Affichage des articles dont le libellé est Loi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Loi. Afficher tous les articles

mercredi 7 juillet 2010

Quel lien entre Woerth et la réforme des retraites ?

Depuis plusieurs jours, nos gouvernants, pour défendre Eric Woerth (je ne vais pas te faire un résumé de l'affaire, on la connaît déjà en long, en large, voire en travers), diffusent l'idée que l'opposition cherche à ruiner la réforme des retraites en attaquant le ministre.

Il est évident que notre démocratie soi-disant moderne a une lourde tendance à personnaliser la politique. On aurait pu espérer que les progrès de notre civilisation nous permettraient de progresser sur ce point, mais non ! Nous, Français, avons toujours besoin de visualiser des personnes responsables. Ainsi, la dernière réforme des retraites porte le nom de "réforme Fillon", précédée par la "réforme Juppé" et la "réforme Balladur". Finalement, on oublie presque le contenu pour ne se souvenir que du contenant.

Or, si une réforme est cohérente et justifiée, il ne devrait pas y avoir de lien entre la réforme en question et le ministre qui la porte. On oublie, semble-t-il, que, si le corps vivant du ministre peut disparaître (comme celui du président ou du roi), le corps symbolique demeure. N'oublions pas que, lorsque le roi était inhumé à Saint-Denis, l'on jetait le sceptre (symbole du pouvoir royal) au sol en criant "Le roi est mort !" puis qu'on le ramassait immédiatement en disant "Vive le roi !" et en tendant le symbole au successeur. De fait, l'État ne meurt jamais, et les lois qui passent au Parlement non plus.

Donc, si cette réforme était si juste, la simple chute d'un ministre ne changerait pas grand-chose. Je doute d'ailleurs que la gauche et le PS visent à cette stratégie, car finalement, dans notre démocratie si moderne, c'est Nicolas Sarkozy qu'il faudrait faire chuter pour abattre une réforme. Il est clair que l'opposition s'attaque à l'hyperpersonnalisation du pouvoir en affaiblissant l'un des ministres populaires du gouvernement. On peut trouver cette stratégie pathétique (je n'en suis pas loin d'ailleurs, car si on doit demander des comptes, on pourrait au moins respecter la présomption d'innocence) mais elle répond finalement aux pratiques tout aussi pathétiques de l'équipe dirigeante.

Aujourd'hui, des soupçons pèsent sur un ministre. Il se doit d'y répondre. On peut estimer qu'il doive démissionner pour pouvoir le faire. Par contre, il est tout à fait sûr que sa chute ne changerait rien au processus de réforme des retraites, que le président mènera à son terme, pour prouver à son électorat qu'il en est capable.

Alors, quel intérêt ? Sans doute une pauvre stratégie politique qui est en train de montrer son inefficacité. Woerth va finir par tomber et la réforme des retraites continuer.

PS : tiens, Woerth était à côté de chez moi hier. Si j'avais su, j'y aurai été... Dommage.

mercredi 13 mai 2009

En avant toute Hadopi!

Le fameux projet de loi Hadopi, je n’en ai pas beaucoup parlé, mais il est sujet à de nombreux billets sur divers blogs.

Je me demande simplement pourquoi le fait de refuser les avancées technologiques et le partage des données qui en découle est acceptable dans ce cas précis alors que pour d’autres sujets tels que les OGMs on évoque le progrès pour justifier un changement potentiellement dangereux.

Cela m’a l’air complètement incohérent, mais en fait c’est la logique implacable des lobbies qui s’applique.

Le fric autorise l’incohérence.

Aujourd’hui nous allons donc nous retrouver avec un système répressif qui va complètement à l’encontre de l’avancée technologique et qui va très certainement entrainer une course au progrès entre Hadopi et les développeurs de réseaux P2P.

Le plus drôle dans l’histoire c’est que ceux qui tentent de rouler la loi ont toujours un coup d’avance sur les autorités.

Certains informaticiens estiment que le texte risque, paradoxalement, de faciliter le piratage Frédéric Aidoni, créateur d’un logiciel pour traquer les images pédophiles sur internet.

Y-aura-t-il des effets pervers a cette généreuse loi visant a protéger les artistes et créateurs?

L’alternative parait tellement plus logique… Taxer l’internaute téléchargeur a la source et rémunérer les labels et artistes avec ce gain.

Finalement, cette loi Hadopi ne génèrera aucun revenu, elle est simplement punitive et n’aura, a mon avis pas l’effet escompte sur le long terme.

