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vendredi 23 mars 2012

Que la vraie campagne commence!!

Ça y est, on la redoutait, on l'attendait, on la devinait, la bataille est lancée.
On oublie les thèmes de campagne secondaires comme l'emploi, la crise ou le logement et on se replonge dans ce qui importe vraiment!
La sécurité, le terrorisme, l'islamisme, voilà ce qui fait bouger, avancer la France.
Personne ne veut entendre les candidats exposer leurs futiles projets de société, nous on veut du lourd, on veut être protégés, on veut un président fort, rassurant, dur et juste!
Et pour réussir à choisir celui capable de remplir ce rôle primordial, il nous faut une campagne digne de ce nom, une vraie campagne pendant laquelle on réagit au quart de tour, on propose, on s'invective, on s'accuse, on promet du muscle!
Il nous faut aussi des médias (et des blogueurs...) dignes de ce nom, pas des pseudo-politologues ou je-ne-sais-quoi-logues qui ne feraient qu'analyser et débattre stérilement. Non, il nous faut du vrai journaliste, du Rioufol, du BFM TV!
Je veux qu'on nous parle de Merah, je veux voir les photos de ses vacances dans les pyrénées en Août 2004, je veux voir les photos du profil facebook de sa copine, je veux entendre les interviews des voisins de chez sa grand mère, de ses potes de l'école primaire.
C'est la France que j'aime, la France intellectuelle et intelligente portée par des élites politiques d'un niveau inégalé.

jeudi 22 mars 2012

Nauséabond

Je commence à deviner la réponse à la question du titre de mon précédent billet. Elle n'est pas celle que je souhaitais, je pense que le terme "médiocrité" est d'ailleurs beaucoup trop faible.
C'est parti, on y est presque, ce n'est pas encore l'assaut final, mais les chiens ont été lâchés, le roquet Copé a aboyé, l'équipe du gros mou rose s'indigne et dénonce, la fille de son père nous ressort ses vieilles rengaines nauséabondes et le mou plus sympatique continue prêcher la bonne parole.
Les autres ferment leur gueule et je les en félicite.
Je trouve simplement qu'on aurait pu nous épargner les hypocrites rengaines mêlant unité nationale et décence quand il leur a fallu moins de 48h pour retomber dans la récupération et la démagogie habituelle.
3 militaires et 4 civils dont 3 enfants sont morts, mais c'est déjà oublié, maintenant, ce qui compte c'est le nouvel anti-héros, le vilain arabe, l'islamiste, le salafiste, le jeune délinquant et sa "cellule terroriste familiale"...
Mohamed Merah, pourquoi? Comment? Et la DCRI?
A qui la faute? A Sarkozy? A la gauche trop molle?
Oublié, le deuil national, oubliée la douleur des familles, on est entré de plein pied dans ce que les médias et les politiques font de mieux, de la merde.
Le jeu à la mode c'est la dénonciation des récupérateurs, c'est un jeu très amusant car de nature très schizophrène étant donné que la dénonciation elle-même est déjà une forme de récupération politique basique.
Peut-être que quelqu'un aurait pu expliquer à ces énarques de simplement se taire?
J'ai lu quelques blogs, et même si beaucoup sont mesurés et parfois même justes, d'autres ont déjà abandonné leurs bonnes résolutions initiales et s'enfoncent dans la médiocrité.
Sans parler du "journaliste"... on dit quoi? mdr? lol?

mercredi 15 juin 2011

Ne laissons pas tomber la Grèce.

Je publie ici cet appel lancé à l'initiative de Theodorakis. Ce texte devrait servir d'inspiration à nos dirigeants, dans la préparation des élections de 2012. A méditer.



AUX CITOYENS INDIGNÉS DE GRÈCE ET D'EUROPE

« Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement),  demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.

Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes.

Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.

Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu'ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.

Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !

Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.
Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète !

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »
 
Le Comite Consultative du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’ Etincel » (*)
 
Athenes, 26 Mai 2011
(*) Créé à l’initiative de Mikis Theodorakis

mercredi 23 février 2011

DSK, DSK, DSK, DSK, SDK, DKS, DDKKSSS, DDDDDDDDKKKKKKSSSSSSSS...

DSK par ci, DSK par là, DSK, DSK, DSK, DSK, la femme de DSK, DSK et ses secrétaires, DSK et Martine, DSK à Washington, DSK à Paris, DSK au FMI, DSK au PS...

Bon, j'en ai marre, cher lecteur. Marre de ce maelström médiatique qui nous entoure, pèse sur nous, nous incite avec une vigueur extrême à voter pour ce type-là. C'est décidé par la presse : DSK sera le candidat du PS. Les sondages l'affirment, les intellectuels le pensent, les leaders du PS le disent (sauf le 87 candidats au primaire...), les hommes et femmes de droite attaquent...

En tout cas, une chose est sûre : je ne voterai pas pour lui. Voilà, c'est tout. Je ne peux pas. C'est impossible. Comment voter, quand on est de gauche, pour un homme qui a dirigé le FMI et qui met en avant des idées pas si éloignées de celles du président en place ?

Autant voter directement Sarkozy...

Dans quelques semaines, ils vont nous sortir le vote utile....

Soupirs...

samedi 19 février 2011

Prendre en compte les loyers fictifs dans le système fiscal : qu'en pensez-vous ?

Ces derniers jours, comme tout bon prof parisien qui se respecte, je suis en vacances. Voilà donc venu le temps pour remettre un peu ses cours à jour et pour profiter de son temps libre pour lire.

