Les multiples discussions autour de l'invitation ou plutôt de la non-invitation de la reine d'Angleterre aux cérémonies du débarquement me passaient au dessus de la tête... Jusqu'à l'intervention piquante de Bayrou, une fois n'est pas coutume.
Selon Bayrou, donc, notre très cher Monsieur égo a sacrifié cet évènement avec toute sa symbolique et son importance historique pour une habituelle histoire d'élection... Monsieur voulait partager ce moment avec son grand pote Obama (je me marre...) tout seul sans gonzesse pour lui piquer la vedette...
Exit la reconnaissance aux anglais d'avoir grandement contribué à nous éviter de parler allemand aujourd'hui.
Exit la diplomatie qui peut être si fragile .
Bienvenue au collège, aux jeux de gosses qui veulent se faire remarquer...
Eh bien, le moins qu'on puisse conclure de cet acte diplomatique de haut vol, c'est qu'on se tape encore une fois la honte, auprès de nos partenaires et alliés. Le président américain, qui, s'apercevant du jeu du petit Nicolas, va par deux fois, déclarer vouloir que la reine soit présente! Désaveu total pour notre maître en relations internationales... Les affaires de ce style se suivent et se ressemblent...
Non content de nous casser les couilles avec son obsession sécuritaire, de couper les valves de l'immigration à un tel point que c'est un calvaire de faire des démarches simples et légales, de nous pondre des mesures économiques désastreuses, manquant totalement de clairvoyance sur le capitalisme, la crise et c...
Il nous fait connerie sur connerie au niveau international entre les chinois, Khadafi, le Proche Orient, etc... Risible, pitoyable, en tout cas, la France ne va pas mieux et ne va certainement pas dans le bon sens.
J’en reviens au débarquement qui est un évènement extrêmement important dans notre histoire, nous avons été laminés par les Allemands et pour faire court, sans la résistance anglaise, il n'y aurait point eu de débarquement et on serait là à faire des blogs auf Deutsch.
Cette politique dégueulasse, qui n’est pas l’apanage de Sarkozy, non, c’est une manière de faire absolument normale aujourd’hui, tout tourne autour des sondages, des élections du fait de faire plaisir à untel ou unetel.
Mais à quoi bon élire ou se faire élire, si le but de la manœuvre est de finalement passer son mandat à préparer la prochaine élection ?
Ce que l’on peut observer chez nos élites, nos dirigeants, c’est une parodie de démocratie, c’est une démocratie ou le but est de gagner coute que coute sans se poser la question «pour quoi faire ?»
Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
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mercredi 3 juin 2009
jeudi 30 avril 2009
De la grippe et de ses conséquences possibles.
Je vais pour une fois me placer un peu en décalage avec l'un de mes coauteurs. Comme lui, au départ, j'ai été un peu agacé par ce déferlement de cris autour de la grippe mexicaine. L'interprétation me semblait simple : encore les politiques qui jouent sur les angoisses pour faire oublier les vrais problèmes comme la crise économique ou la manifestation du 1er mai de demain, et les entreprises qui poussent à consommer avec la peur.
Et puis, on peut aussi évoluer. Hier soir, l'OMS a décidé de passer en état d'alerte de niveau 5, sur une échelle de 6, indiquant que nous étions à proximité d'une pandémie. L'OMS n'étant pas un organisme à s'énerver pour rien, cela pose question.
Evidemment, on peut encore se rassurer en se disant que ce n'est pas la première fois qu'on essaie de nous faire peur : on se souvient tous du virus ebola, du SRAS et de la vache folle, sans oublier la grippe aviaire. Toutes ces maladies n'ont eu que des impacts très limités. Il n'y a bien que le SIDA qui reste une vraie épidémie virale dangereuse aujourd'hui pour l'ensemble de la population mondiale et de manière systématique.
Mais ce matin, sur France Inter, étaient invités deux scientifiques. Je t'invite à écouter l'émission. L'un des deux, Antoine Flahault, épidémiologiste, était un spécialiste de la grippe justement. Je dois dire qu'il m'a un peu rendu moins sûr de moi. Il a aussi expliqué que la grippe touche des personnes qui ne développent pas la maladie mais qui continuent à répandre le virus, ce qui explique les cas chez des individus n'ayant pas été au Mexique. C'est d'ailleurs intéressant : je suis sûr qu'on pourrait étudier les flux de personnes en détectant les foyers de la maladie et décrire ainsi assez fidèlement l'état de la mondialisation.
Il a annoncé que l'épidémie viendrait sûrement de manière forte au début de l'hiver prochain, serait violente et tuerait 5 à 6 fois plus de personnes que lors des grippes classiques. Certes, cela fait assez peu de monde, mais nous promet des moments assez tendus dans les prochains mois. Moi qui me moquait hier, à la République des Blogs, de l'inquiétude de Vogelsong, me voici rattrapé par l'inquiétude. Bon, d'un autre côté, le scientifique a confirmé que les personnes à risque seraient les vieux et les jeunes enfants. Je ne suis ni l'un ni l'autre, mais on ne peut s'empêcher de se poser des questions sur ses proches.
Maintenant, il ne s'agit en rien d'une angoisse pour mon compte, mais d'une prise en compte du risque réel. Ce genre d'émission fait du bien car elle ne nous traite pas comme des enfants. C'est tout de même appréciable.
Par contre, une réflexion de ce scientifique va largement dans le sens de mon coauteur : jamais, dans ce type de crise, les pays riches n'ont offert gratuitement de l'aide aux pays du Sud. Et justement, dans un cas comme celui-là, les pays pauvres manquent cruellement de moyens. Voilà un nouvel exemple du poids des inégalités de notre merveilleux monde mondialisé.
PS : bon, malgré la jubilation de la droite, cela ne va pas m'empêcher de manifester demain...
Et puis, on peut aussi évoluer. Hier soir, l'OMS a décidé de passer en état d'alerte de niveau 5, sur une échelle de 6, indiquant que nous étions à proximité d'une pandémie. L'OMS n'étant pas un organisme à s'énerver pour rien, cela pose question.
