Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
samedi 13 novembre 2010
L'étalon-or : inflation ou déflation ?
vendredi 10 septembre 2010
Note aux musulmans qui sont affligés par le traitement médiatique de l'affaire Terry Jones.
Comme de nombreux militants de la droite conservatrice voire réactionnaire, voilà donc, une nouvelle fois, une preuve de ce raccourci tellement facile entre islam et islamisme qui permet à de nombreux racistes de continuer à te pourrir la vie sans se dévoiler publiquement.
Cependant, depuis quelques heures, les islamistes ont, partout dans le monde musulman, lancé une véritable offensive médiatique pour te montrer à quel point l'Occident est raciste à ton égard et à quel point il se permet n'importe quoi, même de pratiquer un autodafé de ton livre sacré. Tu es séduit par ce discours car il touche tes sentiments et tes croyances profondes.
En plus, tu as pu constater, avec surprise, que les plus grands médias et les autorités américaines se sont mis à s'intéresser à ce soi-disant pasteur et à surréagir à sa bêtise. Tout le monde en a parlé en Occident, parvenant parfois à trouver normal que les lieux de culte musulmans soient repoussés hors de Manhattan.
Eh bien, cher lecteur musulman, j'aurais tendance à te dire deux choses :
Tout d'abord, ce pasteur pasteurisé n'intéresse personne, à part nos amis d'extrême-droite dont je te parlais plus haut. Même s'il se mettait à brûler des corans, cela n'aurait d'abord aucune importance réelle et une très large majorité des Occidentaux n'aurait aucune sympathie pour ce type de manifestation.
Ensuite, si tu te mets à suivre les islamistes dans leur idée d'un racisme général de l'Occident à ton égard, tu vas te mettre à cautionner un mouvement autant à l'extrême-droite que Terry Jones et tu vas passer dans un champ politique, lui, totalement condamnable
Aussi, je t'appelle à ne pas te laisser emporter, à garder ton calme et à simplement constater à quels points nos médias sont nuls sur ces questions.
Fondamentalement, Terry Jones et les islamistes mènent le même combat.
En attendait, je te souhaite une bonne fête en cette fin de ramadan.
lundi 16 novembre 2009
L’intervention militaire de l’OTAN en Afghanistan : de l’impérialisme ?
Mais est-ce une opération mal gérée ou de l'impérialisme ? Reprenons la définition donnée par les historiens de ce terme. Marc Ferro nous en donne la définition suivante :
L'impérialisme est une politique développée par un Etat qui cherche à conserver ou à étendre sa domination sur des territoires ou des peuples qui n'étaient pas sous son contrôle avant le lancement de ces politiques (je résume parce que la définition de Ferro est beaucoup plus longue).
Cela signifierait donc que l'OTAN tente d'imposer sa domination à l'Afghanistan, et que nous serions proche d'un système de type colonial dans ce pays.
A mon sens, on pourrait tout à fait répondre positivement à cette question. Si, au départ, l'intervention otanienne ne visait pas à soumettre l'Afghanistan mais simplement à retrouver des criminels et à détruire un régime dangereux, il y a bien longtemps que nous avons dépassé ce stade. Nos forces sont présentes depuis huit ans sur place et elles ne font pas que chercher Ben Laden. Ce pays regorge de richesses, permet à l'OTAN de surveiller Inde, Pakistan, Iran, Chine et Russie, est idéalement situé sur des routes pétrolières importantes. Ces facteurs pourraient nous inciter à rester.
Si nous nous enracinons, voire si nous renforçons nos troupes et continuons à soutenir un gouvernement pourri, le terme d'impérialisme sera une réalité. Ne nous faisons pas déborder et sachons ne pas retomber dans nos travers du XIXe siècle.
Reste une question : si nous partons maintenant, les talibans vont revenir. Absolument, mais nous devons assumer nos responsabilités. L'occupation et nos choix politiques ont rapproché les Afghans de leurs anciens oppresseurs. Cela devrait être une bonne leçon pour nos actions militaires à l'extérieur : la force n'a rien résolue dans ce cas, et risque même de nous enfoncer encore davantage dans nos difficultés.
mardi 27 octobre 2009
Les subprimes de retour.
lundi 28 septembre 2009
Le risque d’un bombardement de l’Iran par Israël.

Or, poursuivant sa fuite en avant, Téhéran a riposté en testant des missiles longue portée. Cet acte démontre que les dirigeants iraniens, coincés par des élections truquées, vont tenter de jouer la carte du nationalisme sur la population de leur pays, pour tenter de ressouder un peu les Iraniens derrière eux. On peut donc considérer que la recherche de l'arme nucléaire va rester l'une des priorités de Mahmoud Ahmadinejad. Ainsi, dans la région, en dehors de la Russie, on trouvera près de 4 puissances nucléaires : Israël, l'Iran, le Pakistan et l'Inde. Le Pakistan, du fait des troubles qu'il connaît, devrait déjà être une lourde inquiétude pour l'Occident. L'Iran ne fera qu'en rajouter encore.
Peut-on pourtant imaginer une action des nations occidentales au-delà des sanctions économiques ? Je n'en crois rien. Seuls les Américains ont la capacité militaire de mener une intervention brutale en Iran, comme un bombardement des centrales nucléaires iraniennes. Les nations européennes ne s'y risqueront pas, et je vois mal la Russie s'amuser à cela. Or, Barack Obama est déjà très critiqué sur son action en Irak et en Afghanistan. Prendrait-il maintenant prendre le risque d'un tel bombardement ?
