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mardi 12 mai 2009

Cul mouillé ou cul sec?


Mon dernier billet sur l’Inde et ses visiteurs israéliens a contribué à une grande discussion hier soir avec un ami et ma femme au sujet des toilettes asiatiques, en particulier japonaises et puis nous avons dérivé sur les différentes méthodes de nettoyage fessier que nous avons pu expérimenter durant nos voyages respectifs.
Sont ressorties de nos échanges quatre méthodes principales que je vais vous détailler dans ce billet.

- La première vous est familière, c’est la méthode occidentale, je ne vais donc pas
m’attarder dessus. Il s’agit bien évidemment de la méthode PQ, parfois agrémentée d’un deuxième papier humide pour rafraichir la zone traitée après nettoyage.
C’est basique, c’est la culture occidentale, malheureusement la partie tissu humide est assez rare, vous la trouverez peut-être dans certains foyers féminins.
- Une autre méthode, ma préférée, est la méthode japonaise, les toilettes high-tech.
Imaginez mon étonnement quand je m’assieds pour la première sur un trône japonais chez mes beaux-parents en devenir et que je m’assieds sur une lunette chauffée et que je découvre tout un arsenal technologique sur le bord de l’engin.
Des boutons, des choix multiples, le dessin d’un petit bonhomme et d’une petite femme, la possibilité de changer la température, enfin bref, même si notre méthode traditionnelle occidentale est disponible avec un joli rouleau de PQ sur la droite, la première expérience d’un chiotte japonaise pique la curiosité…
Bien entendu, je me suis laissé aller à presser le bouton homme, et stupéfaction un petit jet d’eau de puissance moyenne est venu me chatouiller l’anus. Je m’attendais à quelque chose mais là, j’ai été surpris…
Mais après quelques séances d’initiation, vous prenez le coup de main et c’est d’un confort incroyable. Quelques petits mouvement circulaires du bassin vous permettent de traiter une surface plus ou moins large, et il suffit à la fin de sécher la zone de travail avant de renfiler son pantalon.
Mais l’être humain est curieux, et après s’être habitué à cette nouveauté technologique une envie pressante et obsessionnelle se fait sentir…
Il reste un bouton inexploré, le bouton femme…
Malgré la peur, j’ai fini par le presser, et ma surprise fut cinglante! Le jet s’est dirigé directement vers les valseuses qui pour le coup, portaient bien leur nom.
Ce fut ma dernière expérience du jet féminin.

- Les deux dernières méthodes se ressemblent, l’une étant un poil plus moderne que l’autre. Je commence par la méthode thaïlandaise qui consiste en un pistolet jet d’eau qui remplace le PQ sur la droite du cabinet. Pas de surprise, on comprend assez ce qui se passe si l’on appuie sur la détente, le problème qui se pose au novice c’est que l’on ne comprend pas pourquoi il y a une espèce de karcher dans les chiottes… Mais bon, les thaïlandais sont très serviables et ils vous expliquent rapidement d’un ton amusé le pourquoi du comment. Ensuite, c’est un jeu d’enfant, au début on en met partout, mais l’expérience et l’entrainement font rapidement de vous une fine gâchette.

- La dernière méthode est très archaïque, c’est la méthode que j’ai découvert en Inde, mais elle est pratiquée un peu partout dans le monde. C’est la méthode de la bouteille ou du seau d’eau. Lors de ma première visite d’un chiotte indien, j’ai vite compris que tout ne se passerait pas comme prévu, pas de PQ…
Fort heureusement mes expériences japonaises et thaïlandaises m’ont préparé à l’éventualité d’un nettoyage par l’eau et j’ai donc rapidement compris la raison du seau sous le robinet à côté du trou. Car cette méthode implique des toilettes à la turque…Je vous expliquerai pourquoi bientôt.
Cette méthode a l’air assez dégoutante, surtout que les voyages en Inde demandent à votre estomac un temps d’adaptation long, contraignant, liquide et incontrôlable.
Vous devez donc organiser vos mains, en général la main gauche est la main du nettoyage anal, et des tâches ingrates, tandis que la main droite est réservée à l’alimentation, la cigarette, la poignée de main et c…
Mais ne vous méprenez pas, votre main gauche n’est jamais vraiment sale si vous utilisez une quantité d’eau suffisamment abondante.
Pour ne rien vous cacher, après plusieurs années en Asie dont les 3 derniers mois en Inde, je n’avais aucune envie de revenir à la méthode occidentale, mais faute de jet ou de toilettes high-tech, j’ai testé la méthode de la bouteille… Et le résultat, c’est qu’il faut nettoyer le sol parce qu’on fout de l’eau partout.
Méthode indienne=chiottes turques obligatoires!