Evidemment, on peut encore se rassurer en se disant que ce n'est pas la première fois qu'on essaie de nous faire peur : on se souvient tous du virus ebola, du SRAS et de la vache folle, sans oublier la grippe aviaire. Toutes ces maladies n'ont eu que des impacts très limités. Il n'y a bien que le SIDA qui reste une vraie épidémie virale dangereuse aujourd'hui pour l'ensemble de la population mondiale et de manière systématique.
Mais ce matin, sur France Inter, étaient invités deux scientifiques. Je t'invite à écouter l'émission. L'un des deux, Antoine Flahault, épidémiologiste, était un spécialiste de la grippe justement. Je dois dire qu'il m'a un peu rendu moins sûr de moi. Il a aussi expliqué que la grippe touche des personnes qui ne développent pas la maladie mais qui continuent à répandre le virus, ce qui explique les cas chez des individus n'ayant pas été au Mexique. C'est d'ailleurs intéressant : je suis sûr qu'on pourrait étudier les flux de personnes en détectant les foyers de la maladie et décrire ainsi assez fidèlement l'état de la mondialisation.
Il a annoncé que l'épidémie viendrait sûrement de manière forte au début de l'hiver prochain, serait violente et tuerait 5 à 6 fois plus de personnes que lors des grippes classiques. Certes, cela fait assez peu de monde, mais nous promet des moments assez tendus dans les prochains mois. Moi qui me moquait hier, à la République des Blogs, de l'inquiétude de Vogelsong, me voici rattrapé par l'inquiétude. Bon, d'un autre côté, le scientifique a confirmé que les personnes à risque seraient les vieux et les jeunes enfants. Je ne suis ni l'un ni l'autre, mais on ne peut s'empêcher de se poser des questions sur ses proches.
Maintenant, il ne s'agit en rien d'une angoisse pour mon compte, mais d'une prise en compte du risque réel. Ce genre d'émission fait du bien car elle ne nous traite pas comme des enfants. C'est tout de même appréciable.
Par contre, une réflexion de ce scientifique va largement dans le sens de mon coauteur : jamais, dans ce type de crise, les pays riches n'ont offert gratuitement de l'aide aux pays du Sud. Et justement, dans un cas comme celui-là, les pays pauvres manquent cruellement de moyens. Voilà un nouvel exemple du poids des inégalités de notre merveilleux monde mondialisé.
PS : bon, malgré la jubilation de la droite, cela ne va pas m'empêcher de manifester demain...
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vendredi 17 avril 2009
Sarkozy vu de l'étranger: "Stupide, immature, hors de propos"
Je vais faire un doublon, Rubin ayant publié les propos adolescents pré-pubères de notre mini président, mais je ne peux m'empêcher de mettre mon grain de sel.
On le savait, il nous représente mal à l'international, et bien maintenant on en a la preuve.
The Guardian titre en une:
"Stupide, immature, hors de propos : le jugement de Sarkozy sur ses homologues".
La presse anglaise se déchaine et je vous conseille de lire ce billet si vous voulez une revue de presse sarcastique sympathique.
Moi je suis le meilleur, et vous êtes des merdes, c'est une voie diplomatique nouvelle, mais notre président est un président innovateur, n'est-ce pas?
Je viens de m'apercevoir que la blogosphère s'est déjà emparée de la dernière déviance verbale de Nicolas, nous avons la superbe photo du petit Nicolas et Peuples qui nous montre une autre facette de talents verbaux du président et encore une hyène comme dirait Didier.
On le savait, il nous représente mal à l'international, et bien maintenant on en a la preuve.
The Guardian titre en une:
"Stupide, immature, hors de propos : le jugement de Sarkozy sur ses homologues".
La presse anglaise se déchaine et je vous conseille de lire ce billet si vous voulez une revue de presse sarcastique sympathique.
Moi je suis le meilleur, et vous êtes des merdes, c'est une voie diplomatique nouvelle, mais notre président est un président innovateur, n'est-ce pas?
Je viens de m'apercevoir que la blogosphère s'est déjà emparée de la dernière déviance verbale de Nicolas, nous avons la superbe photo du petit Nicolas et Peuples qui nous montre une autre facette de talents verbaux du président et encore une hyène comme dirait Didier.
mardi 7 avril 2009
Le déclin de l'Empire occidental
Ça discute beaucoup en ce moment, je commence à me lasser...
J'ai lu dans un billet de je ne sais plus quel blog, que la civilisation occidentale connaissait un déclin de sa puissance...
Je vous informe dès à présent que je ne suis pas du tout du même bord politique ou idéologique que ce blog.
Mais je dois bien me rendre à l'évidence que la civilisation occidentale pourrait bien en connaitre un , de déclin...
Vous vous interrogez peut-être d'où sort cette drôle d'expression, civilisation occidentale, ben moi aussi; mais je suppose que l'auteur pensait aux sociétés d'Europe de l'ouest et d'Amérique de nord.
Oui, dans un certain sens, il y a un déclin, en gros, les populations "occidentales" sont moins à l'aise financièrement qu'il y a 20 ans, se réfugient dans des médias abrutissants et débilisants; nos sociétés continuent à sucer la moelle d'une planète qui perd patience et comble de l'ironie, nos sociétés dirigent le monde. Et ça ne date pas d'hier...
Nous avons inventé et mis en place le système financier qui régit le monde, nous sommes les plus riches, nous avons dominé à outrance les autres habitants de la planète avant qu'ils ne reprennent du poil de la bête.
Nous décidons depuis des lustres du chemin à prendre, et apparemment on devrait peut-être se poser des questions à ce sujet.
Dire que c'est la faute aux peuplades non-occidentales me parait un peu fort quand même...
On les colonise, on leur impose des chefs pas très sympathiques, on met en place un échange commercial bilatéral "assez" partial. On les suce.
Certains se révoltent depuis peu et tentent de nous tenir tête, alors nous lâchons du lest, mais le système reste le même.
Ça gueule de plus en plus fort, mais l'occident continue à vouloir exercer son éternelle domination du monde.
Bref, je m'éloigne un peu, mais , si l'occident décline, il ne peut s'en prendre qu'à lui même.
En fait la révolte des petits se montre sous des formes inattendues, on attendait la guerre, on a le terrorisme, on a l'émergence de grandes puissances économiques, on a parfois un chemin politique qui part un plus vers la gauche.
