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mardi 21 avril 2009

Gaijin da!

Je me suis déjà aventuré dans l’écriture d’un billet sur mon expérience japonaise, et malgré mes réticences et hésitations, je vais me lancer à nouveau.
La moitié de ma vie, j’ai été un étranger quelque part, enfant, adulte, et quelque soit le pays, ce fut une expérience positive pour moi.
En même temps je n’ai jamais été étranger en France…
Je vais m’attarder quelque peu sur le Japon, car c’est sans aucun doute la bas que j’ai pu vivre et observer les relations humaines entre étrangers et locaux les plus étonnantes.
Les sentiments se mélangent, ils évoluent au fil du temps, au fil de la compréhension du peuple qui nous accueille.
J’ai d’abord été amusé par leur gentillesse, leur timidité, leur curiosité, leur peur.
C’est un sentiment bizarre que de faire peur à quelqu’un pour la seule raison de son appartenance ethnique. C’est même gargarisant quelque part, mais dérangeant sur le fonds.
Ces sentiments que l’on éprouve dans un pays étrangers évoluent, la timidité, la curiosité et la peur ont commencé à m’énerver ? Je me suis mis à comparer ces comportements avec ceux de mes semblables occidentaux (ce terme me fait marrer depuis la dernière guerre des blogs…), à les mépriser un peu…
Ce n’est pas glorieux, mais je vous garantis que la vente de rue est une activité professionnelle très éprouvante !
Et puis vint le temps de la compréhension, pourquoi diable sont-ils différents?
Le temps et l’ouverture d’esprit permettent de comprendre son hôte, et c’est pour une étape fondamentale à une intégration réussie.
Pour ma part, j’ai eu très peu d’amis japonais, en dehors de ceux de ma femme, d’ailleurs elle a aussi peu d’ami(e)s français depuis qu’on est ici… Elle n’est peut-être pas si facile à surmonter, la barrière culturelle…
Bref, peu d’amis japonais, ou alors des mecs un peu barrés, et sortis du chemin « normal ». Beaucoup d’amis israéliens, communauté oblige…
Et là j’en entends certains dire que je ne voulais pas m’intégrer, communautarisme et tous leurs autres gros mots…
Et bien, je n’ai pas l’impression d’avoir été une plaie pour ce pays, j’ai amusé beaucoup de gens, j’ai essayé de respecter leur culture, leurs traditions, leurs habitudes comportementales. J’ai appris la langue tant bien que mal, mais bon je ne suis pas japonais, et quoi que je fasse, ça se voit sur ma gueule !
Car j’ai eu droit à mon lot de surprises (vulgairement appelé racisme par ici).
Le métro bondé avec une place assise éternellement libre à côté de moi.
Les personnes me fuyant quand je leur demandais une information
L’appellation naturelle pour eux : Gaijin (étranger), mais choquante par chez nous.
Et même de vraies insultes raciales par un mec bourré !
Les contrôles de police quasi systématiques, délit de faciès absolu !
Honnêtement je n’ai jamais été affecté par rien de ce que je viens de vous lister.
Ce n'était pas agressif, loin de là et c'était très certainement pas méchant, plutôt une forme maladroite d'exprimer son malaise ou sa peur.
J’ai vite compris que ce peuple était tiraillé entre leur profond attachement à leur riche et ancestrale culture et une étonnante envie d’être libre comme nous.
Un peuple tiraillé qui aujourd’hui est malheureusement un peu perdu entre tradition et Macdonald.
Et puis ne surtout pas oublier, à leur décharge que le nombre d’étrangers avant les années 80’ se résumait aux nombre de GI’s dans leurs bases…
Tout ça n’est que mon sentiment issu de mon expérience, et très certainement que chacun vivrait cette expérience différemment.

