- convoquer un référendum,
- dissoudre l'Assemblée nationale et faire une élection.
Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
dimanche 24 octobre 2010
Tirons une leçon du mouvement contre la réforme des retraites.
mercredi 20 octobre 2010
Un progrès facteur de régression.
mercredi 30 juin 2010
Les fonctionnaires, ces fainéants, partent en retraite à 55 ans.
Enfin, ce n'est pas le sujet. Dans ce restaurant, nous avons stationné un long moment. Tu connais les repas de famille, cher lecteur. On s'y installe, on mange, et on papote, et puis on mange et on mange encore. Le pastrami n'étant pas une nourriture légère, j'ai progressivement commencé à somnoler et à délaisser les discussions familiales, mais j'ai été réveillé par le couple voisin.
Ils s'étaient installés là bien après nous. Ils ont commencé par une longue discussion sur leurs emprunts immobiliers, m'indiquant ainsi un niveau de revenus bien supérieur aux miens. La jeune femme, en particulier, se plaignait de ses difficultés à trouver un logement à Paris alors qu'elle disposait de 500 000 € de capacité d'investissement...
Après quelques nouvelles minutes de somnolence, je suis brutalement réveillé par un débat sur les retraites. Ah, dès qu'on tend l'oreille, on entend vraiment n'importe quoi. Nous étions quelques jours après cette grève très suivie du 24 juin, et les deux tourtereaux commencèrent à dire qu'ils étaient, eux, vraiment privilégiés et que leurs situations leur permettaient de ne pas s'en faire pour l'avenir. Je recommençais alors à divaguer en me disant qu'on ne pouvait pas vraiment être sûr de l'avenir et qu'il fallait être bien confiant pour se voir déjà à 67 ans quand on en a à l'évidence pas plus de 25.
Mais le jeune homme m'a ramené dedans, car il était passé maintenant à l'attaque contre les fonctionnaires. Je te restitue sa phrase : "oui, mais les fonctionnaires, ils abusent quand même, parce qu'ils partent à 55 ans à taux plein et ils trouvent encore le moyen de se plaindre en plus."
Ah, enfin, les vieux privilèges des fonctionnaires ressortaient. C'est marrant, parce que je m'étais amusé (si on peut dire), à estimer ma situation sur ce plan avec le projet gouvernemental. En clair, si je veux partir à taux plein et dans les meilleures conditions, je devrais attendre 67 ou 68 ans, en fonction des scénarios, sauf si le gouvernement maintient l'obligation de départ des fonctionnaires à 65 ans à taux plein, ce qu'il fera sans doute puisqu'il nous aura remplacé d'ici là par des profs en CDI, et il voudra se débarrasser de nous au plus vite. Donc, dans le meilleur des cas, je partirai à 65 ans.
Il y a bien eu, dans le passé, des personnes travaillant pour des EPIC et partant dès 55 ans, mais il faut bien comprendre qu'il s'agissait de plans mis en place par l'État pour se débarrasser de salariés rapidement. Il y a tout de même des fonctionnaires qui partent tôt, mais ce sont des catégories C, payés très mal, qui effectuent des tâches de niveau de qualification 5 ou 4 et qui ont donc commencé à travailler tôt. Tiens, dans mon lycée, une femme de ménage vient de partir à 58 ans, mais après avoir travaillé 39 ans et avec des annuités de moins pour cause d'enfants.
J'ai eu une furieuse envie d'intervenir et de parler avec ce couple et de leur expliquer qu'ils disaient une connerie. Cependant, j'ai hésité puis j'ai abandonné, estimant que je n'aimerai pas qu'on m'interrompe lorsque je suis à table avec ma femme pour m'expliquer que je dis une connerie. Je ne sais pas, cher lecteur, si tu l'aurais fait. Est-ce convenable ?
En attendant, les idées fausses continuent de circuler dans la population sur les retraites. Merci aux médias.
dimanche 9 mai 2010
"De toute façon, nous, les Français, avons trop profité."
