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jeudi 10 juin 2010

Fêtes Trance, Ganei Huga et ailleurs.



J'aime beaucoup la musique, peut-être pas autant que mon ami Fabrice, mais elle tient une place importante dans ma vie.
Ceux qui aiment la musique autour de moi sont généralement assez pointilleux sur la définition de ce qu'est la musique, entre autres le rock, biensûr et ses dérivés. Il faut des intruments, joués par des artistes, plus ou moins virtuoses.
Il existe pourtant une musique qui doit fracasser les oreilles de beaucoup d'entre vous, la trance. Pas la techno, pas la house, pas la dance toute pourrie, la trance, psychedelic trance de préférence.
Oui je sais, les basses sont très fortes, ça tape de partout, et pourtant danser pendant des heures jusqu'au lever du soleil lors d'une fête trance en pleine montagne, ou sur une plage un peu cachée... Quel plaisir absolu!
Car c'est une musique d'extérieur, de live, pourrait-on dire.
Le problème, c'est que ce type de fêtes est interdit en France, ben oui, vous pouvez organiser des festivals de rocks, de reggae, mais pas de trance. Ben oui, trop d'ecxtas, de LSD, de poudres en tout genre et de chichon... Donc, interdit.
J'ai pu aller à une seule de ces fêtes, il y a une dizaine d'années en France, et à vrai dire, l'ambiance était plutôt naze, avec une floppée de lascars en jogging lacoste qui ne venaient que pour vendre de la came, draguer grossièrement les nanas défoncées et se foutre de la gueules des gens qui s'amusent avec quelques bastons à la clé.
Donc, je ne les regrette pas trop.
Par contre en Allemagne, au Japon, en Thaïlande, en Inde ou en Israël... Quel bonheur! Des passionnés, des vrais, pas de péquins mal-intentionnés mais tout le monde qui tire dans le même sens, des sourires, des marrades, une musique parfois à couper le souffle, le pied!
Le top, c'est le Japon, superbe organisation, lieux mythiques, et des japonais inimitables lorsqu'il s'agit de faire la fête. Hippies, femmes splendides, Yakuzas, tout le monde danse ensemble et tout le monde partage, pas de clans, pas de hautainerie ni de bagarres, mes meilleures expériences festives.
L'Allemagne est un berceau de cette musique et j'ai grandi dedans, tandis qu'en Inde ou Thaïlande, c'est un public voyageur et souvent connaisseur, donc voulant la même chose: danser, danser et se sourire.
Lors de mon récent voyage en Israël, je me suis retrouvé presque par hasard dans une grande fête trance, s'étalant sur 2 jours. J'ai été assez agréablement surpris par l'ambiance très bon enfant, me rappellant un peu le Japon en moins naïf. Tout le monde se parle, personne ne hausse les sourcils, on te prévient si ton appareil photo risque de tomber de sa pochette, et surtout les israéliens sont d'immenses fans de cette musique et ils dansent!!
Danser sur de la trance, a mes yeux, c'est danser à l'état pur, tu fais comme tu veux, tu sautilles, tu fais le crapaud, le crabe, tu peux à la limite tourner sur toi-même et ça ira aussi. Personne ne juge tes capacités de danseur, ce n'est pas du hip hop, à la limite, je remarquerai celui qui compte ses pas pour tenter de faire style...
Le seul point négatif de la fête de Ganei Huga, c'était la présence très importante de flics, à l'entrée et surtout à l'intérieur...
Beaucoup de flics en Israël, et sévères...
Quasiment partout où j'ai voyagé, j'ai rencontré des israéliens et quasiment partout, ils organisent des fêtes trance, quasiment tous aiment cette musique.
Merci à eux, car j'ai le sentiment que s'ils n'étaient pas, cette musique risquerait de tomber aux oubliettes...
Bon, en août, mon épouse et moi iront en Suisse italienne pour aller danser avec les européens, nous avons réussi à trouver une belle fête à distance de bagnole de chez nous et comme en 2009, on y retourne.
Finalement, le fait que cette musique soit retombée quelque peu dans l'oubli en Europe est plutôt positif, pas de perte de qualité dûe à une commercialisation destructrice, pas de faune désagréable, le problème est de trouver, mais quand on a trouvé, c'est vraiment le pied!

mardi 18 mai 2010

Liberté contre sécurité : évaluons le coût et les avantages.

Rubin, un camarade blogueur libéral et par ailleurs très agréable convive, a une énorme qualité : faire des billets très courts qui, s'ils suscitent parfois le rejet ou l'agacement, ont souvent le mérite de faire réfléchir.

Ce n'est pas le cas de celui-ci, traitant du rapport souvent conflictuel entre sécurité et liberté, avec bien évidemment les grandes questions sur la place de l'État qui se trouvent derrière.

Personnellement, contrairement à Rubin semble-t-il, je suis toujours très agacé par tous les contrôles effectués dans les aéroports, mais je les subis sans râler si tout le monde y passe. Je suis d'autant plus énervé lorsque je suis le seul à fasciner le douanier qui m'ausculte, alors que je suis quelqu'un respecte les lois et qui ne s'amuse pas à passer des produits en fraude ou à embarquer des explosifs à bord d'un avion.

Un des commentateurs de Rubin le rappelle : la sécurité est un sentiment. Certes, les mesures de sécurité peuvent avoir tendance à nous rassurer. On se dit, lorsqu'on enlève nos chaussures, que décidément, là, aucun terroriste ne pourra faire passer une bombe par là.

Cependant, l'histoire nous rattrape vite et nous apprend une chose claire et simple, que nous devrions tous méditer : les politiques de sécurité ont toujours un train de retard sur ceux qui souhaitent commettre un attentat. Certes, on empêche un copieur de répéter son attaque, mais on n'empêche pas un innovateur d'agir. De même, on n'est pas à l'abri des défaillances éventuelles des contrôles et des négligences de certains. Enfin, il faut accepter qu'on ne peut tout maîtriser, et que malgré toutes les bonnes volontés, nous pouvons manquer de chance et tomber dans un accident voire un attentat.

Comment, alors, estimer qu'une restriction de liberté est acceptable ? Je crois qu'il faut vraiment se pencher sur la notion d'une comparaison coût-avantage. Évaluons systématiquement les effets positifs et négatifs d'une mesure. Pour moi, les questions débiles du douanier américain ont un avantage nul et devrait disparaître car elles sont profondément humiliantes. Il en est de même de la mise sous sac scellé des liquides avant de monter dans l'avion. Par contre, on peut parfaitement accepter que les services de police fassent des recherches sur leurs passagers, du moment que des règles claires sont énoncées. Le scan des bagages ne me choque pas non plus, tant qu'on n'ouvre pas une valise sans avertir le passager et hors de sa présence, sauf danger immédiat et avéré.

Cependant, nous devrions toujours passer notre temps à remettre en cause ces entorses aux droits de l'homme. Un danger peut avoir disparu par exemple, une menace ne pas exister. Nous ne pouvons pas nous contenter de l'acceptation définitive d'une nouveauté. Lorsque nos autorités se permettent de jouer avec nos droits fondamentaux, la vigilance doit être permanente et pointilleuse.

samedi 17 avril 2010

Les volcans et les cheminots, horribles hochets de l'individualisme frustré.

Comme tu le sais, cher lecteur, l'époque est difficile pour tout Européen qui cherche à se transporter. La nature a décidé de nous frapper au cœur : les poussières volcaniques, ne respectant plus les frontières, se répandent sur l'Europe. Décidément, les Islandais ont décidé de s'affirmer dans notre paysage.

Et puis, comme si la nature ne suffisait pas, voici que ces foutus privilégiés de cheminots s'en mêlent, paralysant une bonne partie de la France. Décidément, c'est définitif, rien ne va plus. Nos vacances tombent à l'eau, mais au moins aurons-nous la possibilité d'être remboursés de nos voyages, car, contrairement à Hadès, la SNCF a la décence de rendre aux vrais travailleurs le fruit de leur labeur.

Devant les cris de nombreux blogs et surtout de commentateurs en colère, on peut être surpris. Voilà que certains en profitent déjà pour retourner le compliment aux écologistes en leur disant cette évidence simple : "Eh bien, vous voyez, vilains Verts, la nature, elle est pas que gentille, hein, elle est méchante aussi ! Des fois, elle tempête, des fois, elle éructe et souvent, elle nous tue ! Alors, arrêtez avec vos discours de décroissance nauséabonds ! Seule la technologie peut nous protéger d'elle." Et puis, le compliment se retourne contre les socialistes : "Ah, vous voyez, avec votre service public à la con ! Si seulement la SNCF était privatisée, hein, je pourrais aller où je veux et quand je veux, sans avoir besoin de me préoccuper des autres et du volcan islandais. Je veux aller là, et j'irai là quand je veux !!!"

En dehors de tous les aspects politiques et de la dépendance de notre société à la rapidité, je trouve qu'on oublie une composante importante de nos vies. Certes, notre société a mis en avant, de plus en plus, non pas le désir des individus mais la pulsion. Quand je veux quelque chose, je l'ai ! Et quand des événements naturels se mettent sur notre route, c'est horrible. Et quand ce sont des hommes qui nous empêchent de jouir quand on le veut, c'est un scandale.

