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mercredi 21 mars 2012

On va où? Vers la médiocrité ou la sagesse?

J'ai été choqué, attristé, dégoûté et ce matin, je suis abattu.
Pourtant, les infos matinales étaient plutôt bonnes, le salopard était cerné, le raid va, soit l'arrêter, soit le tuer, en tout cas, la folie meutrière du type s'arrêtera aujourd'hui.
Mais je ne peux pas ignorer le fait que le forcené est un jeune français d'origine maghrébine, se réclamant d'Al Qaida.
D'une sordide histoire d'abominables meurtres de militaires et d'enfants, nous passons probablement maintenant à une sordide fin de campagne présidentielle où toutes les ficelles de la haine interraciale vont être tirées par les différents candidats.
La fille Le Pen n'a d'ailleurs pas attendu bien longtemps pour tirer ses premières cartouches.
Les bonnes résolutions de ces 2 derniers jours s'évaporent très rapidement et nous allons malheureusement très probablement sombrer encore plus profondément dans la médiocrité politique électoraliste.
Une marche silencieuse est prévue ce dimanche, elle doit rassembler les français, cet immonde salopard a attaqué l'armée française, un homme de couleur, des hommes d'origine arabe, des enfants juifs. Ces tragiques évênements doivent fédérer les différentes composantes de notre société autours de tels drames. Tous sont victimes de ce fanatisme qu'on a d'abord cru néo-nazi et qui est finalement islamiste.
Mais je ne suis malheureusement pas un utopiste et je n'y crois pas.
Je crois qu'on aime se déchirer et qu'on va encore se déchirer et ce chien aura réussi son coup.

jeudi 23 septembre 2010

Méfiance envers tous les mouvements islamistes.

J'ai lu avec étonnement, en rentrant de la manifestation, ce billet de l'Hérétique concernant le terrorisme islamiste en France. Les Français n'ont semble-t-il pas mordu à l'hameçon de la menace terroriste. Notre éminent confrère affirme que le terrorisme islamiste est faible en France. Il a peut-être raison, mais on ne peut le savoir que le jour où l'attentat se produit.

J'ai davantage été attiré par ce passage :

La mouvance radicale ne parviendra pas à recruter, d'autant que l'Islam conservateur et réactionnaire a une voix officielle et légaliste avec l'UOIF. Or, cet UOIF-là, tout en cherchant à faire avancer ses vues (port du voile, notamment), s'est toujours montré légitimiste avec la République.

Je trouve très inquiétant le jeu de l'UOIF, et je voudrais dire qu'à mon avis, l'Hérétique sous-estime un adversaire.

Certes, cette organisation, totalement légale, n'est pas une association terroriste. Certes, elle respecte parfaitement les lois. Cependant, elle mène une stratégie de sape de l'édifice républicain en utilisant les arguments même de l'édifice républicain.

Lorsqu'on est face aux jeunes filles qui portent des voiles, on découvre avec intérêt que l'argument pour la légalisation du voile à l'école s'appuie sur des idées profondément républicaines, comme l'égalité entre les citoyens. L'idée numéro 1 est qu'il est anormal que les jeunes filles musulmanes ne puissent pas s'habiller comme elles le souhaitent, montrant du doigt les vêtements parfois assez baroques des autres élèves. Elles utilisent nos libertés pour miner la laïcité de l'intérieur.

Or, cette stratégie a des effets réels sur notre système, car elle installe l'idée chez les gamines qu'elles sont discriminées, alors que tous les signes religieux sont traités de la même façon par l'école. Le concept d'une discrimination générale des musulmans progressent, même dans des champs où elle n'existe pas.

Il y a peu, une élève m'a annoncé vouloir partir au Royaume-Uni pour pouvoir étudier en université avec son voile. Je lui ai signalé qu'on pouvait le faire en France, l'université n'étant pas laïcisée et étant un lieu ouvert, mais je pense qu'elle ne m'a pas crue.

Ces islamistes représentent aussi une vraie question posée à nos principes démocratiques. Ne les sous-estimons pas.

vendredi 10 septembre 2010

Note aux musulmans qui sont affligés par le traitement médiatique de l'affaire Terry Jones.

