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lundi 26 juillet 2010

Le ridicule des tests bancaires européens.

La nouvelle semble faire peu de bruit en Europe. Il est bon, heureusement, de lire parfois la presse étrangère. J'apprends ainsi par Le Devoir (journal québécois) que les banques européennes résisteraient vraiment très bien à une nouvelle crise financière, alors qu'aux États-Unis, ouh la la, ce serait vraiment le foutoir.

Comme tu as pu le lire récemment, cher lecteur, ma maîtrise de l'économie laisse parfois à désirer, ce qui va me permettre d'en parler.

Il y a quelques mois, on "découvre" que les banques se sont massivement endettées. Elles sont au bord de la faillite. Maintenant, elles vont vraiment très bien. La dette a donc disparu ? Mais non, cher lecteur, elle est chez nous, les contribuables, puisque nos joyeux États ont courageusement soulagé les capitalistes de leurs bêtises pour nous les remettre sur le dos.

Aujourd'hui, les banques tiendraient le choc. Peut-être, mais ce qui est sûr, c'est que les États ne peuvent plus, maintenant, soutenir un quelconque krach. Il faudra donc que les banques tiennent seules. Vu l'évolution de leurs pratiques, je doute. La BCE ne manque en tout cas pas d'inventivité pour vendre l'Europe.

PS : je n'ai trouvé qu'un autre blogueur traitant du sujet, Hashtable. Il utilise un graphique résumant la notation de l'agence chinoise Dagong. Comme je l'avais déjà dit ici, je ne comprends pas bien pourquoi la France, endettée publiquement mais pas au niveau des foyers, peut se retrouver au même niveau que le Japon, endetté publiquement à 220 % du PIB et dont la dette privée est bien plus haute que la nôtre.

mardi 27 octobre 2009

Les subprimes de retour.

C'est ce que nous apprend le Devoir, quotidien québécois. Avec une nuance tout de même : ces prêts sont garantis par les fonds publics américains.

Cela signifie-t-il qu'il n'y aura plus d'abus pour autant ?

Que faire des banques ?

La polémique sur le secteur bancaire fait à nouveau rage, suite aux débats budgétaires auxquels se consacrent les députés en ce moment. Cet aspect polémique ne me passionnant pas, je vais plutôt me rediriger ici sur des aspects plus idéologiques.

L'an dernier, les gouvernements des pays développés sont massivement venus en aide au secteur bancaire, rattrapé par ses spéculations et ses produits pourris. En France, cette aide a été faite sous forme de prêts aux organismes bancaires, qui commencent d'ailleurs à être remboursés, sans aucune condition autre pour les banques que le remboursement avec taux d'intérêts. Toute cette crise n'a finalement permis aucune réflexion forte sur le rôle des banques et sur leur impact sur l'économie, et c'est vraiment une occasion ratée.

Je vais me placer ici dans la position qui est la mienne, mais aussi celle d'une bonne partie des Français : je ne suis pas une entreprise, je ne suis pas un bourgeois, je ne suis pas une personne en grande difficulté financière. Je fais partie de ce qu'on appelle communément la classe moyenne. Pour moi, une banque a des missions très précises : stocker mon argent dans un espace théoriquement sécurisé, me permettre de dépenser cet argent avec le même niveau de sécurisation, et parfois, me faire un crédit qui me permet de mettre en œuvre un projet que mes revenus ne m'autoriseraient pas de réaliser tout de suite. Une banque ne devrait pas me prêter de l'argent pour aller faire mes courses, mais c'est un autre débat. C'est par exemple le cas si j'achète une automobile ou un bien immobilier.

Ces activités, très basiques finalement, n'ont aucun rapport avec ce que font les banques pour les entreprises et pour les capitalistes. Cependant, depuis la fin de la séparation entre banques d'affaire et banques de dépôt, ces activités sont réalisées avec mon argent, comme avec celui de tous les clients de banques ayant des revenus moyens ou étroits. Cette situation explique aussi que les Etats aient agi. En France, si les banques avaient fait faillite, l'Etat aurait dû assurer chaque Français à plus de 70 000 €, ce qui représente quand même des sommes importantes et aurait mis en danger à la fois un budget de l'Etat en difficulté, mais aussi toute l'économie.

Depuis, en regardant ce qui se passe, je ne peux que m'étonner de l'évolution des banques. Actuellement, je suis en train de prospecter pour un crédit. M'intéressant, en tant que blogueur politique, à l'actualité, je sais que la Banque Centrale Européenne vend son argent aux banques à un taux très bas : 1%. Au même moment, la Fed est à 0% de taux d'intérêt. Or, les différentes offres de prêt que j'ai pu recevoir se situent à des taux entre 3,85% et 4,05%. Ces taux ont certes un peu baissé depuis le début de la crise, mais ils restent tout de même importants par rapport au coût de l'argent. En clair, quelqu'un est encore en train de se sucrer sur mon dos, et à priori, il s'agit bien des organismes bancaires.