Mais bon on en est pas a une connerie près….

vendredi 6 mars 2009

Les relents nauséabonds de la prohibition.

Je voudrais revenir un peu, cher lecteur, sur la polémique concernant l’alcool introduite par la loi Bachelot qui est passée aujourd’hui à l’Assemblée nationale et va maintenant se rendre au Sénat.

Au départ, l’idée était d’interdire tout moyen gratuit de picoler. Finis, les systèmes où tu paies une entrée et où tu picoles librement ensuite. Finie, la dégustation gratuite du vin dans les caves et chez les vignerons. Bref, voici notre gouvernement devant une nouvelle tentative de régulation des pratiques addictives qui va finalement frapper l’ensemble de la population. Finalement, seule la pratique de l'open bar devrait être remise en cause.

Ce matin, les invités de France Inter parlaient justement de ce phénomène. Michel Reynaud, médecin à l’hôpital Paul Brousse à Paris, a indiqué que 50% de la consommation d’alcool était réalisée par 8% des Français. En clair, l’addiction ne concerne qu’un dixième à peine de la population mais on se prépare à briser l’ensemble des Français.

Dans ces cas-là, on se retrouve toujours coincé entre ceux qui pensent que l’Etat doit se mêler de cette question, plutôt conservateur en général, et ceux qui estiment que les autorités doivent intervenir pour aider ces personnes en crise sans léser le reste de la population dans leurs libertés.

L’interdiction a parfois été vue comme une solution, comme aux Etats-Unis dans les années 1920, avec la catastrophe que l’on sait : l’interdiction a suscité de nombreuses dérives, une baisse de la qualité de l’alcool consommé, un développement des mafias et des trafics financiers.

Evidemment, tu l’auras compris, cher lecteur, je me place dans le second camp, d’abord parce que le fait que l’Etat veuille me faire payer mes dégustations de vin dans les caves me prive d’un réel plaisir, alors que je ne suis pas alcoolique et que je ne représente pas un danger pour mes concitoyens, et ensuite parce que j’estime qu’on a aussi le droit de boire une fois de temps en temps, et même souvent si on le souhaite. Les services de santé doivent tenir à disposition des aides pour les personnes qui souffrent, mais l’action publique doit s’arrêter là.

La question des jeunes est évidemment présente, mais, comme je l’avais déjà exprimé sur la pornographie, je pense que c’est dans la famille, dans l’éducation que se gèrent les problèmes d’addiction. Ce sont les enfants en crise et en souffrance qui tombent là-dedans, pas les autres. Et n’oublions pas que les ados se lancent souvent dans de grandes beuveries pour tester les limites mais qu’ils ne deviennent pas alcooliques pour autant ensuite.

Dans ce débat, l’Etat ne devrait intervenir que lorsque l’alcoolisme met en danger les autres citoyens. Il le fait dans le cas de l’ébriété sur voie publique ou dans le cas de l’alcoolémie au volant. Là, son intervention est légitime. Pour le reste, on aimerait que le gouvernement se consacre à d’autres choses qu’à ce type de problème, comme par exemple s’occuper de la crise économique ?

Pour les alcooliques, comme pour les drogués d’ailleurs, la prise en charge doit être sociale ou médicale, mais ne relève pas de la morale ou de la loi. Laissons les services sociaux s’occuper de ces personnes/

Voilà pour une fois un point d’accord avec le camarade Rubin, qui reprend les idées de Nicolas. Damned…

vendredi 6 février 2009

Vous allez la chanter cette putain de Marseillaise!!