Alors que nous stationnions près d'un stand, j'avisais deux hommes qui étaient en train de deviser à la terrasse d'un café sur le problème des retraites. C'était surprenant, cher lecteur, d'entendre ainsi des individus parler d'un thème pareil un dimanche après-midi pendant une brocante. Les deux suspects étaient semble-t-il eux-mêmes suffisamment âgés pour profiter eux-mêmes de ce repos bien mérité. Intrigué, je tendais donc l'oreille en espérant saisir une conversation de haute-volée, et là, j'entendis cette phrase :
"De toute façon, nous, les Français, avons trop profité."Essayant de saisir le contexte, je compris que les deux septuagénaires (ce n'est qu'une supposition) comparaient nos retraites à celles des Grecs et suggéraient que nous serions bientôt au même régime.
Au-delà de l'aspect politique des choses, c'est le terme "profité" qui m'intéresse le plus. Je suis toujours curieux des personnes qui mettent de la morale en politique. En effet, le fait de dire que les citoyens profitent insinue que ce que nous faisons est illégitime, car il n'est pas bon qu'un homme parte trop tôt en retraite, car c'est au travail que nous sommes heureux. De fait, le régime de retraites dont nous bénéficions serait donc carrément immoral.
Or, la politique n'a que faire de la morale. Le débat sur les retraites se pose sur deux axes :
1) Qu'est-ce veulent nos concitoyens ?
2) Est-ce réalisable et comment ?
Le fait de dire que les Français ont trop profité va à l'encontre même de la logique démocratique. Si nous avons des retraites comme elles sont aujourd'hui, c'est que nos ancêtres, à un moment, ont soutenu la mise en place de ce système. Peut-être nos concitoyens ne le soutiennent plus aujourd'hui ? Peut-être estiment-ils qu'il faut travailler davantage ou moins ? Peut-être préféreraient-ils en finir avec la répartition et aller vers un autre système ? Toutes ces questions sont rationnelles et peuvent parfaitement être posées.
Encore faudrait-il que nos dirigeants souhaitent vraiment que nous puissions nous exprimer sur le sujet, mais, de ma petite mémoire politique, je n'ai pas souvenir qu'une seule campagne électorale se soit centrée sur ce thème. En 2007, ce sont la sécurité, le travail et le pouvoir d'achat qui étaient au-devant de la scène. Les retraites ne furent pas évoquées.
En démocratie, la morale n'a pas sa place. Personne n'a à me dire si je profite trop ou pas assez, car chaque citoyen a sa propre morale et estime lui-même ce que doit être sa vie. Par contre, je suis parfaitement prêt à me confronter démocratiquement aux autres et à faire triompher mon point de vue. Si je perds, je travaillerai comme la majorité l'aura décidé, et je respecterai le système, tout en continuant à prôner mes idées et mes valeurs.
J'espère en tout cas que mes deux vieux étaient prêts à s'appliquer cette vision à eux-mêmes, à leurs enfants et à leurs descendants. Si les Français ont trop profité, cela signifie donc que eux aussi, et j'espère qu'ils vont avoir l'honnêteté de reprendre rapidement le travail.
mercredi 13 janvier 2010
La réforme des retraites nous promet de belles empoignades.
Lors d'un récent sondage, les Français semblaient s'exprimer clairement concernant leur volonté sur leur futur retraite, en indiquant à 64% vouloir quitter le travail le plus tôt possible, soit en cotisant davantage, soit en baissant le niveau de pension. Voilà qui devrait convaincre ceux qui s'imaginent que les relations au travail sont merveilleuses en France qu'on en est très loin. Ce phénomène est sans doute accru par le chômage de longue durée, très important chez les plus de 57 ans.
Or, le Figaro a tenté de manipuler ce sondage en affirmant que les Français étaient prêts à un recul de l'âge du départ à la retraite (alors que seuls 34% des sondés s'expriment dans ce sens). Mardi, Xavier Darcos a commencé à dire que le gouvernement s'orientait plutôt vers un recul de l'âge légal de départ à la retraite. En clair, notre gouvernement, comme il le fait régulièrement et dans tous les domaines, se prépare à une réforme qui va remettre en cause des droits sans sauver le système pour autant. La seule annonce positive consisterait à inclure la pénibilité dans le calcul de la durée de cotisation, mais sans élément précis pour l'instant.
Il existe pourtant de nombreuses propositions sur la table concernant nos retraites. On pourrait d'abord se demander pourquoi on ne s'attaque toujours pas à la multiplicité des régimes existants pour les fondre en un seul, rendant à la fois le suivi des dossiers plus simple, rationalisant les coûts et surtout, mettant toutes les professions dans le même système solidaire.