Il semble devenu impossible de concevoir que la vie n'est pas tracée comme on le veut. L'histoire de chaque vie n'est pas maîtrisable. Elle dépend aussi des autres, et cette situation imparable devrait nous amener que, pour éviter ces accidents, nous devrions d'abord éprouver une véritable bienveillance à l'égard de nos concitoyens, de par l'interdépendance qui nous unit tous. Malgré cela, nous ne sommes pas à l'abri du hasard et des événements. Par exemple, la nature se fiche totalement de nos vacances et de nos avions. Quand un volcan doit exploser, il explose. Pas de moral là-dedans, pas de leçon ou de punition : c'est un fait implacable.

L'individualisme qui ravage nos sociétés essaie de nous faire croire que nous pouvons tout avoir, que nos pulsions peuvent être immédiatement satisfaites sans que tout cela n'ait de frein. Et puis, régulièrement, la vie nous rappelle que notre univers ne fonctionne pas comme cela.

On gagnerait un peu à se détendre et à accepter parfois que nous ne pouvons maîtriser tout. Il est dur de se contenter aussi, de temps en temps, de ce qu'on a, mais cela peut aussi être source de bonheur. Il faut se battre pour accomplir ses désirs, mais aussi accepter que parfois, ils n'aboutiront pas. La nature n'est pas contrôlable. On peut essayer de se préparer à ses excès, mais on ne pourra jamais tout prévoir.

Par contre, on peut sans aucun doute faire que les relations entre nous s'améliorent et ne soient pas uniquement marquées par le conflit. Là, nous avons des pouvoirs et des responsabilités, si nous acceptons que nos désirs individuels ne pourront pas tous être, toujours et immédiatement.

Bon, allez, cher lecteur, j'arrête avec ma morale à deux euros, et je vais profiter du soleil parisien.

lundi 4 janvier 2010

Paris vs Dakar

Le Paris-Dakar, je m'en fous complètement, je ne vais pas commencer à verser une larme de pitié pour les gamins écrasés, ou pour la pollution générée par cet événement, je laisse les véritables bisounours s'en charger.
En fait, il y a une dizaine d'année, j'ai fait un Paris-Bamako, ça tape moins qu'un Dakar, mais en 504 Break et 404 plateau, c'est un peu plus aventureux.Les gens que j'accompagnais étaient/sont des grands baroudeurs, spécialement de l'Afrique, et lorsque nous quittions le sud du Maroc avec la caravane de traverseurs de désert européens, je me souviens qu'ils se marraient bien de voir les Espagnols (me demandez pas pourquoi Espagnols...) dans leurs 4X4 tout décorés d'autocollants, qui galéraient à traverser les premières dunes avec leur bolides, quand mes deux comparses le faisaient avec des caisses de 30 ans.Et là, la discussion sur le Dakar a commencé. J'avais affaire à 2 amoureux du Dakar de ses débuts, le Dakar de l'aventure, du danger, celui qui n'avait ni GPS, ni Hélicoptères de combat, ni méga organisation, mais celui qui était plus une espèce de voyage aventure encadré et agrémenté d'une course pour les professionnels. Car en fait, la beauté de cette course, ça n'était pas la course en elle-même, mais plutôt les petits, les particuliers qui réalisaient leur rêve en participant à la course mythique. Aujourd'hui, nous assistons à une course super encadrée, médiatisée, mais qui a perdu son charme authentique, un troupeau de bolides qui foncent dans le désert vers la prochaine étape.
Quand nous avions, à l'époque pris la route du désert, nous n'étions pas les seuls dans des vieilles caisses, je découvrais alors une activité professionnelle absolument fantastique consistant à aller revendre les bagnoles trop vieilles pour la belle Europe à des Africains qui leur donneraient une seconde jeunesse. Prime à la casse.
Les mecs finançaient ainsi leur voyage. J'ai l'impression que le monde a de moins en moins de rêves d'aventures accessibles à offrir. Le sac à dos s'est répandu comme une trainée de poudre dans les années 90', et pour éviter les circuits mainstream, il faut vraiment se creuser les méninges.
Soit on opte pour le (pseudo) danger, Iran, Birmanie, Afrique, soit on va faire le guignol en Arctique (bonjour Monsieur le porte-feuille). L'homme civilisé occidental a bientôt pris possession de tous les joyaux accessibles de la Terre pour les pourrir de sa présence. Les choses évoluent et comme le Dakar n'est plus qu'une course médiatique, le voyage devient un billet d'avion + hôtel dans de plus en plus d'endroits du monde.

mercredi 23 décembre 2009

Les petits plaisirs solitaires du voyage...

Je ne peux plus bloguer du boulot, en fait je ne suis plus censé surfer du boulot, nous sommes à présent monitorés, qu'on nous a dit... Le nouveau chef veut marquer son territoire, libre à lui.
Hier matin, las d'écouter la radio, j'ai remis mes quelques chansons de Nagabuchi, histoire de me donner un petit sentiment de nostalgie japonaise de voyage et ça a marché.
Je m'amuse toujours de ces souvenirs qui reviennent en tête quand on appuie sur le bouton nostalgie. Des souvenirs souvent inattendus, pas vraiment les plus marquants, parfois même des souvenirs complètement anodins, qui ont une saveur incroyable quand on est dans sa bagnole en train de rouler dans la neige vers une journée de boulot habituelle.
Hier, j'ai pensé à mon trajet en car de Tokyo à Kyoto, la recherche du point de départ du car, l'attente, la cigarette solitaire, adossé à un gratte ciel, observant les autres voyageurs.
En fait j'ai repensé à l'aller et au retour, j'ai senti à nouveau le spleen du retour à Tokyo, la petite tristesse de voir ma petite escapade solitaire d'homme marié se terminer, de voir se rapprocher à grands pas la date du retour au pays.
Je sais pendant mes voyages que chaque moment doit être apprécié et je tente de vraiment profiter de tout, car tout a une saveur particulière lorsqu'on est de retour à vie normale.
Ne pas s'ennuyer, ne pas vouloir plus, non, l'ennui peut être bon, ne rien faire, observer, attendre, tout cela est enrichissant lorsqu'on voyage.
Mes voyages m'ont appris à laisser passer le temps, à s'amuser de l'inaction. En France, je suis impatient, nerveux, je dois absolument faire quelque chose, je n'arrive même pas à faire la sieste; en voyage, je peux être assis en face d'un beau paysage ou en plein milieu d'un ville à écouter un chanteur de rue tout en regardant passer les gens.
C'est là que je me suis le plus approché du bonheur, et malheureusement, dans ma vie quotidienne de travailleur, je suis incapable de retrouver ces sensations...
Internet, télévision, téléphone, journal, radio, conversations, je suis toujours occupé à quelque chose.
Alors dans ces moments de nostalgie voyageuse j'essaie de retrouver ces sensations de jouissance si simple afin de ne pas les oublier, à défaut d'être capable de les reproduire...

lundi 16 novembre 2009

La solitude du retour

Le retour de voyage est un moment assez spécial, on est partagé entre la tristesse de voir se terminer une période aventureuse et excitante et le plaisir de revoir les siens, des souvenirs pleins la tête.

Pour moi, un voyage est une immersion dans un univers différent, à la différence des vacances qui sont la visite d’une région ou d’un pays sans autre prétention que le tourisme.

Lorsque je rentre d’un voyage, ma perception des choses est toujours plus ou moins altérée, voir un pays étranger de près, commencer à le comprendre remet en cause certaines certitudes que j’avais avant de partir.

J’espère donc toujours pouvoir partager mon sentiment avec mes proches, raconter, donner mon opinion, comme je peux le faire sur ce blog.

Ce n’est naturellement pas essentiellement politique, il peut s’agir des femmes, de la cuisine, des relations humaines, etc…

Et même si le temps m’a appris à trier ceux qui peuvent écouter et s’intéresser de ceux qui en sont incapables, je suis quand même à chaque fois confronté à des réactions qui me désolent.

Mon dernier retour du Japon et les discussions que j’ai pu avoir avec certains amis à ce sujet ont généré des réactions très étonnantes.

Si je parle de façon dithyrambique des femmes, de la cuisine, du service au Japon ou que je décris positivement la situation économique du pays, je me heurte souvent à un mur.

Un mur construit avec du rien, car les personnes se cachant derrière ce mur sont ceux qui ne connaissent pas grand chose du Japon et ne s’y intéressent pas particulièrement.

J’ai l’impression qu’il est difficile à certains d’accepter que l’herbe puisse être plus verte ailleurs, que les femmes puissent être plus sexy ailleurs, que d’autres systèmes économiques puissent également fonctionner, qu’un vendeur ultra poli ne soit pas forcément la victime d’une hiérarchie tyrannique, que nous ne soyons pas les rois absolus de la cuisine, avec nos voisins italiens.

Tout cela reste très subjectif, mais à la question :

« La nourriture était comment ? »

Je réponds que pour moi la nourriture japonaise est au dessus de toutes les autres en voulant bien sûr argumenter, car il y a des raisons à une telle affirmation.

