Ah, les concertations... Plus ça va et plus ce terme est pénible à entendre. Le ministre en a fait ce matin une définition absolument parfaite et il faut que je puisse vous la livrer. Alors que Nicolas Demorand s'interrogeait sur sa rencontre avec Martine Aubry...
Bon, là, cher lecteur, il me faut faire une pause. Comme cela avait été annoncé, Aubry n'a pas communiqué au ministre sa vision de la réforme des retraites, estimant que le gouvernement risquait de piller le programme du PS. Il est très difficile de comprendre cette stratégie, même après une très longue réflexion. Pourquoi ne pas dire ce que l'on veut faire, même si le gouvernement prend des éléments après ? Il sera d'autant plus facile ensuite de dire que l'UMP n'a pas d'idées et qu'elle est obligée de faire une politique de gauche. Avec ce choix, la droite aura beau jeu de dire que le PS ne dit rien parce qu'il n'a pas d'idées...
Et donc, en recevant Martine Aubry, Woerth a proclamé qu'il avait "écouté" la leader socialiste, car nous étions en "phase d'écoute". Voilà une définition de la concertation parfaite venant d'un politique. On écoute, cher lecteur, on écoute, mais fondamentalement, on s'en fiche et on fera ce que l'on veut. Vu le pilonnage médiatique actuel autour de la situation du régime de retraites, le gouvernement a la voie libre pour réformer tranquille. Les actions sociales n'en prennent que plus de sens.
Pendant ce temps, cela ne semble inquiéter personne mais la Grèce est sur le point de faire faillite et de déclencher la véritable crise que nos politiques avaient réussi à éviter partiellement à la fin 2008. Derrière, le Portugal, l'Espagne, l'Irlande et l'Italie pourraient suivre...