Parmi mes achats littéraires du moment, j'ai fait l'acquisition du petit livre de Landais, Piketty et Saez, intitulé "Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle." Il est paru au Seuil. 

Je ne vais pas revenir sur le fond de la proposition des auteurs pour réformer l'impôt sur le revenu en le fusionnant avec la CSG. Tu trouveras les informations sur le site mis en place par les auteurs, qui ont apparemment décidé de se passer d'un web-designer, ce qui est bien dommage. Tu trouveras aussi ici et là des opinions d'autres blogueurs sur le sujet, parfois assez sévères. Personnellement, j'admets ne pas suffisamment maîtriser la fiscalité des plus riches pour pouvoir me faire une opinion réelle sur les propositions faites. Par contre, je souscris totalement à une des grandes idées avancées par les auteurs : il est anormal que l'impôt soit aussi difficile à comprendre pour le quidam mais que les gens aisés puisse faire appel à un fiscaliste et ne plus acquitter qu'une part minime par rapport à ce que les autres paient.

Dans la troisième partie du livre, les économistes se lancent dans une longue réflexion concernant les loyers et la propriété, dans le but d'intégrer mieux le patrimoine mais aussi les revenus qu'on en tire. Je voulais, dans ce court billet, te faire réagir, cher lecteur, à ces quelques propositions.

  • Les auteurs se lancent d'abord dans une charge contre le système actuel d'allocations au logement, visant à aider les plus pauvres à louer leur résidence principale. Ces allocations sont aujourd'hui fonction des ressources mais aussi d'autres facteurs comme le type de logement, le lieu de résidence, le nombre d'enfants... Pour les auteurs, ce système permet une hausse constante des loyers et des déficits du système social, car, même si les pauvres restent pauvres, ils touchent de plus en plus d'aides en fonction des prix des loyers. Ils proposent donc de casser ce système et de remplacer cela par une allocation forfaitaire à tous les locataires dépendante de la zone géographique. Ainsi, les locataires ne perdraient rien en déménageant vers des logements moins chers et les loyers iraient à la baisse plutôt qu'à la hausse.
  • Les économistes proposent ensuite d'inclure dans les revenus ce qu'ils appellent le "loyer fictif". Imaginons par exemple que tu sois, cher lecteur, propriétaire de ton logement. Tu n'as donc pas de loyer à acquitter et tu bénéficies de ton logement. Tu toucherais donc un "loyer fictif" qu'il faudrait inclure dans ton revenu pour compenser les inégalités avec les locataires qui paient, eux, un loyer réel. On déduirait de ce loyer fictif les intérêts d'emprunt pour ne pas pénaliser les accédants face aux propriétaires plus anciens. Pour les auteurs, cela aurait l'avantage de pousser les grands propriétaires qui préfèrent garder des logements vides à louer ou à vendre pour compenser l'arrivée de l'impôt, détendant un peu le marché du logement.
  • Enfin, nos économistes se livrent à une charge contre la taxe foncière. Pour eux, cet impôt, qui rapporte pourtant beaucoup (16 milliards d'euros tout de même), s'appuie sur des textes trop anciens et frappe tout le monde par un forfait assez lourd, mettant en difficulté les accédants face aux propriétaires installés qui n'ont plus d'intérêts à acquitter. Les auteurs trouveraient assez cohérent de modifier cet impôt par un système ressemblant à celui de...l'ISF ! Il faudrait que cette taxe prenne en compte deux paramètres pour être juste : le prix réel de ce patrimoine et le niveau de dette des propriétaires. Ainsi, les auteurs espèrent faire payer les propriétaires héritiers plus que les classes moyennes accédantes sans soutien extérieur.
Je te soumets, cher lecteur, ces propositions pour que tu réagisses. En particulier, je trouve cette histoire de "loyer fictif" problématique. Certes, on peut parfaitement admettre que les personnes ayant un bien et n'en tirant pas de revenus puissent cependant être atteintes par les inégalités que cela provoque. Cependant, est-il juste de taxer un revenu qui n'existe pas ?

Quoiqu'on en pense, ce livre pose des questions intéressantes et qui méritent un débat public.

mercredi 5 janvier 2011

Posons la question aux citoyens : travailler plus, rester dans la situation actuelle ou travailler moins ?

La valse des textes parus sur les 35 heures ces derniers jours me fait me poser une question très simple.

Tout a commencé au PS. Depuis, de nombreux leaders politiques, de nombreux blogueurs, de nombreux journalistes de tout type de médias se sont exprimés.

A plusieurs reprises, les statistiques d'Eurostat ont été citées. Elles montrent que les Français travaillent 37,4 heures en moyenne (chômeurs inclus), plus que les Allemands et les Hollandais par exemple, pays où le chômage est nettement inférieur.

A priori, l'absence de travail des Français est donc un gros flan, et si on ne compte pas les chômeurs, on atteint 41 heures.

Là encore, on constate pourtant que les chiffres ne servent pas à grand-chose et que les acteurs sont idéologiquement convaincus de leurs positions. Fondamentalement, deux positions très simples s'opposent :

  • Le travail est une charge lourde pour tous les individus et il faut au moins l'empêcher de s'accroître et au mieux le faire encore plus diminuer. Cette position prédomine depuis le milieu du XIXe siècle dans les politiques menées, sauf à quelques rares moments comme en 1938 par exemple.
  • le travail est un moment formidable d'épanouissement personnel, et en plus, plus on travaille et plus on est riche.
Il faut, pour trancher ce débat, sortir de la soi-disant efficacité économique. De toute façon, on trouvera toujours des personnes qui soutiendront l'une ou l'autre thèse malgré tous les chiffres que l'on pourra apporter. De toute façon, les chiffres, on en fait un peu ce qu'on veut, dans le monde politique.