Mais plusieurs fois, je me suis heurté à un :

« Non, c’est pas possible, la cuisine française est la meilleure…»

Pareil pour les femmes, quand je confie à certains amis que les femmes japonaises se mettent physiquement en valeur comme je ne vois pas les européennes le faire, je me heurte à une réponse merdique:

« Ouais mais toi, t’aimes les asiatiques ! »

Et des exemples comme ça j’en ai un paquet…

Je prends cela comme un manque total de considération pour mon intelligence, mon sens de l’observation et du jugement et surtout une volonté de défendre les couleurs occidentales qui ferme la porte à une perspective nouvelle et donc par définition intéressante.

En fait, face à ce genre de réaction, je clos généralement le sujet (sauf quand je suis bourré et que je m’emballe…), et mon interlocuteur ne saura donc jamais ce qui m’a poussé à affirmer ces choses qu’il ne peut accepter. Et en fait il s’en fout.

Je trouve cela triste et souvent en en décalage avec l’intelligence des certaines de ces personnes, mais si la défense du patrimoine français ou même européen est plus important que l’écoute d’un avis nouveau, tant pis.

dimanche 1 novembre 2009

Retour à la réalité

Ca y est, j'ai retrouvé le froid et le brouillard de ma haute Savoie, mon salon est inaccessible, repli des 52 kg de bagages qu'on a tant bien que mal réussi a faire passer sans payer de surcharge.
Des notre escale à Vienne, j'ai pris conscience du retour a la réalité quand j'ai innocemment voulu acheter deux bouteilles de Bombay Saphire et Havanna Club. J'espérai un sourire, je n'ai même pas eu un regard, j'ai donc traité la grosse vendeuse autrichienne de salope, mais elle ne comprenait pas le français et ma femme m'a dit de fermer ma gueule.
Fini l'orgie consommatrice du Manu, fini le tout pas cher, bienvenu au pays du client qui emmerde, y'a pas idée vraiment d'aller dans un magasin forcer le ou la vendeuse à lever son gros cul de son tabouret pour prendre un bout de salaire!
Je suis donc de retour, mes amis dorment encore pendant que je lutte avec mon jet lag qui m'a ouvert les yeux dès 3 heures du mat'.
Je me prépare aux questions traditionnelles de la plupart de mes collègues de bureau...
"Tu as mangé des Sushis?"
J'hésite encore sur la position à adopter, l'ironie, jouer le jeu, on verra...
Je vais essayer de garder mes nouvelles résolutions bien présentes dans mon esprit, essayer de partager mon expérience oralement aussi bien que j'ai pu le faire par écrit sans pour autant sentir mon interlocuteur mort d'ennui au bout de 5mn.
Pour les photos, Facebook est vraiment un outil sensationnel, je peux montrer mes photos sans avoir à supporter le regard désintéressé de mon pote qui compte les photos restantes en espérant que ça se finisse vite. Je les uploade et j'ai même droit à quelques commentaires rigolos inattendus.
Je vais certainement vite oublier à quel point les femmes sont belles là bas et à point les hommes japonais sont chanceux. Je n'aurais plus à lutter pour éviter de laisser mon regard s'aventurer vers des zones sensibles... Ca va me manquer!
J'espère que mes amis japonais resteront mes amis jusqu'à ma prochaine visite et j'espère que le pays ne changera pas (trop).
Je veux continuer à voir cohabiter les hostess clubs avec les Patchinko, que presque rien ne soit indiqué en anglais que ces adorables gens continuent à me regarder avec ce si agréable et doux mélange d'indifférence et de curiosité.

samedi 24 octobre 2009

Hirai Ken et la rigidite politique


Je suis un peu fatigue d'avoir fait la bringue avec de nouvellement rencontre(e)s japonais(es), alors j'en profite pour me reposer un peu avant de continuer a arpenter les rues d'Osaka ou je suis arrive ce matin avec très peu d'heures de sommeil derrière moi.

Tout d'abord, a défaut de vous montrer ma photo, j'ai vous présenter mon sosie japonais, Hirai Ken, je commence sérieusement a y croire, a cette ressemblance, car outre ma femme et ses amies il y a 6-7 ans déjà, avant hier soir une jolie Japonaise m'a fait la même remarque tout de suite confirmée par le barman avant qu'un ami a eux me dise exactement la même chose 1 heure plus tard.
Cela sonnait comme un compliment dans leurs bouches et au vu de la photo, je le prends comme tel.
J'ai donc quitte Kyoto et ses occidentaux pour me retrouver a Osaka la Marseille japonaise!
J'ai d'abord rapidement voulu quitter l'ancienne capitale nipponne et ses temples car mis a part ceux-ci, la ville ne m'a d'abord pas plu du tout.
C'était avant qu'un chanteur de rue me fasse découvrir pendant 2 heures toute une panoplie de Rock japonais des années 70 a aujourd'hui et que des touristes américains lui filent plus de fric après l'avoir pris en photo que la plupart des passants l'ayant écouté... Il s'est bien marré mais ils ont du prendre cela comme un remerciement.
C'était également avant que je trouve mon bar cache bon marche et que je m'éclate avec des jeunes a picoler et chanter au Karaoke.
Osaka me plairait, on dirait Tokyo, sauf que les gens d'ici sont plus bruyants, moins peureux et moins timides, plus rigolos, je les adorais quand ils venaient a mon stand.
Bon c'est pas un blog de voyages alors je vais faire mon petit philosophe a défaut de faire mon politicard.
Mon ami Fabrice est toujours la pour me signifier mon incohérence politique des qu'il en trouve l'occasion, il a bien raison et vise souvent juste.
En fait le blogage, la conscience politique si développée en France m'enferme dans une espèce de rigidité de pensée a laquelle seul le voyage me permet d'échapper.
Gauche, droite, socialisme, libéralisme, réactionnaires et c...
Je suis le premier a affirmer des grands principes, qui dans l'absolu sont ceux qui collent a ce que je suis, mais l'absolu n'est pas la vraie vie, et le fait de sortir mon cul de mon pays et des ses petits ou grands problèmes me rouvre les yeux, a savoir qu'une vérité n'est pas universelle, on peut être heureux a bosser comme les japonais le font et on peut être malheureux a 35h et 25 jours de CP. Ce n'est qu'un exemple.
Je suis suis sensibilise par les problèmes écologiques a venir et quand mon épouse me fait remarquer que je gaspille plus qu'elle et que, en gros je n'ai que de la gueule, je lui sors les grands principes français, c'est a dire: c'est la faute au gouvernement et aux Américains, mais moi-même je ne fais que le stricte minimum.
Ici, les gens ne se forcent pas il respectent les règles, on trie, on économise l'eau, on réutilise au mieux les sacs plastiques et autres.
En fait ma sensibilité politique reste la même, mais je ne veux plus être enfermé dans un sectarisme politique qui est la spécialité des blogueurs politiques.
Il existe beaucoup de formes de bonheur, beaucoup de types de société, ni Marx ou encore Hayek ou je ne sais, qui ne détiennent de vérité absolue.
Tout ca me donne envie d'arrêter de décortiquer l'info pour ramasser des commentaires et des liens...

vendredi 23 octobre 2009

Sento et petit truc que j'ai au Japon

Je reviens de ma premiere experience d'un Sento, et c'etait genial, tu ouvres la porte des hommes et te retrouves immediatement face a une bandes de vieux japonais a poils quelque peu surpris de voir arriver un Gaijin dans un endroit pas du tout touristique. Bon j'ai plus 13 ans, donc je me mets a poil, le taulier me file une serviette et du savon et je rentre dans l'espace bains.
La, meme accueil un peu stupefait, mais vite, je deviens aussi invisible que les locaux, je m'assieds sur un petit tabouret en plastique, en face d'une mini douche et de 2 robinets et je commence le nettoyage(necessaire apres 4 jours de voyages!) de fonds du corps tout puant, en terminant par les dents et le rasage.
Je prends mon temps, il fait bien chaud, et je sais que les bains m'attendent juste a quelques metres...
Le premier bain est un jacuzzi avec une eau vedatre tres chaude, je suppose qu'ils mettent des herbes, un pur bonheur.
Ensuite, je passe au suivant, et je ne prends une mini decharge, je ne connaissais pas, j'essaie de rester quelques minutes, maisle coup de jus vivifiant, c'est pas trop mon truc.
Le dernier bain est bouillant, vraiment bouillant, je suis en sueur.
Je refait un tour en evitant le coup de jus et je sors frais comme un gardon!
Ils sont incroyables ces japonais, les petites choses de la vie se transforment en plaisir incroyable, le repas, la douche/bain, on prend son temps, les gestes comptent, la finalite n'est que la finalite, les geste, le pendant, l'avant, sont aussi importants sinon plus.
Quand tu manges, tu trouves le plat magnifique, la disposition des assiettes, les couleurs, la maniere de melanger les differentes petites gourmandises, en plus tu sais que ce que manges est bon pour la sante, le gout est fin, les textures sont nouvelles toutes differentes.
Manger est ici une experience qui n'a rien a voir avec ce que nous connaissons en Occident, elle est autrement plus complete.
Les bains suivent a peu pres le meme concept, il y a des etapes, c'est un plaisir avant tout et non pas une habitude rapide avant de se coucher ou de se lever.