Cela me parait logique, chacun son chemin. Le terrorisme n'est pas un chemin que j'affectionne particulièrement, mais pour ce qui est de l'économie et la politique, c'est tout ce qu'il y a a de plus normal.
Ces nouvelles puissances ont modifié nos règles du jeu, et ça marche plutôt pas mal pour elles.
Mais nous en Europe et en Amérique du nord, nous ne bougeons pas, en fait si, nous bougeons encore plus vite, mais dans la même direction.
Mais les temps changent, et maintenant les victimes de notre système ne sont plus uniquement les "autres", mais nos propres citoyens, notre système nous nuit à nous maintenant.
Une remise en cause du tout par la consommation, de la croissance, est-elle possible?
Dur dur, quand les décideurs sont ceux qui profitent de la situation actuelle.
A quelle distance faut-il être près du mur pour s'apercevoir que c'est un mur?
D'autant plus important quand on a le pied sur le champignon...
Nos dirigeants peuvent-ils se mettre à table et nous pondre un G20 ou un G30 un peu plus global et osé, novateur que les derniers?
Je ne crois pas.
Le dernier n'est pas trop mal, c'est peut-être le mieux que l'on puisse espérer.
Je ne veux pas de révolution, pas de fusil chez moi!
Je veux une réflexion réelle sur le chemin que nous prenons, que l'on prenne en compte les intérêts de tous.
Le monde actuel est insupportable de déséquilibre voulu et organisé.
Je change de sujet, Criticus a effacé son dernier billet pourtant très drôle et il s'est barré de son nouveau réseau créé par lui...
Mais c'est qui leur chef maintenant?
Didier...
J'ai lu dans un billet de je ne sais plus quel blog, que la civilisation occidentale connaissait un déclin de sa puissance...
Je vous informe dès à présent que je ne suis pas du tout du même bord politique ou idéologique que ce blog.
Mais je dois bien me rendre à l'évidence que la civilisation occidentale pourrait bien en connaitre un , de déclin...
Vous vous interrogez peut-être d'où sort cette drôle d'expression, civilisation occidentale, ben moi aussi; mais je suppose que l'auteur pensait aux sociétés d'Europe de l'ouest et d'Amérique de nord.
Oui, dans un certain sens, il y a un déclin, en gros, les populations "occidentales" sont moins à l'aise financièrement qu'il y a 20 ans, se réfugient dans des médias abrutissants et débilisants; nos sociétés continuent à sucer la moelle d'une planète qui perd patience et comble de l'ironie, nos sociétés dirigent le monde. Et ça ne date pas d'hier...
Nous avons inventé et mis en place le système financier qui régit le monde, nous sommes les plus riches, nous avons dominé à outrance les autres habitants de la planète avant qu'ils ne reprennent du poil de la bête.
Nous décidons depuis des lustres du chemin à prendre, et apparemment on devrait peut-être se poser des questions à ce sujet.
Dire que c'est la faute aux peuplades non-occidentales me parait un peu fort quand même...
On les colonise, on leur impose des chefs pas très sympathiques, on met en place un échange commercial bilatéral "assez" partial. On les suce.
Certains se révoltent depuis peu et tentent de nous tenir tête, alors nous lâchons du lest, mais le système reste le même.
Ça gueule de plus en plus fort, mais l'occident continue à vouloir exercer son éternelle domination du monde.
Bref, je m'éloigne un peu, mais , si l'occident décline, il ne peut s'en prendre qu'à lui même.
En fait la révolte des petits se montre sous des formes inattendues, on attendait la guerre, on a le terrorisme, on a l'émergence de grandes puissances économiques, on a parfois un chemin politique qui part un plus vers la gauche.
Cela me parait logique, chacun son chemin. Le terrorisme n'est pas un chemin que j'affectionne particulièrement, mais pour ce qui est de l'économie et la politique, c'est tout ce qu'il y a a de plus normal.
Ces nouvelles puissances ont modifié nos règles du jeu, et ça marche plutôt pas mal pour elles.
Mais nous en Europe et en Amérique du nord, nous ne bougeons pas, en fait si, nous bougeons encore plus vite, mais dans la même direction.
Mais les temps changent, et maintenant les victimes de notre système ne sont plus uniquement les "autres", mais nos propres citoyens, notre système nous nuit à nous maintenant.
Une remise en cause du tout par la consommation, de la croissance, est-elle possible?
Dur dur, quand les décideurs sont ceux qui profitent de la situation actuelle.
A quelle distance faut-il être près du mur pour s'apercevoir que c'est un mur?
D'autant plus important quand on a le pied sur le champignon...
Nos dirigeants peuvent-ils se mettre à table et nous pondre un G20 ou un G30 un peu plus global et osé, novateur que les derniers?
Je ne crois pas.
Le dernier n'est pas trop mal, c'est peut-être le mieux que l'on puisse espérer.
Je ne veux pas de révolution, pas de fusil chez moi!
Je veux une réflexion réelle sur le chemin que nous prenons, que l'on prenne en compte les intérêts de tous.
Le monde actuel est insupportable de déséquilibre voulu et organisé.
Je change de sujet, Criticus a effacé son dernier billet pourtant très drôle et il s'est barré de son nouveau réseau créé par lui...
Mais c'est qui leur chef maintenant?
Didier...
mardi 13 janvier 2009
Un espoir pour l'avenir : les déclarations d'Hillary Clinton.
Je vais te parler, cher lecteur, des déclarations du jour d’Hillary Clinton, qui augurent de ce que risque de devenir la politique américaine.
En effet, le Sénat a confirmé aujourd’hui que l’ancienne candidate aux primaires démocrates allait occuper, dans quelques jours, le poste de secrétaire d’État. Cette fonction est l’une des plus importantes du gouvernement américain, équivalent de notre ministre des affaires étrangères.
L’administration Obama est très attendue sur ces questions, vu que le président américain est resté terriblement muet depuis le début du conflit à Gaza. Au début de l’offensive, ses proches ont avancé l’idée que le président ne pouvait s’exprimer avant d’entrer en fonction, de peur de perturber les actions de l’administration Bush. Très mystérieusement, le futur président n’a pourtant pas hésité à critiquer vertement la politique de lutte contre la crise du même Bush et a cru bon d’annoncer d’ores et déjà un nouveau plan de relance économique.