En ce moment tout va bien, notre Big Boss Sarkozy nous a rassuré hier soir en prime-time imposée, les députés peuvent donc se laisser aller à nous pondre des propositions surprenantes, et surtout très utiles...
Donc ce matin le député UMP des Alpes-Maritimes, Jean-Claude Guibal a eu une idée qu'elle est bonne:
Contraindre les sportifs évoluant en équipe nationale à chanter la Marseillaise sous peine d'exclusion.
Ça, c'est du lourd comme dirait Abdelmalik...
Je ne vais pas revenir sur les sifflets dirigés vers la marseillaise, je l'ai déjà fait ici.
Cette idée me paraît aussi inutile que stupide et rejetée à l'avance, je me demande sérieusement à quoi bon perdre son temps avec ça quand on est député en temps de crise, mais bon, c'est un autre sujet.
Je ne vous cache pas que le fait que nos joueurs de foot, au contraire des rugbymen ou des handballeurs, ne chantent pas la marseillaise m'énerve, oui ça m'énerve. Ça contribue à mon grandissant désamour pour l'équipe de France.
C'est l'expression de leur égo surdimensionné, leur impossibilité de se mettre au niveau de leurs nombreux téléspectateurs franchouillards qui chantent l'hymne national à tue-tête devant leur écran, un verre de rouge à la main qui m'énerve.
Non, eux préfèrent l'Ipod avec du charabia à la con, souvent en anglais, mais bon chacun ses goûts...
J'entends ceux qui disent qu'ils sont trop limités intellectuellement pour se souvenir des paroles, d'ailleurs une auditrice à la radio proposait de leur mettre un prompteur...
Vont également pointer le bout de leur nez les libéraux pour qui imposer c'est mal, les libéraux fouteux, supporters de l'OM...
Il y a certainement aussi ceux dont j'entends déjà arriver les chevaux, qui vont me dire que la marseillaise est un chant guerrier sanglant qui n'a rien à voir avec le sport, soit, c'est pas faux.
Mais je ne veux pas juger le contenu mais la forme,chanter la marseillaise est pour moi une marque de respect envers le maillot et ce qu'il représente, leur pays, et aujourd'hui dans un monde du football V.I.P et bling bling, l'équipe de France n'est qu'un moyen de progression dans une carrière.
Alors vous pourriez croire que cette proposition de loi me plaît, et bien non, car on n'est pas à l'armée, il devrait y avoir un élan qui leur fasse chanter leur pays avec ferveur et passion, et cet élan devrait venir du groupe, de l'équipe, des leaders, des entraineurs.
Malheureusement quand on a un sélectionneur, qui après une débâcle humiliante, n'est capable de rien d'autre que de penser à sa gueule et demander sa compagne en mariage, on peut se dire qu'on est loin du compte.
Peut-être qu'un jour on aura à nouveau un sélectionneur qui place l'honneur de défendre les couleurs de son pays avant autre chose, qui galvanise ses joueurs avant un match en leur rappelant que tout un peuple compte sur eux, peut-être que cette époque est révolue.
Mais bon Domenech est déjà assez mauvais comme ça, tout n'est quand même pas entièrement de sa faute... Encore que...
Pour l'instant, Maradona arrive avec ses stars et peut-être que l'Argentine va remettre à leur place cette bande de branleurs qui composent notre onze tricolore.

samedi 20 décembre 2008

La réforme de l'audiovisuel public : on camoufle la nomination par la publicité.

Ça y est, cher lecteur : à partir du 5 janvier, le service public ne diffusera plus de publicité en soirée. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette situation ne sera pas la conséquence de la loi sur l'audiovisuel, qui doit subir l'examen du Sénat en janvier, mais de la décision de Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, qui a décidé de lui-même de se priver de 30% de ses recettes avec plusieurs semaines d'avance.

Décidément, cette loi sur l'audiovisuel aura été un vrai capharnaüm. Au départ, Sarkozy a lancé le projet pour spécifier qu'il reprenait une idée de gauche. Lui et ses proches ont ensuite pu affirmer que la gauche était de mauvaise foi en disant partout qu'elle soutenait le maintien de la publicité. Pourtant, le projet de loi n'assure pas la compensation financière de la perte de la publicité, et ce d'autant plus avec le démarrage de la crise financière. Le débat a été tel, et l'intérêt tellement périphérique, qu'on aurait largement pu s'intéresser à autre chose, à la crise financière par exemple.

Depuis, j'ai appris que la suppression de la publicité aurait pu se faire par un simple décret et relevait du règlement. Il suffira donc, dans le futur, qu'on utilise l'article 37 de la constitution pour revenir sur cette décision, devant la gabegie des finances futures de l'audiovisuel public. Finalement, toute cette affaire ressemble bien à une belle baudruche qui devrait se dégonfler rapidement.

Et pourtant, il y avait bien une disposition qui avait besoin de la loi : le passage du CSA au président de la République de la nomination des présidents des sociétés d'audiovisuel public. Finalement, cette loi n'a servie qu'à cela, puisque le reste relevait du décret. Voilà une belle preuve de la volonté de Sarkozy de contrôler directement une bonne partie du paysage médiatique.

Les sénateurs ont encore la possibilité de mettre en péril cette belle machine législative. La haute-assemblée se révolte peu fréquemment, mais vu l'ambiance dans la majorité en ce moment, on peut peut-être espérer un frémissement...

P.S. : dans la catégorie "les débats sans intérêt mais qui visent à réduire les droits sociaux et à occuper les médias", je te suggère la lecture de cet article d'Antoine Besnehard, qui publie la réponse d'un député sur le travail dominical.