Cependant, il reste une carte pour les pays occidentaux. Les Israéliens ont déjà indiqué qu'ils ne pourraient tolérer un Iran nucléaire. L'enjeu est important pour l'Etat hébreu : on se souvient des déclarations d'Ahmadinejad sur les juifs et on sait que l'Iran fournit largement en armes et en fonds financiers les mouvements radicaux palestiniens. De plus, Israël a déjà effectué un bombardement de centrale nucléaire : c'était à Osirak, en Irak, en juin 1981. On peut donc évoquer un scénario assez simple : ne voulant pas se salir les mains, les Occidentaux laissent Israël bombarder l'Iran et détruire les réacteurs nucléaires douteux. Ensuite, tout le monde condamne, scandalisé, mais se réjouit dans l'ombre que les Israéliens aient fait le sale travail.
Or, cette option serait particulièrement dangereuse. D'abord, rien ne dit que les voisins d'Israël toléreront cette intervention, même s'il est certain que l'Arabie Saoudite par exemple est aussi inquiète de l'accession de l'Iran au rang de puissance nucléaire. Ensuite, cette action militaire ne ferait que renforcer les actuels dirigeants israéliens qui pourront se targuer d'avoir sauvé le Monde de la menace islamiste, comme ils le font tous les jours en Palestine. Là, on sera réellement coincé et reparti pour vingt de plus de désordres et d'oppression en Palestine.
Il serait largement plus positif qu'on parvienne à trouver, avec l'Iran, un accord. Personnellement, je ne vois toujours pas pourquoi on empêcherait les Iraniens de se doter de l'énergie nucléaire, si l'Iran accepte le TNP et que nous sommes sûrs qu'il n'en sort pas autre chose que de l'électricité. Par contre, le recours à la force doit rester sous le contrôle des Nations-Unies, et nous devons éviter, autant que possible, que les acteurs de la région se fassent justice eux-mêmes. Ce n'est vraiment pas le moment de donner aux dirigeants israéliens une légitimité internationale, quelle qu'elle soit.
En illustration de ce billet, une photographie d'Osirak, prise en juin 1981 après le bombardement, trouvée ici.
mercredi 9 septembre 2009
God bless America!!!
When Americans visit Europe, they see a lot to like: Charming boulevards, delicious food, and historic cities that feel safe. When Europeans visit the U.S., it's not so pretty: While major American cities are impressive, their inhabitants can be more than a little scary even after the sharp decline in crime rates. From an American or European tourist's point of view, Europe seems not just more aesthetic than the U.S., but more hospitable.
My thesis: On both sides of the Atlantic, tourists' experiences are deeply misleading. The fact that a country is (or isn't) a nice place to visit often tells you less than zero about whether you would want to live there.
Where American tourists go wrong:
1. In European countries, historic downtowns of the premiere cities like Paris or Stockholm are by far the best places to live. Most people in Europe don't live in these areas, and can't afford to.
2. Most of the Europeans who are lucky enough to live in the premiere cities can't afford to frequently eat in the nice restaurants that delight foreign visitors.
3. "Efficient public transportation" and bicycles may seem great to a tourist who eats in restaurants. They're not so great if you're a local who needs to get groceries home to make dinner. In bad weather, subways and bikes are downright awful.
Where European tourists go wrong:
1. They usually visit the most European places in the U.S. - especially New York City and San Francisco. Since NYC and SF are basically uglier, scarier versions of the premiere European cities, it's natural for tourists to go home with a negative impression.
2. However, very few Americans live in such cities - even if they can easily afford to. Why not? Because the natural habitat of the American - including most affluent Americans - is the suburb.
It's easy to see why tourists don't go to the suburbs, because they're places to live and work, not places to see. But almost no one in Europe lives in places as comfortable and convenient as American suburbs: The houses are spacious, the cars are huge, cheap Big Box stores and chain restaurants are nearby, and (to quote South Park) there's "ample parking day or night." Europeans can learn a lot more about the American psyche with a visit to a random CostCo than a visit to the Guggenheim.
3. If you're thinking, "That's great for the middle class, but useless for the poor," you're mistaken. The American poor don't live in McMansions or drive Hummers. But by European standards, they have plenty of living space. More importantly, they own cars, and can afford gas. (For more info, here's an updated version of a great chapter from Julian Simon's edited volume The State of Humanity).
If you're very wealthy, of course, you can re-create an American living standard in the heart of Europe. In fact, while Europe is a bad place to get rich, it is arguably the best place to be rich. Consider: in exchange for steep taxes and tolls, European motorists get the ability and de facto right to drive 100 miles per hour. If you're in the top 5% of the American income distribution, that's a pretty good deal. For Bill Gates, it's a steal.
I suspect that most Europeans - and many Americans - will dismiss my arguments as typical American jingoism. But look at my anti-nationalist track record - for example here, here, here, and here. I am proud not to be a loyal American. Still, as a social scientist, I have to give credit where credit is due. Europe is a better place for most people to visit. But America is a better place for most people to live.
lundi 10 août 2009
La scientologie fait de la pub sur internet.
Dans un petit rectangle, une porte s'ouvre sur un soleil levant (un peu trop lumineux pour être couchant). Puis, s'écrivent en gros sur l'écran Love ? puis Hate ?, pour finir sur la réponse à ces questions profondes : « Scientology ». L'image donne accès au site de la secte.
