- Le travail est une charge lourde pour tous les individus et il faut au moins l'empêcher de s'accroître et au mieux le faire encore plus diminuer. Cette position prédomine depuis le milieu du XIXe siècle dans les politiques menées, sauf à quelques rares moments comme en 1938 par exemple.
- le travail est un moment formidable d'épanouissement personnel, et en plus, plus on travaille et plus on est riche.
Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
mercredi 5 janvier 2011
Posons la question aux citoyens : travailler plus, rester dans la situation actuelle ou travailler moins ?
dimanche 8 novembre 2009
Megan Fox, victime de qui ?

Si on l'analyse un peu, on ne peut que constater que les publicitaires ont voulu affirmer l'intérêt, indéniable par ailleurs, de la plastique de Megan Fox. L'actrice se retrouve en position suggestive (une mini-jupe très courte et des jambes en position sharon-stonienne), avec une vue directe sur son décolleté. Un filet de sang coule de ses lèvres (mais est-ce bien du sang ?), évoquant le côté gore du film, qu'on ne remarquera pas vraiment sinon, à part la main du cadavre dans le coin en bas à droite de l'affiche. Certes, l'affiche suggère un côté sexy prononcé, mais révèle surtout que, vu les efforts pour mettre en valeur Megan Fox, le scénario ne doit pas casser des briques…
Et puis, ce n'est pas la première fois que les murs de Paris se couvrent d'affiches suggestives. En fait, les publicitaires n'usent plus que de cette arme, pour nous vendre voitures, films, voyages, assurances ou pots de yaourt. Il est parfois difficile de saisir le lien entre la belle jeune femme (souvent très maigre d'ailleurs) et le produit vendu : il faut croire que les contrats d'assurance-vie provoquent, chez certains, de violentes poussées hormonales lorsqu'ils sont présentés par un mannequin de 18 ans pesant moins de 45 kg.
Or, très rapidement, Megan Fox a été attaquée, et vigoureusement. Cela a commencé par des crachats, puis des atteintes directes à l'affiche elle-même, comme des coups de canif ou de cutter, voire des déchirures. Au début, j'ai pensé, assez logiquement, à des féministes faisant démonstration de leurs convictions sur l'usage nauséabond du corps de la femme sur les murs parisiens. Et puis, finalement, non.
Les injures sont apparues et couvrent maintenant Megan Fox. Elles sont généralement de très haute volée : « bitch », « chaudasse », « salope », « cochonne », « femme impure », « pétasse », le tout ponctué de moult points d'exclamation… On peut éventuellement admettre que les féministes sont vicieuses dans leur lutte contre la domination masculine, mais on a du mal à les imaginer utiliser ce vocabulaire.
Alors, qui ? Sans doute des représentants de l'ordre moral, des coincés, des religieux divers et variés, quelques détraqués, en tout cas très souvent dysorthographiques, le « chodasse » voire le « chôdace » étant plus fréquent que le « chaudasse »…
Une question me taraude pourtant davantage : pourquoi cette affiche-là ? Je m'étais dit que la campagne Dolce & Gabbana, qui a duré plusieurs semaines, avec des mannequins d'il y a 10 ans nues, susciteraient des réactions de ce genre, et pourtant, non… Aucune insulte, aucun tag et quasiment pas de crachat, alors que les trois mannequins se trouvent nues avec des mannequins masculins.
Si, cher lecteur, tu es une de ces personnes qui a été choquée par cette affiche de film de série B, j'aimerais bien que tu m'expliques pourquoi cette campagne-là t'a davantage atteinte que les autres. J'aimerais bien comprendre, car il ne me semble pas que dans la flopée d'affiches débiles qui couvrent les murs de nos villes, Megan Fox et sa plastique n'aient été plus provocantes que bien d'autres posters du même genre…
mercredi 21 octobre 2009
De l’efficacité de parler de Jean Sarkozy pour attaquer le chef de l’Etat.
Comme à chaque fois depuis que Sarkozy est au pouvoir, le président ne se démonte pas, et ses fans contre-attaquent. Il faut dire qu'ils surfent sur une situation déjà bien ancrée. En France, la reproduction sociale est instituée dans le fonctionnement même de l'Etat, des services publics et des entreprises. Le fait que le chef de l'État déclare, lors de son discours sur la réforme du lycée, qu'en France, on réussit maintenant par son mérite, ne dupe personne. Progressivement, les noms de personnalités d'autres bords politiques ayant bénéficié de faveurs commencent à sortir. Aujourd'hui, c'est la fille de José Bové qui en est victime.