Cher lecteur musulman,

Je sais que tu as lu dans la presse qu'un obscur pasteur intégriste américain, Terry Jones, se préparait à pratiquer un autodafé d'exemplaires du coran pour protester contre l'ouverture, à proximité de l'ancien site du World Trade Center, d'une mosquée. Bien évidemment, tu t'en offusques, parce que tu ne comprends pas bien pourquoi ce triste sire lie, de manière aussi nette, ta foi, que tu pratiques normalement et pacifiquement dans les pays occidentaux, et les attaques du 11 septembre.

Comme de nombreux militants de la droite conservatrice voire réactionnaire, voilà donc, une nouvelle fois, une preuve de ce raccourci tellement facile entre islam et islamisme qui permet à de nombreux racistes de continuer à te pourrir la vie sans se dévoiler publiquement.

Cependant, depuis quelques heures, les islamistes ont, partout dans le monde musulman, lancé une véritable offensive médiatique pour te montrer à quel point l'Occident est raciste à ton égard et à quel point il se permet n'importe quoi, même de pratiquer un autodafé de ton livre sacré. Tu es séduit par ce discours car il touche tes sentiments et tes croyances profondes.

En plus, tu as pu constater, avec surprise, que les plus grands médias et les autorités américaines se sont mis à s'intéresser à ce soi-disant pasteur et à surréagir à sa bêtise. Tout le monde en a parlé en Occident, parvenant parfois à trouver normal que les lieux de culte musulmans soient repoussés hors de Manhattan.

Eh bien, cher lecteur musulman, j'aurais tendance à te dire deux choses :

Tout d'abord, ce pasteur pasteurisé n'intéresse personne, à part nos amis d'extrême-droite dont je te parlais plus haut. Même s'il se mettait à brûler des corans, cela n'aurait d'abord aucune importance réelle et une très large majorité des Occidentaux n'aurait aucune sympathie pour ce type de manifestation.

Ensuite, si tu te mets à suivre les islamistes dans leur idée d'un racisme général de l'Occident à ton égard, tu vas te mettre à cautionner un mouvement autant à l'extrême-droite que Terry Jones et tu vas passer dans un champ politique, lui, totalement condamnable

Aussi, je t'appelle à ne pas te laisser emporter, à garder ton calme et à simplement constater à quels points nos médias sont nuls sur ces questions.

Fondamentalement, Terry Jones et les islamistes mènent le même combat.

En attendait, je te souhaite une bonne fête en cette fin de ramadan.

mercredi 3 mars 2010

Fatwa utile ou inutile?

Non, je ne cherche à attirer les vautours de la blogosphère en leur balançant un peu d'Islam!
J'ai lu un article ressemblant à celui-ci sur le canard gratuit genevois qui traîne dans la salle fumeur de ma boite et je me suis arrêté sur une phrase en particulier:
Cette fatwa "peut être considérée comme l'argumentaire théologique le plus complet contre le terrorisme islamiste à ce jour"
Pour les flemmards qui n'ont pas lu le pourtant très concis lien ci-dessus, je rappelle simplement qu'un éminent érudit musulman d'origine pakistanaise, Muhammad Tahir-ul-Qadri, a condamné mardi les terroristes, considérés comme des ennemis de l'islam, dans une fatwa.
Ce n'est pas la première Fatwa de ce type mais apparemment, comme le montre la phrase qui m'a marquée, c'est la plus complète, la plus théologiquement argumentée.
Et si la solution à l'islamisme était l'Islam?
Sinon, un causeur entre un peu plus dans les détails et n'est pas aussi optimiste, mais s'il a raison quand il dit qu'il existera toujours des hurluberlus qui interprèteront les textes à leur goût, et que le danger de l'extrémisme existera tant que les religions existeront, je pense que ce type de rejet courageux de la violence est un pas vers une dépolitisation de la religion. Démonter les arguments djihadistes, c'est prendre le problème à la racine et cela ne peut être fait que par les religieux.

mardi 16 juin 2009

Camarades iraniens, je vous admire.

Cher lecteur, depuis plusieurs jours, nous assistons à quelque chose d'important, d'exceptionnel, d'admirable. Depuis quelques jours, une partie de la population iranienne essaie de se débarrasser de ses dictateurs. Cela fait maintenant 30 ans que la révolution iranienne s'est déroulée. A l'époque, ce soulèvement visait à faire tomber une dictature impitoyable et corrompue, et avait pour objectif de réaliser une révolution sociale. Or, Khomeiny l'a emporté, et c'est un régime réactionnaire qui s'est mis en place.