Sinon je voudrais raconter une petite bizarrerie que je ressens depuis mon arrivee.
Je ne supporte pas la vue d'un Gaijin, ni les jeunes, ni les vieux, ni les beauf, ni les backpackers, aucun.
Je fuis systematiquement ces yeux qui cherchent les miens quand j'en croise dans la rue pour un instant de complicite tout pourri entre un gros proc de l'Iowa et moi.
Le truc, c'est qu'a Tokyo, il y a tellement de monde, que les touristes passent inapercus, ici a Kyotos, ils sont partout, les commercants essaient trop souvent de baragouiner de l'anglais alors que je leur adresse la parole en japonais, au MacDo on retourne la carte pour que tu puisses voir celle en anglais, les gens de cette magnifique ville ont pris l'habitude de la presence de ses nombreux touriste non japonophones.
Sympa me direz-vous, peut-etre, mais ce que j'aime ici c'est justement le fait de me retrouver immerge dans un monde qui ne s'adapte pas a moi, c'est moi qui doit imperativement m'adapter a lui, c'est merveilleux comme sentiment.
Il suffit de baragouiner quelques phrases pour reussir a frayer son chemin.
Alors ici, j'insiste, le barman me parle en anglais, alors je lui reponds gentiment en japonais et il est finalement tres surpris et content de voir que sa tache est d'un coup simplifiee.
La fille assiste a cote de moi engage la conversation en anglais, je reponds en anglais pour lui faire plaisir et puis des qu'elle bloque et que j'en suis capable je lui donne le mot en japonais. Et la ses 3 amis, qui ne pipent pas mot en anglais se tournent vers moi et on est parti pour une nuit rigolote a picoler et on finit au Karaoke.
J'ai un niveau tres moyen, et la n'est pas la question, mais si l'on veut vraiment vivre leur monde il faut etre capable de les comprendre, car ceux que j'aime sont ceux qui ne s'interessent pas aux gaijins, je ne suis absolument pas fan de Roppongi et de son troupeau d'occidentaux melanges avec des japonais(es) emerveille(e)s par le leurre occidental.
Donc, et il y a surement aussi une histoire d'ego la dedans, je veux etre un non touriste, je ne veux pas sympatiser, meler au troupeau.
Il y a aussi une autre raison, j'ai travaille pendant 2 ans et demi comme vendeur de rue a Tokyo et je n'oublierai jamais les attitudes (trop) souvent dedaigneuses et hautaines de ses connards avec leur sac a dos ou valises et appareils photos qui pensent connaitre le pays et voir en moi un mort de faim qui fait son beurre sur la misere du monde tout en me considerant comme un presque bandit, un presque meteque et en chuchotant des petites choses desobligeante qu'un meteques non anglophone n'est pas sense comprendre.
Ces petites choses font que j'ai un petit truc qui cloche avec le gaijin de base, le gaijin qui enseigne l'anglais, le gaijin voyageur, le gaijin G.I.
Voila.

jeudi 22 octobre 2009

La consommation et la crise au Japon

Finalement, je reprends du service, mais pas d'accents ni de cedilles, pardonnez moi...Depuis que je suis arrive au Japon, chaque personne aue je revois et avec qui je passe du temps, me dit au moins une fois que la situation est tres difficile, la crise les frappe de plein fouet, il n'y a pas de boulot, les salaires baissent, et on en a encore pour au moins deux ans de chute de l'economie. Je ne suis qu'a moitie surpris car j'entendais a peu pres la meme au sujet de ce pays lorsque j'etais encore en France.Par contre, ce qui me surprend, c'est que personne de mes amis ou amis de ma femme n'a perdu son emploi, au pire on leur a sucre leurs bonus, pas de chomage partiel, toujours autant de gens pour te servir au mieux, toujours les memes jobs etonnants comme les indicateurs de places de parking nocturnes, et toujours autant de frenesie consommatrice.Je pose alors une question logique, a savoir quel est le taux de chomage, et on me repond 5%, avec un regard desespere...Quand je leur decris notre beau pays la France, j'ai l'impression au'un mythe s'effondre, le pays du savoir vivre et de l'art serait-il encore plus dans la merde que le pays du boulot et de la consommation? (entre autres biensur ;)...)J'ai une vision quelque peu differente de la societe de consommation depuis mon arrivee ici, moi l'anti-surconsommation, je prends un plaisir incroyable a achter, je passe ma journee a distribuer mes yens, et j'aime ca. Pourquoi?La premiere raison est dans le prix, moins cher qu'en France (avec de meilleurs revenus), la crise a provoque une chute des prix phenomenale, c'est les soldes 365 jours par an, je demande bien pourquoi on n'y a pas droit nous autres francais... Mais bon.Il y a aussi, le service. J'ai l'impression que cela ne s'invente pas, et on en est loin.Que vous achetiez une television ou un paquet de clopes dans un grand magasin repute ou en mini marchand de tabac, vous avez droit a toute une serie de questions, de petites attentions, on vous remet poliment l'argent, on vous sourit, on vous souhaite systematiquement la bienvenue, on vous dit toujours au revoir, que vous achetiez ou non. Si vous voulez une information, le plaisir est pousse a l'extreme, le vendeur fera tout pour vous satisfaire, il se mettra en quatre pour repondre ou trouver ce que vous cherchez.Vous avez probablement deja demande si un magasin avait un T-Shirt d'une taille que vous ne trouviez pas en rayon, et on vous certainement souvent repond par un:"Il n'est pas en rayon? Alors y'en a plus", sans que la personne ne bouge son cul.Et bien la, la requete provoquera une recherche poussee et 1 fois sur 2 il vous ramenera ce que vous recherchez de derriere les fagots, et sinon les excuses mettent presque mal a l'aise.Voila pourquoi j'ai un plaisir immense a achter ici alors qu'en France je suis un rat, et je garde CHF et Euros dans mon slip.Dire que leur systeme fonctionne mieux que le notre je ne suis pas loin de le faire, mais la duree du travail est quand meme un obstacle non negligeable.Encore que la crise a du bon, car mon beau frere m'a raconte avec desespoir que sa boite interdisait les heures supplementaires...

dimanche 24 mai 2009

La corruption de bas en haut

Hier après midi, j'ai passé mon après midi sur un balcon, pas de bière, pas de drogues, juste du coca et on discutait voyages.
C'est très agréable de discuter voyages, tu te replonges dans des souvenirs uniques et inoubliables en partageant ce moment avec quelqu'un qui comprend tes émotions.
Un type d'expérience est ressorti assez souvent de nos récits respectifs, c'est la rencontre avec la corruption, le bakchich.
Que ce soit en Afrique sub-saharienne en Inde, sans une moindre mesure en Asie du sud-est, nous avons tout deux été confrontés au bakchich.
Après coup, ce sont de bons souvenirs, comme tout évènement difficile sur le coup qui se transforme en expérience inoubliable avec le temps.
Payer un douanier malien après 4h de négociations alors que tout est en règle simplement parce qu'il a décidé d'arrondir ses fins de mois, payer un contrôleur de train indien parce qu'il a décidé que votre billet pour un voyage de 54h ne vous donnait pas droit à une place assise alors qu'en fait c'est le cas et c...
En réfléchissant à la question après coup, j'ai réalisé que ces petits évènement faisaient en réalité partie d'une maladie qui gangrène les pays pauvres. On peut se dire que débourser quelques dollars par ci par là dans un pays pauvre, cela fait partie du jeu, mais c'est la base de tout un système de corruption qui monte jusqu'aux Omar Bongos et empêche le pays de se développer.
Un pays produit des richesses, ses richesses vont dans un budget de l'État et sont reparties et redistribuées pour permettre au pays un développement équitable. Mais la corruption, c'est que cette richesse est ponctionnée tout au long de son cheminement pour finalement ne plus être redistribuée du tout.
Et on arrive à des situations catastrophique comme en Afrique où certains pays ont des richesses naturelles exceptionnelles (diamants, gaz, pétrole...) mais où les gens crèvent de faim et où la misère amène la violence, la guerre et c...
Certains diront que j'enfonce des portes ouvertes, c'est sûr, mais de temps en temps, il faut.
On crie contre la guerre, mais un des pires cancers du monde, c'est la corruption.
Sans elle, la misère serait peut-être anecdotique...

mardi 12 mai 2009

Cul mouillé ou cul sec?


Mon dernier billet sur l’Inde et ses visiteurs israéliens a contribué à une grande discussion hier soir avec un ami et ma femme au sujet des toilettes asiatiques, en particulier japonaises et puis nous avons dérivé sur les différentes méthodes de nettoyage fessier que nous avons pu expérimenter durant nos voyages respectifs.
Sont ressorties de nos échanges quatre méthodes principales que je vais vous détailler dans ce billet.