Je ne suis pas un expert des lois sur l’immigration au Japon, mais ce que j’y ai observé m’a beaucoup influencé.
Le Japon a un énorme pouvoir d’attraction, c’est un eldorado asiatique, vous y trouverez des philippins, coréens, chinois, indiens, pakistanais, iraniens, nigérians, israélien, et beaucoup d’occidentaux.
Il y a donc une forte demande d’immigration.
C’est une île, surpeuplée et historiquement, on ne peut pas dire que l’ouverture au monde soit leur fort…
J’ai donc vu des lois strictes, même très strictes et surtout… Appliquées !
Essayez donc de dépasser la durée de votre visa, pour déconner… Prison, interdiction de séjour.
Par contre, quand j’ai entrepris mes quelques démarches pour prolonger mon visa, j’ai été content de me voir traiter humainement, normalement. En fait, je n’ai pas vraiment relevé.
Je m’en suis souvenu le jour où j’ai entrepris des démarches similaires pour mon épouse dans notre beau pays la France.
J’ai compris à ce moment à quel point le dédain peut vous remplir de haine.
Le respect est une notion importante, au Japon, j’ai eu droit au respect, que ce soit avec l’immigration, la police ou les gens.

En France, nous avons vu nos droits bafoués, nous avons été traités comme des chiens illégaux dans la préfecture de Bobigny, nous avons été traités comme des coupables par la Police. Point de respect par ici.
Et le plus drôle, c’est qu’ici nous avons toujours été dans le cadre de la loi, toujours dans notre bon droit, tandis qu’au Japon je demandais une exception…
Je ne veux pas relancer l’éternel débat sur l’immigration, je vous donne juste mon vécu, qui m’a en partie amené à penser comme je le fais.

mercredi 11 février 2009

Le vilain petit communautarisme...

Le communautarisme...
Ce mot a une connotation négative chez pratiquement tous les bloggers que je fréquente, qu'ils soient libéraux, de droite, de gauche, peu importe.
Le communautarisme donc, pour les nombreux adversaires de ce concept, c'est un frein à l'intégration, c'est l'expression du rejet de son pays d'accueil, cela peut même être, pour ce qui est des communautés islamiques, un danger pour la démocratie ou la liberté si chère à certains.
Je ne sais pas si beaucoup d'entre vous ont vécu à l'étranger et s'ils ont vécu l'expérience de pouvoir s'appuyer sur leur communauté dans le pays les accueillant.
Pour ma part, j'ai déjà été un affreux étranger vivant au sein de sa communauté dans un pays étranger, et pourtant je n'ai jamais rejeté un pays d'accueil et encore moins ai-je été un danger quelconque...
Le fait de trouver refuge et conseil auprès de mes compatriotes dans un pays totalement inconnu, différent de culture, de langage m'a permis une transition douce, une acclimatation progressive.
Cette communauté m'a permis de travailler, me loger, rencontrer du monde comprendre certains aspects culturels de ma terre d'accueil qui m'intriguaient. Sans elle, je serais peut-être reparti après 3 mois, crevant la dalle.
Dans mon cas, ce passage communautaire fut un marche pied vers une vie individuelle dans ce pays, une vie à cheval entre l'occident et l'orient, tant par les rencontres que les habitudes comportementales.
On ne peut se défaire de son mode de vie, de son mode de communication sous prétexte que le pays dans lequel nous vivons fonctionne différemment.
On trouve un juste milieu, on apporte son propre monde dans le leur, on apprends et on enseigne, c'est un partage, un échange.
L'immigration ne doit pas être synonyme d'abandon de son identité au profit d'une autre, c'est un métissage d'identités culturelles.
Ce billet ne signifie pas que toutes les communautés ont une empreinte positive sur leur pays hôte, ni même que tous les étrangers franchissent le pas entre vie communautaire et vie sociale ouverte, mais ce billet veut démontrer que comme pour beaucoup d'autres sujets, l'amalgame est une erreur.
Chaque cas est différent, l'intégration de quelqu'un dépend de lui-même, du pays d'accueil, du facteur chance, des rencontres.
Ce n'est pas facile d'être un étranger quelque part, il faut bien se mettre ça dans la tête.
La communauté est une refuge, si tout le monde cherche à se réfugier et à rester dans son refuge, n'y a-t-il pas un problème grave chez nous?
Ne pourrions nous pas plutôt revoir le traitement réservé à l'immigré plutôt que de le fustiger encore une fois?