après avoir abandonné l'étalon-or en 1931. Finalement, il ne sortira vraiment de la crise que par la guerre et une intervention massive de l'Etat durant les années 1940.

Mon collègue m'a aussi attiré vers un autre exemple récent celui-là : la crise du Japon des années 1990 et 2000. Au début des années 1990, la bulle immobilière du Japon et une bulle financière explosent au même moment, plongeant le système financier dans une crise terrible et amenant à une forte déflation. Les banques sont amenés à vendre leurs capitaux mobiliers tout en réduisant massivement l'accès au crédit. Le gouvernement se décide à intervenir en nationalisant des banques en 1998, sans que cela n'ait d'effets à long terme. Finalement, cette crise s'est résolue par une intervention conjointe de la banque centrale du Japon et de l'Etat japonais en 2003, permettant de réinjecter des liquidités dans le système financier.

Finalement, il semble que la Fed et l'Etat fédéral américain aient tiré les leçons de l'histoire et décident d'intervenir très rapidement pour prévenir la déflation en suscitant l'inflation, contre laquelle il est finalement plus facile de lutter. Pour mémoire, en France, il y avait une inflation à deux chiffres au début des années 1980, et elle très rapidement retombée dès le milieu des années 1980, alors qu'il est apparemment bien plus difficile de lutter contre la déflation et que celle-ci a des conséquences terribles.

Dans la politique américaine actuelle, la question est donc bien plus de savoir ce qu'il va se passer sur les autres pays, suite à cette injection massive de dollars dans le système financier mondial, que de l'impact d'une inflation dont nous risquerions de perdre le contrôle.

Qu'en penses-tu, cher lecteur ?

mercredi 9 décembre 2009

La Grèce fait faillite. On fait comment ?

Depuis ce matin, les informations sont mauvaises venant de la Grèce. Les agences de notation viennent de dégrader la note de la Grèce concernant les emprunts bancaires de son État. Immédiatement, les taux d'intérêts viennent de s'envoler pour ce pays, et la Grèce se retrouve en difficulté.

Le traité de Maastricht n'a rien prévu pour cette situation. Différentes solutions sont envisagées, certains imaginant même faire sortir le pays de l'euro pendant quelques périodes. Pourtant, le problème ne sera pas résolu, car la dette reste un problème fondamental. Évidemment, le problème varie en fonction des États. En France, en Irlande, Grèce ou au Portugal, c'est l'État qui s'est endetté. Dans les pays anglo-saxons, c'est la dette privée qui explose et qui n'est toujours pas absorbée. Si de nouvelles pertes bancaires se révèlent, on risque bien de gérer une situation gravissime. Certains États pourraient faire faillite et les pays en question seraient en grande difficulté.

Il existerait bien une autre solution pour lisser cette dette. Et pourquoi ne pas dévaluer l'euro ? Produire un peu de monnaie pour qu'il y ait un peu d'inflation et que la valeur des dettes contractées diminue. Certes, cette stratégie pourrait être très dangereuse, pour d'autres raisons, mais je ne comprends pas bien pourquoi l'on s'accroche à ce point au maintien de cette dette à une valeur aussi haute, si ce n'est pour favoriser les possesseurs de cette dette.

Bien sûr, cette solution ferait augmenter les prix, provoquerait une diminution de la valeur nominale des salaires, mais elle provoquerait aussi des hausses de salaire à terme, dégagerait les États d'une partie de leurs dettes et permettrait de maintenir à flot les systèmes publics qui soutiennent l'économie sans devoir faire des coupes massives dans les budgets et dans l'action publique.

Cette vision est iconoclaste en ce moment, mais je ne comprends pas qu'on ne l'évoque pas. Il n'y aurait pas un parti pris idéologique là-dedans ?

dimanche 15 février 2009

Cher lecteur, payons les dettes pourries des banques !

Cher lecteur, le joyeux week-end qui est en train de s’achever est pourtant chargé de mauvaises nouvelles au plan économique. On apprend d’abord ici que, malgré les discours nombreux visant à dédramatiser la crise actuelle, l’inflation repart de plus belle. Les prix alimentaires de base, y compris sur les premiers prix, augmentent alors que les prix de ces matières sur les marchés internationaux sont à la baisse.

Ici, des rumeurs bruissent : certains pays européens sont au plus mal financièrement. Il se murmure même que l’Autriche serait sur le point de demander une aide d’urgence à l’Allemagne pour retrouver un peu de liquidités. Le sort de l’Islande, en pleine débâcle financière et en train de nationaliser tout son système financier, a l’air de guetter un certain nombre de petits pays européens fragiles.

A la suite de ce dernier billet, l’auteur nous indique que l’une des solutions possibles serait que les États reprennent les créances pourries de nos banques pourries, puisque seul les États disposent de la longévité pour étaler toutes ces dettes et les payer. C’est ce que vient de faire l’Islande. Cependant, il faut te rappeler une chose simple, cher lecteur, si l’État ne peut jouer de la planche à billets pour dégrader la valeur de ces capitaux, ces dettes seront payées, c’est sûr, mais par les impôts.

En clair, dans ce merveilleux processus de crise qui est le nôtre aujourd’hui, crise que beaucoup voyaient venir d’ailleurs, non seulement les prix montent (ce qui frappe les pauvres en premier, mais touchera vite les classes moyennes), le crédit est paralysé, les salaires stagnent, le chômage augmente, et en plus, il va falloir que l’on paie les conneries des banques avec nos revenus, puisque c’est sur eux que portent les deux impôts les plus importants, l’impôt sur le revenu et la TVA.

Tout cela signifie quoi ? Tout d’abord, les dépenses publiques vont connaître une hausse considérable dans les prochaines années, puisqu’il va falloir assurer le traitement social de la crise, relancer la machine économique, investir et payer les dettes des banques. Cela signifie ensuite que ce sont encore les pauvres et les classes moyennes qui vont payer les pots cassés de l’économie. Personnellement, si je le pouvais, je laisserais crever les banques et leurs actionnaires, je te nationaliserais tout cela et je ne paierais pas ces dettes : les banquiers ont prêté n’importe comment, tant pis pour eux, qu’ils tombent, et les capitalistes qui ont passé l’argent avec. Malheureusement, c’est de l’utopie…

Pour certains, on ne pourra pas faire mieux et on entre dans une période de crise terrible. Pour moi, l’État risque bien d’être obligé de relancer la planche à billet. Théoriquement, l’euro empêche cela. Contrairement à d’autres raisons parfois évoquées, voilà un beau défi posé à la monnaie unique : pourra-t-on sortir des dogmes et trouver des solutions innovantes à cette vaste crise économique ?

Pour le moment, cher lecteur, je ne vois pas venir grand-chose…