- La première vous est familière, c’est la méthode occidentale, je ne vais donc pas
m’attarder dessus. Il s’agit bien évidemment de la méthode PQ, parfois agrémentée d’un deuxième papier humide pour rafraichir la zone traitée après nettoyage.
C’est basique, c’est la culture occidentale, malheureusement la partie tissu humide est assez rare, vous la trouverez peut-être dans certains foyers féminins.
- Une autre méthode, ma préférée, est la méthode japonaise, les toilettes high-tech.
Imaginez mon étonnement quand je m’assieds pour la première sur un trône japonais chez mes beaux-parents en devenir et que je m’assieds sur une lunette chauffée et que je découvre tout un arsenal technologique sur le bord de l’engin.
Des boutons, des choix multiples, le dessin d’un petit bonhomme et d’une petite femme, la possibilité de changer la température, enfin bref, même si notre méthode traditionnelle occidentale est disponible avec un joli rouleau de PQ sur la droite, la première expérience d’un chiotte japonaise pique la curiosité…
Bien entendu, je me suis laissé aller à presser le bouton homme, et stupéfaction un petit jet d’eau de puissance moyenne est venu me chatouiller l’anus. Je m’attendais à quelque chose mais là, j’ai été surpris…
Mais après quelques séances d’initiation, vous prenez le coup de main et c’est d’un confort incroyable. Quelques petits mouvement circulaires du bassin vous permettent de traiter une surface plus ou moins large, et il suffit à la fin de sécher la zone de travail avant de renfiler son pantalon.
Mais l’être humain est curieux, et après s’être habitué à cette nouveauté technologique une envie pressante et obsessionnelle se fait sentir…
Il reste un bouton inexploré, le bouton femme…
Malgré la peur, j’ai fini par le presser, et ma surprise fut cinglante! Le jet s’est dirigé directement vers les valseuses qui pour le coup, portaient bien leur nom.
Ce fut ma dernière expérience du jet féminin.

- Les deux dernières méthodes se ressemblent, l’une étant un poil plus moderne que l’autre. Je commence par la méthode thaïlandaise qui consiste en un pistolet jet d’eau qui remplace le PQ sur la droite du cabinet. Pas de surprise, on comprend assez ce qui se passe si l’on appuie sur la détente, le problème qui se pose au novice c’est que l’on ne comprend pas pourquoi il y a une espèce de karcher dans les chiottes… Mais bon, les thaïlandais sont très serviables et ils vous expliquent rapidement d’un ton amusé le pourquoi du comment. Ensuite, c’est un jeu d’enfant, au début on en met partout, mais l’expérience et l’entrainement font rapidement de vous une fine gâchette.

- La dernière méthode est très archaïque, c’est la méthode que j’ai découvert en Inde, mais elle est pratiquée un peu partout dans le monde. C’est la méthode de la bouteille ou du seau d’eau. Lors de ma première visite d’un chiotte indien, j’ai vite compris que tout ne se passerait pas comme prévu, pas de PQ…
Fort heureusement mes expériences japonaises et thaïlandaises m’ont préparé à l’éventualité d’un nettoyage par l’eau et j’ai donc rapidement compris la raison du seau sous le robinet à côté du trou. Car cette méthode implique des toilettes à la turque…Je vous expliquerai pourquoi bientôt.
Cette méthode a l’air assez dégoutante, surtout que les voyages en Inde demandent à votre estomac un temps d’adaptation long, contraignant, liquide et incontrôlable.
Vous devez donc organiser vos mains, en général la main gauche est la main du nettoyage anal, et des tâches ingrates, tandis que la main droite est réservée à l’alimentation, la cigarette, la poignée de main et c…
Mais ne vous méprenez pas, votre main gauche n’est jamais vraiment sale si vous utilisez une quantité d’eau suffisamment abondante.
Pour ne rien vous cacher, après plusieurs années en Asie dont les 3 derniers mois en Inde, je n’avais aucune envie de revenir à la méthode occidentale, mais faute de jet ou de toilettes high-tech, j’ai testé la méthode de la bouteille… Et le résultat, c’est qu’il faut nettoyer le sol parce qu’on fout de l’eau partout.
Méthode indienne=chiottes turques obligatoires!

Quand un jour, j’achèterai mon logement, la décision de la technique de nettoyage post défèquement sera délicate, si les moyens me le permettent, j’opterai pour la méthode japonaise bien entendu, mais si je reste réaliste je crois que la méthode thaïlandaise est un excellent compromis.
J’espère que vous aurez appris quelque chose aujourd’hui et que les occidentalistes auront compris qu’il y a beaucoup à apprendre en Orient, car clairement étaler la merde est très certainement la moins bonne méthode.

lundi 11 mai 2009

Shalom India

Shalom India

C'est le nom d'un documentaire que j'ai regardé hier soir sur Arte, comme quoi le hasard du zapping peut apporter d'agréables surprises. J'avais déjà tenté d'exprimer mon ressenti de la jeunesse israélienne, mais ce n'était pas vraiment une réussite, je conseille donc aux intéressés le visionnage de ce documentaire. Il a été réalisé par Yoav Shamir, que je ne connaissais pas mais dont je vais m'empresser de voir les autres œuvres.
Ce film décrit cette phase par laquelle passe une majorité de jeunes israéliens après leur service militaire, phase qui les conduit à voyager un peu partout dans le monde, en particulier en Inde et c'est là, le sujet du documentaire.
J'ai moi-même voyagé plusieurs mois en Inde et côtoyé de très près cette jeunesse, que ce soit en Inde, en Asie du sud-est, au Japon ou en Israël. Ce documentaire est axé sur le traumatisme de l'armée et de la guerre qui amène une fuite de ces anciens soldats vers tous ces paradis dont regorge la terre. Pour ma part, je n'ai jamais rencontré quelqu'un de traumatisé par la guerre, et je pense que ce serait une erreur de comparer ce syndrome à celui des anciens combattants du Vietnam ou de l'Algérie.
La plupart d'entre eux n'ont ni tué, ni torturé, ni assisté à des scènes traumatisantes telles que la violence envers des femmes ou des enfants ou le meurtre de civils. Toutefois, la plupart fuient leur pays, ils le fuient pour quelques mois, quelques années ou pour toujours. Je me suis demandé pourquoi...
Certains le rejettent, rejettent la violence qui l'entoure, mais comme j'ai déjà pu le dire dans un autre billet, la plupart parlent d'Israël avec un amour inconditionnel, que je n'ai jamais ressenti chez d'autres populations.
Par contre, je suis persuadé que tous veulent fuir cette lourde atmosphère qui règne en Israël, l'armée, le terrorisme, l'économie difficile, donc le chômage, la précarité.
Alors passer d’une difficile réalité à un monde de rêve, lent, savoureux, dans un cadre sublime entouré d’indiens totalement différents dans leur approche de la vie.
On aime ou on déteste, mais si on aime, on a du mal à revenir à sa réalité occidentale matérialiste, stressée et oppressante.
Moi-même, sans l’influence responsable de ma femme, j’y serais peut-être encore...
L’indien ne se fâche pas facilement, je dirais qu’il est flegmatique à l’extrême, et ce flegme énerve avant de fasciner l’étranger voyageur.
Se perdre dans ce pays n’est pas bien difficile, on peut vite s’enivrer ce mode de vie « Shanti Shanti », et le fait que le Charras soit à l’Inde ce que le vin rouge est au sud-ouest, accentue fortement cet enivrement…
Comme on l’explique dans le documentaire, les israéliens migrent à travers l’Inde selon les deux grosses saisons, entre Goa et les régions de l’Himalaya, les fêtes Trance du sud et le calme isolé du nord.
Goa et ses fêtes, la plage, les drogues, la liberté, pas d’œil parental pour vous juger…
La drogue est un vecteur important de la perte de ses repères, et elle est omniprésente, les drogues dures dans le sud et le Charras partout, tous les jours.
Le film montre beaucoup d’image de gens fumant le Chillum de bon matin, ou dansant sous ecstasy.
Maintenant je ne vais pas me muer en adulte bienpensant et moralisateur, je laisse ça aux réactionnaires.
Je voudrais simplement revenir sur les Beit Chabad ces maisons d'accueil religieuses, j'en ai vu partout ou je sois allé, et dans les lieux les plus insolites.
C’est un lieu où l’on vient se recueillir, manger, retrouver les siens, demander assistance, ce sont des espèces d'ambassades humanistes et religieuses. Car elles sont bien sûr religieuses, le Chabadnik essaiera bien sûr de ramener le jeune israélien dans le chemin de la foi. Mais au moins il est là, et il aide.
Cela me ramène à un thème que j’ai déjà évoqué il y a quelques temps, celui du sentiment d’appartenance à une communauté.
En tant français, s’il vous arrive des merdes, vous êtes livrés à vous-même, ne comptez pas trop sur les ambassades ou l’Alliance française, vous seriez déçus...
Si vous êtes israéliens vous êtes important, on ne peut laisser se perdre la jeunesse du pays aux quatre coins du globe. Le bouche à oreille permet aux Beit Chabad de venir en aide aux perdus du voyage, permet à Hilik, l’étrange ancien membre des services secrets chargé par le gouvernement de ramener les jeunes qui ont pété un plomb et qui se mettent en danger. Chaque citoyen mérite attention et aide.
Cela ne peut qu’accentuer le sentiment d’appartenance à la nation.
Je m’éloigne du sujet que je voulais traiter initialement, celui du traumatisme de l’armée, je me suis laissé envahir par mes souvenirs, ça arrive...
Je dirais qu’une génération entière est en train de connaitre la guerre et l’occupation, la violence, et cela laisse des marques.
Pour éviter cela on peut tenir le discours de plus en plus utopique de la Paix, mais bon, j’y crois de moins en moins à court ou moyen terme.
Sinon, vous aurez ceux qui diront que c’est la barbarie israélienne, le meurtre de civils qui provoque cet exode physique et psychologique, et là on est dans la rhétorique antisioniste de base qui ne mérite pas mon attention.
Par contre toute violence, les armes, la tension, la peur, la pression peuvent provoquer des troubles psychologiques importants, pas grand-chose à faire.

mardi 21 avril 2009

Gaijin da!

