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vendredi 18 juin 2010

Les réfugiés du Darfour en Israël

Avant mon récent séjour en Israël, j'avais prévenu ma tendre épouse que les femmes éthiopiennes qui vivaient en Israël pouvaient être d'une beauté rare et redoutable, elle était donc relativement impatiente de découvrir les traits fins et parfois splendides des ces femmes.
Mais en arrivant à Eilat, j'ai trouvé que les éthiopien(ne)s n'étaient pas comme je les avaient gardé(e)s en mémoire...
Et pour cause, beaucoup étaient soudanais, réfugiés du Darfour.
Voilà quelque chose que j'ignorais, la présence de réfugiés du Darfour en Israël.
J'ai donc commencé à me renseigner et j'ai trouvé des échos assez contrastés, variant entre des criminels et des victimes que l'on doit aider au nom de l'histoire de juifs.
Ce contraste se répercute bien sûr dans les décisions politiques, faire preuve d'une humanité tout à fait logique et même obligatoire mais en même temps risquer de devoir faire face à une vague de réfugiés arrivant d'un pays ennemi d'Israël.
J'ai n'ai jamais entendu parler de ça en France, sauf peut-être quand les gardes frontière égyptiens s'amusaient à shooter quelques têtes noires perdues dans le Sinaï...
Ce qui me paraît certain, c'est que la communauté internationale, déjà coupable d'une indifférence affligeante au Soudan, ne bouge pas le petit doigt pour tenter de venir en aide à ces réfugiés assez inattendus d'Israël et d'Egypte.
Oui Israël est petit, Israël est en guerre, et Israël a un énorme problème de ressources et de démographie, et les pays riches de ce monde, si enclins à s'offusquer de ce qui peut se passer à Gaza ignorent très délicatement cet autre problème autrement plus grave que le problème palestinien.
Ne parlons pas non plus de l'attitude égyptienne, non, les égyptiens ont le droit de renvoyer ces soudanais à une mort certaine dans leur pays.
J'espère que quelque chose va se passer très vite, qu'on va dispatcher ces pauvres gens dans des pays où ils seront accueilli et traités humainement, car je souhaite qu'Israël se comporte de manière humaine et respectable envers un peuple qui subit ce que les juifs ont subit dans le passé, mais par ailleurs un peuple de 6 millions ne peut voir arriver des centaines de réfugiés par nuit.
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mercredi 22 avril 2009

Les conférences sur le racisme de l’ONU ne servent à rien si les démocraties n’affrontent pas le problème.

Pour la deuxième fois, l'ONU s'est lancé dans un véritable fiasco : la conférence sur le racisme. Évidemment, comme la première fois, le président iranien a pu se laisser aller à ses habituels délires antisémites. La plupart des pays occidentaux ont boudé la conférence, et elle a abouti à un communiqué certes intéressant mais finalement très consensuel, et ce malgré les cris de victoire d'Human Rights Watch.

De nombreux journaux, télévisions et blogueurs ont dénoncé le scandale de cette conférence, je n'y reviendrai donc pas. Par contre, deux questions me taraudent depuis le début de la semaine : est-ce bien le rôle de l'ONU de s'occuper de la question du racisme ? Si oui, que peut-on en attendre d'une conférence sur la question ?

La première question, a priori, amènerait à une réponse négative, mais c'est sans compter le risque que représente un État appliquant des théories racistes. A l'origine, le rôle de l'ONU était de préserver la paix entre les pays et de mettre un terme aux différents facteurs de conflits, comme la colonisation par exemple, mais aussi de structurer un peu le droit international. Progressivement, et malgré les grandes difficultés de l'ONU à agir dans quelque domaine que ce soit du fait du contexte de la Guerre Froide, l'organisation a régulièrement accru ses missions, en étendant ses préoccupations au développement (création de la CNUCED en 1964) aux problèmes environnementaux (Rio en 1992), ou à d'autres questions comme l'eau en 1997. En soi, on pourrait penser que l'ONU est hors-sujet, mais ces problèmes pourraient devenir, un jour ou l'autre, des facteurs de guerre. Or, le racisme a été un facteur très important de conflits. N'oublions pas, cher lecteur, que la seconde guerre mondiale a été causée en grande partie par cette logique. De même, le génocide rwandais et les guerres de Yougoslavie ont pour origine des idéologies racistes. A l'évidence, cette question concerne donc les instances internationales.

Maintenant, ces grandes messes entre États servent-elles à quelque chose ? En réalité, je ne le crois pas. Bien sûr, l'ONU se doit de condamner le racisme (elle le fait d'ailleurs dans sa charte) et d'intervenir contre tout État qui mène des attaques liées à des idéologies racistes. Cependant, peut-elle inciter les pays à lutter contre le racisme chez eux ? Peut-elle seulement avoir un impact sur les États en eux-mêmes ? Je n'en crois rien. Les peuples se fichent totalement de ce que dit l'ONU. Le président iranien a fait son discours pour flatter une partie de la population du Moyen-Orient et ses propres électeurs. Cela ne risque cependant pas de lui éviter de perdre les prochaines élections chez lui, du fait de la situation économique du pays et des évolutions de la société iranienne. A mon sens, ces conférences ne servent à rien car elles n'impactent pas le problème en lui-même.

La charte de l'ONU se suffit donc à elle-même, et il serait bon que nos pays l'appliquent réellement, et pas seulement quand cela les arrange. Récemment, la Russie a mené une guerre raciste en Tchétchénie. Qu'en est-il ? Le Soudan extermine la population du Darfour. Qu'en est-il ? La Turquie réprime les Kurdes. Qu'en est-il ? La Chine écrase le Tibet. Qu'en est-il ? Condamner l'Iran, c'est bien joli, mais quand des pays font du racisme et qu'on ne fait rien, à quoi cela peut-il bien servir ?

La lutte contre le racisme se fait d'abord par des actes. Les gesticulations des conférences n'apportent rien à la question. Il serait bon qu'on en prenne conscience…