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mercredi 5 janvier 2011

Posons la question aux citoyens : travailler plus, rester dans la situation actuelle ou travailler moins ?

La valse des textes parus sur les 35 heures ces derniers jours me fait me poser une question très simple.

Tout a commencé au PS. Depuis, de nombreux leaders politiques, de nombreux blogueurs, de nombreux journalistes de tout type de médias se sont exprimés.

A plusieurs reprises, les statistiques d'Eurostat ont été citées. Elles montrent que les Français travaillent 37,4 heures en moyenne (chômeurs inclus), plus que les Allemands et les Hollandais par exemple, pays où le chômage est nettement inférieur.

A priori, l'absence de travail des Français est donc un gros flan, et si on ne compte pas les chômeurs, on atteint 41 heures.

Là encore, on constate pourtant que les chiffres ne servent pas à grand-chose et que les acteurs sont idéologiquement convaincus de leurs positions. Fondamentalement, deux positions très simples s'opposent :

  • Le travail est une charge lourde pour tous les individus et il faut au moins l'empêcher de s'accroître et au mieux le faire encore plus diminuer. Cette position prédomine depuis le milieu du XIXe siècle dans les politiques menées, sauf à quelques rares moments comme en 1938 par exemple.
  • le travail est un moment formidable d'épanouissement personnel, et en plus, plus on travaille et plus on est riche.
Il faut, pour trancher ce débat, sortir de la soi-disant efficacité économique. De toute façon, on trouvera toujours des personnes qui soutiendront l'une ou l'autre thèse malgré tous les chiffres que l'on pourra apporter. De toute façon, les chiffres, on en fait un peu ce qu'on veut, dans le monde politique.

Partons des électeurs eux-mêmes. Demandons-leur s'ils souhaitent travailler plus ou moins. Je serais assez curieux de voir la réponse, car en 2007, nos concitoyens ont choisi de travailler plus pour gagner plus. Vu la réduction du paiement des heures supplémentaires, ils se sont faits avoir. Serons-nous capable, chers camarades, de les convaincre que c'est en réduisant le travail que la richesse n'a cessé de s'élever dans les pays développés depuis deux siècles ?

Au travail, bordel !

mardi 28 décembre 2010

A Paris, le choix de son mode de transport est aussi irrationnel.

Depuis quelques jours, une petite discussion sur l'usage des moyens de transport à Paris est apparue entre plusieurs blogueurs dont un centriste bayrouôlatre, un libéral échevelé et un gauchiste écrivain que certains droitiers qualifieraient de bobo. On s'interroge sur le conflit existant entre les moyens de transport dans notre belle capitale, à juste titre sans aucun doute. Les trois blogueurs semblent conclure que la voiture a encore de beaux jours devant elle.

Depuis quelques semaines, je suis privé d'automobile, à cause de l'indélicatesse d'un garagiste à qui nous allons bientôt, avec la Privilégiée, faire un procès. Cette panne est arrivée au moment où nous venions de nous installer au Raincy, commune située à 10 km du boulevard périphérique. Nous sommes à quelques minutes à pied de la gare du RER E, et la ville est irriguée par un important réseau de bus qui fonctionne relativement bien, sauf quand il neige...

L'absence de voiture nous a obligé à une réorganisation de notre vie mais aussi à revoir certaines de nos idées à propos des transports. Durant mes premières semaines au Raincy, j'ai commencé à me rendre à mon lycée dit difficile en voiture. En théorie, le parcours prend 25 mn porte à porte. Or, en fonction des horaires, cette réalité varie considérablement. A 7h30 du matin, il faut plutôt compter 1h00 de trajet, voire plus s'il y a un problème sur l'A 86, le second périphérique parisien, traversant les départements de la petite couronne. Cette autoroute est saturée et il suffit d'un quelconque véhicule en panne pour que la circulation cesse séance tenante. En parallèle, le trajet en transport en commun (RER, tramway) prend 45 mn.

Tu vas donc me dire, cher lecteur, qu'il me fallait emprunter les transports en commun, plus lents mais plus sûrs. Pourtant, contrairement à cette évidente logique, j'ai utilisé, jusqu'à la fameuse panne, ma voiture, arrivant à plusieurs reprises en retard au travail. Pourquoi ? Tout simplement pour gagner un peu de sommeil. En clair, je me suis dit, à l'époque, que je gagnais 30 mn de sommeil et que cela me permettait de me coucher un peu plus tard le soir. Ma logique était totalement irrationnelle, et elle m'a mise plusieurs fois en difficulté, mais je ne me suis pas interrompu pour autant.

Depuis la panne de mon véhicule, je me suis mis à discuter avec mes proches utilisant soit la voiture systématiquement, soit les transports en commun, soit les deux en fonction des moments. Ainsi, si certains individus ont des raisons tout à fait cohérentes de choisir l'un ou l'autre, on se rend compte aussi qu'il existe toute une série de raisons absolument incohérentes qui justifient l'usage de l'un ou de l'autre.

Ainsi, dans mon sondage, sans aucune valeur statistique, on trouve par exemple, pour justifier l'usage des transports en commun, l'idée de faire diminuer la pollution, mais aussi la ponctualité de ce mode de transport, sa régularité ou son coût.

Les arguments pro-voiture sont tout aussi divers. Ainsi, on m'a parlé de sécurité dans les transports en commun, de promiscuité insoutenable ou d'inconstance des transports collectifs, soit parce qu'ils sont mal entretenus (cette idée est souvent revenue sur les RER B et D), soit parce que des gauchistes passent leur temps à les mettre en rade.

Ce qui est très intéressant, c'est qu'aucun de ces arguments n'est tenable lorsqu'on en débat :

  • la ponctualité des transports en commun est très relative, car les pannes et les retards reviennent régulièrement, mais cela est tout aussi vrai en voiture, puisqu'en région parisienne, il est impossible de prévoir son temps de parcours, malgré les outils existants pour essayer de s'organiser.
  • Le coût est tout aussi discutable, car les transports en commun coûtent chers. Tout dépend du parcours effectué, de la distance parcourue, du temps passé : chaque individu ne rencontre pas du tout les mêmes difficultés.
  • La notion de sécurité est toute relative. Personnellement, je vis en région parisienne depuis 33 ans et je ne me suis jamais fait agresser en transport en commun (sauf une vague tentative de vol de téléphone) mais certains de mes proches m'ont conté des histoires hallucinantes d'agressions vécues ou fantasmées. La sécurité en voiture est tout aussi relative, parce que l'on peut parfaitement se tuer en bagnole et que les agressions existent aussi (le vol et les dégradations de voiture sont récurrents).
  • Les grévistes ont de toute façon un impact sur les deux moyens de transport : lorsque les métros ne roulent plus, la circulation automobile se bloque instantanément.
Nos concitoyens franciliens continuent, parfois obstinément, à refuser le métro ou le RER. C'est bien pour cela que toute annonce du maire de Paris, qu'elle soit intelligente ou stupide, suscite des réactions outragées. Nos concitoyens ne parlent pas avec leurs raisons sur ce point, mais avec bien d'autres éléments dans la tête. On ne peut pas envisager une politique cohérente des transports à Paris sans admettre que les Franciliens utilisent ceux-ci de manière irrationnelle.