Et pourtant, les déclarations du jour d’Hillary sont encourageantes. Certes, la future ministre confirme que les États-Unis ne discuteront pas avec le Hamas, tant qu’il n’aura pas reconnu Israël. Comme je l’affirmais récemment, je suis persuadé que le Hamas n’a aucun intérêt à le faire, vu que toute sa légitimité politique face au Fatah s’appuie entièrement là-dessus.
Par contre, il y a deux évolutions nettes :
Ce changement de comportement américain pourrait permettre à l’Iran d’avoir des garanties et de cesser d’entretenir une instabilité générale dans la région. Ainsi, les mouvements terroristes islamistes palestiniens perdraient leurs sources d’approvisionnement en armes et Israël pourrait négocier plus sereinement. L’espoir est mince, mais il existe tout de même.
Avec, en plus, l’annonce d’une volonté d’amélioration des relations avec la Chine et la Russie, Clinton confirme que la doctrine de l’attaque préventive est remise en cause. On ne peut que se réjouir de cette volonté du nouveau président américain de préférer la paix à la guerre.
La France et l’Europe, je l’espère, le soutiendront dans cette voie.
En effet, le Sénat a confirmé aujourd’hui que l’ancienne candidate aux primaires démocrates allait occuper, dans quelques jours, le poste de secrétaire d’État. Cette fonction est l’une des plus importantes du gouvernement américain, équivalent de notre ministre des affaires étrangères.
L’administration Obama est très attendue sur ces questions, vu que le président américain est resté terriblement muet depuis le début du conflit à Gaza. Au début de l’offensive, ses proches ont avancé l’idée que le président ne pouvait s’exprimer avant d’entrer en fonction, de peur de perturber les actions de l’administration Bush. Très mystérieusement, le futur président n’a pourtant pas hésité à critiquer vertement la politique de lutte contre la crise du même Bush et a cru bon d’annoncer d’ores et déjà un nouveau plan de relance économique.
Et pourtant, les déclarations du jour d’Hillary sont encourageantes. Certes, la future ministre confirme que les États-Unis ne discuteront pas avec le Hamas, tant qu’il n’aura pas reconnu Israël. Comme je l’affirmais récemment, je suis persuadé que le Hamas n’a aucun intérêt à le faire, vu que toute sa légitimité politique face au Fatah s’appuie entièrement là-dessus.
Par contre, il y a deux évolutions nettes :
- Tout d’abord, Clinton a annoncé qu’Israël devrait, à un moment ou à un autre, envisager une paix avec les Palestiniens. Cette avancée est déterminante, car elle implique qu’Obama ne va plus forcément accepter que la paix doive attendre la fin définitive de tout attentat, et qu’Israël devra finir par prendre des risques. C’est donc la fin du bienveillant soutien de G. W. Bush.
- Surtout, Clinton a annoncé l’ouverture de négociations avec l’Iran, si celle-ci y est prête. Cette annonce est primordiale. Depuis l’offensive américaine en Irak, le régime des mollahs s’est toujours senti menacé par la puissance américaine. Il a donc développé une stratégie assez cohérente. Il s’agissait d’abord de se doter d’armes nucléaires pour assurer l’intégrité de son territoire ; ensuite de trouver des alliés solides, comme la Syrie par exemple ; enfin d’armer des mouvements islamistes terroristes autour d’Israël (Hezbollah et Hamas), à la fois pour menacer le grand allié des Américains, mais aussi pour déstabiliser les États arabes de la région (n’oublions pas le rôle des Palestiniens en Jordanie et au Liban). Ces pays ont d’ailleurs assez mollement réagi au départ à l’opération de destruction du Hamas lancée par Israël.
Ce changement de comportement américain pourrait permettre à l’Iran d’avoir des garanties et de cesser d’entretenir une instabilité générale dans la région. Ainsi, les mouvements terroristes islamistes palestiniens perdraient leurs sources d’approvisionnement en armes et Israël pourrait négocier plus sereinement. L’espoir est mince, mais il existe tout de même.
Avec, en plus, l’annonce d’une volonté d’amélioration des relations avec la Chine et la Russie, Clinton confirme que la doctrine de l’attaque préventive est remise en cause. On ne peut que se réjouir de cette volonté du nouveau président américain de préférer la paix à la guerre.
La France et l’Europe, je l’espère, le soutiendront dans cette voie.
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mardi 30 décembre 2008
Une nouvelle crise gazière à venir ? Tensions en Ukraine.
Alors que le Monde focalise son attention sur Israël et ses territoires occupés, une autre région du monde pourrait à nouveau nous poser des problèmes. Il y a de cela deux mois, des élections anticipées avaient été annoncées en Ukraine. Depuis, elles ont été repoussées, du fait de la formation d'une nouvelle coalition dans le Parlement actuel. A l'époque, du fait des conséquences de la crise géorgienne, j'avais dit que cette affaire plaçait les Européens devant leurs contradictions et devant la nécessité de faire un choix entre la Russie et ses pays frontaliers souhaitant s'intégrer à l'Europe un jour ou l'autre.
En cette fin d'année, une nouvelle affaire gazière est en train de naître entre la Russie et l'Ukraine. Une nouvelle fois, comme cela s'était déjà produit en 2006, l'Ukraine a des arriérés de paiement envers Gazprom, le géant pétrolier russe, du fait de l'impact très fort de la crise financière dans ce pays. La dernière fois, les Ukrainiens avaient décidé de pomper dans les flux de gaz se dirigeant vers l'Europe pour continuer à faire fonctionner leur économie. Certes, un accord semble maintenant possible, mais le contexte n'est pas innocent.
En effet, la majorité qui dirige l'Ukraine est extrêmement fragile, et des élections toujours possibles. Lors des ces élections, dans un contexte où les Ukrainiens ont compris qu'on ne pouvait pas attendre grand-chose des Occidentaux devant les menées russes, il est à craindre qu'ils choisissent de remettre les pro-Russes au pouvoir, et de mettre un terme à une véritable expérience démocratique.