Partons des électeurs eux-mêmes. Demandons-leur s'ils souhaitent travailler plus ou moins. Je serais assez curieux de voir la réponse, car en 2007, nos concitoyens ont choisi de travailler plus pour gagner plus. Vu la réduction du paiement des heures supplémentaires, ils se sont faits avoir. Serons-nous capable, chers camarades, de les convaincre que c'est en réduisant le travail que la richesse n'a cessé de s'élever dans les pays développés depuis deux siècles ?

Au travail, bordel !

jeudi 30 décembre 2010

La protection sociale doit rester un système de solidarité pour tous.

Un commentaire sur un vieux billet de ce blog m'amène à aborder un sujet revenant un peu sur le système des retraites, mais pas seulement.

Lors du dernier mouvement social, plusieurs membres de la gauche ont proposé d'établir une limite par le haut des pensions de retraite. Qu'est-ce que cela signifie ? Simplement, on ne pourrait pas toucher au-dessus d'un certain montant de la part du régime de retraites. Cette idée avait déjà surgi avec les allocations familiales, qu'on pourrait aussi réserver à des personnes ayant un revenu limité.

Je trouve cette idée totalement contradictoire avec la logique de notre système de sécurité sociale.

Aujourd'hui, nous contribuons tous en fonction des priorités définies par les partenaires sociaux et par les autorités. Par exemple, nous contribuons tous au système de retraite, au système d'assurance-chômage ou au système de protection familiale, alors que nous ne serons parfois pas concernés. C'est par exemple mon cas avec le chômage : en tant que fonctionnaire, je ne suis à priori pas soumis à ce risque, mais je soutiens mes compatriotes qui ont besoin de se protéger contre celui-ci.

Si je le fais, c'est que je sais que le système me protège sur d'autres points, comme la santé ou la retraite. D'autre part, je suis assuré de toucher une retraite qui correspond à ce que j'aurai versé. J'ai permis à un certain nombre de vieux de s'en sortir convenablement, et je pourrai donc vivre convenablement plus tard.

Si on limite les pensions de retraite par le haut, comme si on limite les allocations familiales par exemple, toutes les personnes ayant un peu de revenus vont immédiatement contester très fortement le système social, bien plus qu'ils ne le font déjà aujourd'hui. Dans ce cas, pourquoi contribuer autant à la solidarité nationale et ne pas soi-même en bénéficier ?

Ce qui pose problème n'est pas la manière dont le système social est organisé, mais les grilles salariales et les écarts très importants existants entre riches et pauvres dans notre société. On demande au système social, si on adopte cette logique, d'être uniquement un palliatif pour les personnes fragiles et non plus un système de solidarité.

Il faut rappeler que le système de protection sociale est à la fois un système de solidarité et un système d'épargne forcée. Son objectif n'est pas de corriger les inégalités sociales mais simplement de les atténuer.

En faire un système de solidarité uniquement à destination des pauvres, c'est savonner encore plus la planche bancale sur laquelle il repose et l'achever définitivement.

L'action doit se faire sur l'organisation de la distribution des richesses, et non pas sur la redistribution de celles-ci. Soit on lutte réellement contre les inégalités, soit on les atténue. Actuellement, on a choisi la seconde option.

mardi 28 décembre 2010

A Paris, le choix de son mode de transport est aussi irrationnel.

Depuis quelques jours, une petite discussion sur l'usage des moyens de transport à Paris est apparue entre plusieurs blogueurs dont un centriste bayrouôlatre, un libéral échevelé et un gauchiste écrivain que certains droitiers qualifieraient de bobo. On s'interroge sur le conflit existant entre les moyens de transport dans notre belle capitale, à juste titre sans aucun doute. Les trois blogueurs semblent conclure que la voiture a encore de beaux jours devant elle.

Depuis quelques semaines, je suis privé d'automobile, à cause de l'indélicatesse d'un garagiste à qui nous allons bientôt, avec la Privilégiée, faire un procès. Cette panne est arrivée au moment où nous venions de nous installer au Raincy, commune située à 10 km du boulevard périphérique. Nous sommes à quelques minutes à pied de la gare du RER E, et la ville est irriguée par un important réseau de bus qui fonctionne relativement bien, sauf quand il neige...

L'absence de voiture nous a obligé à une réorganisation de notre vie mais aussi à revoir certaines de nos idées à propos des transports. Durant mes premières semaines au Raincy, j'ai commencé à me rendre à mon lycée dit difficile en voiture. En théorie, le parcours prend 25 mn porte à porte. Or, en fonction des horaires, cette réalité varie considérablement. A 7h30 du matin, il faut plutôt compter 1h00 de trajet, voire plus s'il y a un problème sur l'A 86, le second périphérique parisien, traversant les départements de la petite couronne. Cette autoroute est saturée et il suffit d'un quelconque véhicule en panne pour que la circulation cesse séance tenante. En parallèle, le trajet en transport en commun (RER, tramway) prend 45 mn.

Tu vas donc me dire, cher lecteur, qu'il me fallait emprunter les transports en commun, plus lents mais plus sûrs. Pourtant, contrairement à cette évidente logique, j'ai utilisé, jusqu'à la fameuse panne, ma voiture, arrivant à plusieurs reprises en retard au travail. Pourquoi ? Tout simplement pour gagner un peu de sommeil. En clair, je me suis dit, à l'époque, que je gagnais 30 mn de sommeil et que cela me permettait de me coucher un peu plus tard le soir. Ma logique était totalement irrationnelle, et elle m'a mise plusieurs fois en difficulté, mais je ne me suis pas interrompu pour autant.