Certains facteurs ont un impact, en particulier la distance entre lieu de travail et domicile, les moyens de transport existants entre les deux, les moyens financiers des individus, les disponibilités en logement.

Le politique peut bien sûr agir sur les choix que nous faisons. A Paris, la mairie tente de nous empêcher de prendre la bagnole pour venir de banlieue. Cependant, nous n'avons pas du tout attendu Delanoë pour venir en transport. J'ai le permis depuis 1995, et je n'ai pas souvenir qu'il était facile de se déplacer en voiture à Paris, sauf peut-être entre 1h et 5h du matin. 

Contrairement à Hashtable, je pense que certains Franciliens seraient parfaitement prêts à se passer de bagnole mais ne le peuvent pas, tandis que d'autres le peuvent mais ne le souhaitent pas.

Dans cet esprit, on peut envisager les choses de trois manières :
  • soit agir de manière douce, comme le font actuellement le STIF et la ville de Paris, en développant l'offre de transport collectif tout en gênant la circulation automobile sans l'empêcher pour autant. Cette politique coûte moins chère mais suscite le mécontentement de tous ceux pour qui renoncer à la voiture est une horreur et de ceux qui ne peuvent pas y renoncer de toute façon car les transports en commun sont inadaptés.
  • soit agir de manière forte en faisant des interdictions, mais cela impose une politique beaucoup plus offensive au niveau des investissements et du fonctionnement des réseaux publics. Là, les moyens vont manquer, et en plus, on suscitera toujours autant de mécontentement. D'autre part, je trouve assez malhonnête d'interdire en promettant les solutions de remplacement pour 2030...
  • soit laisser tomber les investissements collectifs et revenir à une fluidification de la circulation automobile. Cela coûterait moins cher mais ne résoudrait pas la question de la pollution ni celle de l'engorgement. D'autre part, elle mécontenterait les nombreux Franciliens qui n'ont pas de voiture ou qui ne s'en servent qu'une fois par mois, les obligeant à supporter eux-mêmes les coûts. Cette politique-là est une politique de transfert des charges vers les citoyens...
Il n'y a donc aucune politique parfaite sur ce sujet, et je n'aimerais pas être à la place des politiciens chargés de prendre des décisions.

Personnellement, je trouve qu'il faudrait déjà rendre gratuit les transports en commun et faire supporter par l'impôt cette charge. Cependant, là encore, le métro, les bus et les trains sont-ils capable d'encaisser une hausse massive des flux ? J'en doute fortement.

lundi 13 septembre 2010

Lois Gayssot : tout dépend de l'objectif.

Cela va peut-être te surprendre, cher lecteur, mais je vais aujourd'hui rebondir sur un billet de notre camarade NPiste CSP, qui s'est lancé aujourd'hui dans un texte sur le négationnisme, suite à un billet sur Chomsky que tu pourras trouver ici.

L'ami CSP considère que les lois Gayssot sont acceptables car elles obligent les négationnistes et leurs petits copains racistes à se taire, au moins publiquement, et à ne pas trop diffuser ainsi leurs idées. On éviterait de nombreux problèmes et, particulièrement, la survivance publique des idées les plus problématiques de l'extrême-droite.

Je ne peux être d'accord avec lui. En tant que personne ayant étudié l'histoire et l'enseignant tous les jours, j'admets supporter très difficilement que l'Etat se pique de vouloir imposer sa version de l'histoire. En effet, ce qui fait la légitimité d'un travail d'historien est la méthode employée. L'historien confronte ses questions à des sources et émet des raisonnements en s'appuyant sur elles et en se référant aux historiens ayant déjà travaillé sur le sujet. Cela permet d'éviter de faire n'importe quoi.

Or, l'histoire démontre l'existence des camps. Le négationnisme est donc mort de lui-même, et les gugusses qui y croient y croiront de toute façon. Je peux le confirmer : régulièrement, des élèves disent que je mens sur les juifs. On a beau faire tout ce qu'il faut, celui qui ne veut pas l'accepter continuera à ne pas l'accepter.

Le cas se répète exactement dans le cas du génocide des Arméniens que la France a cru bon de reconnaître. Fondamentalement, les historiens ont analysé cet évènement depuis longtemps. Cette reconnaissance n'a nullement convaincu les Turcs qui pensent qu'il ne s'est rien passé. Cette loi n'a servi à rien.

La seule manière de légitimer l'interdiction serait, à mon sens, non pas de dire qu'on veut légitimer une version de l'histoire, mais de dire qu'on estime qu'il est anormal que des personne appelant à la haine de l'autre puissent s'exprimer librement. Souvent, les négationnistes estiment que le génocide est une invention des juifs à leur profit.

Pitié, laissons les historiens faire leur travail et que le parlement se contente de légiférer sur le politique : il y a déjà largement de quoi faire...

samedi 5 septembre 2009

Les bizarreries de la mesure de l’audience des blogs.

Comme je te l'avais déjà indiqué ici, l'ensemble de la blogosphère politique est en train de faire un coming-out concernant ses audiences. L'Hérétique et Nicolas sont à l'origine du mouvement, ces deux blogueurs cherchant à savoir qui a la plus grosse, l'un étant très visité et l'autre l'étant moins mais occupant depuis un bon moment la première place du classement politique du Wikio. L'idée était de retenir un seul outil pour mesurer l'audimat, en l'occurrence Google Analytics.