Il est vrai qu'aux Etats-Unis, cette organisation a pignon sur rue, du fait de la tradition très libérale de ce pays au niveau religieux. De plus, elle a bénéficié du soutien de stars comme Tom Cruise. Or, en France, cette secte s'est retrouvée poursuivie devant les tribunaux pour escroquerie (verdict en octobre 2009). Il ne faut cependant pas se leurrer : si la scientologie devient suffisamment grosse, elle sera considérée comme une Eglise et plus comme une secte. Cependant, je n'ai encore jamais vu l'une des grandes Eglises chrétiennes faire de la pub sur internet : le site ressemble bien plus à un site commercial qu'à un site religieux.
Même s'il s'agit d'une simple pub diffusé sur Internet, je me demande s'il ne faudrait pas inonder Technorati de mails pour qu'elle soit retirée. Malheureusement, ce site reste américain, et donc insensible à ce type d'arguments et de pressions.
mercredi 5 août 2009
La Russie écrase la Géorgie II, le retour.
En 2006, nous avions eu le conflit entre Israël et le Liban. En 2008, la Russie et la Géorgie nous avait fait une vraie guerre comme je l'apprends à mes élèves lorsque je parle des années 1930 : incidents de frontière, provocation, blindés et aviation. Au moins, cela nous avait fourni des sujets de réflexion sur la politique internationale, qui n'ont bien sûr pas été suivi d'effets (si les blogs étaient influents, cela se saurait…)
En 2009, il semblerait que nous allons avoir droit à un remake : depuis quelques jours, les tensions vont croissantes entre la Géorgie et la Russie. Là, on en est à la phase des provocations de la Russie face à la Géorgie. Le gouvernement russe utilise le sentiment anti-américain de sa population pour préparer une nouvelle guerre. Comme souvent, le remake risque d'être encore plus mauvais que l'original. Si la Russie se relance dans ce conflit, l'objectif est sans doute d'en finir avec ce gouvernement géorgien qui s'obstine à tenter de s'ancrer en Occident. A nouveau, les Américains ont sans doute joué aux pyromanes, et il est dommage que Barack Obama n'ait pas fait évoluer la politique de son pays.
On peut se demander comment l'Union Européenne réagira cette fois. Souviens-toi, cher lecteur, que la dernière fois, notre super-méga président était allé arrêter la guerre avec ses petits bras musclés. Cette fois-ci, on voit mal comment les Occidentaux pourront stopper Moscou si l'offensive est relancée, sauf à se préparer à une véritable confrontation, à laquelle je suis très loin de croire…
lundi 29 juin 2009
Obama face à l’histoire de la relation entre Etats-Unis et Amérique latine.
Hier, un coup d'État s'est produit dans ce pays. L'armée a procédé à l'arrestation du président Manuel Zelaya, qui tentait d'organiser un référendum pour avoir le droit de briguer un second mandat. Cette réforme était contestée par de nombreux acteurs politiques du pays, l'armée certes, mais aussi le Parlement, la Cour suprême et le propre parti politique du président. Les États-Unis ont nié toute intervention dans cet événement. Le président a été relâché au Costa Rica. Durant le putsch, les ambassadeurs cubains et vénézuéliens auraient été arrêtés et tabassés par les militaires.
Cette action au Honduras fait renaître les putschs militaires que l'on croyait disparu dans cette région du Monde. De plus, elle touche un pays qui a largement souffert des conflits entre États-Unis et URSS. Durant les années 1970, le Honduras servit de base arrière aux États-Unis dans leur lutte contre les sandinistes du Nicaragua. De plus, la démocratie y est récente (1981) et n'est pas solidement installée, comme le prouve cette crise. Je m'étonne que ce putsch ait eu lieu sous la présidence de Barack Obama, qui s'était engagé à faire évoluer la relation des États-Unis avec son pré carré sud-américain. Certes, le président américain a appelé l'armée du Honduras à respecter les institutions démocratiques, mais il est impossible que ce putsch ait pu avoir lieu à la barbe de Washington.
Le président Zelaya, pourtant élu sur un programme conservateur, avait changé progressivement de camp et s'était rapproché de Cuba, du Venezuela et de la Bolivie. En août 2008, le Honduras a rejoint l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), fondée par Hugo Chavez pour regrouper ses alliés, en opposition avec le projet de Zone de Libre-échange des Amériques lancée par George W. Bush.
C'est marrant : ce matin, l'AFP nous apprend que Chavez s'agite et commence à dire qu'il pourrait lancer une intervention militaire sur le Honduras pour rétablir Zelaya. Franchement, je doute que le Venezuela ait les moyens et l'intérêt de lancer une opération pareille. Par contre, c'est toute l'image d'Obama en Amérique latine qui est posée.
Il n'est même pas sûr que le président américain ait été vraiment acteur de cette action : peut-être les opposants honduriens ont-ils simplement tenté leur chance en espérant le soutien américain. Cependant, si Obama soutient, il ouvre la porte à tous les conservateurs sud-américains qui pourraient y voir un signal pour se lancer dans de nombreux coups d'Etat un peu partout, comme en Bolivie ou Morales est très contesté. Ce soutien créerait une instabilité très grande dans la région et remettrait en cause des démocraties déjà fragiles, alors qu'Obama s'était montré plutôt ouvert au départ. Espérons que le président américain garde suffisamment son sang-froid et puisse rompre avec les vieux démons de la politique régionale américaine…
vendredi 5 juin 2009
Malgré son importance, le discours du Caire de Barack Obama n’arrive pas en une des médias français !
Nous avons une première information : le crash d'un avion. Cette information est émotionnellement forte, mais elle ne change rien à notre vie. A moins d'éléments importants issus de l'enquête, elle n'a aucun impact politique. Au total, dans quelques jours, une fois l'émotion passée, on continuera nos vies, et seules les familles resteront marquées par ce fait. Aujourd'hui encore, cette information arrive en tête des titres des médias français.