Depuis la panne de mon véhicule, je me suis mis à discuter avec mes proches utilisant soit la voiture systématiquement, soit les transports en commun, soit les deux en fonction des moments. Ainsi, si certains individus ont des raisons tout à fait cohérentes de choisir l'un ou l'autre, on se rend compte aussi qu'il existe toute une série de raisons absolument incohérentes qui justifient l'usage de l'un ou de l'autre.

Ainsi, dans mon sondage, sans aucune valeur statistique, on trouve par exemple, pour justifier l'usage des transports en commun, l'idée de faire diminuer la pollution, mais aussi la ponctualité de ce mode de transport, sa régularité ou son coût.

Les arguments pro-voiture sont tout aussi divers. Ainsi, on m'a parlé de sécurité dans les transports en commun, de promiscuité insoutenable ou d'inconstance des transports collectifs, soit parce qu'ils sont mal entretenus (cette idée est souvent revenue sur les RER B et D), soit parce que des gauchistes passent leur temps à les mettre en rade.

Ce qui est très intéressant, c'est qu'aucun de ces arguments n'est tenable lorsqu'on en débat :

  • la ponctualité des transports en commun est très relative, car les pannes et les retards reviennent régulièrement, mais cela est tout aussi vrai en voiture, puisqu'en région parisienne, il est impossible de prévoir son temps de parcours, malgré les outils existants pour essayer de s'organiser.
  • Le coût est tout aussi discutable, car les transports en commun coûtent chers. Tout dépend du parcours effectué, de la distance parcourue, du temps passé : chaque individu ne rencontre pas du tout les mêmes difficultés.
  • La notion de sécurité est toute relative. Personnellement, je vis en région parisienne depuis 33 ans et je ne me suis jamais fait agresser en transport en commun (sauf une vague tentative de vol de téléphone) mais certains de mes proches m'ont conté des histoires hallucinantes d'agressions vécues ou fantasmées. La sécurité en voiture est tout aussi relative, parce que l'on peut parfaitement se tuer en bagnole et que les agressions existent aussi (le vol et les dégradations de voiture sont récurrents).
  • Les grévistes ont de toute façon un impact sur les deux moyens de transport : lorsque les métros ne roulent plus, la circulation automobile se bloque instantanément.
Nos concitoyens franciliens continuent, parfois obstinément, à refuser le métro ou le RER. C'est bien pour cela que toute annonce du maire de Paris, qu'elle soit intelligente ou stupide, suscite des réactions outragées. Nos concitoyens ne parlent pas avec leurs raisons sur ce point, mais avec bien d'autres éléments dans la tête. On ne peut pas envisager une politique cohérente des transports à Paris sans admettre que les Franciliens utilisent ceux-ci de manière irrationnelle.

Certains facteurs ont un impact, en particulier la distance entre lieu de travail et domicile, les moyens de transport existants entre les deux, les moyens financiers des individus, les disponibilités en logement.

Le politique peut bien sûr agir sur les choix que nous faisons. A Paris, la mairie tente de nous empêcher de prendre la bagnole pour venir de banlieue. Cependant, nous n'avons pas du tout attendu Delanoë pour venir en transport. J'ai le permis depuis 1995, et je n'ai pas souvenir qu'il était facile de se déplacer en voiture à Paris, sauf peut-être entre 1h et 5h du matin. 

Contrairement à Hashtable, je pense que certains Franciliens seraient parfaitement prêts à se passer de bagnole mais ne le peuvent pas, tandis que d'autres le peuvent mais ne le souhaitent pas.

Dans cet esprit, on peut envisager les choses de trois manières :
  • soit agir de manière douce, comme le font actuellement le STIF et la ville de Paris, en développant l'offre de transport collectif tout en gênant la circulation automobile sans l'empêcher pour autant. Cette politique coûte moins chère mais suscite le mécontentement de tous ceux pour qui renoncer à la voiture est une horreur et de ceux qui ne peuvent pas y renoncer de toute façon car les transports en commun sont inadaptés.
  • soit agir de manière forte en faisant des interdictions, mais cela impose une politique beaucoup plus offensive au niveau des investissements et du fonctionnement des réseaux publics. Là, les moyens vont manquer, et en plus, on suscitera toujours autant de mécontentement. D'autre part, je trouve assez malhonnête d'interdire en promettant les solutions de remplacement pour 2030...
  • soit laisser tomber les investissements collectifs et revenir à une fluidification de la circulation automobile. Cela coûterait moins cher mais ne résoudrait pas la question de la pollution ni celle de l'engorgement. D'autre part, elle mécontenterait les nombreux Franciliens qui n'ont pas de voiture ou qui ne s'en servent qu'une fois par mois, les obligeant à supporter eux-mêmes les coûts. Cette politique-là est une politique de transfert des charges vers les citoyens...
Il n'y a donc aucune politique parfaite sur ce sujet, et je n'aimerais pas être à la place des politiciens chargés de prendre des décisions.