Il existe en effet plusieurs logiciels libres permettant de mesurer le nombre de visiteurs d'un site. Au départ, j'avais installé Google Analytics sur les Privilégiés, et j'ai logiquement reproduit la même opération concernant les Gueules
quelques semaines après. Puis, en lisant différents conseils de blogage, j'ai découvert que le logiciel de Google ne référençait pas toutes les visites. Les constatations varient sur ce point, mais mes camarades semblent dire que Google oublie entre 15 et 30% de clics, Mtislav m'ayant même dit, lors du Kremlin des Blogs, que nous devions avoir le double de l'audience indiqué par ce site. J'ai donc progressivement ajouté deux nouveaux outils : Sitemeter
en fin d'année dernière et Statcounter très récemment. Or, lorsqu'on analyse les résultats des trois sites, il y a de quoi s'interroger.

Ce matin, je me suis connecté sur Statcounter, ce que je n'avais pas fait quasiment depuis mon troisième départ en vacances. Je découvre alors que la journée d'hier a connu, pour les Privilégiés, un pic assez inhabituel d'audience, avec 371 visites et 327 visiteurs uniques absolus, sans qu'il me soit possible de déterminer exactement la cause de cette croissance brutale. Je ne crois pas qu'un billet sur l'ambiance des salles des profs lorsque l'on parle des syndicats puisse attirer autant de monde.

Pas de problème : Google Analytics est là pour ça. Le site donne en effet un résultat plus faible, avec 321 visites et 299 visiteurs uniques absolus, mais ne parvient pas à me fournir la source de ces visiteurs anormalement nombreux. Il ne peut m'indiquer qu'une grosse majorité d'accès directs, sans plus. Intrigué par les discussions récentes, je décide alors d'aller voir ce que me raconte Sitemeter.

Et là, grosse surprise ! Le site me rabaisse totalement : à peine 91 visites hier, mais par contre 380 pages affichés, ce qui colle avec le chiffre de Statcounter pour les visites.

Que dire et comment interpréter tout cela ? Une seule conclusion émerge et elle est simple. Il n'existe pas d'outil gratuit permettant de nous donner une idée réelle de nos visiteurs. Je ne sais pas si les outils payants sont meilleurs.

En tout cas, les Gueules et les Privilégiés vont continuer à utiliser Google Analytics et à communiquer leurs audiences. Au moins, même si la précision n'est pas au rendez-vous, a-t-on une vague idée de l'audience de chacun de nos blogs

mardi 7 juillet 2009

Être de gauche, c’est être anti- ?

Tiens, c'est marrant : en rentrant des résultats du bac, j'ai découvert la nouvelle démarche politique du camarade Authueil. Voici que cet éminent blogueur de la droite respectable s'est brusquement transformé en socialiste réformiste qui cherche à refonder la gauche. On ne peut que s'étonner de cette problématique chez un soutien sans faille de l'UMP. Notre président de la République aurait-il tellement dégoûté les membres de sa majorité ?

Dans le raisonnement du camarade, on retrouve l'habituelle antienne, appliquée ici à l'extrême-gauche, sur le fait que la gauche française passe son temps à s'opposer bêtement à la droite au pouvoir. Authueil étant trop fin pour cela, il n'emploie pas les termes d'« anti-sarkozysme primaire », mais je sais que cette notion traîne souvent dans la blogosphère de droite et dans les médias de la même droite (voir les articles réguliers du Figaro). A chaque fois, j'admets que je suis très troublé devant cette accusation. Je me souviens que, sous la présidence de François Mitterrand, les militants de droite menaient de très violentes attaques contre la personne du président, pourtant moins impopulaire que l'actuel. A l'époque, on n'employa pas le terme d'« anti-mitterrandisme primaire ». On ne peut pas, lorsqu'on est dans l'opposition, ignorer la personne du chef de l'État. Nicolas Sarkozy doit être critiqué, autant sur sa personne (qu'il met suffisamment en avant par ailleurs) que sur ses actes et ses idées politiques. L'anti-sarkozysme n'est bien qu'un argument rhétorique visant à discréditer les opposants.

Dans ce même billet, Authueil tente de trouver quelques axes pouvant permettre de définir un programme de gauche renouvelé. Je te livre ici le passage :

Etre de Gauche aujourd'hui, c'est quoi ? Il y a au moins un fondement qui n'est guère contestable, c'est le refus d'une société dirigée uniquement par l'économique, où on vit pour travailler au lieu de travailler (éventuellement) pour vivre. C'est le refus du travailler plus pour gagner plus, parce que gagner plus, c'est pas forcement ce qu'on demande car on recherche davantage le "mieux" que le "plus". C'est le refus de cette société de consommation où le citoyen de base est pris pour un con plus souvent qu'à son tour, que ce soit comme électeur, comme consommateur ou comme salarié. Je pense que tous ceux qui se revendiquent de gauche peuvent signer ça.
Bizarrement, l'auteur définit tous les fondements de sa gauche renouvelée en commençant par le mot « refus ». Alors que la droite reproche à la gauche d'être sans arrêt dans l'opposition primaire, voilà qu'un blogueur de droite prend toute la pensée de gauche par le négatif.

Rien d'étonnant cependant. Étant baigné dans la culture politique de gauche, je n'aurais pas fait autrement si j'essayais de refonder la droite. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'adversaire politique est naturellement défini par des termes plutôt négatifs, vu qu'on le différencie de soi. Comme le moi est positif, l'autre est négatif. S'il ne l'était pas, il n'y aurait pas de raison de s'opposer à lui et de vouloir gouverner à sa place.

Etant de gauche, je vais aider Samuel. Je ne crois pas que la gauche naît dans le refus mais dans la volonté de progrès et dans l'amélioration des conditions de vie de l'ensemble de la population. Aussi, si je reformulais le paragraphe précédent, je dirais :

Être de Gauche aujourd'hui, c'est quoi ? Il y a au moins un fondement qui n'est guère contestable, c'est la volonté de développer une société où l'économique vise au progrès collectif. C'est une société où l'on travaille parce qu'on veut une vie agréable et paisible, et où le gain financier n'est pas la priorité de tous, surtout au prix d'une vie médiocre. C'est le rêve d'une société démocratique dans laquelle le citoyen reprendrait en main le jeu politique, et dans laquelle le consommateur passerait au second plan. Je pense que tous ceux qui se revendiquent de gauche peuvent signer ça.
Bon, évidemment, il reste du refus, mais je ne vois pas comment faire autrement. Dans un texte de droite, on en trouverait aussi, histoire de clarifier l'offre politique.