Je me suis déjà aventuré dans l’écriture d’un billet sur mon expérience japonaise, et malgré mes réticences et hésitations, je vais me lancer à nouveau.
La moitié de ma vie, j’ai été un étranger quelque part, enfant, adulte, et quelque soit le pays, ce fut une expérience positive pour moi.
En même temps je n’ai jamais été étranger en France…
Je vais m’attarder quelque peu sur le Japon, car c’est sans aucun doute la bas que j’ai pu vivre et observer les relations humaines entre étrangers et locaux les plus étonnantes.
Les sentiments se mélangent, ils évoluent au fil du temps, au fil de la compréhension du peuple qui nous accueille.
J’ai d’abord été amusé par leur gentillesse, leur timidité, leur curiosité, leur peur.
C’est un sentiment bizarre que de faire peur à quelqu’un pour la seule raison de son appartenance ethnique. C’est même gargarisant quelque part, mais dérangeant sur le fonds.
Ces sentiments que l’on éprouve dans un pays étrangers évoluent, la timidité, la curiosité et la peur ont commencé à m’énerver ? Je me suis mis à comparer ces comportements avec ceux de mes semblables occidentaux (ce terme me fait marrer depuis la dernière guerre des blogs…), à les mépriser un peu…
Ce n’est pas glorieux, mais je vous garantis que la vente de rue est une activité professionnelle très éprouvante !
Et puis vint le temps de la compréhension, pourquoi diable sont-ils différents?
Le temps et l’ouverture d’esprit permettent de comprendre son hôte, et c’est pour une étape fondamentale à une intégration réussie.
Pour ma part, j’ai eu très peu d’amis japonais, en dehors de ceux de ma femme, d’ailleurs elle a aussi peu d’ami(e)s français depuis qu’on est ici… Elle n’est peut-être pas si facile à surmonter, la barrière culturelle…
Bref, peu d’amis japonais, ou alors des mecs un peu barrés, et sortis du chemin « normal ». Beaucoup d’amis israéliens, communauté oblige…
Et là j’en entends certains dire que je ne voulais pas m’intégrer, communautarisme et tous leurs autres gros mots…
Et bien, je n’ai pas l’impression d’avoir été une plaie pour ce pays, j’ai amusé beaucoup de gens, j’ai essayé de respecter leur culture, leurs traditions, leurs habitudes comportementales. J’ai appris la langue tant bien que mal, mais bon je ne suis pas japonais, et quoi que je fasse, ça se voit sur ma gueule !
Car j’ai eu droit à mon lot de surprises (vulgairement appelé racisme par ici).
Le métro bondé avec une place assise éternellement libre à côté de moi.
Les personnes me fuyant quand je leur demandais une information
L’appellation naturelle pour eux : Gaijin (étranger), mais choquante par chez nous.
Et même de vraies insultes raciales par un mec bourré !
Les contrôles de police quasi systématiques, délit de faciès absolu !
Honnêtement je n’ai jamais été affecté par rien de ce que je viens de vous lister.
Ce n'était pas agressif, loin de là et c'était très certainement pas méchant, plutôt une forme maladroite d'exprimer son malaise ou sa peur.
J’ai vite compris que ce peuple était tiraillé entre leur profond attachement à leur riche et ancestrale culture et une étonnante envie d’être libre comme nous.
Un peuple tiraillé qui aujourd’hui est malheureusement un peu perdu entre tradition et Macdonald.
Et puis ne surtout pas oublier, à leur décharge que le nombre d’étrangers avant les années 80’ se résumait aux nombre de GI’s dans leurs bases…
Tout ça n’est que mon sentiment issu de mon expérience, et très certainement que chacun vivrait cette expérience différemment.

Je ne suis pas un expert des lois sur l’immigration au Japon, mais ce que j’y ai observé m’a beaucoup influencé.
Le Japon a un énorme pouvoir d’attraction, c’est un eldorado asiatique, vous y trouverez des philippins, coréens, chinois, indiens, pakistanais, iraniens, nigérians, israélien, et beaucoup d’occidentaux.
Il y a donc une forte demande d’immigration.
C’est une île, surpeuplée et historiquement, on ne peut pas dire que l’ouverture au monde soit leur fort…
J’ai donc vu des lois strictes, même très strictes et surtout… Appliquées !
Essayez donc de dépasser la durée de votre visa, pour déconner… Prison, interdiction de séjour.
Par contre, quand j’ai entrepris mes quelques démarches pour prolonger mon visa, j’ai été content de me voir traiter humainement, normalement. En fait, je n’ai pas vraiment relevé.
Je m’en suis souvenu le jour où j’ai entrepris des démarches similaires pour mon épouse dans notre beau pays la France.
J’ai compris à ce moment à quel point le dédain peut vous remplir de haine.
Le respect est une notion importante, au Japon, j’ai eu droit au respect, que ce soit avec l’immigration, la police ou les gens.

En France, nous avons vu nos droits bafoués, nous avons été traités comme des chiens illégaux dans la préfecture de Bobigny, nous avons été traités comme des coupables par la Police. Point de respect par ici.
Et le plus drôle, c’est qu’ici nous avons toujours été dans le cadre de la loi, toujours dans notre bon droit, tandis qu’au Japon je demandais une exception…
Je ne veux pas relancer l’éternel débat sur l’immigration, je vous donne juste mon vécu, qui m’a en partie amené à penser comme je le fais.

lundi 20 avril 2009

Choose not to choose lifem choose something else...

Dans mon billet prédédent, j'exprimais le rejet de notre société à l'encontre des personnes ayant choisi pendant une période donnée de sortir du moule pré-fabriqué dans lequel on nous met dès l'école.
Dans celui-ci je vais aller un peu plus loin.
On parle beaucoup de libéralisme sur ce blog, souvent pour marquer notre désaccord avec la frange libérale de la blogosphère, toutefois, à une époque où la politique ne m'intéressait aucunement, je me serais probablement proclamé libéral si je m'étais intéressé au concept.
J'ai longtemps refusé de m'insérer dans la société, je m'en suis même extirpé progressivement pour finalement quitter mon pays et ne vouloir plus y revenir.
Alors oui, la liberté passe par le travail et je n'ai jamais réussi à échapper à cette obligation.
Toutefois, le monde offre tellement de bonheurs simples mais inaccessibles au sein de nos sociétés "occidentales". Le voyage offre la possibilité de toucher des formes de bonheur simples et envoutant, la nature, la découverte, la communication avec d'autres peuples.
J'ai rêvé de pouvoir éternellement trimbaler mon sac à dos de par le monde sans avoir à posséder, prévoir.
Travailler pour ensuite jouir du présent, c'est un cycle que me convenait parfaitement.... C'était sans compter sur le réalisme de la gente féminine...
Vous allez, à juste titre de parler de rêverie, d'irréalisme.
Mais dans notre monde si avancé, si moderne, si riche, nous avons un impératif, et pas le moindre, c'est celui de se sacrifier sur l'autel du travail, celui de donner un grande partie de son temps, de sa réflexion au travail.
Seulement, la rétribution est maigre, le repos du week-end, un petit voyage de temps en temps...
La finalité n'est pas le bonheur mais la survie, et les petits instants de bonheur ne sont là que pour rendre la partie obligatoire soutenable.
Je vais donc me laisser aller à un petite analyse hautement philosophique, mais notre société nous oblige à nous sacrifier.
Certains me diront qu'ils épanouissent au travail, mais ce n'est malheureusement pas le cas de tout le monde. D'autres ne peuvent pas vivre sans travail, pour ceux là, mon constat est encore pire, ils ne connaissent pas d'alternative au modèle imposé.
Alors vous allez me parler de contribution à la communauté pour récolter les fruits d'une vie en société (sécurité sociale, chômage, services publics) et vous aurez raison.
Je ne vais pas vous proposer un programme de libéralisation des choix de mode vie.
Je me demande simplement pourquoi l'évolution humaine se fait dans cette direction, pourquoi tout passe par le sacrifice, pourquoi le bonheur proposé est un bonheur de consommation...
Pourquoi n'apprenons nous pas à nous satisfaire de peu, pourquoi nous nous éloignons les uns des autres au lieu de nous rapprocher...
Il est 8 heures, j'ai fait mon petit billet philosophique rêveur de mes 20-25 ans et maintenant je peux partir bosser ;)

samedi 7 mars 2009

Nicolas, là où l'herbe est plus verte...

Depuis le début de la soirée, une rumeur bruisse sur la blogosphère politique, les twitts ne cessent de l'évoquer, et le Coucou en parle dans un très joyeux billet : Nicolas est en vacances.