Il y a différentes manières de concevoir le crédit. Il s'agit avant tout d'une avance sur des revenus futurs qui permet de construire un projet tout de suite. En soi, on est bien face à un outil économique indispensable pour tout le monde, acteurs importants comme particuliers. Or, les banques privées dégagent un bénéfice important sur ces crédits, et peuvent parfois en bloquer l'accès aux plus fragiles.

La constitution d'un service public bancaire devrait donc, à nouveau, apparaître sur la table. Ce service devrait proposer des services de dépôt et des crédits à taux abordables, collant au plus près à ce que pratique la BCE. Sur le blog du Gaulliste Libre, on découvre que Frédéric Lordon propose de confier cette mission de socialisation du crédit à un organisme non-public, estimant que les scandales des années 1980 ont démontré que l'Etat était incompétent sur la question. Je me demandais, en lisant ce billet, si on ne pouvait pas plutôt confier cette mission à une nouvelle caisse de la sécurité sociale, qui aurait l'avantage de ne pas avoir besoin de prélever des cotisations sociales mais simplement de détenir un capital au départ, sans avoir besoin de dépenser des milliards pour nationaliser les banques.

Après, si des particuliers préfèrent aller prendre des risques avec les banques privées, tant mieux pour eux, mais il faudra que l'Etat cesse de garantir ces mêmes banques dans cette configuration.

PS : et pendant ce temps, alors que l'économie va soi-disant beaucoup mieux, le chômage est en pleine croissance, mais apparemment, cela n'intéresse que peu les médias…

jeudi 6 août 2009

Un milliard pour un flan.

Hier, nombreux ont été les blogueurs à dénoncer ce milliard d'euros mis de côté par BNP-Paribas pour récompenser ses traders. Evidemment, vu le krach que nous venons de vivre, il y a de quoi s'étouffer. J'ai souscris entièrement au billet publié hier par CSP sur le sujet, qui résume entièrement mon sentiment au moment où j'ai pris connaissance de la chose.

Maintenant, franchement, cher lecteur, je rigole bien en lisant le Monde ce soir. On y découvre d'abord un titre grandiloquent annonçant que François Fillon convoque les banquiers pour leur faire la morale. Il ne faut pas oublier deux choses importantes, dans cette affaire. D'abord, l'Etat a prêté de l'argent aux banques pour les renflouer, à des taux assez élevés d'ailleurs, les banques remboursent. Il n'y a aucune clause indiquant, dans ces prêts, aux banques de se comporter différemment avec les traders. C'est marrant, mais cela semble avoir échappé aux journalistes. De plus, le Premier ministre n'a absolument aucun pouvoir coercitif sur les banquiers, vu que la France a refusé de rentrer dans les conseils d'administration des banques, contrairement aux actes de la plupart de nos voisins.

Ensuite, le PS me fait bien rigoler aussi. Alors que la logique aurait voulu que l'Etat entre dans le capital des banques, le PS n'a pas vraiment réclamé cette mesure et a soutenu les prêts que le gouvernement a effectués. Maintenant, Ayrault réclame que Fillon tape du poing sur la table. Avec quel impact ?

La nationalisation, au moins partielle, des banques françaises aurait dû être la seule mesure viable. Dommage qu'en France, alors que le président annonçait vouloir moraliser le capitalisme (encore une belle phrase creuse…), personne n'ait le courage d'affirmer des idées différentes de la doxa… De plus, il serait temps que nos hommes politiques assument les responsabilités de leurs décisions. En démocratie, n'est-on pas censé être responsable devant le peuple ?

lundi 20 avril 2009

L’économie financière redémarre : et on refait de vieilles recettes dans de vieux pots…

En lisant ce texte du Gaulliste libre, je découvre quelques articles du Monde concernant l'état de notre économie, et particulièrement celui-ci sur les banques américaines. Bénéficiant de l'énorme financement de l'État américain, les banques sont en train de renouer avec des profits, assez mirobolants par ailleurs. De plus, le journal nous indique que ces mêmes banquiers ont bien fait de licencier rapidement et massivement, puisqu'ils ont ainsi réussi à dégager de la marge pour rebondir.

Deux victimes de la crise apparaissent ainsi :

  • Les salariés d'abord ont payé l'ajustement de l'ensemble du système économique, alors qu'ils n'étaient pas responsables des décisions d'orientation de leurs dirigeants. Cela a commencé par les banques, puis se poursuit maintenant dans l'économie réelle.
  • Les États, c'est-à-dire nous, les gens qui ne bénéficient pas de l'enrichissement récent de l'économie, vont bientôt devoir payer les factures des énormes crédits faits aux entreprises, et particulièrement aux banques.

Au total, on est bien dans la socialisation des pertes et dans la privatisation des profits. En plus, l'économie semble donner des signes de redémarrage, ce qui signifierait que le système n'évoluerait pas.