Globalement, malgré les grands espoirs soulevés par l'élection de Iouchtchenko en 2004, la démocratisation de l'Ukraine est un échec. Ce pays n'a pu régler la question de sa dépendance de fait envers les Russes. Je ne veux pas encore dresser ici un tableau des responsabilités de ce fiasco, mais l'Union Européenne en a une part.
Espérons que nous saurons nous positionner intelligemment dans nos futurs relations avec les Russes. Vu comment les dirigeants russes considèrent les nôtres, ces décisions futures sont d'une grande importance.
En cette fin d'année, une nouvelle affaire gazière est en train de naître entre la Russie et l'Ukraine. Une nouvelle fois, comme cela s'était déjà produit en 2006, l'Ukraine a des arriérés de paiement envers Gazprom, le géant pétrolier russe, du fait de l'impact très fort de la crise financière dans ce pays. La dernière fois, les Ukrainiens avaient décidé de pomper dans les flux de gaz se dirigeant vers l'Europe pour continuer à faire fonctionner leur économie. Certes, un accord semble maintenant possible, mais le contexte n'est pas innocent.
En effet, la majorité qui dirige l'Ukraine est extrêmement fragile, et des élections toujours possibles. Lors des ces élections, dans un contexte où les Ukrainiens ont compris qu'on ne pouvait pas attendre grand-chose des Occidentaux devant les menées russes, il est à craindre qu'ils choisissent de remettre les pro-Russes au pouvoir, et de mettre un terme à une véritable expérience démocratique.
Globalement, malgré les grands espoirs soulevés par l'élection de Iouchtchenko en 2004, la démocratisation de l'Ukraine est un échec. Ce pays n'a pu régler la question de sa dépendance de fait envers les Russes. Je ne veux pas encore dresser ici un tableau des responsabilités de ce fiasco, mais l'Union Européenne en a une part.
Espérons que nous saurons nous positionner intelligemment dans nos futurs relations avec les Russes. Vu comment les dirigeants russes considèrent les nôtres, ces décisions futures sont d'une grande importance.
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jeudi 18 décembre 2008
Et la Chine, frappée par la crise, commença à ralentir.
Tu noteras sur de nombreux sites internet et médias classiques, cher lecteur, que de nombreuses personnes n'ont cessé d'utiliser la Chine pour vanter les mérites de la mondialisation libérale qui n'a cessé d'accélerer depuis le début des années 1980. Pourtant, ce matin, France Info a annoncé que la Chine pourrait passer à 5% de croissance en 2008 contre 10% en 2007. Pourquoi ce freinage ? J'y reviens ici.
La Chine s'est ouverte au commerce internationale à partir de 1979, sous l'impulsion de Deng Xiao-Ping, après une longue période de fermeture sous Mao. Cette ouverture, très progressive, a concerné l'ensemble de la côté chinoise. Le deal était simple : le gouvernement communiste acceptait l'implantation dans des zones franches d'entreprises capitalistes transnationales, qui profitaient ainsi d'une main-d'œuvre peu coûteuse et docile. En échange, les transnationales devaient livrer des usines clef-en-main et des secrets technologiques. Cet accord a fait croître considérablement l'emploi industriel en Chine, a suscité une hausse vertigineuse des échanges commerciaux et a abouti à une croissance à deux chiffres, sans interruption depuis plus de 20 ans.
Cependant, ce système repose sur la consommation des pauvres et des classes moyennes des pays développés. La production chinoise est composée de produits faiblement valorisables chez les riches, ou de composants de produits plus sophistiqués assemblés ailleurs. Si la consommation ralentit, les transnationales supprimeront d'abord ces productions-là, peu valorisantes, pour aller vers ce qui rapporte le plus. Rapidement, le chômage va croître et l'Empire du milieu risque d'affronter de vrais mouvements sociaux.
La Chine surmonterait cette crise si ses propres citoyens pouvaient entretenir seuls la croissance. Certes, une bonne part de la population chinoise a pu s'enrichir, sur la côte et dans les grandes villes, mais la majorité des Chinois (paysans, habitants de l'intérieur) vivent encore dans des conditions dignes des pires pays en voie de développement. En clair, la redistribution des richesses n'a pas été suffisantes pour enclencher une croissance interne aussi forte sans l'apport des échanges internationaux. La politique de redistribution des richesses étant trop limitée, malgré la façade communiste de l'État, les consommateurs chinois ont encore des capacités d'achat trop restreintes.
La Chine n'est pas le seul pays émergent à être en mauvaise situation. Que dire des pays pétroliers, qui ont décidé hier de restreindre leur production de pétrole, des pays africains dont les ventes de matières premières vont s'effondrer, des autres pays d'Asie qui ont adapté le modèle japonais puis chinois ? Globalement, les déséquilibres de la mondialisation vont se révéler cruellement dans la période à venir : on verra le danger de construire une économie mondiale qui s'appuie uniquement sur la consommation d'un seul type d'espace.
Lorsque les pays développés s'enrhument, c'est toute la planète qui éternue !
La Chine s'est ouverte au commerce internationale à partir de 1979, sous l'impulsion de Deng Xiao-Ping, après une longue période de fermeture sous Mao. Cette ouverture, très progressive, a concerné l'ensemble de la côté chinoise. Le deal était simple : le gouvernement communiste acceptait l'implantation dans des zones franches d'entreprises capitalistes transnationales, qui profitaient ainsi d'une main-d'œuvre peu coûteuse et docile. En échange, les transnationales devaient livrer des usines clef-en-main et des secrets technologiques. Cet accord a fait croître considérablement l'emploi industriel en Chine, a suscité une hausse vertigineuse des échanges commerciaux et a abouti à une croissance à deux chiffres, sans interruption depuis plus de 20 ans.
Cependant, ce système repose sur la consommation des pauvres et des classes moyennes des pays développés. La production chinoise est composée de produits faiblement valorisables chez les riches, ou de composants de produits plus sophistiqués assemblés ailleurs. Si la consommation ralentit, les transnationales supprimeront d'abord ces productions-là, peu valorisantes, pour aller vers ce qui rapporte le plus. Rapidement, le chômage va croître et l'Empire du milieu risque d'affronter de vrais mouvements sociaux.