Non, cher lecteur, je ne parle pas de ce Nicolas, en ce moment sous la grisaille de la Bretagne, mais bel et bien de notre président, qui s'est envolé vers le Mexique jeudi soir, pour deux jours de repos, puisqu'il est en visite officielle au Mexique à partir de dimanche.

Depuis le début de sa nouvelle vie avec Carla, le président fait systématiquement ce type de montage : je pars en voyage officiel, et je profite de ma présence sur place pour me faire un petit week-end avec ma douce, généralement avec les caméras, mais cette fois-ci discrètement.

Cela ne te choque pas, cher lecteur, cette utilisation des fonds publics ? Moi, si.

Au passage, il me semble que la Guadeloupe et la Martinique ne sont pas très éloignées du Mexique. Ce serait peut-être le moment, pour le Chef de l'État, d'aller y faire un petit tour, vu le climat.

Enfin, il est vrai que pour la tranquillité des Antilles, mieux vaudrait peut-être qu'il reste sur les plages du Mexique...

Source de la photographie de Cancún ici.

jeudi 19 février 2009

Jeunesse israélienne

En écrivant mon dernier billet et en publiant ce rap sarcastique israélien, j'ai eu envie de vous dire ce que je sais de la jeunesse israélienne.
Le sujet est très vaste, et je ne suis pas un analyste sociologique, je vais donc décrire ce que je sais de ce que je connais.
Je connais Israël, je connais le pays, je connais les gens, je connais la langue.
Tout d'abord j'aimerais revenir sur le fait que c'est un patchwork de familles venues de pays totalement différents, de cultures, de langues, de mentalités parfois totalement antagonistes. En vrac, Irakiens, Turcs, Marocains, Tunisiens, Algériens, Russes, Polonais, Yéménites, Égyptiens, Géorgiens, Éthiopiens, et j'en oublie sûrement.
Toutes ces familles, venues des quatre coins du continent s'intégrant à un jeune pays, devant apprendre la langue et s'habituer les unes aux autres.
Il existe des tensions, principalement entre Séfarades et Russes, arrivés après la chute du bloc soviétique.
Ce n'est pas la jeunesse, j'en conviens, mais je voulais rappeler ce point de détail qui a son importance.
Je vais maintenant vous décrire mon expérience de la jeunesse de ce pays.
On va parler de voyages, de l'armée, de fêtes, de musique.
J'ai été de nombreuses fois en Israël, mais c'est à l'étranger que j'ai pu me glisser dans leur communauté, étant accepté comme l'un des leurs, du fait de ma pratique de l'hébreu.
La première chose marquante est le nombre d'Israéliens de moins de 30 ans éparpillés aux quatre coins du monde avec leur sac à dos et leurs combines.
Que vous alliez en Inde, Asie du sud-est, Japon, Australie, Amérique latine et du Nord, vous ne pourrez les rater. On a même tendance à se plaindre d'eux, ils sont souvent en groupe, et sont bruyants, et on tombe régulièrement sur des petits cons. J'explique ce pourcentage de petits cons dans des coins inattendus, par le fait qu'ils sont tellement nombreux à partir après l'armée, que fatalement leurs "zivas" sont également de la partie, et on les retrouve en Thaïlande ou en Inde, dans les coins touristiques.
Mais vous avez les autres, parfois hippies, voyageant souvent pendant plus d'un an, travaillant à droite à gauche, et s'installant même dans certains pays, comme le Japon.
Ils aiment la fête, vivent à 200 à l'heure.
Je ne peux pas penser autrement que le fait que cette génération des 20 - 35 ans qui a bourlingué dans le monde pour oublier l'armée, pour finalement revenir s'installer dans leur pays tant adoré ait une sensibilité, une compréhension de l'autre plus développée que celle de leurs parents. Quand on voyage, que l'on ouvre les yeux sur le monde, que l'on se mélange avec ce monde, on s'humanise, on sort de cette vision manichéenne que provoque la vie dans un pays en guerre.
J'ai souvent parlé de l'armée avec mes amis de voyage, j'en connais qui étaient Golanis, d'autres qui étaient à Jenine, d'autres au sud Liban ou à Gaza, et je vous assure que ce ne sont pas les soldats sans merci décris dans nos journaux. L'armée est une passage rituel "normal" dans la vie d'un Israélien, c'est l'étape finale avant de devenir adulte, on passe le bac et on fait l'armée, pas d'alternative.
De ce que j'en sais, les jeunes soldats sont très bien encadrés, très étroitement surveillés sur le plan psychologique, le pays se doit d'avoir une armée saine et les jeunes soldats sont aimés, et remerciés. Les gens savent que sans Tsahal, il n'auraient plus de pays. Si Tsahal est aujourd'hui diabolisée, il ne faut pas oublier les quelques guerres régulières que Tsahal a su gagner.
Le cheminement est donc assez simple, on fait l'armée de 18 à 21 ans (20 ans pour les femmes) et on part voyager plus ou moins longtemps avant de revenir, même si certains ne reviennent pas.
Il y a un autre point sur lequel je voudrais insister, c'est l'amour implacable qu'ils vouent à leur patrie. Je suis français, j'ai vécu en Allemagne et au Japon, mais je n'ai jamais vu ça chez qui que ce soit.
Ils ont un attachement quasi-charnel avec Israël, d'ailleurs le terme le plus employé pour nommer leur pays c'est "Haaretz" (comme le quotidien), qu'on pourrait traduire par "le pays". On retourne "au pays", on ne retourne pas en Israël, mais au pays, il n'y a qu'un pays.
Cet attachement viscéral à leur pays, la peur perpétuelle de le perdre, et là je parle de toutes les générations confondues, provoque des réactions démesurées, décriées de ce côté de la Méditerranée. 4ème armée du monde ou non, ils ont vraiment peur de se retrouver sans terre, et la peur a toujours été un facteur de violence. Je pense que si on veut comprendre l'Israélien il faut comprendre ce sentiment de peur. Celui ci n'excuse rien, mais il explique.
Je termine par la fête. Allez faire un tour à Tel-Aviv, et vous vous retrouverez dans une ville jeune, dynamique qui ne connait pas de temps mort.
La mort ou la fête, j'ai l'impression que c'était le leitmotiv des années 90, la drogue, le sexe, tout va vite, c'est l'endroit rêvé pour quelqu'un qui aime aller trop loin.
Mais il n'y a pas qu'en Israël, au Japon, les meilleures fêtes trance sont organisées par des israéliens, idem en Thaïlande ou à Goa (Inde), je ne connais pas l'Amérique latine, mais j'imagine que c'est la même chose.
Partout où ils vont, c'est musique et danse.
Je ne vous cache pas que j'adore ça...

vendredi 13 février 2009

Les occidentaux et les restes du monde

Je vous ai raconté un petit bout de mon expérience japonaise, je vais vous raconter une autre petite histoire, ça me ramène des souvenirs heureux et j'espère que vous en apprécierez la lecture autant que moi l'écriture.
Sinon, tant pis.
Pendant mon petit voyage oriental je me suis retrouvé pendant une quinzaine de jours dans un petit village du Laos, Muang Ngoi.
Perdu entre montagne et rivière Nam Ou, un seul accès par la rivière, pas de goudron ni automobile, quelques groupes électrogènes, on y est véritablement coupé du monde...
Enfin on l'était en 2001, je ne sais pas comment ce havre de paix et de tranquillité a évolué depuis.
Nous vivions dans un guesthouse très basique tenu par une famille adorable, nous passions nos journées à jouer avec les enfants, nous baigner dans la rivière, mon pote aidait une autre famille à construire une extension à leur maison, une expérience inoubliable.
Tout marchait au ralenti, le repas arrivait 2h après la première manifestation de la faim, sans viande, mais avec du Lao Lao, alcool de riz dévastateur mais auquel on s'habitue en cas de consommation quotidienne. Nicolas aimerait...
Les habitants de ce village étaient calmes, souriants, gentils, ils nous invitaient à leur table, nous embrassaient, picolaient avec nous, étaient heureux de nous avoir parmi eux. Ces gens vivaient à leur rythme, avec leurs moyens, ils mangeaient à leur faim, ils nous donnaient vraiment l'impression d'être heureux.
Nous essayions de communiquer, ils ne parlaient pas anglais, sauf 2 ou 3 enfants qui baragouinaient un anglais très mignon enseigné par un voyageur instituteur anglophone qui devait être passé par là.
Nous avions notre petit livre de Lao pour les nuls acheté sur le marché de Luang-Prabang, et on y arrivait, entre baragouinages laotien et anglais.
Un soir de Lao Lao (le fameux alcool de riz), la mama nous a montré la photo d'un américain que tous avaient l'air d'aimer beaucoup, ils nous ont raconté que cet homme était venu un an auparavant, était resté quelques temps avant de repartir puis de revenir avec des photos et ... un frigo!
Nous avions remarqué le frigo, sans nous poser vraiment de questions à son sujet.
Le fameux frigo était installé dans une pièce ouverte faisant office de cuisine, il y avait un trou pour faire du feu, et servait de placard, de garde manger, de frigo si vous voulez mais sans le côté "froid" du frigo... Ben, les quelques groupes électrogènes sont un peu justes pour supporter la consommation d'électricité d'un frigidaire...
On a bien rigolé avec mon pote, en imaginant ce bon vieux samaritain d'américain, plein de bonne volonté, apportant un frigo dans ce village isolé... On n'a d'ailleurs pas encore élucidé ce mystère... Comment a-t-il fait?
Ce que je veux montrer par ce billet est le décalage entre l'occident et certains peuples vivant autrement.
Ces gens vivent depuis des siècles sans frigo, ils pêchent, mangent, ont l'air bien plus heureux que je ne le serais sans doute jamais.
Et là, un occidental arrive avec ses sabots et veut les aider en leur apportant quelque chose dont ils n'ont aucune utilité et qu'ils n'utilisent d'ailleurs pas à bon escient.
Totalement idiot et inutile.
Nous avons tout de même décelé quelques failles à ce bonheur apparent, ces failles ne sont pas dues à leurs conditions de vie, enfin pas directement.
Certains d'entre eux étaient envieux, je pense qu'ils ne savaient pas vraiment de quoi ils étaient envieux, mais ils commençaient à comprendre qu'il existait un autre monde totalement différent du leur et la curiosité est un défaut dur à réprimer.
On a appris que certains avaient tenté l'aventure, étaient partis, sans doute pour se retrouver dans une grande ville où ils ont probablement découvert la misère et la solitude.
Nous sommes tellement sûrs dans notre monde développé, de détenir la vérité, de savoir comment il faut vivre que nous voulons que tout le monde en profite, nous voulons aider, mais bien souvent nous détruisons l'équilibre de ceux que nous voulons aider.
On retrouve cette irrésistible besoin d'exporter notre mode de vie jusque dans les relations diplomatiques mondiales, avec en chef de file les U.S.A ou l'interventionnisme de B.Kouchner.