Sarkozy est le cas typique d'une reproduction sociale très efficace dans notre pays. Certes, des personnalités parviennent parfois à s'intégrer dans le système, comme David Douillet récemment, mais dans la très grande majorité des cas, le fait d'être « fils à papa » est une nécessité dans ce pays pour espérer être intégré à l'élite.
Le fait que le chef de l'État mette en œuvre ces principes aussi ouvertement choque, et c'est normal. Cependant, ce n'est pas en insistant uniquement sur les traits de personnalité du caractère du président que l'on pourra le battre. Des chefs d'Etat butés, colériques, fiers, notre planète en a connu de nombreux qui ont été capables de se maintenir au pouvoir. Des chefs d'État favorisant leurs familles, la France n'a connu que cela.
Pour battre Sarkozy, il faudra certes mettre en valeur sa personnalité, mais uniquement les aspects qui remettent réellement en cause sa mission de chef de l'État. Pour le reste, il faudra plutôt se diriger vers les résultats de sa politique : dégradation des services publics, creusement des inégalités sociales, prise de contrôle progressive des médias, politique internationale hasardeuse…
Car franchement, cher lecteur, soyons franc : si la politique de Sarkozy avait du succès et que le président culminait dans les sondages, cette élection de Jean Sarkozy serait passée comme une lettre à la Poste. Cette polémique ne fait qu'illustrer l'impopularité du président.
Elle est un signe, mais elle n'est pas un moyen. Pour battre Sarkozy et l'UMP en 2012, il faudra se positionner sur le terrain politique, et pas ailleurs.
Au travail, camarades !
mardi 7 juillet 2009
Être de gauche, c’est être anti- ?
Dans le raisonnement du camarade, on retrouve l'habituelle antienne, appliquée ici à l'extrême-gauche, sur le fait que la gauche française passe son temps à s'opposer bêtement à la droite au pouvoir. Authueil étant trop fin pour cela, il n'emploie pas les termes d'« anti-sarkozysme primaire », mais je sais que cette notion traîne souvent dans la blogosphère de droite et dans les médias de la même droite (voir les articles réguliers du Figaro). A chaque fois, j'admets que je suis très troublé devant cette accusation. Je me souviens que, sous la présidence de François Mitterrand, les militants de droite menaient de très violentes attaques contre la personne du président, pourtant moins impopulaire que l'actuel. A l'époque, on n'employa pas le terme d'« anti-mitterrandisme primaire ». On ne peut pas, lorsqu'on est dans l'opposition, ignorer la personne du chef de l'État. Nicolas Sarkozy doit être critiqué, autant sur sa personne (qu'il met suffisamment en avant par ailleurs) que sur ses actes et ses idées politiques. L'anti-sarkozysme n'est bien qu'un argument rhétorique visant à discréditer les opposants.
Dans ce même billet, Authueil tente de trouver quelques axes pouvant permettre de définir un programme de gauche renouvelé. Je te livre ici le passage :
Etre de Gauche aujourd'hui, c'est quoi ? Il y a au moins un fondement qui n'est guère contestable, c'est le refus d'une société dirigée uniquement par l'économique, où on vit pour travailler au lieu de travailler (éventuellement) pour vivre. C'est le refus du travailler plus pour gagner plus, parce que gagner plus, c'est pas forcement ce qu'on demande car on recherche davantage le "mieux" que le "plus". C'est le refus de cette société de consommation où le citoyen de base est pris pour un con plus souvent qu'à son tour, que ce soit comme électeur, comme consommateur ou comme salarié. Je pense que tous ceux qui se revendiquent de gauche peuvent signer ça.
Bizarrement, l'auteur définit tous les fondements de sa gauche renouvelée en commençant par le mot « refus ». Alors que la droite reproche à la gauche d'être sans arrêt dans l'opposition primaire, voilà qu'un blogueur de droite prend toute la pensée de gauche par le négatif.
Rien d'étonnant cependant. Étant baigné dans la culture politique de gauche, je n'aurais pas fait autrement si j'essayais de refonder la droite. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'adversaire politique est naturellement défini par des termes plutôt négatifs, vu qu'on le différencie de soi. Comme le moi est positif, l'autre est négatif. S'il ne l'était pas, il n'y aurait pas de raison de s'opposer à lui et de vouloir gouverner à sa place.