Tiens, d'ailleurs, c'est bizarre : Authueil définit la gauche comme souhaitant un monde non dominé par l'économie. C'est pourtant par l'économie que Marx espérait transformer le monde, mais je ne sais pas à quelle gauche le co-organisateur de la RDB s'adresse effectivement…

samedi 13 juin 2009

Percevoir la réalité de l’étranger : difficile…

J'avais commencé, cher lecteur, à te rédiger un billet sur les élections iraniennes, et puis, Manuel m'a devancé en publiant ses premières réflexions sur le sujet, auxquelles je souscris globalement. A l'évidence, les médias nous ont donné une vision erronée de la situation politique iranienne, nous entraînant à prendre des vessies pour des lanternes. J'efface donc toute ma première partie…

A la dernière République des Blogs, j'ai eu une longue discussion avec Cratyle concernant le futur de la démocratie et son lien avec le réseau internet. Pour lui, les possibilités offertes par les blogs sont énormes : voici un instrument de démocratisation fort qui devrait permettre d'avoir de nouveaux vecteurs d'information à l'infini. J'avais répondu à Patrice qu'on aurait toujours besoin des médias traditionnels, et lui avait donné l'exemple de la Corée du Nord, pays fermé sur l'extérieur et qui ne disposait pas de blog. Cratyle s'en était tiré en se référant aux immigrés nord-coréens vivant partout dans le Monde et pouvant nous dire ce qui se passe sur place, malgré l'absence de médias classiques.

Personnellement, je ne peux pas consulter un blog iranien écrit en persan, ce qui fait que mon information est limitée aux sources en anglais ou en français. Or, les journalistes présents sur place ou les spécialistes se sont eux aussi plantés. Les médias, à travers ses grands reporters comme Ch. Chesnot sur France Inter, semblaient être sûr que la réélection du président iranien n'irait pas de soi.

Seulement, dans une dictature comme l'Iran, il y a un problème. Il est impossible de trouver facilement un accès à la majorité des électeurs, c'est-à-dire les pauvres peu éduqués. Les journalistes, souvent proches des élites, ne peuvent ou ne veulent y accéder directement. Si on était en France, il resterait les blogs, mais, en Iran, les pauvres ont-ils accès à internet ? Et si c'est le cas, savent-ils seulement s'en servir ? Même en France, la blogosphère est clairement constituée de personnes faisant partie des élites financières, politiques, intellectuelles… Alors, dans un pays comme l'Iran…

Pour que la démocratie numérique accessible à tous les citoyens dont Patrice rêve devienne possible, il faut à la fois une démocratie qui fonctionne, mais aussi un niveau éducatif élevé de l'ensemble de la population permettant un accès aux réseaux et une maîtrise de l'écrit. Sans plume, il est encore difficile de se lancer sur internet. Je crains que les Iraniens, dont la majorité n'a pas encore accès à des études denses et démocratiques, n'en soient pas encore là…

PS : il y a une autre hypothèse, celle de la fraude électorale allant en contradiction avec toutes les prévisions. Dans ce cas, j'espère qu'à l'extérieur de l'Iran, nous le saurons vite, et j'espère, comme l'Hérétique, que les Iraniens parviendront à se débarrasser de ce président.

lundi 11 mai 2009

Définir une position sur les crimes passés de la France.

Régulièrement, sur ce blog mais aussi sur d'autres, nous avons eu des affrontements avec des contradicteurs nous accusant de réduire et de mépriser la France à cause de son passé historique. Cela est arrivé souvent sur des discussions sur le passé colonial, mais aussi sur l'occidentalisme plus récemment. A droite semble donc dominer l'idée que les personnes de gauche considèrent notre passé comme une tare, comme un poids, et que s'exprime en permanence un besoin de repentance face aux crimes passés de notre pays. On a même vu ressurgir, sur certains blogs, le terme d'« anti-France », que je croyais pourtant relégué dans les oubliettes de l'histoire. Il est d'ailleurs intéressant de constater que la bien-pensance est là de l'autre côté : « mais non, la colonisation n'était pas négative, et la France n'a pas à rougir de son passé. »

En fait, je crois que nos contradicteurs font une erreur fondamentale d'interprétation de nos modes de pensée. Personnellement, je ne me sens absolument pas coupable des crimes ou des idées débiles développées dans le passé. Certes, mes ancêtres ont parfois fait des bêtises. C'est le cas de la colonisation ou de la collaboration. Cependant, je n'étais pas là, et je n'ai donc pas à assumer quoi que ce soit sur ce sujet. De plus, je n'ai pas vécu cette période, mais je sais qu'une grande majorité des Français soutenaient l'idée d'empire colonial dans les années 1930, et que Pétain a été vu comme un sauveur, au moins durant la première année, par une ultra-majorité des Français. Je ne vois pas pourquoi j'aurais été différent à ce moment-là.

Par contre, nous avons à gérer ce passé historique, qui, parfois, a encore un impact sur la vie de notre pays aujourd'hui. C'est le cas de la colonisation. Je reste persuadé que le rapport des Français avec les immigrés de l'ancien Empire sont en lien avec ce passé colonial. Il subsiste dans notre inconscient collectif cette idée d'enfance de l'indigène, d'infériorité, que les Français doivent aider et éduquer. De même, le personnage du jeune de banlieue un peu sauvage me semble correspondre assez strictement à la définition que donnait Jules Ferry de l'œuvre civilisatrice de la France en 1885. Finalement, Jean-Pierre Chevènement, en employant ce magnifique terme de « sauvageon » en 1998, en parlant des jeunes des cités, nous rappelait la persistance de la pensée colonialiste dans notre beau pays, y compris à gauche : comment ne peut-on pas voir le lien avec le terme de « sauvage » qu'utilisait Montaigne.

Pour gérer ce problème, je crois qu'il faut totalement assumer notre passé. Si la France a commis des crimes, s'est comportée comme une grande puissance dominante qui a écrasé de nombreux peuples durant cette période, il faut tout simplement l'admettre ! C'est un fait historique, qu'il faut expliquer à nos enfants (pourquoi cela s'est-il produit ? Quel était le contexte idéologique ? Quelles résistances ?). De même, il faut montrer quelles idées et quelles valeurs se sont exprimées dans la collaboration, et lesquelles dans la réaction du général de Gaulle et des résistants. Il ne faut pas gommer ces actes : quand on aime quelqu'un ou quelque chose, on le prend en entier, dans sa totalité, avec ses qualités et ses défauts. La France, c'est la Révolution française et la colonisation. C'est la résistance et la collaboration. C'est la droite et c'est la gauche.

Par contre, ce qui provoque souvent ma réaction outrée, c'est la persistance des idées qui ont fondé ces crimes dans notre société. Finalement, il ne s'agit pas de faire de la repentance gratuite. Envers les anciens colonisés par exemple, il est important de rappeler, et ce même quand notre gouvernement va dans l'autre sens, que tous les Français ne partagent pas cette volonté de nier le passé historique de la France. Nous n'en avons pas honte, mais nous ne sommes pas prêts à laisser les choses se reproduire et perdurer.