D'un autre côté, on a un fait politique primordial. Barack Obama a fait un discours qui modifie radicalement la politique internationale des États-Unis par rapport au Moyen-Orient. Il y a affirmé la volonté de paix de son pays, y a dit la volonté des Américains de voir la création d'un État palestinien, y a dénoncé la politique de colonisation menée par Israël en Cisjordanie, y a tendu la main aux pays musulmans tout en réaffirmant sa détermination à lutter contre l'islamisme. Ce discours pourrait avoir un impact profond sur nos vies et changer le déroulement de l'histoire. Or, ce discours n'arrivait en général qu'en seconde ou en troisième position dans les médias français ce soir.
Et les élections européennes qui ont lieu ce dimanche ? Hein, quelles élections européennes ???
PS : pour te faire une idée sur le discours du président américain, je te propose ici la vidéo complète, en VO non-sous-titrée…
PS 2 : apparemment, ce blog perd deux places au Wikio politique de juin et se retrouve en 29ème place, et à la 138ème place du général. Une petite baisse, donc, mais on continue…
vendredi 24 avril 2009
Et pendant ce temps, au Pakistan…
Depuis deux semaines, les talibans pakistanais sont en hostilité quasi-ouverte avec le gouvernement pakistanais. Celui-ci, et en particulier le président Zardari, a été accusé par la communauté internationale, Etats-Unis en tête, de capituler face à des talibans en progression régulière. Hier, les talibans se trouvaient à une centaine de kilomètres de la capitale Islamabad.
Depuis les années 1990, le Pakistan joue un jeu dangereux avec les talibans. Ce pays a soutenu la conquête de l'Afghanistan par ceux-ci, avec la neutralité complice des Américains et les a laissés s'installer durablement sur son sol, particulièrement au Nord du pays. Après le 11 septembre, le Pakistan a joué la carte de l'alliance avec les Américains et l'OTAN, tout en continuant à manipuler les talibans. Le général Musharaf préférait ne pas céder à la pression populaire. Le nouveau gouvernement pakistanais a eu bien plus de mal à se positionner, coincé entre les réclamations de la rue et les attentes de ses alliés étrangers. Zardari a signé un accord avec les étudiants islamistes, les autorisant à installer des tribunaux dans la vallée du Swat, mais ceux-ci ne l'ont pas respecté. Aujourd'hui, le risque d'un basculement du pays est réel, du fait des tiraillements internes à l'armée pakistanaise, la troupe ayant de nombreux jeunes séduits par les idées islamistes.
Ainsi, un pays doté de l'arme nucléaire pourrait basculer dans un régime fasciste de type islamiste. Depuis trois ans, la communauté internationale craignait que l'Iran porte ce danger, mais la menace la plus immédiate n'était pas là. Ce qui est le plus ironique, c'est que dans un cas pareil, l'Iran deviendrait très rapidement un allié objectif ; les ayatollahs iraniens ne verraient sans doute pas d'un bon œil la présence d'un gouvernement islamiste sunnite juste à côté de chez eux, surtout en possession de l'arme nucléaire, et pourraient rapidement se retourner vers les grandes puissances.
Que faire ? Cher lecteur, je n'en sais rien, mais il y a là un vrai risque qu'il ne faut pas négliger. Certes, nous ne serions sans doute pas directement menacés, mais les Indiens ne peuvent pas en dire autant. De plus, il ne faut pas oublier que des troupes occidentales sont présentes en Afghanistan, et qu'elles se retrouveraient alors en danger. Dans tous les cas, il faut maintenant exercer des pressions fermes sur le gouvernement pakistanais pour qu'il prenne de réelles mesures contre cette progression talibane. S'il le faut, nos forces pourraient apporter un soutien matériel et logistique. Je ne vois pas trop ce que nous pouvons faire d'autres, à part convaincre ce pays d'envisager de répartir un peu mieux les richesses et de se lancer dans de réels programmes d'éducation de sa population. Le Pakistan reste en effet l'un des pays où les inégalités entre les groupes sociaux sont les plus énormes, avec un IDH de 0,551 en 2005…
lundi 20 avril 2009
L’économie financière redémarre : et on refait de vieilles recettes dans de vieux pots…
Deux victimes de la crise apparaissent ainsi :
- Les salariés d'abord ont payé l'ajustement de l'ensemble du système économique, alors qu'ils n'étaient pas responsables des décisions d'orientation de leurs dirigeants. Cela a commencé par les banques, puis se poursuit maintenant dans l'économie réelle.
- Les États, c'est-à-dire nous, les gens qui ne bénéficient pas de l'enrichissement récent de l'économie, vont bientôt devoir payer les factures des énormes crédits faits aux entreprises, et particulièrement aux banques.
Au total, on est bien dans la socialisation des pertes et dans la privatisation des profits. En plus, l'économie semble donner des signes de redémarrage, ce qui signifierait que le système n'évoluerait pas.