Etant de gauche, je vais aider Samuel. Je ne crois pas que la gauche naît dans le refus mais dans la volonté de progrès et dans l'amélioration des conditions de vie de l'ensemble de la population. Aussi, si je reformulais le paragraphe précédent, je dirais :
Être de Gauche aujourd'hui, c'est quoi ? Il y a au moins un fondement qui n'est guère contestable, c'est la volonté de développer une société où l'économique vise au progrès collectif. C'est une société où l'on travaille parce qu'on veut une vie agréable et paisible, et où le gain financier n'est pas la priorité de tous, surtout au prix d'une vie médiocre. C'est le rêve d'une société démocratique dans laquelle le citoyen reprendrait en main le jeu politique, et dans laquelle le consommateur passerait au second plan. Je pense que tous ceux qui se revendiquent de gauche peuvent signer ça.
Bon, évidemment, il reste du refus, mais je ne vois pas comment faire autrement. Dans un texte de droite, on en trouverait aussi, histoire de clarifier l'offre politique.
Tiens, d'ailleurs, c'est bizarre : Authueil définit la gauche comme souhaitant un monde non dominé par l'économie. C'est pourtant par l'économie que Marx espérait transformer le monde, mais je ne sais pas à quelle gauche le co-organisateur de la RDB s'adresse effectivement…
mardi 7 avril 2009
Le déclin de l'Empire occidental
J'ai lu dans un billet de je ne sais plus quel blog, que la civilisation occidentale connaissait un déclin de sa puissance...
Je vous informe dès à présent que je ne suis pas du tout du même bord politique ou idéologique que ce blog.
Mais je dois bien me rendre à l'évidence que la civilisation occidentale pourrait bien en connaitre un , de déclin...
Vous vous interrogez peut-être d'où sort cette drôle d'expression, civilisation occidentale, ben moi aussi; mais je suppose que l'auteur pensait aux sociétés d'Europe de l'ouest et d'Amérique de nord.
Oui, dans un certain sens, il y a un déclin, en gros, les populations "occidentales" sont moins à l'aise financièrement qu'il y a 20 ans, se réfugient dans des médias abrutissants et débilisants; nos sociétés continuent à sucer la moelle d'une planète qui perd patience et comble de l'ironie, nos sociétés dirigent le monde. Et ça ne date pas d'hier...
Nous avons inventé et mis en place le système financier qui régit le monde, nous sommes les plus riches, nous avons dominé à outrance les autres habitants de la planète avant qu'ils ne reprennent du poil de la bête.
Nous décidons depuis des lustres du chemin à prendre, et apparemment on devrait peut-être se poser des questions à ce sujet.
Dire que c'est la faute aux peuplades non-occidentales me parait un peu fort quand même...
On les colonise, on leur impose des chefs pas très sympathiques, on met en place un échange commercial bilatéral "assez" partial. On les suce.
Certains se révoltent depuis peu et tentent de nous tenir tête, alors nous lâchons du lest, mais le système reste le même.
Ça gueule de plus en plus fort, mais l'occident continue à vouloir exercer son éternelle domination du monde.
Bref, je m'éloigne un peu, mais , si l'occident décline, il ne peut s'en prendre qu'à lui même.
En fait la révolte des petits se montre sous des formes inattendues, on attendait la guerre, on a le terrorisme, on a l'émergence de grandes puissances économiques, on a parfois un chemin politique qui part un plus vers la gauche.
Cela me parait logique, chacun son chemin. Le terrorisme n'est pas un chemin que j'affectionne particulièrement, mais pour ce qui est de l'économie et la politique, c'est tout ce qu'il y a a de plus normal.
Ces nouvelles puissances ont modifié nos règles du jeu, et ça marche plutôt pas mal pour elles.
Mais nous en Europe et en Amérique du nord, nous ne bougeons pas, en fait si, nous bougeons encore plus vite, mais dans la même direction.
Mais les temps changent, et maintenant les victimes de notre système ne sont plus uniquement les "autres", mais nos propres citoyens, notre système nous nuit à nous maintenant.
Une remise en cause du tout par la consommation, de la croissance, est-elle possible?
Dur dur, quand les décideurs sont ceux qui profitent de la situation actuelle.