Ce qu'il faut prendre en compte, c'est le passage du temps. Autant on peut saisir que les Français de 1880 aient pu être dominés par des raisonnements de puissance et racialistes concernant la colonisation. Autant il est totalement anormal que subsiste aujourd'hui dans notre société, alors que les idées ont avancé depuis, les mêmes valeurs et les mêmes idées. En assument nos actes passés, nous pouvons nous départir de ces idées, et passer à autre chose…

jeudi 7 mai 2009

Pour que les Européens votent le 7 juin, militons !

Tiens, c'est marrant. Je parcourais mon importante liste de blogs référencés dans mon Netvibes lorsque j'ai vu apparaître ce billet, publié par Seb, de CaRéagit. Bon, je sais ce que tu vas me dire : « oh non, il va encore tailler un costard à un libéral ayant du poil dans les oreilles. » Allons, je te rassure, il ne s'agit pas de relancer une nouvelle blogowar, mais seulement de te livrer quelques réflexions.

Si j'ai bien compris, une discussion s'est engagée sur Twitter concernant les élections européennes à venir. Rubin s'y désolait des sondages annonçant une abstention-record lors des élections européennes à venir. Seb semble se rallier à ce funeste jugement. Personnellement, je suis exactement dans le même état d'esprit. L'Europe est un thème certes ardu mais passionnant lorsque l'on prend la peine de s'y intéresser. Nos concitoyens s'étaient d'ailleurs emparés du sujet lors du référendum sur le traité constitutionnel européen. Or, et ce malgré mon vœu du début de l'année (décidément, les blogueurs influents ne sont plus ce qu'ils étaient), les Français, et ils ne sont pas les seuls, se désintéressent du sujet.

Seb, pour affronter ce problème, propose le vote obligatoire. Ce système existe dans quelques pays, et en particulier chez nos voisins belges. Certes, cette idée peut sembler séduisante, mais elle ne garantit en rien que les citoyens soient intéressés. De plus, ils risquent de voter n'importe quoi.

Je trouve tout de même étonnant qu'un libéral propose d'imposer à tout le monde de se rendre aux urnes. A mon sens, la démocratie repose sur un choix libre de l'ensemble des citoyens. L'abstention représente un choix : tous les citoyens peuvent décider de ne pas s'exprimer. Cela marque aussi un choix politique, que nous nous devons de respecter. La démocratie ne doit pas devenir une routine et le citoyen ne doit pas être materné : laissons nos concitoyens être responsables.

Seb dénonce pourtant le danger de voir une institution totalement délégitimée par une participation faible. Or, même si seulement 35% des Européens se déplacent pour voter, un Parlement européen élu de cette manière sera toujours plus légitime qu'une assemblée nommée par un petit groupe de personnes, comme les chefs d'État ou les gouvernements. Même si seulement 10% des électeurs se déplacent, on a toujours une très importante part de la population qui est là et qui s'exprime. Et tant pis pour les autres ! Quand on a la possibilité de faire un choix, on n'a rien à dire ensuite sur le résultat.

Bien sûr, on doit se désoler de ne pas voir tous les électeurs se bouger. Les responsabilités sont nombreuses pour l'expliquer. Cependant, je ne vais passer des heures à dénoncer les hommes politiques ou mes concitoyens. J'estime y avoir aussi ma part, vu que je n'ai fait que peu de billets sur le sujet depuis janvier.

Allez, il nous reste un mois pour motiver nos lecteurs. Cela fera peu de monde, mais ce sera déjà ça…

lundi 20 avril 2009

L’économie financière redémarre : et on refait de vieilles recettes dans de vieux pots…

En lisant ce texte du Gaulliste libre, je découvre quelques articles du Monde concernant l'état de notre économie, et particulièrement celui-ci sur les banques américaines. Bénéficiant de l'énorme financement de l'État américain, les banques sont en train de renouer avec des profits, assez mirobolants par ailleurs. De plus, le journal nous indique que ces mêmes banquiers ont bien fait de licencier rapidement et massivement, puisqu'ils ont ainsi réussi à dégager de la marge pour rebondir.

Deux victimes de la crise apparaissent ainsi :

  • Les salariés d'abord ont payé l'ajustement de l'ensemble du système économique, alors qu'ils n'étaient pas responsables des décisions d'orientation de leurs dirigeants. Cela a commencé par les banques, puis se poursuit maintenant dans l'économie réelle.
  • Les États, c'est-à-dire nous, les gens qui ne bénéficient pas de l'enrichissement récent de l'économie, vont bientôt devoir payer les factures des énormes crédits faits aux entreprises, et particulièrement aux banques.

Au total, on est bien dans la socialisation des pertes et dans la privatisation des profits. En plus, l'économie semble donner des signes de redémarrage, ce qui signifierait que le système n'évoluerait pas.

Pourtant, contrairement au Gaulliste libre, je pense que le système ne peut pas réellement redémarrer comme avant, du fait de l'énorme taux d'endettement des États comme des ménages. Les entreprises ne peuvent plus espérer vendre massivement maintenant sans recourir à des hausses de salaire et à une meilleure répartition capital-travail des revenus. Si on reste dans la situation actuelle, l'économie ne pourra pas redémarrer comme elle l'a fait les années précédentes, car nos capacités d'endettement sont à leur maximum. N'oublions pas non plus que la croissance récente s'est faite massivement sur l'immobilier, et je ne vois pas comment ce secteur redémarrerait avec les mêmes recettes que les années précédentes, d'autant plus que la hausse des impôts va bientôt suivre, d'une manière ou d'une autre, réduisant nos possibilités d'endettement…

Je ne veux pas être pessimiste, mais je crains que l'économie réelle ne redémarre pas aussi vite que cela, malheureusement pour l'ensemble des salariés...

mercredi 8 avril 2009

Après la polémique, les ruptures et la phraséologie de la bien-pensance.

J'admets, cher lecteur, que j'hésitais à exploiter le filon de la polémique plus longtemps, mais il est temps pour moi d'en tirer un petit bilan. C'est la première fois qu'avec mes petits camarades des Gueules, nous avons lancé une vraie polémique blogosphérique. Le débat a rapidement pris une ampleur que nous n'imaginions pas, sans doute parce que nous n'avions pas évalué certains paramètres (comme l'intervention de blogueurs développant des discours insultants ou très violents, et les tensions internes au réseau LHC). Je voudrais résumer cela en quelques points.