Pourtant, contrairement au Gaulliste libre, je pense que le système ne peut pas réellement redémarrer comme avant, du fait de l'énorme taux d'endettement des États comme des ménages. Les entreprises ne peuvent plus espérer vendre massivement maintenant sans recourir à des hausses de salaire et à une meilleure répartition capital-travail des revenus. Si on reste dans la situation actuelle, l'économie ne pourra pas redémarrer comme elle l'a fait les années précédentes, car nos capacités d'endettement sont à leur maximum. N'oublions pas non plus que la croissance récente s'est faite massivement sur l'immobilier, et je ne vois pas comment ce secteur redémarrerait avec les mêmes recettes que les années précédentes, d'autant plus que la hausse des impôts va bientôt suivre, d'une manière ou d'une autre, réduisant nos possibilités d'endettement…

Je ne veux pas être pessimiste, mais je crains que l'économie réelle ne redémarre pas aussi vite que cela, malheureusement pour l'ensemble des salariés...

dimanche 15 février 2009

Cher lecteur, payons les dettes pourries des banques !

Cher lecteur, le joyeux week-end qui est en train de s’achever est pourtant chargé de mauvaises nouvelles au plan économique. On apprend d’abord ici que, malgré les discours nombreux visant à dédramatiser la crise actuelle, l’inflation repart de plus belle. Les prix alimentaires de base, y compris sur les premiers prix, augmentent alors que les prix de ces matières sur les marchés internationaux sont à la baisse.

Ici, des rumeurs bruissent : certains pays européens sont au plus mal financièrement. Il se murmure même que l’Autriche serait sur le point de demander une aide d’urgence à l’Allemagne pour retrouver un peu de liquidités. Le sort de l’Islande, en pleine débâcle financière et en train de nationaliser tout son système financier, a l’air de guetter un certain nombre de petits pays européens fragiles.

A la suite de ce dernier billet, l’auteur nous indique que l’une des solutions possibles serait que les États reprennent les créances pourries de nos banques pourries, puisque seul les États disposent de la longévité pour étaler toutes ces dettes et les payer. C’est ce que vient de faire l’Islande. Cependant, il faut te rappeler une chose simple, cher lecteur, si l’État ne peut jouer de la planche à billets pour dégrader la valeur de ces capitaux, ces dettes seront payées, c’est sûr, mais par les impôts.

En clair, dans ce merveilleux processus de crise qui est le nôtre aujourd’hui, crise que beaucoup voyaient venir d’ailleurs, non seulement les prix montent (ce qui frappe les pauvres en premier, mais touchera vite les classes moyennes), le crédit est paralysé, les salaires stagnent, le chômage augmente, et en plus, il va falloir que l’on paie les conneries des banques avec nos revenus, puisque c’est sur eux que portent les deux impôts les plus importants, l’impôt sur le revenu et la TVA.

Tout cela signifie quoi ? Tout d’abord, les dépenses publiques vont connaître une hausse considérable dans les prochaines années, puisqu’il va falloir assurer le traitement social de la crise, relancer la machine économique, investir et payer les dettes des banques. Cela signifie ensuite que ce sont encore les pauvres et les classes moyennes qui vont payer les pots cassés de l’économie. Personnellement, si je le pouvais, je laisserais crever les banques et leurs actionnaires, je te nationaliserais tout cela et je ne paierais pas ces dettes : les banquiers ont prêté n’importe comment, tant pis pour eux, qu’ils tombent, et les capitalistes qui ont passé l’argent avec. Malheureusement, c’est de l’utopie…

Pour certains, on ne pourra pas faire mieux et on entre dans une période de crise terrible. Pour moi, l’État risque bien d’être obligé de relancer la planche à billet. Théoriquement, l’euro empêche cela. Contrairement à d’autres raisons parfois évoquées, voilà un beau défi posé à la monnaie unique : pourra-t-on sortir des dogmes et trouver des solutions innovantes à cette vaste crise économique ?

Pour le moment, cher lecteur, je ne vois pas venir grand-chose…

samedi 7 février 2009

Salaires, salaires et salaires

Je me pose quelques questions en ce samedi nuageux avant de commencer la descente de bières et autres aides à la décontraction...
Barack Obama gagne 400.000$ par an, il a décidé de plafonner les salaires des dirigeant d'établissements bancaires ayant reçu une aide de l'État à 500.000$ par an.
N'est-il pas étonnant que l'homme le plus puissant du pays, théoriquement ne soit pas en haut de l'échelle des rémunérations?
Je m'étais dit la même chose concernant le salaire des entraineurs de foot, devant se faire respecter par des gosses gagnant 5X plus qu'eux.
Je ne suis pas arrêté sur ce point, mais je pense que la personne qui dirige le pays, qui prend les risques, qui est en première ligne des foudres de la critique par les décisions qu'il prend et qui auront des répercussions sur tout le monde, devrait avoir un salaire parmi les plus haut.
Bien sûr, je ne souhaite pas un nivellement par le haut, ceux qui commencent à me connaitre sauront que je préférerais un nivellement par le bas, ou plutôt dans le cas de la France, par le milieu.
Entre les 240.000 € du président français et les millions des dirigeants de la Caisse d'épargne ou de la Banque populaire, on peut trouver un juste milieu...
C'est Aurélien qui a éveillé en moi ce soudain besoin de m'exprimer sur ce sujet.

Allez pour faire plaisir à Fabrice, un petit lien vers l'humanité pour les salaires de 2007 des dirigeants des banques françaises...