A quelle distance faut-il être près du mur pour s'apercevoir que c'est un mur?
D'autant plus important quand on a le pied sur le champignon...
Nos dirigeants peuvent-ils se mettre à table et nous pondre un G20 ou un G30 un peu plus global et osé, novateur que les derniers?
Je ne crois pas.
Le dernier n'est pas trop mal, c'est peut-être le mieux que l'on puisse espérer.
Je ne veux pas de révolution, pas de fusil chez moi!
Je veux une réflexion réelle sur le chemin que nous prenons, que l'on prenne en compte les intérêts de tous.
Le monde actuel est insupportable de déséquilibre voulu et organisé.
Je change de sujet, Criticus a effacé son dernier billet pourtant très drôle et il s'est barré de son nouveau réseau créé par lui...
Mais c'est qui leur chef maintenant?
Didier...
samedi 14 mars 2009
Travailleurs, restons fiers de notre travail !
L’exemple a frappé, bien plus encore que celui de l’affaire Total. En effet, les salariés de cette entreprise avaient accepté de remettre en cause leurs droits (35 heures et RTT) pour travailler 40 heures payées pareilles que 35 heures, dans le but de sauver leurs emplois. Les médias se sont gaussés, dans ce contexte de crise, de l’échec de cette stratégie : les salariés perdent leurs emplois comme avant, et sans aucun avantage gagné.
Pour moi, les salariés de Continental ont été victimes aussi d’une dégradation permanente menée par l’ensemble des corps médiatiques et élitistes, de la valeur du travail.
Quel était le discours de Continental ? "Globalement, votre travail est sans valeur réelle. Un ouvrier chinois ferait la même chose, et il travaillerait 20 heures de plus par semaine, sans nous ennuyer avec vos demandes permanentes car au moins, eux, ils n’ont pas de syndicats. Or, nous sommes bien gentils, nous avons une éthique, et nous vous proposons de conserver vos emplois en échange d’une remise en cause de vos droits qui préservera nos profits."
En soi, le deal a pu sembler séduisant à nos ouvriers de l’Oise, d’autant plus que les emplois industriels disparaissent depuis le début des années 1980. Cependant, au final, quel résultat ? Ils ont travaillé deux ans de plus à 40 heures, et maintenant, ils sont virés. Lorsque l’activité repartira, si Continental existe toujours, ouvrira sans doute un belle usine en Europe de l’Est ou en Chine, exploitant pour moins cher les ouvriers locaux.
Cette situation vient du fait que les personnes ayant des emplois peu valorisés par la société ont perdu toute fierté dans leur travail, et toute confiance en elles-mêmes. S’estimant encore chanceux d’avoir un travail, et voulant tout faire pour le conserver, ils étaient prêts à accepter beaucoup. Ce manque de fierté des travailleurs du bas de l’échelle, je le vois tous les jours dans les classes. De nombreux parents s’estiment totalement dévalorisées, et espèrent que leurs enfants seront médecins. Devant l’échec de leurs gosses, ils sont dans une honte terrible, pensant que leur enfant fera le même travail infâme qu’eux. Pourtant, sans tous ces boulots, comment notre société fonctionnerait-elle ? On ne peut pas faire tourner une société développée comme la nôtre avec des employés des services, des cadres et des fonctionnaires. Contrairement à ce qu’on nous dit souvent, nous sommes toujours dans une société industrielle, même si l'industrie ne ressemble plus à celle des années 1950.
Ce qui a changé, c’est simplement la localisation de nos industries employant des ouvriers peu qualifiés : maintenant, notre appareil productif est en Chine, où la merveilleuse société socialiste chinoise aide nos capitalistes occidentaux à maximiser leurs profits. Je ne vais pas blâmer Continental ni aucune autre entreprise de faire ces choix. Contrairement à d’autres, je trouve que cette situation est cohérente. Les entreprises capitalistes servent à dégager du profit pour des actionnaires, et les responsables sont ceux qui nous ont fait croire qu’une boite pouvait avoir une éthique autre que celle-là.
Le problème se localise plutôt au plan politique : ce sont nos gouvernements qui ont mis en place cet écrasement des plus faibles et des plus pauvres ici, et cette exploitation des encore plus pauvres là-bas. Ce sont nos hommes politiques qui ont choisi de ne plus agir de manière trop forte sur l'économie. Ce sont nos dirigeants qui préfèrent agiter la menace de l'immigré, du musulman ou de l'ouvrier chinois que d'assumer leurs responsabilités.