Depuis, l'Iran s'est jetée dans une guerre sans possibilité de victoire contre l'Irak. Puis, le pays a connu une croissance économique régulière et une élévation du niveau de développement, provoquant une hausse des contestations et un désir de la jeunesse iranienne de s'émanciper.

Les ayatollahs avaient pensé résoudre le problème en s'appuyant sur les milieux populaires en faisant élire un populiste, Mahmoud Ahmadinejad, pour diriger ce pays. Ce président a manié une politique nationaliste et populiste, isolant de plus en plus l'Iran sur la scène internationale. Aujourd'hui, Israël se prépare sans doute à bombarder les sites nucléaires iraniens, malgré les dénégations du gouvernement Netanyahou.

Et là, voilà que les Iraniens n'en peuvent plus, et le disent, et l'affirment, et demandent que leurs votes soient respectés. Le régime réagit avec force, et il n'est pas sûr que les Iraniens l'emportent sur leur gouvernement. Finalement, ils prennent un autre potentiel dictateur pour se débarrasser de leur président, mais rien ne dit que cela s'arrêtera là, si le mouvement est vraiment lancé.

Je suis admiratif que des gens soient prêts, ainsi, à mettre leurs vies en danger pour être libres de choisir leur futur. A chaque fois, je me demande ce que je ferais en cas de situation pareille ici. Certes, je milite, à ma façon, mais que se passerait-il si j'étais habitant d'une dictature ? Dure question, impossible à trancher tant que le cas ne se présente pas, mais troublante tout de même…

dimanche 14 juin 2009

La pomme radicale et extrémiste est dangereuse!

Quand un extrémiste trouve une pomme pourrie sur un arbre, il en déduit que le pommier est un arbre mauvais ne connant que des fruits pourris. 
Et à chaque fois qu'il entendra quelqu'un dire que la pomme est un fruit excellent, il le traitera de menteur, choqué que l'on puisse dire qu'une pomme est bonne alors le pommier est forcément mauvais vu qu'il donne des pommes pourries.

vendredi 24 avril 2009

Et pendant ce temps, au Pakistan…

Pendant que l'on s'égosille sur le président iranien et la conférence sur le racisme, un problème bien plus important devrait largement nous inquiéter.

Depuis deux semaines, les talibans pakistanais sont en hostilité quasi-ouverte avec le gouvernement pakistanais. Celui-ci, et en particulier le président Zardari, a été accusé par la communauté internationale, Etats-Unis en tête, de capituler face à des talibans en progression régulière. Hier, les talibans se trouvaient à une centaine de kilomètres de la capitale Islamabad.

Depuis les années 1990, le Pakistan joue un jeu dangereux avec les talibans. Ce pays a soutenu la conquête de l'Afghanistan par ceux-ci, avec la neutralité complice des Américains et les a laissés s'installer durablement sur son sol, particulièrement au Nord du pays. Après le 11 septembre, le Pakistan a joué la carte de l'alliance avec les Américains et l'OTAN, tout en continuant à manipuler les talibans. Le général Musharaf préférait ne pas céder à la pression populaire. Le nouveau gouvernement pakistanais a eu bien plus de mal à se positionner, coincé entre les réclamations de la rue et les attentes de ses alliés étrangers. Zardari a signé un accord avec les étudiants islamistes, les autorisant à installer des tribunaux dans la vallée du Swat, mais ceux-ci ne l'ont pas respecté. Aujourd'hui, le risque d'un basculement du pays est réel, du fait des tiraillements internes à l'armée pakistanaise, la troupe ayant de nombreux jeunes séduits par les idées islamistes.

Ainsi, un pays doté de l'arme nucléaire pourrait basculer dans un régime fasciste de type islamiste. Depuis trois ans, la communauté internationale craignait que l'Iran porte ce danger, mais la menace la plus immédiate n'était pas là. Ce qui est le plus ironique, c'est que dans un cas pareil, l'Iran deviendrait très rapidement un allié objectif ; les ayatollahs iraniens ne verraient sans doute pas d'un bon œil la présence d'un gouvernement islamiste sunnite juste à côté de chez eux, surtout en possession de l'arme nucléaire, et pourraient rapidement se retourner vers les grandes puissances.