Personnellement, je trouve qu'il faudrait déjà rendre gratuit les transports en commun et faire supporter par l'impôt cette charge. Cependant, là encore, le métro, les bus et les trains sont-ils capable d'encaisser une hausse massive des flux ? J'en doute fortement.

mardi 21 décembre 2010

Omettre sciemment

Qu'est-ce-que cela veut dire "omettre sciemment"?
Oublier exprès peut-être... Les enfants ont parfois du mal à comprendre la différence entre l'oubli et le mensonge.
Mais "omettre sciemment", c'est sans équivoque, surtout pour des députés tels que Jean-François Copé et Christian Jacob. J'imagine qu'ils ont un vocabulaire assez étoffé pour comprendre une telle expression.
Partant donc du principe que ces deux politiciens ont bien saisi la définition expliquée ci-dessus, on peut légitimement se demander en vertu de quoi ils s'insurgent devant le fait que l'on puisse vouloir punir des élus de la République qui mentiraient sur leur patrimoine à des fins d'enrichissement personnel (à priori...)
Ils veulent éviter une police des députés, ou selon leurs termes, il trouvent "inutile que la Commission devienne une sorte d'autorité judiciaire préalable ou une juridiction de fait, dotée de pouvoirs d'investigation".
Les députés doivent pouvoir vivre comme tout le monde et être contrôlés et jugés comme tout le monde.
Bientôt, les flics vont demander la suppression de l'IGS, pour des raisons similaires...
C'est vraiment lamentable, nos démocraties européennes ne sentent pas bon.

lundi 20 décembre 2010

Le "vote utile", un vote idiot par excellence.

Depuis quelques jours, circule sur la blogosphère une chaîne visant à nous demander de donner notre avis sur le concept de "vote utile". Je vais y répondre très simplement.

Pour moi, le vote dit utile est le symbole de la dépolitisation du corps social français. Plutôt que de prendre des risques et de se demander vraiment pour qui on va vraiment voter en fonction de ses idées, on vote toujours pour le même parti, sans se remettre en cause. C'est un vote sans conviction et sans valeur qui permet à une élite politicienne, toujours la même, de rester au pouvoir.

Jean-Marie Le Pen aura été l'épouvantail, très utile, de nos dirigeants pour se maintenir aux manettes.

Le vote utile est donc un vote con, c'est-à-dire idiot et sans aucune conviction réelle. Quand on vote, cher lecteur, on lit les programmes et on fait un choix. Evidemment, on ne trouve pas toujours tout ce que l'on veut dans un programme, mais on choisit alors le moins éloigné de soi ou la personnalité qui est capable de diriger la mairie, le département, la région ou le pays.

Pour la bonne santé de la démocratie, le "vote utile" ne devrait même pas exister. Il est ce qui fait du mal à notre système politique.

Alors, cher lecteur, si tu n'as pas envie de faire un vote idiot aux prochaines élections, prend un peu de temps, lis les plateformes de tes candidats, déplace-toi à un ou deux meetings et tu verras qu'il n'est pas si difficile que cela de faire un choix. Et en plus, cela fait du bien !

jeudi 2 décembre 2010

Une époque politique

Avant de dormir j'ai regardé la télévision hier, ça faisait longtemps...
J'ai mis cette émission sur la 3 où des artistes parlent de politique dans un environnement violet bizarre.
Enfin bref, il parlaient de tout et de rien, il y avait même cet abruti de Cali qui nous expliquait que les riches étaient méchants parceque les pauvres étaient pauvres. Bon j'aime pas cette émission, mais pour dormir, ça va.
Il y avait un gros acteur français qui a dit quelque chose d'intéressant sur quoi je veux rebondir. Il disait que notre époque était l'époque des politiciens, et c'est vrai, les politiques ont aujourd'hui le pouvoir de décision absolu.
Les scientifiques, économistes donnent leur avis, les politiques décident, quand aux philosophes... Euh, ben ils peuvent écrire des livres que d'autres philosophes liront, je suppose.
Donc, même si une majorité d'experts s'accorde sur un sujet, le politicien, pour des raisons économico-électorales peut tout à fait en faire fi.
Il fait ce qu'il veut, et son action est dictée par l'électorat, et non pas l'éfficacité.
Je ne vais pas en écrire des tonnes, mais je ne m'étonne pas que nos civilisations aillent dans le mur, quand ceux qui prennent les décisions ne sont pas ceux qui savent pourquoi il faut les prendre, mais ceux qui savent à qui elles plairont.

jeudi 18 novembre 2010

Cela servait à quoi, tous ces billets sur le remaniement ?

J'ai une question à poser à la blogosphère politique française... Oui, moi, quand je pose une question, je ne passe pas par quatre chemins, on y va directement et sans faire de détour.

Cela servait à quoi, tous ces billets sur le remaniement ?

Globalement, vous n'avez fait que répéter ce que les journaux et les éditorialistes ont dit pendant trois jours : Morin n'est pas content, Bertrand va avoir du mal, pourquoi Juppé est-il revenu dans cette galère, pauvre Rama Yade... Quelle plus-value peut apporter la blogosphère dans un cas pareil ?

Je ne vois pas bien l'intérêt de faire des billets factuels de ce type, sauf si on a une réelle information nouvelle ou une idée un peu différente à apporter. Je n'ai malheureusement vu que peu de billets de ce type...

mercredi 20 octobre 2010

Un progrès facteur de régression.

Pour la première fois, un authentique progrès va entraîner une régression de notre droit social.

Depuis le début de la première révolution industrielle, l'espérance de vie n'a cessé de croître. Aujourd'hui, on tourne en France, en moyenne aux alentours de 85 ans d'espérance de vie, avec une forte différence entre hommes et femmes. Les mâles français sont en effet moins suivis par le corps médical et ont une hygiène de vie moins bonne que celle de leurs conjointes. Contrairement à ce que l'on avance souvent, les hommes pourraient donc avoir la même espérance de vie que les femmes et des progrès sont donc encore possibles.