La Chine surmonterait cette crise si ses propres citoyens pouvaient entretenir seuls la croissance. Certes, une bonne part de la population chinoise a pu s'enrichir, sur la côte et dans les grandes villes, mais la majorité des Chinois (paysans, habitants de l'intérieur) vivent encore dans des conditions dignes des pires pays en voie de développement. En clair, la redistribution des richesses n'a pas été suffisantes pour enclencher une croissance interne aussi forte sans l'apport des échanges internationaux. La politique de redistribution des richesses étant trop limitée, malgré la façade communiste de l'État, les consommateurs chinois ont encore des capacités d'achat trop restreintes.
La Chine n'est pas le seul pays émergent à être en mauvaise situation. Que dire des pays pétroliers, qui ont décidé hier de restreindre leur production de pétrole, des pays africains dont les ventes de matières premières vont s'effondrer, des autres pays d'Asie qui ont adapté le modèle japonais puis chinois ? Globalement, les déséquilibres de la mondialisation vont se révéler cruellement dans la période à venir : on verra le danger de construire une économie mondiale qui s'appuie uniquement sur la consommation d'un seul type d'espace.
Lorsque les pays développés s'enrhument, c'est toute la planète qui éternue !
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mardi 16 décembre 2008
Quand Medvedev se moque de Sarkozy
Vidéo
Une petite vidéo rigolote, qui même si je n'apprécie pas vraiment le président russe nous montre comment N.Sarkozy réussit à faire marrer les plus froids des chefs d'État...
C'est un élément de réponse à un anonyme qui se demandait pourquoi je critiquais Sarkozy.
Une petite vidéo rigolote, qui même si je n'apprécie pas vraiment le président russe nous montre comment N.Sarkozy réussit à faire marrer les plus froids des chefs d'État...
C'est un élément de réponse à un anonyme qui se demandait pourquoi je critiquais Sarkozy.
jeudi 4 décembre 2008
On peut toujours en apprendre à l'étranger : le Canada de Stephen Harper.
Cher lecteur, nous vivons, politiquement, une époque moderne. Certes, la France a déjà la chance d'avoir le président le plus en pointe de la modernité. Heureusement, je te rassure, d'autres pays ont des dirigeants qui ne sont pas loin de valoir le nôtre.
Le Canada est par exemple un pays d'une grande modernité. Depuis 2006, après une très longue période de gouvernement du Parti Libéral, le Parti Conservateur du Canada est revenu au pouvoir. Héritier de l'ancien parti conservateur, le PCC a été porté par Stephen Harper, à peine âgé de 49 ans aujourd'hui. Celui-ci, à peine installé au pouvoir, a nettement fait évoluer la politique du Canada dans un sens néo-conservateur. Il a immédiatement lancé une politique fiscale à destination des plus riches, s'est rapproché de Bush alors que le Canada s'était démarqué de la guerre en Irak, a violemment attaqué le mariage homosexuel. Bref, Harper a nettement marqué son pays à droite, malgré quelques ouvertures sur la question québécoise sans grand lendemain.
Malheureusement pour lui, lors de sa première élection en 2006, Harper n'a pu obtenir une majorité parlementaire et a été obligé de composer avec les autres partis. En effet, la Confédération Canadienne est organisée sur le modèle du Royaume-Uni. Même si son influence a diminué, tenir le Parlement est indispensable pour diriger convenablement le pays. En septembre 2008, il décide de risquer la dissolution du fait de sondages favorables et de la crainte des conséquences de la crise financière. Et là, patatras ! Après une campagne agitée par l'agressivité du Bloc Québécois, Harper l'emporte mais son parti reste minoritaire au Parlement.
Depuis, les conflits sont permanents, et se sont aggravés récemment. A peine élu, Stephen Harper se préparait à affronter un nouveau vote de motion de censure qui risquait d'être fatal à son gouvernement. Plutôt que d'aller au clash, le premier ministre a alors demandé audience à Michaëlle Jean, représentante de la reine d'Angleterre, qui joue le rôle de chef d'Etat symbolique, pour lui demander de suspendre le Parlement jusqu'au 26 janvier, pour permettre aux partis politiques de faire des propositions pour lutter contre la crise.
Et là, chose incroyable, la chef d'Etat l'a fait. Je trouve cela inacceptable. Alors que le Parlement, pourtant censé représenter le peuple, se prépare à te renverser, tu peux comme cela décider de le renvoyer au 26 janvier 2009 pour tenter de sauver ta tête. La situation est apparemment inédite, et j'espère bien qu'elle le restera. Il faut que les autres partis censurent cela et aillent aux élections : c'est vraiment baffouer les élus du peuple !
Bon, je te rassure, cher lecteur, cela ne peut arriver à Sarkozy : il est irresponsable et peut dissoudre l'Assemblée si jamais elle tente de se rebeller contre le gouvernement. La France est décidément un pays moderne...
Le Canada est par exemple un pays d'une grande modernité. Depuis 2006, après une très longue période de gouvernement du Parti Libéral, le Parti Conservateur du Canada est revenu au pouvoir. Héritier de l'ancien parti conservateur, le PCC a été porté par Stephen Harper, à peine âgé de 49 ans aujourd'hui. Celui-ci, à peine installé au pouvoir, a nettement fait évoluer la politique du Canada dans un sens néo-conservateur. Il a immédiatement lancé une politique fiscale à destination des plus riches, s'est rapproché de Bush alors que le Canada s'était démarqué de la guerre en Irak, a violemment attaqué le mariage homosexuel. Bref, Harper a nettement marqué son pays à droite, malgré quelques ouvertures sur la question québécoise sans grand lendemain.
Malheureusement pour lui, lors de sa première élection en 2006, Harper n'a pu obtenir une majorité parlementaire et a été obligé de composer avec les autres partis. En effet, la Confédération Canadienne est organisée sur le modèle du Royaume-Uni. Même si son influence a diminué, tenir le Parlement est indispensable pour diriger convenablement le pays. En septembre 2008, il décide de risquer la dissolution du fait de sondages favorables et de la crainte des conséquences de la crise financière. Et là, patatras ! Après une campagne agitée par l'agressivité du Bloc Québécois, Harper l'emporte mais son parti reste minoritaire au Parlement.