D'autre part, d'autres systèmes sont proposés, comme le système de compte notionnel, avancé régulièrement à droite mais aussi par l'économiste Thomas Piketty à gauche, et appliqué actuellement en Scandinavie.
Enfin, si les Français sont prêts à une hausse de cotisation, pourquoi est-ce inacceptable à envisager ? Comme dans d'autres débats, il est évident que le mépris du citoyen domine encore. Il est dommage, si l'idée n'est pas pertinente, qu'on ne prenne la peine ni de dire pourquoi, ni même de le dire tout court.
Au moins peut-on espérer que les grandes difficultés des fonds privés de retraite dans certains pays occidentaux ne ramèneront pas les systèmes individualistes (et gérés par les assurances) sur la table des négociations...
mercredi 25 mars 2009
Imposer à la source : je m’y oppose mollement.
Pour comprendre la situation, il faut comparer les deux systèmes. Les pays qui appliquent l'imposition à la source prélèvent un pourcentage du salaire chaque mois, prélèvement effectué par l'employeur. A la fin de l'année, l'administration fiscale recalcule les revenus réels et régularise ensuite la situation. Mes connaissances au Canada et aux États-Unis m'ont souvent dit que l'État avait une tendance à prélever systématiquement davantage que la somme réellement due. En France, les revenus sont déclarés plusieurs mois après la fin de l'année civile, en mai, et les impôts sont payés durant l'année N+1 selon la déclaration précédente, soit en paiement mensualisé, soit en trois fois. Dans un cas, l'État perçoit donc l'impôt durant l'année de perceptions des revenus, et dans l'autre, l'État récupère la somme durant l'année suivante, mais vu le décalage d'une année sur l'autre, le résultat est le même.
Manuel nous indique que cette réforme permettrait de ramener dans les caisses de l'État de l'argent frais en pleine période de crise. Déjà, je ne peux que me poser en faux contre cette affirmation. Si on prélève cette année l'impôt de 2008, l'État va toucher un impôt sur des sommes d'une année durant laquelle la situation économique n'était pas encore trop grave, alors que les impôts de 2009 seront forcément plus faibles. De plus, comme Nicolas le souligne, il faudrait forcément faire une année blanche, car si on prélevait en même temps l'impôt de 2008 et celui de 2009, il risquerait d'y avoir bien plus que 2,5 millions de manifestants dans les rues.
Maintenant, pour regarder les bénéfices et avantages du système, je pense qu'il n'y en a quasiment pas, surtout si on est mensualisé. Pourtant, je voudrais faire une petite remarque de fond sur cette question. Actuellement, je touche mon revenu de 2009. Je sais que je vais devoir payer des impôts l'an prochain, mais je dispose maintenant de la somme, dont je peux faire ce que je veux : soit je la stocke dans un compte-épargne qui me permet le gain d'un minuscule intérêt, soit je peux éventuellement me servir de la somme en cas de coup dur, soit je peux la dépenser bêtement et me saigner les mois suivants pour payer mon impôt. En clair, je suis responsable et je gère ma comptabilité comme je l'entends.
Avec le système à la source, le résultat est le même au final, mais par contre, durant l'année en cours, je me retrouve immédiatement privé de sommes qui m'empêche de faire tout ce que je pouvais faire avec avant. Certes, je n'ai plus à me poser de questions sur ma gestion financière, et je récupérerai plus tard la somme que j'ai vraiment gagné, mais durant l'année, l'État a bloqué mes possibilités d'épargne, quand bien même elles sont ridicules.
Bon, je ne ferai pas une maladie si on changeait de système, mais je trouve qu'on a deux systèmes (un responsable et un moins responsabilisant pour le citoyen), que le second réduit nos possibilités d'action, et que cela me suffit à le refuser. Je préfère largement qu'on me retire la somme juste plutôt que de faire des avances qui ne me seront remboursés qu'un an après. Au moins, les choses sont claires. Comme Nicolas le disait à Rubin, on peut très bien réduire le délai de déclaration et régulariser plus vite la situation, mais là, c'est vraiment de la technique…
Il reste le risque sur la progressivité que Nicolas évoquait dans les commentaires du billet précédent. Là, je pense qu'il n'y a pas de réelle connexion. Rien n'empêche d'être progressif, ou de ne pas l'être, dans les deux systèmes.