Pourtant, contrairement au Gaulliste libre, je pense que le système ne peut pas réellement redémarrer comme avant, du fait de l'énorme taux d'endettement des États comme des ménages. Les entreprises ne peuvent plus espérer vendre massivement maintenant sans recourir à des hausses de salaire et à une meilleure répartition capital-travail des revenus. Si on reste dans la situation actuelle, l'économie ne pourra pas redémarrer comme elle l'a fait les années précédentes, car nos capacités d'endettement sont à leur maximum. N'oublions pas non plus que la croissance récente s'est faite massivement sur l'immobilier, et je ne vois pas comment ce secteur redémarrerait avec les mêmes recettes que les années précédentes, d'autant plus que la hausse des impôts va bientôt suivre, d'une manière ou d'une autre, réduisant nos possibilités d'endettement…
Je ne veux pas être pessimiste, mais je crains que l'économie réelle ne redémarre pas aussi vite que cela, malheureusement pour l'ensemble des salariés...
mardi 20 janvier 2009
United Fiesta of America
Je ne vais pas revenir sur le personnage Obama, sur le bien fondé ou non des espoirs qu'il suscite, mais plutôt sur l'attitude des états-uniens après cette élection.
Républicains, démocrates, après l'élection, ils sont tous derrière leur président pour qu'il ramène la prospérité sur le nouveau continent.
J'ai également ressenti ça en 2004, j'en était d'ailleurs révolté, moins en 2000, mais l'élection avait été entachée d'un décompte des voix pour le moins bizarre.
J'ai également le souvenir que Clinton avait généré un rassemblement derrière lui, au moins en 1996, car avant cela, j'étais un peu trop jeune pour m'y intéresser.
Je vais donc faire une généralité à partir de ces 3 élections, les experts de l'Amérique me contrediront si je me trompe...
Je suis assez admiratif devant cette faculté à oublier sa couleur politique et à se rassembler pour le bien de son pays.
En comparaison, le lendemain d'une élection présidentielle en France, le camp opposé au président élu commence déjà à critiquer, et j'ai l'impression qu'il espère un échec, histoire de remporter les prochaines législatives pour contrebalancer un peu le pouvoir.
Le but et l'ambition d'un président est de mener son pays à la prospérité, et nous devrions accepter une défaite et soutenir l'élu pour qu'il accomplisse sa mission.
C'est vrai que qu'une politique démocrate n'est pas bien différente d'une politique républicaine, du moins sur le plan intérieur, tandis qu'une gouvernance socialiste est totalement différente d'une gouvernance UMP ou RPR. Il est donc compréhensible qu'un socialiste ne veuille pas des réformes de droite qui vont à l'encontre de ses convictions.
Je vais tout de même oser dire que je pense que c'est un problème de mentalité. Nous aimons critiquer, nous aimons gueuler, nous sommes des éternels insatisfaits, en France.
J'espère qu'on viendra m'approuver ou me contredire, car ce billet appelle au débat.
Je me suis aventuré par ce billet sur un terrain de croyances sans réel fondement, je suis curieux de connaitre d'autres opinions
mardi 13 janvier 2009
Un espoir pour l'avenir : les déclarations d'Hillary Clinton.
En effet, le Sénat a confirmé aujourd’hui que l’ancienne candidate aux primaires démocrates allait occuper, dans quelques jours, le poste de secrétaire d’État. Cette fonction est l’une des plus importantes du gouvernement américain, équivalent de notre ministre des affaires étrangères.
L’administration Obama est très attendue sur ces questions, vu que le président américain est resté terriblement muet depuis le début du conflit à Gaza. Au début de l’offensive, ses proches ont avancé l’idée que le président ne pouvait s’exprimer avant d’entrer en fonction, de peur de perturber les actions de l’administration Bush. Très mystérieusement, le futur président n’a pourtant pas hésité à critiquer vertement la politique de lutte contre la crise du même Bush et a cru bon d’annoncer d’ores et déjà un nouveau plan de relance économique.
Et pourtant, les déclarations du jour d’Hillary sont encourageantes. Certes, la future ministre confirme que les États-Unis ne discuteront pas avec le Hamas, tant qu’il n’aura pas reconnu Israël. Comme je l’affirmais récemment, je suis persuadé que le Hamas n’a aucun intérêt à le faire, vu que toute sa légitimité politique face au Fatah s’appuie entièrement là-dessus.
Par contre, il y a deux évolutions nettes :
- Tout d’abord, Clinton a annoncé qu’Israël devrait, à un moment ou à un autre, envisager une paix avec les Palestiniens. Cette avancée est déterminante, car elle implique qu’Obama ne va plus forcément accepter que la paix doive attendre la fin définitive de tout attentat, et qu’Israël devra finir par prendre des risques. C’est donc la fin du bienveillant soutien de G. W. Bush.
- Surtout, Clinton a annoncé l’ouverture de négociations avec l’Iran, si celle-ci y est prête. Cette annonce est primordiale. Depuis l’offensive américaine en Irak, le régime des mollahs s’est toujours senti menacé par la puissance américaine. Il a donc développé une stratégie assez cohérente. Il s’agissait d’abord de se doter d’armes nucléaires pour assurer l’intégrité de son territoire ; ensuite de trouver des alliés solides, comme la Syrie par exemple ; enfin d’armer des mouvements islamistes terroristes autour d’Israël (Hezbollah et Hamas), à la fois pour menacer le grand allié des Américains, mais aussi pour déstabiliser les États arabes de la région (n’oublions pas le rôle des Palestiniens en Jordanie et au Liban). Ces pays ont d’ailleurs assez mollement réagi au départ à l’opération de destruction du Hamas lancée par Israël.
Ce changement de comportement américain pourrait permettre à l’Iran d’avoir des garanties et de cesser d’entretenir une instabilité générale dans la région. Ainsi, les mouvements terroristes islamistes palestiniens perdraient leurs sources d’approvisionnement en armes et Israël pourrait négocier plus sereinement. L’espoir est mince, mais il existe tout de même.