Ce processus touche même les classes moyennes. Je le vis tous les jours dans l’enseignement, où la dévalorisation permanente menée par les pouvoirs sur notre travail touche les collègues et finit par nous faire accepter beaucoup de choses, et encore avons-nous la protection de l'emploi qui nous permet de résister un peu. Cette crise devrait nous permettre de revenir là-dessus et de reprendre conscience que le politique reste au centre des choses.
Je sais qu’il est très difficile, dans un monde où tout le monde vous dit le contraire, d’être fier de son travail, mais je reste assez persuadé que c’est en étant fier de soi et de son ouvrage, quel qu’il soit, qu’on en arrive à la conscience sociale et à l’engagement dans des luttes. Le capitalisme est devenu plus libre parce que les plus faibles et les classes moyennes ont perdu leur fierté d’eux-mêmes et de leur utilité sociale. Le travail de reconquête doit commencer là.
Ah, si seulement, à gauche, on s’en rendait un peu compte…
jeudi 19 février 2009
Jeunesse israélienne
Le sujet est très vaste, et je ne suis pas un analyste sociologique, je vais donc décrire ce que je sais de ce que je connais.
Je connais Israël, je connais le pays, je connais les gens, je connais la langue.
Tout d'abord j'aimerais revenir sur le fait que c'est un patchwork de familles venues de pays totalement différents, de cultures, de langues, de mentalités parfois totalement antagonistes. En vrac, Irakiens, Turcs, Marocains, Tunisiens, Algériens, Russes, Polonais, Yéménites, Égyptiens, Géorgiens, Éthiopiens, et j'en oublie sûrement.
Toutes ces familles, venues des quatre coins du continent s'intégrant à un jeune pays, devant apprendre la langue et s'habituer les unes aux autres.
Il existe des tensions, principalement entre Séfarades et Russes, arrivés après la chute du bloc soviétique.
Ce n'est pas la jeunesse, j'en conviens, mais je voulais rappeler ce point de détail qui a son importance.
Je vais maintenant vous décrire mon expérience de la jeunesse de ce pays.
On va parler de voyages, de l'armée, de fêtes, de musique.
J'ai été de nombreuses fois en Israël, mais c'est à l'étranger que j'ai pu me glisser dans leur communauté, étant accepté comme l'un des leurs, du fait de ma pratique de l'hébreu.
La première chose marquante est le nombre d'Israéliens de moins de 30 ans éparpillés aux quatre coins du monde avec leur sac à dos et leurs combines.
Que vous alliez en Inde, Asie du sud-est, Japon, Australie, Amérique latine et du Nord, vous ne pourrez les rater. On a même tendance à se plaindre d'eux, ils sont souvent en groupe, et sont bruyants, et on tombe régulièrement sur des petits cons. J'explique ce pourcentage de petits cons dans des coins inattendus, par le fait qu'ils sont tellement nombreux à partir après l'armée, que fatalement leurs "zivas" sont également de la partie, et on les retrouve en Thaïlande ou en Inde, dans les coins touristiques.
Mais vous avez les autres, parfois hippies, voyageant souvent pendant plus d'un an, travaillant à droite à gauche, et s'installant même dans certains pays, comme le Japon.
Ils aiment la fête, vivent à 200 à l'heure.
Je ne peux pas penser autrement que le fait que cette génération des 20 - 35 ans qui a bourlingué dans le monde pour oublier l'armée, pour finalement revenir s'installer dans leur pays tant adoré ait une sensibilité, une compréhension de l'autre plus développée que celle de leurs parents. Quand on voyage, que l'on ouvre les yeux sur le monde, que l'on se mélange avec ce monde, on s'humanise, on sort de cette vision manichéenne que provoque la vie dans un pays en guerre.
J'ai souvent parlé de l'armée avec mes amis de voyage, j'en connais qui étaient Golanis, d'autres qui étaient à Jenine, d'autres au sud Liban ou à Gaza, et je vous assure que ce ne sont pas les soldats sans merci décris dans nos journaux. L'armée est une passage rituel "normal" dans la vie d'un Israélien, c'est l'étape finale avant de devenir adulte, on passe le bac et on fait l'armée, pas d'alternative.