Tout d'abord, nous avons sorti un billet, poussé par la colère. Certes, nos motivations étaient diverses, mais pour une fois, nous étions parvenus à un accord de fond. Nous avions décidé de dénoncer davantage que d'argumenter, tout simplement parce que nous étions tous d'accord pour être impitoyable face à des idées que nous réprouvons. Ce choix nous a attiré de nombreuses critiques, en particulier sur notre manière de procéder et d'accuser sans réellement démontrer. J'admets pleinement que c'est un fait. Si le réseau Renovatio Occidentalis avait poursuivi sa carrière, nous aurions sans doute été obligés de nous y mettre. Finalement, Rubin l'a fait beaucoup mieux que nous, et a largement poursuivi le raisonnement que nous avions entamé, et de nombreux blogueurs nous ont rejoint, y compris parmi ceux que nous mettions en cause. Pour moi, cela suffit à justifier notre démarche. Je n'en tire cependant aucune gloire : il va maintenant falloir expliquer pourquoi cette vision occidentaliste du monde est un problème. Manuel a commencé hier, je m'y mets aussi. Heureusement que quelques billets drôles nous ont permis de nous détendre un peu, dans ce maelström.

Cette manière de procéder a provoqué un raidissement général. D'abord, nous avons attiré les spécialistes du débat violent et de l'insulte. Ensuite, les ruptures traditionnelles se sont imposées rapidement : la gauche s'est mise à affronter la droite, tout le monde s'est accusé des pires maux, pour finalement finir par des billets de synthèse assez généraux et qui rationalisent le débat, billets où nous avons été mis à l'index, étant caractérisés comme représentant de la morale d'extrême-gauche (ou gauchiste, c'est selon).

En relisant les billets, y compris les disparus, il m'est apparu évident qu'on ne peut toujours se montrer gentil et indulgent avec tout le monde. Même si j'adore le débat et que je préfère largement débattre avec des opposants avec qui je vais apprendre des choses qu'avec des personnes avec qui je suis toujours d'accord, parfois, il est aussi important de dire ses convictions profondes. Certaines idées me font bondir, et même si c'est de manière stupide, je ne peux pas m'empêcher de réagir. Aucun homme ne peut être parfait et toujours se tenir à la discussion molle. Je donne là-dessus un point à Fabrice, même si je crois que la radicalité permanente a aussi ses mauvais côtés.

Ce débat m'a aussi fait découvrir la stratégie de la bien-pensance. Pour défendre des idées loin d'être majoritaire dans la société, certains utilisent ce moyen. Il s'agit de dire qu'un défenseur d'une idée, par exemple, est forcément un bien-pensant parce qu'il reprend les idées de la majorité, surtout des élites. Globalement, en lisant les billets des contradicteurs, j'ai pu comprendre que, dans cette affaire-là, les idées dominantes à gauche étaient taxées de bien-pensance, histoire de les décrédibiliser. Le problème, c'est qu'avec ça, on peut faire passer n'importe quoi. Si j'affirme un jour que « la démocratie est le meilleur des systèmes et je dénonce ceux qui s'y opposent. », on me dira « ouh, qu'il est bien-pensant celui-là ! La démocratie a plein de défauts, et il ferait bien de s'en rendre compte, ce benêt. En plus, tout le monde pense ça, et c'est d'un conformisme… » Derrière, l'anti-bienpensant est persuadé que la démocratie n'est pas le meilleur des systèmes et il diffuse ainsi des idées nauséabondes (rien que pour Didier Goux puisse en faire un billet).

Pour déjouer ce raisonnement pourri, il faut s'affirmer avec ses valeurs et ses idées, et essayer de ne pas tomber dans la bien-pensance soit même à l'égard de l'autre. En clair, il faut rester structuré, cohérent et honnête dans ses raisonnements et dans ses interventions. Parfois, il est aussi important de dénoncer.

Un avantage dans cette histoire : je sais que ceux que nous avons attaqué n'hésiteront pas à nous, et à me flinguer si, un jour, j'ai moi-même de la sympathie pour des idées débiles et totalitaires. Au moins y ai-je sans doute gagné quelques anges-gardiens, et ça, c'est très positif.

vendredi 3 avril 2009

Enfin, les soi-disant libéraux montrent leurs vrais visages.

Ce matin un micro non-évènement a secoué les trois gueules. C'est assez rare pour être noté car, de manière générale, ce qui intéresse les 2/3 de la rédaction laisse bien souvent le dernier tiers complètement indifférent.

Mais, ce matin, notre expert blogueur a levé un lièvre de fort beau gabarit : loin de leurs déclarations publiques d'humanisme libertaire et de leurs habituels sermons sur la valeur universelle du libéralisme, il semble que quelques-un..que dis-je...qu'une bonne partie du comité directeur de notre réseau favori aie décidé de créer un petit club d'isolationnistes xénophobes.

Le célèbre Nicolas ayant abordé le sujet de leur absurde tentative de nous faire croire qu'ils ne sont pas de droite, nous pensions le ridicule achevé, mais non : loin de réaliser l'ironie de leur comportement, ils s'enfoncent un peu plus profond la tête dans le sable, faisant de manière totalement involontaire tomber leur masque.

Pour la première fois de notre histoire, et pour marquer notre profonde déception de réaliser que certaines personnes dont nous avons pu faire la promotion via notre blogroll sont en fait de simples xénophobes, bien loin de défendre des idées démocratiques, nous allons publier ce billet à 6 mains.

Étant le plus clairement marqué à gauche (voire à l'extrême-gauche), c'est Fabrice qui commencera :

Pour ma part je ne suis absolument pas surpris. Depuis longtemps déjà, j'ai noté chez ces soi-disant libéraux diverses bienveillances envers l'intolérance et le totalitarisme. De la défense d'EDVIGE chez l'un à l'effrayante déclaration qu'il ne suffit pas de respecter les lois de son pays d'accueil mais qu'il faut se fondre à sa culture chez l'autre, il était facile de voire que leur acceptation de l'autre ne se faisait que dans l'optique d'un autre identique à eux.

J'en avais fait la remarque à celui qui me semblait le moins fanatisé, à plusieurs reprises, mais j'ai déjà eu plus d'impact à parler à mon stylo...
Récemment encore, cette intolérance mêlée d'élitisme imbécile s'exprimait de façon très claire cher leur gourou qui n'hésitait pas à opposer Vox Populi et Vox Plébi... marquant là très efficacement tout l'amour qu'il a pour la démocratie.