Depuis, les conflits sont permanents, et se sont aggravés récemment. A peine élu, Stephen Harper se préparait à affronter un nouveau vote de motion de censure qui risquait d'être fatal à son gouvernement. Plutôt que d'aller au clash, le premier ministre a alors demandé audience à Michaëlle Jean, représentante de la reine d'Angleterre, qui joue le rôle de chef d'Etat symbolique, pour lui demander de suspendre le Parlement jusqu'au 26 janvier, pour permettre aux partis politiques de faire des propositions pour lutter contre la crise.
Et là, chose incroyable, la chef d'Etat l'a fait. Je trouve cela inacceptable. Alors que le Parlement, pourtant censé représenter le peuple, se prépare à te renverser, tu peux comme cela décider de le renvoyer au 26 janvier 2009 pour tenter de sauver ta tête. La situation est apparemment inédite, et j'espère bien qu'elle le restera. Il faut que les autres partis censurent cela et aillent aux élections : c'est vraiment baffouer les élus du peuple !
Bon, je te rassure, cher lecteur, cela ne peut arriver à Sarkozy : il est irresponsable et peut dissoudre l'Assemblée si jamais elle tente de se rebeller contre le gouvernement. La France est décidément un pays moderne...
jeudi 27 novembre 2008
La dernière décolonisation de l'histoire occidentale : le Groenland.
Je vais tenter, cher lecteur, de m'extraire de notre train-train habituel de blogueurs français parlant surtout du PS pour m'intéresser à une actualité complètement périphérique à notre champ politique national, mais qui mérite qu'on s'y intéresse malgré tout.
Avant-hier, les Groenlandais ont voté à une très forte majorité pour un statut d'autonomie qui promet à leur immense territoire une indépendance progressive. Près de 75% des électeurs se sont prononcés pour une loi qui va permettre au gouvernement local de prendre progressivement en gestion 32 domaines de compétences, pour finir par décider, quand il le souhaite, de se séparer définitivement du Danemark. La tendance est ancienne : dès 1982, les 56 000 habitants de cet immense territoire avait déjà décidé de quitter la CEE et de s'éloigner ainsi résolument de l'Europe.
Est-ce normal, cher lecteur, que les fiers Vikings habitant cette lointaine dépendance danoise souhaite quitter leur métropole ? En fait, contrairement aux clichés que nous avons d'habitude sur cette région, le Groenland, certes découvert par les Vikings au Xe siècle, est très largement peuplé de populations inuits liées à l'Amérique. Les communautés vikings qui s'étaient installées sur place ont mystérieusement disparues et les autorités danoises ont récupéré au XVIIIe une colonie peuplée d'Inuits. Certes, une petite population scandinave vit sur place, mais de manière très minoritaire (12% des habitants). Si ce territoire accède à l'indépendance, nous verrons naître le premier État moderne géré par des populations inuits. Je trouve que cela méritait d'être relevé.
Le divorce avec le Danemark est un processus progressif. D'abord, le gouvernement danois a mené une politique de civilisation du territoire qui a poussé les Inuits à abandonner leurs vies ancestrales pour se regrouper dans des villes délabrées où la situation sociale est désastreuse. En plus, il n'a pas réellement investi sur place, sans doute du fait de moyens peu importants. Enfin, le Groenland s'était déjà séparé de sa métropole une première fois durant la guerre, les Groenlandais se tournant vers les États-Unis et le Canada durant l'occupation allemande du Danemark. On aboutit, par ce vote, au terme d'un processus long et finalement assez logique.
Mais tu vas me dire, cher lecteur : "Mais qu'est-ce qu'on en a à faire de cette grande île gelée et qui en plus ne veut pas être européenne ??? Pourquoi tu nous barbes avec cette histoire ???"
Je vais te l'expliquer de suite. Ce que va vivre le Groenland est un processus de décolonisation. En effet, la population locale a la possibilité historique de casser les processus coloniaux. Comment les Inuits vont-ils gérer leur nouvel État ? Vont-ils retourner à la vie traditionnelle ? Vont-ils risquer un mélange entre la culture danoise et la culture inuit ? Vont-ils s'orienter vers une occidentalisation à outrance ou vers un renfermement sur soi ? Expérience très passionnante à suivre...
Mais ce n'est pas tout. Le Groenland est un territoire menacé par le réchauffement climatique. La couche de glace (inlandsis) qui couvre l'île fond doucement. Il est donc possible qu'on accède à une multitude de nouvelles ressources : cela fait plusieurs années que les Américains pensent trouver du pétrole dans ce pays. De plus, la fonte de la banquise va faire que le Groenland va devenir très important dans le contrôle de l'océan Arctique. Aujourd'hui, une base de l'OTAN est installée à Thulé, et, pour toutes ces raisons, il est sûr que les États-Unis et le Canada vont se tourner vers ce territoire et tenter de l'influencer.
Ce processus est d'autant plus inévitable que le Groenland, s'il s'oriente vers un mode de vie à l'occidental, n'en a pas aujourd'hui les moyens. Alors que les conditions sur place sont rudes et que les besoins sont importants, l'activité économique est centrée sur la chasse et sur la pêche. L'exploitation des matières premières, trop coûteuse, a quasiment été abandonnée. L'industrie est inexistante. Ce pays risque donc très vite de devenir dépendant des grands pays voisins, alors qu'il commerce massivement maintenant avec le Danemark (65% de ses échanges en moyenne).
C'est pour cela qu'il me semble important que les grands pays européens ne perdent pas de vue le Groenland. Nous avons tout à gagner à ne pas laisser aux Nord-Américains la seule influence sur ce futur État. Ce jeune pays va avoir besoin de trouver des partenaires, des technologies, des échanges commerciaux. L'évolution future de cette région et ses richesses devraient amener l'Europe, loin de regarder le Groenland s'en aller, au contraire de s'y consacrer un peu et de préparer le terrain. Il y a là à la fois des intérêts économiques, militaires, stratégiques et politiques qui ne doivent pas passer à la trappe. Je suis persuadé qu'il est possible de trouver des moyens de collaborer avec le futur gouvernement groenlandais sans pour autant maintenir la tutelle coloniale danoise. Voilà une nouvelle politique pour l'Europe à définir...