De ce que j'en sais, les jeunes soldats sont très bien encadrés, très étroitement surveillés sur le plan psychologique, le pays se doit d'avoir une armée saine et les jeunes soldats sont aimés, et remerciés. Les gens savent que sans Tsahal, il n'auraient plus de pays. Si Tsahal est aujourd'hui diabolisée, il ne faut pas oublier les quelques guerres régulières que Tsahal a su gagner.
Le cheminement est donc assez simple, on fait l'armée de 18 à 21 ans (20 ans pour les femmes) et on part voyager plus ou moins longtemps avant de revenir, même si certains ne reviennent pas.
Il y a un autre point sur lequel je voudrais insister, c'est l'amour implacable qu'ils vouent à leur patrie. Je suis français, j'ai vécu en Allemagne et au Japon, mais je n'ai jamais vu ça chez qui que ce soit.
Ils ont un attachement quasi-charnel avec Israël, d'ailleurs le terme le plus employé pour nommer leur pays c'est "Haaretz" (comme le quotidien), qu'on pourrait traduire par "le pays". On retourne "au pays", on ne retourne pas en Israël, mais au pays, il n'y a qu'un pays.
Cet attachement viscéral à leur pays, la peur perpétuelle de le perdre, et là je parle de toutes les générations confondues, provoque des réactions démesurées, décriées de ce côté de la Méditerranée. 4ème armée du monde ou non, ils ont vraiment peur de se retrouver sans terre, et la peur a toujours été un facteur de violence. Je pense que si on veut comprendre l'Israélien il faut comprendre ce sentiment de peur. Celui ci n'excuse rien, mais il explique.
Je termine par la fête. Allez faire un tour à Tel-Aviv, et vous vous retrouverez dans une ville jeune, dynamique qui ne connait pas de temps mort.
La mort ou la fête, j'ai l'impression que c'était le leitmotiv des années 90, la drogue, le sexe, tout va vite, c'est l'endroit rêvé pour quelqu'un qui aime aller trop loin.
Mais il n'y a pas qu'en Israël, au Japon, les meilleures fêtes trance sont organisées par des israéliens, idem en Thaïlande ou à Goa (Inde), je ne connais pas l'Amérique latine, mais j'imagine que c'est la même chose.
Partout où ils vont, c'est musique et danse.
Je ne vous cache pas que j'adore ça...
samedi 31 janvier 2009
Ca ne va pas, et maintenant?
Je n'aime pas l'appellation "grève", je ne pense pas que le but de cette journée était la négociation de quoi ce soit, c'était plutôt l'expression de l'inquiétude et surtout de l'incompréhension des gens face à cette situation de crise et des mesures prises pour sauver ce qui peut l'être. Je pense d'ailleurs que cette manifestation aurait pu se dérouler un dimanche, car le but était moins le blocage que le coup de gueule et un coup de gueule le dimanche aurait rassemblé encore plus de monde.
Je ne vais pas revenir trop longuement sur les milliards que nous n'avions pas mais qui sont apparus soudainement pour sauver les banques. L'argent a été emprunté, puis prêté aux banques avec quand même 8% d'intérêts, la masse ne comprend pas, moi j'ai un peu de mal, mais soit.
J'ai vraiment l'impression que les français, qui ne sont pas les plus mal lotis en ce moment, rejettent le modèle de société libérale capitaliste dans lequel ils vivent.
La France est un pays de gauche, mais la France a quasiment toujours voté à droite depuis De Gaulle, il y a là une contradiction que je n'explique pas autrement qu'en pointant du doigt l'extraordinaire faiblesse du Parti Socialiste français. Il mène des politiques de droite, il n'inspire pas confiance, il propose Ségolène Royal, ce sont des fautes professionnelles.
La France a eu Léon Blum, elle a Royal et Aubry aujourd'hui, c'est ahurissant, et c'est Sarkozy qui est élu.
Je ne dis pas que nous devons abandonner notre système, mondialisation oblige, nous ne pouvons pas faire bande à part sans risquer de nous retrouver isolés.
Par contre une question me taraude... En France, un travailleur a du mal à survivre dans de nombreux cas, par contre le capital prospère. Ayez du fric, ça ira, mais si vous bossez, vous foncez dans le mur, quoi qu'en dise notre Empereur, c'est comme ça, vivez donc avec un smic en Ile de France!
J'aimerais simplement savoir s'il est possible de libéraliser le travail, alléger les charges patronales tout en ponctionnant le capital.