Avec, en plus, l’annonce d’une volonté d’amélioration des relations avec la Chine et la Russie, Clinton confirme que la doctrine de l’attaque préventive est remise en cause. On ne peut que se réjouir de cette volonté du nouveau président américain de préférer la paix à la guerre.
La France et l’Europe, je l’espère, le soutiendront dans cette voie.
jeudi 27 novembre 2008
La dernière décolonisation de l'histoire occidentale : le Groenland.
Avant-hier, les Groenlandais ont voté à une très forte majorité pour un statut d'autonomie qui promet à leur immense territoire une indépendance progressive. Près de 75% des électeurs se sont prononcés pour une loi qui va permettre au gouvernement local de prendre progressivement en gestion 32 domaines de compétences, pour finir par décider, quand il le souhaite, de se séparer définitivement du Danemark. La tendance est ancienne : dès 1982, les 56 000 habitants de cet immense territoire avait déjà décidé de quitter la CEE et de s'éloigner ainsi résolument de l'Europe.
Est-ce normal, cher lecteur, que les fiers Vikings habitant cette lointaine dépendance danoise souhaite quitter leur métropole ? En fait, contrairement aux clichés que nous avons d'habitude sur cette région, le Groenland, certes découvert par les Vikings au Xe siècle, est très largement peuplé de populations inuits liées à l'Amérique. Les communautés vikings qui s'étaient installées sur place ont mystérieusement disparues et les autorités danoises ont récupéré au XVIIIe une colonie peuplée d'Inuits. Certes, une petite population scandinave vit sur place, mais de manière très minoritaire (12% des habitants). Si ce territoire accède à l'indépendance, nous verrons naître le premier État moderne géré par des populations inuits. Je trouve que cela méritait d'être relevé.
Le divorce avec le Danemark est un processus progressif. D'abord, le gouvernement danois a mené une politique de civilisation du territoire qui a poussé les Inuits à abandonner leurs vies ancestrales pour se regrouper dans des villes délabrées où la situation sociale est désastreuse. En plus, il n'a pas réellement investi sur place, sans doute du fait de moyens peu importants. Enfin, le Groenland s'était déjà séparé de sa métropole une première fois durant la guerre, les Groenlandais se tournant vers les États-Unis et le Canada durant l'occupation allemande du Danemark. On aboutit, par ce vote, au terme d'un processus long et finalement assez logique.
Mais tu vas me dire, cher lecteur : "Mais qu'est-ce qu'on en a à faire de cette grande île gelée et qui en plus ne veut pas être européenne ??? Pourquoi tu nous barbes avec cette histoire ???"
Je vais te l'expliquer de suite. Ce que va vivre le Groenland est un processus de décolonisation. En effet, la population locale a la possibilité historique de casser les processus coloniaux. Comment les Inuits vont-ils gérer leur nouvel État ? Vont-ils retourner à la vie traditionnelle ? Vont-ils risquer un mélange entre la culture danoise et la culture inuit ? Vont-ils s'orienter vers une occidentalisation à outrance ou vers un renfermement sur soi ? Expérience très passionnante à suivre...
Mais ce n'est pas tout. Le Groenland est un territoire menacé par le réchauffement climatique. La couche de glace (inlandsis) qui couvre l'île fond doucement. Il est donc possible qu'on accède à une multitude de nouvelles ressources : cela fait plusieurs années que les Américains pensent trouver du pétrole dans ce pays. De plus, la fonte de la banquise va faire que le Groenland va devenir très important dans le contrôle de l'océan Arctique. Aujourd'hui, une base de l'OTAN est installée à Thulé, et, pour toutes ces raisons, il est sûr que les États-Unis et le Canada vont se tourner vers ce territoire et tenter de l'influencer.
Ce processus est d'autant plus inévitable que le Groenland, s'il s'oriente vers un mode de vie à l'occidental, n'en a pas aujourd'hui les moyens. Alors que les conditions sur place sont rudes et que les besoins sont importants, l'activité économique est centrée sur la chasse et sur la pêche. L'exploitation des matières premières, trop coûteuse, a quasiment été abandonnée. L'industrie est inexistante. Ce pays risque donc très vite de devenir dépendant des grands pays voisins, alors qu'il commerce massivement maintenant avec le Danemark (65% de ses échanges en moyenne).
C'est pour cela qu'il me semble important que les grands pays européens ne perdent pas de vue le Groenland. Nous avons tout à gagner à ne pas laisser aux Nord-Américains la seule influence sur ce futur État. Ce jeune pays va avoir besoin de trouver des partenaires, des technologies, des échanges commerciaux. L'évolution future de cette région et ses richesses devraient amener l'Europe, loin de regarder le Groenland s'en aller, au contraire de s'y consacrer un peu et de préparer le terrain. Il y a là à la fois des intérêts économiques, militaires, stratégiques et politiques qui ne doivent pas passer à la trappe. Je suis persuadé qu'il est possible de trouver des moyens de collaborer avec le futur gouvernement groenlandais sans pour autant maintenir la tutelle coloniale danoise. Voilà une nouvelle politique pour l'Europe à définir...
vendredi 14 novembre 2008
Rahm-Obama
Rahm Emanuel a été désigné par Obama pour être le secrétaire général de la Maison Blanche.
Sans connaitre le personnage j'ai d'abord, égoïstement pensé, ouais! Et puis mes amis, la radio, et maintenant un journal online me sont tombés dessus.
Monsieur Emanuel est belliqueux, pro-israélien et sa nomination indique qu'Obama aura une politique agressive au Proche Orient. Agressive envers les pays Arabes et protectrice et compréhensive envers Israël.