En France, cette évolution a été possible à la fois par les progrès de l'alimentation, du système de santé, des conditions de travail, du système d'éducation et par la prise en charge par la collectivité du coût des soins. Il est d'ailleurs intéressant de constater que notre pays a longtemps été à la tête du classement de l'OMS des meilleurs systèmes de santé, jusqu'à 2007 où nous avons commencé doucement à descendre...

Nous voici donc avec une vie bien plus longue que celle de nos ancêtres. Eh bien, c'est à cause de cette hausse de l'espérance de vie que nous allons être sanctionné et devoir travailler plus.

Ce choix va à l'inverse de toutes les évolutions des deux siècles derniers. Pour résumer, nos sociétés n'ont pas  cessé de produire davantage de richesses d'une année sur l'autre. En parallèle, la productivité n'a cessé de croître. L'agriculture en est le symbole le plus fort : il ne faut pas oublier qu'en 1789, sur les 30 millions de Français, 24 étaient agriculteurs et avaient de grandes difficultés à nourrir l'ensemble du groupe. Aujourd'hui, avec à peine 3,3% d'agriculteurs, nous croulons sous le poids de notre nourriture.

Cette évolution s'est accompagnée d'une décrue régulière du temps travaillé par chaque individu. Le salarié entre de plus en plus tard sur le marché du travail, travaille de moins en moins longtemps chaque semaine et chaque année et part en retraite de plus en plus jeune...

...jusqu'à cette année, où nous allons prendre le chemin inverse, car c'est définitif, cher lecteur, il y a trop de vieux dans ce pays.

Voilà donc l'argument développé par les soutiens de cette réforme. Nous vivons de plus en plus vieux, ce qui devrait nous obliger à travailler plus longtemps. On ignore pourtant que la richesse continue de croître régulièrement (même si c'est moins rapidement que durant les Trente Glorieuses) ce qui devrait plutôt nous amener à travailler toujours moins.

On utilise donc un progrès pour justifier une régression. Voilà un bel exemple de rhétorique qui, je le crains, risque de resurgir rapidement dans de nombreux autres sujets.

lundi 13 septembre 2010

Lois Gayssot : tout dépend de l'objectif.

Cela va peut-être te surprendre, cher lecteur, mais je vais aujourd'hui rebondir sur un billet de notre camarade NPiste CSP, qui s'est lancé aujourd'hui dans un texte sur le négationnisme, suite à un billet sur Chomsky que tu pourras trouver ici.

L'ami CSP considère que les lois Gayssot sont acceptables car elles obligent les négationnistes et leurs petits copains racistes à se taire, au moins publiquement, et à ne pas trop diffuser ainsi leurs idées. On éviterait de nombreux problèmes et, particulièrement, la survivance publique des idées les plus problématiques de l'extrême-droite.

Je ne peux être d'accord avec lui. En tant que personne ayant étudié l'histoire et l'enseignant tous les jours, j'admets supporter très difficilement que l'Etat se pique de vouloir imposer sa version de l'histoire. En effet, ce qui fait la légitimité d'un travail d'historien est la méthode employée. L'historien confronte ses questions à des sources et émet des raisonnements en s'appuyant sur elles et en se référant aux historiens ayant déjà travaillé sur le sujet. Cela permet d'éviter de faire n'importe quoi.

Or, l'histoire démontre l'existence des camps. Le négationnisme est donc mort de lui-même, et les gugusses qui y croient y croiront de toute façon. Je peux le confirmer : régulièrement, des élèves disent que je mens sur les juifs. On a beau faire tout ce qu'il faut, celui qui ne veut pas l'accepter continuera à ne pas l'accepter.

Le cas se répète exactement dans le cas du génocide des Arméniens que la France a cru bon de reconnaître. Fondamentalement, les historiens ont analysé cet évènement depuis longtemps. Cette reconnaissance n'a nullement convaincu les Turcs qui pensent qu'il ne s'est rien passé. Cette loi n'a servi à rien.

La seule manière de légitimer l'interdiction serait, à mon sens, non pas de dire qu'on veut légitimer une version de l'histoire, mais de dire qu'on estime qu'il est anormal que des personne appelant à la haine de l'autre puissent s'exprimer librement. Souvent, les négationnistes estiment que le génocide est une invention des juifs à leur profit.

Pitié, laissons les historiens faire leur travail et que le parlement se contente de légiférer sur le politique : il y a déjà largement de quoi faire...

vendredi 10 septembre 2010

Note aux musulmans qui sont affligés par le traitement médiatique de l'affaire Terry Jones.

Cher lecteur musulman,

Je sais que tu as lu dans la presse qu'un obscur pasteur intégriste américain, Terry Jones, se préparait à pratiquer un autodafé d'exemplaires du coran pour protester contre l'ouverture, à proximité de l'ancien site du World Trade Center, d'une mosquée. Bien évidemment, tu t'en offusques, parce que tu ne comprends pas bien pourquoi ce triste sire lie, de manière aussi nette, ta foi, que tu pratiques normalement et pacifiquement dans les pays occidentaux, et les attaques du 11 septembre.

Comme de nombreux militants de la droite conservatrice voire réactionnaire, voilà donc, une nouvelle fois, une preuve de ce raccourci tellement facile entre islam et islamisme qui permet à de nombreux racistes de continuer à te pourrir la vie sans se dévoiler publiquement.