dimanche 8 février 2009

Les rues de Tokyo



Bonjour, je suis allé manger chinois hier avec ma femme et 2 amis japonais, quand au fil de nos discussions et des différents récits de nos péripéties françaises et japonaises, j'ai raconté une histoire que je vais déposer sur ce blog.
Je crois ce sera mon premier billet tiré d'une histoire vraie vécue par moi...
J'ai vécu quelques années à Tokyo il y a déjà quelques années à essayer de survivre en vendant aux piétons de Shinjuku des bijoux de toutes sortes.
Un emplacement, un stand, et voilà.
Au Japon, il ne vaut mieux pas rater le train, pour ceux qui ratent le train, il y a des cartons, on s'allonge par terre et on se réchauffe avec.
Pour ceux qui ratent le train, le tout n'est pas d'attendre le suivant ou le premier du matin, il n'y en a pas, le train de la société ne passe qu'une fois.
Bien sûr, comme partout il y a les récalcitrants, ceux qui ont trop bu et qui sont resté à quai, titubant, les yeux hagards, le mieux pour eux c'est de continuer dans l'ivresse, on supporte mieux le froid avec quelques grammes de Saké dans le sang.
Vous me direz que c'est la même chez nous, mais je vous assure que le bus de nuit c'est bien pratique, même s'il est moins rapide que le train.
Là où je veux en venir, c'est que lors de mon expérience de travail outdoor, derrière la ligne de la légalité j'ai rencontré de très près ce monde parallèle de la rue, ce monde qui, s'il est marginalisé, existe bien et mène sa vie parallèle tant bien que mal.
Ne vous inquiétez, je ne vais pas vous jouer du violon sur la misère de la rue japonaise.
Au Japon le travail au noir est illégal, le travail sans permis de travail est également illégal.
Le Japon est un pays très stricte, un pote français a mis une claque à un japonais dans un convenience store, il a pris 3 semaines de prison, amusez à dépasser la date butoir de votre visa, c'est le même tarif avec une interdiction de séjour sur le territoire de 5 ou 10 ans.
Bref, ce billet va être long...
J'ai découvert dans les rues de Tokyo, un univers parallèle, un univers fascinant, une économie parallèle permettant aux exclus de toute sorte de survivre dignement, dignement vous vous demandez? Et bien dignement car je n'ai pas vu de charité la bas, je n'ai pas vu de gens faire la manche, j'ai vu des SDF gagner leur vie grâce à cette économie parallèle.
Il y a des stands à Ramen, la soupe aux nouilles, dépliés aux 4 coins de la ville avec table, chaises, cuisinier, il y a les vendeurs de fringues, cintres, porte cintres, et le tour est joué.
Mais il y a mes préférés, les vendeurs de journaux et magazines d'occasion.
Les japonais sont friands de mangas, ils achètent massivement des hebdomadaires énormes remplis de mangas de toute sortes à lire dans le métro.
Nous avons donc toute une chaîne de métiers alternatifs qui s'est formée autour de cet amour pour les mangas.
Un stand, assez grand, avec des centaines de magazines, de journaux, vendus moitié prix. Je vous jure qu'ils font un chiffre d'affaire très important, permettant un emploi à plein temps pour 2 ou 3 personnes.
Les vendeurs sont des exclus de la société, mais ils ne sont ni ivrognes ni drogués, ils manipulent de l'argent, gèrent une caisse, organisent le stand, et doivent parfois affronter la police, mais j'y reviendrai plus tard.
Ces vendeurs gagnent environ 50€ par jour.
Ce système a un double avantage, d'abord celui de donner une activité et un revenu aux démunis mais également l'avantage du recyclage, une activité entièrement écologique!
Nous avons plus bas dans cette chaîne les fournisseurs de ces quotidiens.
Ils écument les rames et les stations de métro, les rues, les poubelles pour ramasser et remplir leur caddy des précieux magazines qu'il revendent ensuite aux vendeurs pour 10 ou 20cts selon la date d'édition, la popularité et l'état du papier. Ces ramasseurs exercent cette activité souvent à plein temps, même s'il existe des intermittents du ramassage.
Quel que soit leur taux d'activité, ces derniers sont souvent très marqués par la vie, l'alcool ou la drogue.
Je les connaissais tous, j'ai passé 2 ans et demi à passer mes journées à travailler dans ces rues, je peux même dire que je me muais régulièrement en employeur.
En effet je ne pouvais absolument pas quitter mon stand et comme le rendre mobile me prenait environ 30mn, je demandais à mes amis les intermittents du ramassage ou de l'aide aux stands, de venir me remplacer, d'aller me chercher à manger, à boire, des cigarettes, en échange d'une pièce, d'un sandwich, d'une boisson ou d'un paquet de cigarettes.
Pas de vol, confiance, incroyable.
D'apparence, ils sont comparables aux personnes que vous voyez dans les rues de Paris ou d'ailleurs, avec le bout de carton maladroitement griffonné demandant une pièce pour manger, vous voyez?
Nous étions plusieurs stands par quartier, tous tenus par des gaijins, et nous employions tous, nos amis de la rue, nous les avons côtoyé pendant des années, avons beaucoup discuté avec eux, connaissions leurs fortunes diverses, leurs histoires malheureuses, leur avions donné des noms, car les leurs étaient durs à mémoriser pour des novices de la langue japonaise et aussi parce que certains ne parlaient pas.
Je ne peux m'empêcher de vous en décrire quelques uns...
Pikachu, un vieil homme barbu, sans dents, très marqué, adorable, ayant sombré dans l'alcool, la drogue et la rue après avoir été licencié de chez Mitsubishi après avoir été victime d'une attaque cérébrale.
Kombawa (bonsoir en japonais) qui disait toujours kombawa et qui ne voulait pas travailler mais nous vendre des bricoles trouvées dans la rue (stylos, paquets de mouchoirs, briquets...) Il ne parlait pas, il ne faisait que négocier les prix de manière très habile. Lui aussi, un vieil homme, marqué.
Shatsho (patron en japonais), l'homme à tout faire, moins marqué que les deux autres, il vendait, travaillait tout le temps mais ne savait pas quoi faire quand il avait trop gagné d'argent. Il avait disparu pendant 2 semaines et était réapparu avec environ 500€ gagné en bossant sur un chantier, il voulait absolument nous en donner car c'était trop pour lui, vraiment gentil cet homme.
Je reviens au sujet, la police passait presque tous les jours devant ces stands, y compris le mien, parfois ils nous demandaient de fermer, sans conviction, nous ne fermions pas, personne ne fermait, nous étions tolérés.
Soit, c'est du travail au noir, mais enlever ce travail à ces gens revenait à les condamner, et les policiers le savaient pertinemment.
Bien sûr, la mafia locale supervise tout ça, prend une part du gâteau, mais pour une fois, est-ce négatif?
Alors je ne suis pas en train de vous dire qu'il faudrait que la même chose puisse exister en France, mais en France, le fait est que les pauvres existent mais je n'ai pas vu d'économie parallèle aussi bien organisée, répartissant aussi bien les richesses et permettant aux plus pauvres de s'en sortir.
Je voulais vous raconter cette histoire car ça me réchauffe le cœur de me la remémorer.
Billet personnel, mais j'espère qu'il vous aura diverti.

Sources images:
Shinjuku
Homeless
Ramen yataï