Peut-être... Peut-être aussi que le fait d'avoir nommé un juif à un poste si important donnera à Obama la crédibilité nécessaire pour faire pression sur Israël...
Peut-être que Rahm Emanuel est un homme de confiance du nouveau président Américain, peut qu'il a des compétences utiles?
Je dis peut être, car je réponds à des spéculations.
Voilà ma source de lecture.
Êtes-vous tous avides de retrouver en Obama des prémisses de Bushisme?
Avez vous envie de le voir déconner pour mieux cracher sur les Etats-Unis comme au bon vieux temps du début du 21è siècle?
Ce négativisme me gonfle, tout comme l'Obamania en gonfle beaucoup!
mercredi 5 novembre 2008
Ils l'ont fait!
Les américains ont élu celui qu'il fallait élire!
Je me suis réveillé ce matin après une courte veillée devant ma télé, rien n'était décidé, j'avais le trac, j'ai hésité à allumer ma radio, mais j'ai de suite été rassuré.
Alors comme dis Fabrice, le plus dur reste à faire, et c'est vrai, mais la première marche, c'était celle du bon choix, et on a déjà vu les américains faire un choix très discutable en 2004...
Voilà, la nation la plus puissante au monde a élu un démocrate, un démocrate jeune, un démocrate métisse. On nous répète partout que la couleur n'a pas d'importance, mais ce pays est passé en si peu de temps de l'esclavagisme à l'élection d'un descendant d'esclave, et ça force le respect.
Quoi qu'on dise de ce peuple, et je ne suis pas le dernier à leur taper dessus, ils sont capables de faire des choix courageux, et nous pourrions nous en inspirer en France.
Le parti Démocrate n'est pas la gauche Française, et Mc Cain ou Bush ne sont pas Sarkozy, mais ils ont une vraie alternative, et régulièrement des hommes politiques passionnants. Inspirons nous d'eux pour une fois, ayant le courage de porter au sommet un homme de moins de 70 ans qui ne soit PAS Sarkozy.
J'aimerais aujourd'hui être américain, une fois n'est pas coutume, j'aimerais voir mon pays élire un noir, balayer par la magie d'une élection la différence de couleur dans mon pays.
Le plus dur reste à faire, il y a du boulot, mais au moins la base est juste.
Va-t-il règlementer les marchés financiers?
Va-t-il aider l'Irak et l'Afghanistan a se construire?
Va-t-il ne pas attaquer d'autres pays de l'ancien Axe du Mal de l'affreux jojo qui va finir seul dans une villa cachée?
Va-t-il mettre en place des mesures sociales aux États-Unis?
Va-t-il venir en aide aux défavorisés?
En tout cas si le Sénat bascule démocrate (à priori ça sera le cas), il aura toutes les cartes en main.
Pas de compte à rendre aux Lobbies qui financent habituellement les candidates, le peuple plein d'espoir et vraiment derrière lui.
Je m'emballe, comme je ne m'étais jamais emballé en France, vous allez me dire que cette Obamania vous gonfle, mais voilà, j'avais tellement peur d'avoir 4 nouvelles années républicaines, après le désastre mondial que Bush a provoqué, que mon soulagement est immense, et je le montre!
lundi 3 novembre 2008
Les élections qui vont compter
Non, Sarkozy n'a pas démissionné, malheureusement ces élections là vont se faire attendre encore quelques années.
Nous avons par contre les très proches élections américaines, le 04 novembre et les plus éloignées élections israéliennes.
Rien de nouveau là dedans, si on suit un petit peu l'actualité on doit être au courant.
Ce qui me frappe concernant ces deux événements à venir, c'est leur importance pour l'équilibre mondial.
Quand Sarkozy se fait élire, il nous emmerde nous! Français et (surtout) étrangers vivant en France (et Angela Merkel aussi...)
Quand Bush petit se fait élire, il fait emmerde tout le monde, jusqu'à attaquer 2 pays et relancer le terrorisme mondial!
Alors je sais, c'est pas nouveau, mais de toute façon je n'ai jamais dit qu'il y aurait du nouveau.
Grosso modo, le 4 novembre, on aura 2 options, celle de repartir pour 4 ans (ou plus) de bien et de mal, de méchants arabes, de vive le pétrole et nique les réchauffistes ou alors, peut être autre chose, sachant qu'autre chose ne peut qu'être meilleur!
Je ne vous cache pas mon anxiété à l'approche de ces élections, je suis prêt à échanger 10 ans de Sarkozisme contre une élection d'Obama...
Et puis nous auront le 10 février 2009 les élections en Israël...
L'impact sur le monde sera moins important que l'élection US, mais quand même..
On a dans un coin Bibi (Benjamin) Netanyahou, et dans l'autre Tzipi Livni.
Les différences sont presqu'aussi radicales que pour les deux américains.
Livni n'est pas travailliste mais issue du même parti que Sharon tandis que Bibi (c'est plus court) est du Likoud. Mais pas seulement Likoud, il est la branche radicale du Likoud, il est celui qui ne veut pas ratatiner Israël mais qui croit que Dieu et c...Grand Israël et c... Pote des colons des orthodoxes et tout le tsouin tsouin.
Je résume car sinon, ça ne m'amuserait plus d'écrire.
Livni est issue du Likoud mais fait partie du parti Kadima créé par Sharon avant son accident. Au jour d'aujourd'hui, à mon avis, le seul parti capable d'aller vers les palestiniens tout en gardant le soutien du peuple c'est Kadima.
Proposer, rendre, concilier mais rester ferme et dur si besoin est.