Cependant, depuis quelques heures, les islamistes ont, partout dans le monde musulman, lancé une véritable offensive médiatique pour te montrer à quel point l'Occident est raciste à ton égard et à quel point il se permet n'importe quoi, même de pratiquer un autodafé de ton livre sacré. Tu es séduit par ce discours car il touche tes sentiments et tes croyances profondes.

En plus, tu as pu constater, avec surprise, que les plus grands médias et les autorités américaines se sont mis à s'intéresser à ce soi-disant pasteur et à surréagir à sa bêtise. Tout le monde en a parlé en Occident, parvenant parfois à trouver normal que les lieux de culte musulmans soient repoussés hors de Manhattan.

Eh bien, cher lecteur musulman, j'aurais tendance à te dire deux choses :

Tout d'abord, ce pasteur pasteurisé n'intéresse personne, à part nos amis d'extrême-droite dont je te parlais plus haut. Même s'il se mettait à brûler des corans, cela n'aurait d'abord aucune importance réelle et une très large majorité des Occidentaux n'aurait aucune sympathie pour ce type de manifestation.

Ensuite, si tu te mets à suivre les islamistes dans leur idée d'un racisme général de l'Occident à ton égard, tu vas te mettre à cautionner un mouvement autant à l'extrême-droite que Terry Jones et tu vas passer dans un champ politique, lui, totalement condamnable

Aussi, je t'appelle à ne pas te laisser emporter, à garder ton calme et à simplement constater à quels points nos médias sont nuls sur ces questions.

Fondamentalement, Terry Jones et les islamistes mènent le même combat.

En attendait, je te souhaite une bonne fête en cette fin de ramadan.

dimanche 5 septembre 2010

La phraséologie de l'irresponsabilité.

Bon, samedi, y avait manif, pour dénoncer la xénophobie, à l'appel de la LDH. J'ai donc été faire un petit tour dans le cortège parisien pour voir un peu de quoi il pouvait bien retourner. Sincèrement, cher lecteur, je m'attendais à un gros flop.

Ce ne fut pas le cas.

Certes, il n'y a pas eu un cortège monstrueux, et le gouvernement et la réacosphère plastronnent devant l'inaction des Français, mais le cortège parisien était tout de même relativement important, puisqu'il s'étirait en rang serré entre République et Bastille, ce qui est loin d'être ridicule.

N'empêche que le gouvernement est parvenu à faire passer son thème sécuritaire, affichant une nouvelle fois son irresponsabilité. En effet, dans ce pays, de plus en plus, plutôt que de chercher à faire face aux difficultés, les différents acteurs ont pris l'habitude de se réfugier derrière des coupables qu'il faut châtier de manière plus ou moins violente. Ainsi, notre gouvernement a pu accuser de tous les maux, à différentes périodes, les fonctionnaires, les juges, les banques, les Etats-Unis, les islamistes, les gauchistes, l'Union Européenne, Raymond Domenech et les pays du Sud de l'Europe qui ne savent pas se gérer. A gauche, on accuse les banques, les juges, certains fonctionnaires, la police, les racistes, les patrons, l'Union Européenne et Raymond Domenech. Chez les réactionnaires, ce sont les Arabes, les Noirs, les Roms, les étrangers, les patrons, les fonctionnaires, les profs, les hommes politiques, les pédés, les banques et l'Union Européenne, voire Raymond Domenech qui n'avait sélectionné que des étrangers. Chez les libéraux, voici venir les fonctionnaires, les syndicats, les politiques, l'Union Européenne, les islamistes, les marxistes, les socialistes et Raymond Domenech.

Ces discours, tout le monde les tient à un moment ou un autre, moi compris. Je ne jette donc la pierre à personne. Cependant, je ne peux que constater l'inefficacité de ce mode de fonctionnement intellectuel.

Lorsqu'on passe son temps à chercher des coupables, on évite de traiter le problème de fond. On s'enfonce dans la recherche de ses ennemis supposés et on se refuse à voir ce qui a produit la situation. D'autre part, on évite surtout soigneusement d'analyser ce qu'on est soi-même, car finalement, on a toujours une victime qui traîne et qui vous permet de passer vos nerfs. Ainsi, en accusant sans cesse l'autre de tout, on évite le changement et on stagne, personnellement et collectivement.

Ainsi, en disant : "la criminalité existe parce qu'il y a des Roms en France", on refuse d'analyser cette criminalité, de comprendre d'où elle sort, et pourquoi notre société amène la naissance de ce phénomène. On ne se questionne pas, on condamne. L'expulsion devient la solution la plus simple et on espère se débarrasser ainsi des problèmes, l'extermination étant passée de mode. Rassure-toi, cher lecteur, ils sont toujours là.

Finalement, on pourrait presque affirmer que les vrais conservateurs sont ceux qui ne cessent de chercher des coupables et qui se refusent à se confronter aux difficultés et à leur propre part de responsabilité dans les affaires. Comme d'autres, j'ai donc une part de conservatisme. J'essaie de me soigner, mais je dois l'admettre, cher lecteur, c'est difficile...