Le plus jeune est peut être celui qui au final me fait le plus de peine, à le voir chercher une image du père idéalisée chez Sarkozy (mais grosse déception quand icelui n'est pas assez totalitaire) puis Zemmour (mais là encore une grosse peine de cœur quand son héros tombe de son piédestal) pour finir chez un barbant barbu lillois.

Vous l'aurez compris cette petite bande ne mérite même plus qu'on s'y arrête, ils ont réussi à gâcher le petit jeu qui consistait à les démasquer sans (j'en suis certain) même le faire exprès. Décevants jusqu'au bout...


En second, le plus capitaliste mais aussi le plus virulent (et prolifique) : Manuel

Quand prof m’a envoyé le lien vers ce nouvel espace d’expression libre aux Occidentaux qui veulent rétablir la grandeur de l’Occident contre les restes du monde, je suis resté bouche bée. Non pas que je fus étonné de voir écrite dans une énième charte leur idéologie isolationniste et xénophobe que j’avais déjà entrevue et dénoncée à maintes reprises, mais le cadre de ce nouveau QG raciste est absolument affligeant.

Une carte du monde ou les pays du sud de l’équateur sont transparents et le symbole de l'OTAN, absolument terrifiant me rappelant la croix de fer allemande.

Le vieux, le jeune vaniteux et l’idiot du village se sont donc associés avec quelques probables abrutis que je ne souhaite pas connaitre pour déverser leur haine de l’Orient, leur volonté de revenir à une époque fort heureusement révolue.

Nous avons décidé, tous les trois de virer le dernier survivant de la clique de notre blogroll, le vieux et le gamin ayant giclé il y a déjà quelques temps.

Pas de lien vers cette vomissure bloguesque, juste nos avis, se rejoignant pour une fois.

J'ai plus rien à dire sauf que plus un lien ne viendra de chez nous vers un participant à ce répère de fachos.



Reste l'opinion du centriste de la bande, et du lévrier du groupe, Mathieu L. :


Ayant fait découvrir à mes amis co-rédacteurs ce tout jeune blog, je dois te dire que je ne peux que me désoler devant ce que je découvre, d'autant plus que j'ai moi-même fait la régulière promotion de ces blogueurs. J'éprouve de la sympathie pour un d'entre eux, mais j'en reparlerai.


Quand on tombe sur ce site, on découvre d'abord un logo totalement délirant. Deux roses des vents, reprenant le symbole de l'OTAN, entoure un planisphère sur lequel l'Amérique du Nord et l'Europe occidentale apparaissent coloriées en bleu, et le reste du Monde en transparent. Une phrase en latin, histoire de faire élitiste, suit. Elle ignore d'ailleurs que notre fameuse culture occidentale s'est aussi construite sur bien d'autres héritages que l'héritage romain : quid des Grecs, des Hébreux, des Germains, des Phéniciens, des Arabes ?


En-dessous, une charte dénonçant toute une série de maux dont souffrirait l'Occident. Cette liste regroupe tout ce que l'extrême-droite française recycle comme thèmes éculés depuis des lustres : la crise de la famille, la toxicomanie, le communautarisme, la perte des valeurs morales, en y ajoutant de nouveaux thèmes comme l'obésité ou la crise environnementale. Les chartistes en concluent que notre belle civilisation occidentale est en crise morale.


Face à cela, les voilà qui nous proposent une alliance occidentale à égalité entre les pays, regroupant l'Europe (mais jusqu'où ?), les États-Unis, le Canada et Israël. Rejetant ce qu'ils appellent le "mondialisme", mais aussi d'autres idées comme le nationalisme, ce nouveau réseau refuse aussi le métissage culturel, craignant une conflagration digne du choc des civilisations. Bien sûr, ils concluent en s'annonçant en rupture avec les idées racistes, alors que ce site, rien que par son logo, met en opposition l'Occident avec le reste du Monde.


Franchement, cher lecteur, je ne m'étonne pas que certains des blogueurs de cette liste participent à ce machin. Par contre, éprouvant une vraie sympathie pour l'expressionniste libre avec qui j'ai eu l'occasion de trinquer par le passé, je ne peux que rester interloqué devant un engagement totalement incompréhensible. Comment peut-on vouloir le libre-échange, la liberté, la responsabilité et lutter contre le métissage culturel, l'Union européenne ou "l'importation de force" des autres cultures en Occident ? Je ne vois pas bien où l'on tombe, et j'espère que cette tribune lui offrira la possibilité de se rendre compte des chemins qu'il emprunte.


Cher lecteur, je dois te dire que ce blog nous permet de mieux situer les gens à qui l'on parle. Certains ont utilisé leur réseau pour diffuser, en sous-marin, des idées toutes autres que les idées libérales. Comme je l'avais affirmé ici, j'ai un vrai respect pour les libéraux, même si je ne partage pas leurs idées, car ils sont fondamentalement ouverts et démocrates. Là, il n'y a plus rien de semblable, et on est bien face à une idéologie de fermeture et de rejet de l'autre.


Longtemps, j'ai défendu ces blogueurs contre l'hire de mes deux camarades. C'est avec déception que je ne peux que reconnaître que je me suis trompé.


Voici nos trois contributions. Nous espérons susciter de saines réactions des membres de ce réseau que nous apprécions. Nous savons que les trolls vont rapidement fondre sur nous, mais nous assumons.


Tu crois que nous disons n'importe quoi ? Eh bien, je t'invite à consulter les blogs en lien sur ce merveilleux site fondateur, et tu te feras ton idée par toi-même.


L'arène est ouverte !


Fabrice, Manuel et Mathieu L.

vendredi 27 mars 2009

La Bourse c'est mal, caca!...

