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mardi 16 juin 2009

Camarades iraniens, je vous admire.

Cher lecteur, depuis plusieurs jours, nous assistons à quelque chose d'important, d'exceptionnel, d'admirable. Depuis quelques jours, une partie de la population iranienne essaie de se débarrasser de ses dictateurs. Cela fait maintenant 30 ans que la révolution iranienne s'est déroulée. A l'époque, ce soulèvement visait à faire tomber une dictature impitoyable et corrompue, et avait pour objectif de réaliser une révolution sociale. Or, Khomeiny l'a emporté, et c'est un régime réactionnaire qui s'est mis en place.

Depuis, l'Iran s'est jetée dans une guerre sans possibilité de victoire contre l'Irak. Puis, le pays a connu une croissance économique régulière et une élévation du niveau de développement, provoquant une hausse des contestations et un désir de la jeunesse iranienne de s'émanciper.

Les ayatollahs avaient pensé résoudre le problème en s'appuyant sur les milieux populaires en faisant élire un populiste, Mahmoud Ahmadinejad, pour diriger ce pays. Ce président a manié une politique nationaliste et populiste, isolant de plus en plus l'Iran sur la scène internationale. Aujourd'hui, Israël se prépare sans doute à bombarder les sites nucléaires iraniens, malgré les dénégations du gouvernement Netanyahou.

Et là, voilà que les Iraniens n'en peuvent plus, et le disent, et l'affirment, et demandent que leurs votes soient respectés. Le régime réagit avec force, et il n'est pas sûr que les Iraniens l'emportent sur leur gouvernement. Finalement, ils prennent un autre potentiel dictateur pour se débarrasser de leur président, mais rien ne dit que cela s'arrêtera là, si le mouvement est vraiment lancé.

Je suis admiratif que des gens soient prêts, ainsi, à mettre leurs vies en danger pour être libres de choisir leur futur. A chaque fois, je me demande ce que je ferais en cas de situation pareille ici. Certes, je milite, à ma façon, mais que se passerait-il si j'étais habitant d'une dictature ? Dure question, impossible à trancher tant que le cas ne se présente pas, mais troublante tout de même…

samedi 14 février 2009

La chaîne qui tue : ma vision du libéralisme.

« Le marché libre n'existe que parce que l'État protège les droits de propriété et la liberté des acteurs économiques. »

Il y a plusieurs jours, LOmiG me demanda de définir ma vision du libéralisme. Je ne l’avais pas encore fait, d’abord parce que la tâche me semblait totalement impossible sans faire une réelle étude et après des années de travail, et ensuite parce que, ne me sentant pas libéral, je me voyais mal définir une idéologie qui n’est pas mienne sans tomber dans l’opposition parfois caricaturale.

Pourtant, sur de nombreux aspects, je suis totalement libéral. Comme les libéraux, je suis avec acharnement attaché aux droits individuels (liberté de penser, d’expression, de religion, de résistance à l’oppression…). Sur cet aspect, comme je l’ai souvent dit, je ne supporte pas que l’État, les entreprises, les riches, les administrateurs, les religieux, les politiques, puissent, à un quelconque moment, réduire mes possibilités de réflexion et de jugement. J’estime, sans doute avec un côté un peu naïf, que les idées stupides ou dangereuses doivent être démontées et vaincues par l’analyse et le raisonnement intellectuel, et pas par l’interdiction, qui leur donnent une place de victime bien pratique.

De même, comme je l’avais déjà écrit ici, je suis un fervent supporter de la démocratie, que j’estime être le seul régime apte à éviter la violence à une société. La loi de la majorité, tant qu’elle ne remet pas en cause les droits individuels des citoyens, doit prédominer.

Et c’est là que je diffère des libéraux les plus fervents. Ceux-ci considèrent la propriété comme un droit individuel. Or, la propriété, telle qu’elle existe aujourd’hui, est plutôt un système de gestion du capital, comme on pourrait en imaginer d’autres. Les rédacteurs de la déclaration des droits de 1789 l’ont intégrée aux droits individuels parce qu’ils étaient eux-mêmes des gens aisés et prêts à transformer en principe ce qui était plutôt un privilège. Il faut leur rendre grâce : ils luttaient contre des privilégiés s’appuyant sur le lien sanguin, et ils cherchaient aussi un autre moyen de créer une hiérarchie plus ouverte et plus démocratique. Cependant, le vice est là : les libéraux considèrent que chacun a droit à la propriété mais tout le monde ne peut y avoir accès, puisqu’on ne peut priver, même démocratiquement, personne de sa propriété, comme on ne pourrait priver personne de sa liberté de penser. L’héritage, de plus, entretient cette déviance. Une minorité peut ainsi pleinement profiter des autres droits, alors qu’une très large majorité de la population mondiale souffre terriblement et se trouve privée des droits fondamentaux.

La phrase que j’ai citée au-dessus est le nœud du problème. Elle est tirée de la réponse de Paul Guignard à cette même chaîne. Il illustre ici l’idée que l’État, finalement indispensable, n’a pour but que de protéger la propriété de ceux qui en ont beaucoup, alors que cette concentration du capital empêche, fondamentalement, la majorité d’accéder aux droits fondamentaux. Le marché libre a la même finalité.

Bon, évidemment, j’ai été ici très caricatural. Le libéralisme est multiple, comme les autres idéologies. De plus, même si je tacle souvent les libéraux, j’estime qu’ils sont des démocrates et que je me dois donc de les considérer comme des alliés face à d’autres composantes du champ politique. Entre démocrates, on tombe toujours d’accord lorsqu’il s’agit de combattre les pestes de différentes couleurs.

Bon, maintenant que j’ai réussi à me débarrasser de cette chaîne, je la refile à Manuel, Fabrice, Didier Goux, Peuples et Faucon de Roquemaure. Bon courage !