Avant-hier, les Groenlandais ont voté à une très forte majorité pour un statut d'autonomie qui promet à leur immense territoire une indépendance progressive. Près de 75% des électeurs se sont prononcés pour une loi qui va permettre au gouvernement local de prendre progressivement en gestion 32 domaines de compétences, pour finir par décider, quand il le souhaite, de se séparer définitivement du Danemark. La tendance est ancienne : dès 1982, les 56 000 habitants de cet immense territoire avait déjà décidé de quitter la CEE et de s'éloigner ainsi résolument de l'Europe.
Est-ce normal, cher lecteur, que les fiers Vikings habitant cette lointaine dépendance danoise souhaite quitter leur métropole ? En fait, contrairement aux clichés que nous avons d'habitude sur cette région, le Groenland, certes découvert par les Vikings au Xe siècle, est très largement peuplé de populations inuits liées à l'Amérique. Les communautés vikings qui s'étaient installées sur place ont mystérieusement disparues et les autorités danoises ont récupéré au XVIIIe une colonie peuplée d'Inuits. Certes, une petite population scandinave vit sur place, mais de manière très minoritaire (12% des habitants). Si ce territoire accède à l'indépendance, nous verrons naître le premier État moderne géré par des populations inuits. Je trouve que cela méritait d'être relevé.
Le divorce avec le Danemark est un processus progressif. D'abord, le gouvernement danois a mené une politique de civilisation du territoire qui a poussé les Inuits à abandonner leurs vies ancestrales pour se regrouper dans des villes délabrées où la situation sociale est désastreuse. En plus, il n'a pas réellement investi sur place, sans doute du fait de moyens peu importants. Enfin, le Groenland s'était déjà séparé de sa métropole une première fois durant la guerre, les Groenlandais se tournant vers les États-Unis et le Canada durant l'occupation allemande du Danemark. On aboutit, par ce vote, au terme d'un processus long et finalement assez logique.
Mais tu vas me dire, cher lecteur : "Mais qu'est-ce qu'on en a à faire de cette grande île gelée et qui en plus ne veut pas être européenne ??? Pourquoi tu nous barbes avec cette histoire ???"
Je vais te l'expliquer de suite. Ce que va vivre le Groenland est un processus de décolonisation. En effet, la population locale a la possibilité historique de casser les processus coloniaux. Comment les Inuits vont-ils gérer leur nouvel État ? Vont-ils retourner à la vie traditionnelle ? Vont-ils risquer un mélange entre la culture danoise et la culture inuit ? Vont-ils s'orienter vers une occidentalisation à outrance ou vers un renfermement sur soi ? Expérience très passionnante à suivre...
Mais ce n'est pas tout. Le Groenland est un territoire menacé par le réchauffement climatique. La couche de glace (inlandsis) qui couvre l'île fond doucement. Il est donc possible qu'on accède à une multitude de nouvelles ressources : cela fait plusieurs années que les Américains pensent trouver du pétrole dans ce pays. De plus, la fonte de la banquise va faire que le Groenland va devenir très important dans le contrôle de l'océan Arctique. Aujourd'hui, une base de l'OTAN est installée à Thulé, et, pour toutes ces raisons, il est sûr que les États-Unis et le Canada vont se tourner vers ce territoire et tenter de l'influencer.
Ce processus est d'autant plus inévitable que le Groenland, s'il s'oriente vers un mode de vie à l'occidental, n'en a pas aujourd'hui les moyens. Alors que les conditions sur place sont rudes et que les besoins sont importants, l'activité économique est centrée sur la chasse et sur la pêche. L'exploitation des matières premières, trop coûteuse, a quasiment été abandonnée. L'industrie est inexistante. Ce pays risque donc très vite de devenir dépendant des grands pays voisins, alors qu'il commerce massivement maintenant avec le Danemark (65% de ses échanges en moyenne).
C'est pour cela qu'il me semble important que les grands pays européens ne perdent pas de vue le Groenland. Nous avons tout à gagner à ne pas laisser aux Nord-Américains la seule influence sur ce futur État. Ce jeune pays va avoir besoin de trouver des partenaires, des technologies, des échanges commerciaux. L'évolution future de cette région et ses richesses devraient amener l'Europe, loin de regarder le Groenland s'en aller, au contraire de s'y consacrer un peu et de préparer le terrain. Il y a là à la fois des intérêts économiques, militaires, stratégiques et politiques qui ne doivent pas passer à la trappe. Je suis persuadé qu'il est possible de trouver des moyens de collaborer avec le futur gouvernement groenlandais sans pour autant maintenir la tutelle coloniale danoise. Voilà une nouvelle politique pour l'Europe à définir...
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jeudi 20 novembre 2008
G.W Bush était un bon président....non je déconne!
Après Bou... Bush!
Non, sérieusement, il y a quelques jours j'ai commencé à commenter un billet de Rubin qui citait une phrase de Bush... J'ai vite abandonné car j'ai déjà donné dans la critique de Bush, c'est tellement naturel que ça en devient ennuyeux, je note qu'il a parmi ces lecteurs de fervents supporters du super futur ex-top-président du monde...
Aujourd'hui, mon favori (notez l'ironie), Monsieur LOmig s'y met! Ca m'étonne moins que pour Rubin mais ça me désole tout autant, il met en lien un article de l'ex-président menteur Aznar (souvenez vous des élections espagnoles et de l'attentat de Madrid...) qui nous fait une espèce d'éloge de Bush.
Ma réaction n'est pas une argumentation mais plutôt: "Mais qu'est-ce qu'il faut pas lire comme conneries!?"
Non, sérieusement, il y a quelques jours j'ai commencé à commenter un billet de Rubin qui citait une phrase de Bush... J'ai vite abandonné car j'ai déjà donné dans la critique de Bush, c'est tellement naturel que ça en devient ennuyeux, je note qu'il a parmi ces lecteurs de fervents supporters du super futur ex-top-président du monde...
Aujourd'hui, mon favori (notez l'ironie), Monsieur LOmig s'y met! Ca m'étonne moins que pour Rubin mais ça me désole tout autant, il met en lien un article de l'ex-président menteur Aznar (souvenez vous des élections espagnoles et de l'attentat de Madrid...) qui nous fait une espèce d'éloge de Bush.
Ma réaction n'est pas une argumentation mais plutôt: "Mais qu'est-ce qu'il faut pas lire comme conneries!?"
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