Ça parait simplet, mais mon rêve c'est ça, libéralisation du travail et socialisation du capital.
Je pense que cela reste utopique, si la France taxe le capital, le capital ira ailleurs, mais on me donnera peut-être quelques explications...
En tout cas les français ont montré leur mécontentement, et un français mécontent peut se montrer dangereux, il va donc falloir que Sarkozy réagisse.
Ensuite, il serait judicieux que le français se réveille, on ne peut pas continuer à alterner élection de la droite et grèves pour contester sa politique, soyons logiques!
mercredi 28 janvier 2009
Pour réduire le déficit public, sabrons les budgets du planning familial.
Certes, on sait que les finances publiques ne sont pas en grande forme et on peut ne pas s’étonner de ces réductions. Pourtant, quand on regarde les chiffres, on tique : le financement est passé de 2,6 à 2,1 millions d’euros, soit une diminution de 500 000 € cette année. Franchement, dans le vaste déficit public, cette somme apparaît comme une gouttelette dans la mer.
Le planning familial est une institution fondée en 1956 qui a lutté depuis pour permettre aux femmes de prendre le contrôle de leurs vies et avoir la possibilité de choisir leur moment pour faire un enfant. Cette association a participé largement à l’obtention du droit à la contraception (1967) et du droit à l’avortement (1975). Souvent, le MPF s’est retrouvé en opposition avec la droite de l’époque sur ces questions de société, mais on pouvait penser que le conflit était clos depuis un moment.
Apparemment, il n’en est rien. On pourrait supposer qu’il s’agit d’une volonté de relancer la natalité. Si c’est le cas, je crois que le gouvernement fait fausse route. La France a déjà le deuxième taux de fécondité des pays développés. Cette croissance démographique exceptionnelle (seule la très catholique Irlande fait mieux que nous) s’appuie à la fois sur la réduction régulière du temps de travail, sur l’action des CAF, sur l’existence des congés parentaux et sur l’important réseau de crèches qui permet aux femmes de ne pas complètement abandonner leurs carrières professionnelles. Cette originalité française est tellement ancrée dans nos mentalités que même le Conseil d’Orientation sur les Retraites (COR) vient de proposer de prendre en compte dans les annuités les années de maternité et les congés parentaux. La France agit donc, sur ce point, par l’incitation, et je trouve que c’est très positif, car respectueux des choix de chaque femme et de chaque homme.
Cette mesure doit donc largement être inspirée par des visions politiciennes. La droite réac en profite pour rabaisser cette institution dont l’efficacité a pourtant été démontrée largement.
Parfois, on aimerait que la politique prenne un peu moins le pas…
mardi 27 janvier 2009
Une petite grève avant d'aller bosser?
Une belle grève, pas une grève de fonctionnaires pour fonctionnaires, non, une grève de tous contre la situation de plus en plus précaire de notre société.
Apparemment, 69% des français soutiennent cette grève... Moi je soutiens que la situation est pourrie et qu'il faut faire quelque chose, mais une grève?
A l'instar de Rubin, pour d'autres raisons, je ne vois pas en quoi le fait d'arrêter de bosser pour montrer son mécontentement va améliorer une situation, qui se dégradera de toute façon.
Ou est-ce peut-être le début d'une révolution?
Veut-on changer de système économique, foutre en l'air le capitalisme libéral et mettre en place un système de partage, d'égalité?
Je ne crois pas, les seuls capables de soutenir une grève longue sont toujours les mêmes, ceux qui ne peuvent pas se faire virer, et au bout du compte on arrive toujours au même résultat, négociation entre syndicats et patronat pour préserver ou octroyer certains privilèges à cette catégorie de travailleurs.
Ne vous méprenez pas, je ne tiens pas le discours habituel de la droite visant à diviser le pays entre privilégiés et non privilégiés, je suis pour le changement, le système actuel ne me convient pas.
Mais si l'on parle de grève, j'aimerais un jour que ceux qui mènent une grève de grande ampleur, ceux qui la mènent à chaque fois, et bien j'aimerais qu'ils aient des revendications nationales, générales, qu'il aident à amorcer un changement radical de la société, auquel cas ils seront peut-être soutenus par les toujours dindons de la farce, ceux qui vont au boulot en stop ou à pied.
Faites grève, revendiquez au nom de tous et ne vous écrasez pas dès que l'on vous aura donné ce que vous voulez.