mardi 31 août 2010

Elle est belle la France

C'était bien de ne plus bloguer et par conséquent ne trop s'intéresser à ce qui se passe de beau dans notre pays et tout autour...
Car depuis le retour de Mathieu et son billet mettant un terme à la pause estivale, je suis malheureusement retombé dans mes petites lectures du net.
J'ai pas mal parcouru Rue89 aujourd'hui, et pendant la dernière demi-heure j'ai pu lire l'interview de Julie et Amid, deux jeunes de cités, apparemment plutôt modérés, mais qui balancent tellement de conneries d'un autre temps que j'aime mieux croire qu'ils sont extrêmes, sinon ça fait vraiment trop peur...
Ensuite je suis passé au Sarkozy MediaBerlusconique.
Je ne savais pas qu'il n'aimait pas Patrick Sebastien...
Notre petit chef ne cache donc pas ses préférences, et de toute façon, on finit toujours par les découvrir, puisque ceux qu'il n'aime pas finissent par se faire virer.
Porte et Guillon en savent quelque chose.
Bonne nouvelle dans cette morosité affligeante: la politique assimilant immigration et sécurité ferait chanceler la majorité, ben oui, être de droite ne veut pas obligatoirement dire qu'on est raciste et con.
On doit vraiment encore attendre 2 ans?
Et le PS réussira-t-il à trouver autre chose que Ségolène pour sortir notre pays de la merde profonde dans laquelle Sarkozy la plonge?
Je vote pour Strauss-Kahn, il est à droite de la gauche, il baise, et ne va donc nous refaire le coup du complexé casse couille et agressif.
De toute façon, n'importe qui fera l'affaire, mais vraiment, ça commence à faire peur.
D'ailleurs vu l'étiquette de pays xénophobe qu'on se colle sur le front, peut-être que cela incitera les éventuels probables immigrés qui lisent les médias à ne pas venir... C'est HorteBesson qui serait content!

dimanche 29 août 2010

Les Gorges du Tarn : un espace touristique saturé.


Durant nos vacances, nous avons eu l'occasion, avec la Privilégiée, de descendre les gorges du Tarn. Je ne sais pas, cher lecteur, si tu as déjà eu l'occasion de te rendre dans ce coin-là, mais on nous en avait vanté la beauté et la nature préservée. Le Tarn s'enfonce entre deux Causses entre la Lozère et l'Aveyron. La vallée, très encaissée, forme un paysage particulièrement agréable à regarder. Les guides conseillent de le faire en canoë, mais nous n'avions pas le temps de le faire, et nous avons donc décidé de le faire en voiture, pour nous faire une idée.

Evidemment, cet endroit est très beau, mais alors, quel engorgement ! Le Tarn est bordé d'une toute petite route qui serpente en bordant le Causse de Sauveterre. Cette départementale laisse à peine deux voitures se croiser. Les quelques villages sont petits. En clair, il n'y a pas d'espace, mais c'est bourré, totalement, complètement. Les voitures se suivent en file indienne, en continu, sans aucune interruption, sans compter les campings-cars...

Vu le site, on peut comprendre cet amas de touristes, mais cela ne suffit pas. Tout le long des gorges est complètement privatisé. Nous avons pris la route à Florac et nous sommes mis à chercher un espace au bord de la rivière pour piqueniquer. Or, cela était quasiment impossible. Partout, nous nous trouvions face à des barrières de camping ou à des clubs de kayak interdisant aux personnes n'étant pas clientes de pénétrer sur le site. Nous avons fini par nous caser sur une plage à Saint-Chély du Tarn, saturée elle aussi.

En clair, bien au-delà de la fréquentation, les gorges du Tarn sont devenues une espèce de zone touristique totale, sans que le site n'ait réellement la capacité d'accueillir tout cela. Je plains réellement les habitants qui vivent là à plein temps et je me demande bien comment cette région va pouvoir survivre à long terme à cette foule. De nature, il risque bien de ne plus rester grand-chose à terme.

On ne voit pas vraiment quelle solution pourrait-être envisagée, mais il va bien falloir faire quelque chose. Sinon, voilà un magnifique site qui risque bien d'être très dégradé très rapidement.

Avec ma conjointe, nous avons fini par bifurquer vers le Causse Méjean, magnifique endroit, bien moins connu apparemment. C'est loin de tout, mais je te conseille, cher lecteur, le détour.

PS : je suis l'auteur des photographies, merci de respecter la licence et de ne pas les utiliser à des fins lucratives.

lundi 26 juillet 2010

Le ridicule des tests bancaires européens.

La nouvelle semble faire peu de bruit en Europe. Il est bon, heureusement, de lire parfois la presse étrangère. J'apprends ainsi par Le Devoir (journal québécois) que les banques européennes résisteraient vraiment très bien à une nouvelle crise financière, alors qu'aux États-Unis, ouh la la, ce serait vraiment le foutoir.

Comme tu as pu le lire récemment, cher lecteur, ma maîtrise de l'économie laisse parfois à désirer, ce qui va me permettre d'en parler.

Il y a quelques mois, on "découvre" que les banques se sont massivement endettées. Elles sont au bord de la faillite. Maintenant, elles vont vraiment très bien. La dette a donc disparu ? Mais non, cher lecteur, elle est chez nous, les contribuables, puisque nos joyeux États ont courageusement soulagé les capitalistes de leurs bêtises pour nous les remettre sur le dos.

Aujourd'hui, les banques tiendraient le choc. Peut-être, mais ce qui est sûr, c'est que les États ne peuvent plus, maintenant, soutenir un quelconque krach. Il faudra donc que les banques tiennent seules. Vu l'évolution de leurs pratiques, je doute. La BCE ne manque en tout cas pas d'inventivité pour vendre l'Europe.

PS : je n'ai trouvé qu'un autre blogueur traitant du sujet, Hashtable. Il utilise un graphique résumant la notation de l'agence chinoise Dagong. Comme je l'avais déjà dit ici, je ne comprends pas bien pourquoi la France, endettée publiquement mais pas au niveau des foyers, peut se retrouver au même niveau que le Japon, endetté publiquement à 220 % du PIB et dont la dette privée est bien plus haute que la nôtre.