De plus Livni va faire campagne sans le soutien des orthodoxes du Shas, ce qui lui permettrait, une fois élue, de mener de vrais offensives pacifiques envers les palestiniens.
Et puis c'est une femme, j'espère qu'elle fera aussi bien que Golda Meir...
Enfin voilà, rien de neuf, un peu de fouillis, mais disons que ce ce marasme de crise économique, ce sont là les deux futurs évènements qui me turlupinent.
J'ai vraiment l'impression qu'on est à un tournant, avec l'élection d'un noir au US, avec un espoir de paix au Proche Orient ou alors tout le contraire.
J'ai peur et espoir, on verra bien.
mardi 28 octobre 2008
Barack Obama fait campagne en utilisant les artistes : quelles conclusions en tirer ?
La vidéo est à l'évidence assez bien faite. Cependant, je voudrai m'interroger, et t'interroger par la même occasion, sur l'impact de ce type de document. En France, nous n'avons pas encore eu l'occasion d'assister à ce type de chose, mais je pense que vu l'influence du modèle politique américain en France, cela ne va pas tarder.
Tout d'abord, on peut se demander qui est la cible de cette vidéo, largement diffusée sur Youtube mais aussi sur de nombreux blogs nord-américains et sur certaines chaînes de télévision. Personnellement, la vidéo ne me touche absolument pas, même si je reconnais la bonne facture du clip. En tant que passionné de politique, il en faut plus pour m'atteindre et me convaincre de voter pour un candidat. Je peux donc logiquement en déduire que les personnes visées sont plutôt des non-politisées. Ma collègue m'a tout de suite dit que cela visait les jeunes, très peu mobilisés en général aux États-Unis par la vie politique, y compris nationale. J'ai remis en cause tout de suite l'impact réel de ce type de vidéos, mais ma collègue, qui ne se laisse pas démonter facilement, m'a affirmé que les élèves français, avec qui elle avait travaillé sur la campagne électorale américaine, était très touchés par elle. Dont acte, mais nos élèves ne sont pas des Américains.
Quel est ensuite l'intérêt pour Barack Obama de mobiliser des artistes et des acteurs pour sa campagne ? S'il s'agit de mobiliser des jeunes, je trouve que le clip démontre la crise que connaît le monde politique dans son ensemble. Même un personnage charismatique comme Obama sait que son discours sera relativement inaudible chez les jeunes : le voilà obligé de mobiliser le ban et l'arrière-ban du monde des stars américaines pour tenter de bouger les jeunes. C'est d'autant plus étrange finalement qu'on peut douter de la capacité de McCain à attirer ces électeurs-là. Peut-être que le déséquilibre important entre jeunes et vieux (naturellement davantage républicain), qui a tant joué en France en 2007, effraie le candidat démocrate, qui cherche tous les moyens possibles pour se trouver une audience chez les post-ados. Comme cette population se mobilise peu, on essaie ici de la pousser au maximum à aller voter.
Quel est l'intérêt du chanteur et des autres artistes de s'engager là-dedans ? On peut d'abord penser que ce clip peut avoir un impact sur la campagne et faire gagner Obama, pourquoi pas... Je pense aussi que les chanteurs peuvent y trouver un impact financier personnel. Cet ancrage chez les démocrates peut amener de nouveaux auditeurs, même si les Républicains pourraient aussi quitter les salles. Il peut aussi donner une forme de respectabilité à des artistes considérés comme superficiels et sans grand intérêt dans leur production artistique habituelle : tu as peut-être reconnu dans ce clip la chanteuse des Pussycat Dolls dans la deuxième partie de la chanson...
On peut se poser une dernière question : qu'est-ce que cette chanson exprime de l'état réel de la politique ? A l'évidence, le clip joue sur l'émotion bien plus que sur la raison indispensable à l'analyse politique. Obama fait référence à quelques grands moments de l'histoire américaine : la guerre d'indépendance, l'abolition de l'esclavage ou Martin Luther King. Il fait appel à l'espoir de changement des jeunes et martèle les mots hope et yes, we can, mais que reste-t-il du programme du candidat, des propositions concrètes ? Au final, peu de choses... L'électeur jeune et adolescent devra se contenter des émotions et de voter pour un vague espoir. Finalement, tout cela n'est guère rassurant sur la politique américaine.
Bon, d'un autre côté, je ne pense pas qu'un tel clip aurait pu être fait en France pour Ségolène Royal en 2007. Peut-être sur de la musique hippie : Fraternité, fraternité, fraternité yeeaahhh...
vendredi 17 octobre 2008
Pour qui vote Homer Simpson?
Bon mon co-blogueur Fab est en colère, allons je vais essayer de le divertir, en fait ça devrait divertir tous les lecteurs j'espère!
Je pensais que Homer était républicain et que son auteur était démocrate, et ben non Homer vote Obama, enfin il essaie tout du moins, et comme à son habitude Matt Groening nous montre son pays avec son ironie et sarcasme habituels.
Seul problème, les Simpsons sont produits et diffusés par la Fox, qui appartient à Rupert Murdoch, fervent supporter de Bush et Mc Cain et accessoirement l'un de ses bailleurs de fonds.
Il n'est donc pas content...
Étonnant tout de même car ce programme a toujours été très critique envers la société américaine moyenne, qui représente pourtant la majorité de l'électorat républicain...
Mais bon, le petit dessin animé sarcastique a rapporté 1 milliard de dollars à la Fox en 12 ans, ceci explique peut-être cela...
Mais bon apparemment là c'en est trop pour Murdoch!