Longue journée de travail qui s'achève, longue journée de blogage qui s'achève.
Vous l'avez peut-être suivie, en tout cas, mon pote Fabrice et moi avons eu une discussion longue et passionnée (trop...) au sujet d'abord du système de retraite, ensuite des fonds de placement monétaires et finalement sur la société et notre structure économique.
Fabrice a réagi avec une fleur dans les cheveux en nous publiant un message de paix musical, je ne vais pas être aussi pacifique.
J'ai eu l'impression de me retrouver face à un mur anticapitaliste impénétrable.
Pourtant, je ne suis certainement pas un libéral capitaliste pur et dur, ceux qui lisent ce blog doivent commencer à avoir une idée sur mes orientations politiques et elles ne sont pas dans le libre échange et la dé-socialisation.
Mais cette position manichéenne que me montrait Fabrice aujourd'hui m'a déçu et énervé.
La Bourse c'est mal, en gros c'est le message subliminal qui m'est resté après nos échanges.
Peu importe ce qu'est la Bourse, à quoi elle sert, peu importe que tout, en Bourse, n'a pas la même fonction, peu importe que la Bourse gère nos petites épargnes, nos Livrets A, nos Plan d'épargne logement... C'est mal!
La Bourse, c'est mal, la Bourse provoque la faim dans le monde, et puis de toute façon tout va péter bientôt...
Je vous avoue que les arguments me manquent...
Pour être méchant avec mon pote, je dirais que son niveau de croyance anticapitaliste me rappelle un peu celui d'un ou deux islamophobes avec lesquels nous nous frictionnons régulièrement.
Si je partage cet espace d'expression et d'échange avec eux, s'ils sont mes amis, tâchez de nous différencier s'il vous plait, n'est-ce pas Didier...

jeudi 26 février 2009

La réforme des collectivités territoriales : un ballon de baudruche ?

Cher lecteur, pour rénover la carte des institutions, Nicolas Sarkozy a demandé à Édouard Balladur de diriger une commission sur le sujet, qui a diffusé ses conclusions aujourd’hui. Parmi ces jeunes rénovateurs, on pouvait aussi trouver Pierre Mauroy. Il y a de quoi espérer beaucoup avec un tel groupe de d’jeuns qui n’en veulent.

Dès la publication, le débat a débuté sur la blogosphère politique. Nicolas s’est assez vigoureusement prononcé contre, Authueil a survolé l’ensemble sans vraiment se prononcer (son député doit être élu local) et Falconhill rejoint Nicolas sur son opposition, partant ensuite dans un long exposé sur la situation géographique, apparemment complexe, de sa cité.

Lorsqu’on touche à ces diverses institutions, on touche aux racines des citoyens et à ce qui leur sert de référence spatiale. D’ailleurs, si les scrutins départementaux sont de plus en plus délaissés, les municipales continuent à avoir un grand succès électoral et les scrutins régionaux de 2004 avaient connu une abstention assez faible. Cependant, beaucoup dénoncent l’enchevêtrement des compétences de ces différents niveaux institutionnels. De plus, il est vrai que certaines collectivités très étroites spatialement ont forcément des difficultés à avoir un impact réel sur leurs territoires. Alors, pourquoi ne pas réformer ?

La commission Balladur émet une vingtaine de propositions qui visent à réformer les systèmes électoraux, à modifier les cartes de certaines régions, à créer une nouvelle structure (la métropole) pour 11 grandes villes, à créer un super-département regroupant Paris, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis, et à répartir un peu mieux les compétences entre les différents échelons.

Globalement, je me satisfais de certaines mesures, et en particulier de l’arrivée de l’élection dans les intercommunalités. D’ailleurs, la commission ne s’est pas lancée dans de grands projets ambitieux : pas de suppression des communes proposées alors que certaines sont vraiment trop petites. Tout est laissé au volontariat.

Cependant, il y a déjà des réserves à émettre sur ces idées. Le fait que le référendum ne soit pas systématiquement prévu pour modifier les collectivités est pour moi un vrai problème. Pour qu’un échelon fonctionne, il faut que les citoyens y adhèrent : autant à ce moment-là permettre aux citoyens de pouvoir se prononcer et de dire s’ils acceptent les propositions des élus. On va sans doute voir ressurgir des débats sempiternels mais assez amusants, comme la future fusion entre la Bretagne et les Pays de Loire. Je suis sûr que des gens vont discuter des heures pour savoir si on met en capitale Nantes ou Rennes.

Mais rassure-toi, cher lecteur, je ne crois pas que ces velléités de réforme aillent bien loin. D’abord, ce projet ne dit rien d’un point qui me semble fondamental : le cumul des mandats. Pour moi, c’est une plaie de notre démocratie, autant pour les institutions locales que pour le Parlement. Or, comme il s’agit d’un projet qui ira au Parlement, je suis persuadé que nos élus nationaux et locaux ne vont pas se gêner pour détricoter tout cela pour éviter que des postes d’élus ne disparaissent. De plus, les sénateurs ont un droit de regard particulier, vu qu’on touche ici à leur collège électoral.

Ensuite, je doute aussi que notre président préféré ne veuille pas marquer de sa douce empreinte cette future réforme. Il nous dira, comme de juste, qu’il souhaite changer la France de fond en comble, mais il cherchera surtout à limer l’influence de la gauche sur les collectivités locales. La proposition d’élire à la proportionnelle les élus départementaux n’est pas sans lien avec cette volonté. Pour essayer de déjouer le piège, la commission a indiqué que rien ne devrait changer avant 2014 (les élections régionales de 2010 ne changeront donc pas), mais il ne s’agit que de propositions.

Attendons maintenant de voir notre joyeux président sur ce sujet apparemment assez consensuel, mais qui risque rapidement de réveiller les passions…

PS : carte tirée de G. Duby (dir.), Atlas historique, l'histoire du monde en 334 cartes, Larousse, Paris, 1995.

dimanche 1 février 2009

La vision de D. Tartakowsky sur la grève de jeudi dernier.

Pour poursuivre la discussion entamée ici et avec Manuel et quelques-uns de nos lecteurs fidèles, je te propose, cher lecteur, de lire ici l'interview de Danielle Tartakowsky, historienne et spécialiste de l'histoire des manifestations en France.

Danielle Tartakowsky est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 8 et chercheur associée au Centre d'Histoire Sociale de Paris-I.

Ses principaux ouvrages, pour information :
D. Tartakowsky, Le Front populaire : la vie est à nous, Gallimard, Paris, 1996.
D. Tartakowsky, Les manifestations de rue en France : 1918-1968, Publications de la Sorbonne, Paris, 1997.
D. Tartakowsky, Le pouvoir est dans la rue. Crises politiques et manifestations en France, Paris, Aubier, 1998.
D. Tartakowsky, La Part du rêve - Histoire du 1er mai en France, Hachette, Paris, 2005.
M. Margairaz, D. Tartakowsky, L'avenir nous appartient ! Une histoire du Front populaire, Larousse, Paris, 2006.
M. Margairaz, D. Tartakowsky, Le Syndicalisme dans la France occupée, PUR, Rennes, 2008.
O. Filleule, D. Tartakowsky, La Manifestation, Presses de Sciences Po, Paris, 2008.