Que faire ? Cher lecteur, je n'en sais rien, mais il y a là un vrai risque qu'il ne faut pas négliger. Certes, nous ne serions sans doute pas directement menacés, mais les Indiens ne peuvent pas en dire autant. De plus, il ne faut pas oublier que des troupes occidentales sont présentes en Afghanistan, et qu'elles se retrouveraient alors en danger. Dans tous les cas, il faut maintenant exercer des pressions fermes sur le gouvernement pakistanais pour qu'il prenne de réelles mesures contre cette progression talibane. S'il le faut, nos forces pourraient apporter un soutien matériel et logistique. Je ne vois pas trop ce que nous pouvons faire d'autres, à part convaincre ce pays d'envisager de répartir un peu mieux les richesses et de se lancer dans de réels programmes d'éducation de sa population. Le Pakistan reste en effet l'un des pays où les inégalités entre les groupes sociaux sont les plus énormes, avec un IDH de 0,551 en 2005…

mercredi 22 avril 2009

Les conférences sur le racisme de l’ONU ne servent à rien si les démocraties n’affrontent pas le problème.

Pour la deuxième fois, l'ONU s'est lancé dans un véritable fiasco : la conférence sur le racisme. Évidemment, comme la première fois, le président iranien a pu se laisser aller à ses habituels délires antisémites. La plupart des pays occidentaux ont boudé la conférence, et elle a abouti à un communiqué certes intéressant mais finalement très consensuel, et ce malgré les cris de victoire d'Human Rights Watch.

De nombreux journaux, télévisions et blogueurs ont dénoncé le scandale de cette conférence, je n'y reviendrai donc pas. Par contre, deux questions me taraudent depuis le début de la semaine : est-ce bien le rôle de l'ONU de s'occuper de la question du racisme ? Si oui, que peut-on en attendre d'une conférence sur la question ?

La première question, a priori, amènerait à une réponse négative, mais c'est sans compter le risque que représente un État appliquant des théories racistes. A l'origine, le rôle de l'ONU était de préserver la paix entre les pays et de mettre un terme aux différents facteurs de conflits, comme la colonisation par exemple, mais aussi de structurer un peu le droit international. Progressivement, et malgré les grandes difficultés de l'ONU à agir dans quelque domaine que ce soit du fait du contexte de la Guerre Froide, l'organisation a régulièrement accru ses missions, en étendant ses préoccupations au développement (création de la CNUCED en 1964) aux problèmes environnementaux (Rio en 1992), ou à d'autres questions comme l'eau en 1997. En soi, on pourrait penser que l'ONU est hors-sujet, mais ces problèmes pourraient devenir, un jour ou l'autre, des facteurs de guerre. Or, le racisme a été un facteur très important de conflits. N'oublions pas, cher lecteur, que la seconde guerre mondiale a été causée en grande partie par cette logique. De même, le génocide rwandais et les guerres de Yougoslavie ont pour origine des idéologies racistes. A l'évidence, cette question concerne donc les instances internationales.

Maintenant, ces grandes messes entre États servent-elles à quelque chose ? En réalité, je ne le crois pas. Bien sûr, l'ONU se doit de condamner le racisme (elle le fait d'ailleurs dans sa charte) et d'intervenir contre tout État qui mène des attaques liées à des idéologies racistes. Cependant, peut-elle inciter les pays à lutter contre le racisme chez eux ? Peut-elle seulement avoir un impact sur les États en eux-mêmes ? Je n'en crois rien. Les peuples se fichent totalement de ce que dit l'ONU. Le président iranien a fait son discours pour flatter une partie de la population du Moyen-Orient et ses propres électeurs. Cela ne risque cependant pas de lui éviter de perdre les prochaines élections chez lui, du fait de la situation économique du pays et des évolutions de la société iranienne. A mon sens, ces conférences ne servent à rien car elles n'impactent pas le problème en lui-même.

La charte de l'ONU se suffit donc à elle-même, et il serait bon que nos pays l'appliquent réellement, et pas seulement quand cela les arrange. Récemment, la Russie a mené une guerre raciste en Tchétchénie. Qu'en est-il ? Le Soudan extermine la population du Darfour. Qu'en est-il ? La Turquie réprime les Kurdes. Qu'en est-il ? La Chine écrase le Tibet. Qu'en est-il ? Condamner l'Iran, c'est bien joli, mais quand des pays font du racisme et qu'on ne fait rien, à quoi cela peut-il bien servir ?

La lutte contre le racisme se fait d'abord par des actes. Les gesticulations des conférences n'apportent rien à la question. Il serait bon qu'on en prenne conscience…