Quand un jour, j’achèterai mon logement, la décision de la technique de nettoyage post défèquement sera délicate, si les moyens me le permettent, j’opterai pour la méthode japonaise bien entendu, mais si je reste réaliste je crois que la méthode thaïlandaise est un excellent compromis.
J’espère que vous aurez appris quelque chose aujourd’hui et que les occidentalistes auront compris qu’il y a beaucoup à apprendre en Orient, car clairement étaler la merde est très certainement la moins bonne méthode.

lundi 11 mai 2009

Shalom India

Shalom India

C'est le nom d'un documentaire que j'ai regardé hier soir sur Arte, comme quoi le hasard du zapping peut apporter d'agréables surprises. J'avais déjà tenté d'exprimer mon ressenti de la jeunesse israélienne, mais ce n'était pas vraiment une réussite, je conseille donc aux intéressés le visionnage de ce documentaire. Il a été réalisé par Yoav Shamir, que je ne connaissais pas mais dont je vais m'empresser de voir les autres œuvres.
Ce film décrit cette phase par laquelle passe une majorité de jeunes israéliens après leur service militaire, phase qui les conduit à voyager un peu partout dans le monde, en particulier en Inde et c'est là, le sujet du documentaire.
J'ai moi-même voyagé plusieurs mois en Inde et côtoyé de très près cette jeunesse, que ce soit en Inde, en Asie du sud-est, au Japon ou en Israël. Ce documentaire est axé sur le traumatisme de l'armée et de la guerre qui amène une fuite de ces anciens soldats vers tous ces paradis dont regorge la terre. Pour ma part, je n'ai jamais rencontré quelqu'un de traumatisé par la guerre, et je pense que ce serait une erreur de comparer ce syndrome à celui des anciens combattants du Vietnam ou de l'Algérie.
La plupart d'entre eux n'ont ni tué, ni torturé, ni assisté à des scènes traumatisantes telles que la violence envers des femmes ou des enfants ou le meurtre de civils. Toutefois, la plupart fuient leur pays, ils le fuient pour quelques mois, quelques années ou pour toujours. Je me suis demandé pourquoi...
Certains le rejettent, rejettent la violence qui l'entoure, mais comme j'ai déjà pu le dire dans un autre billet, la plupart parlent d'Israël avec un amour inconditionnel, que je n'ai jamais ressenti chez d'autres populations.
Par contre, je suis persuadé que tous veulent fuir cette lourde atmosphère qui règne en Israël, l'armée, le terrorisme, l'économie difficile, donc le chômage, la précarité.
Alors passer d’une difficile réalité à un monde de rêve, lent, savoureux, dans un cadre sublime entouré d’indiens totalement différents dans leur approche de la vie.
On aime ou on déteste, mais si on aime, on a du mal à revenir à sa réalité occidentale matérialiste, stressée et oppressante.
Moi-même, sans l’influence responsable de ma femme, j’y serais peut-être encore...
L’indien ne se fâche pas facilement, je dirais qu’il est flegmatique à l’extrême, et ce flegme énerve avant de fasciner l’étranger voyageur.
Se perdre dans ce pays n’est pas bien difficile, on peut vite s’enivrer ce mode de vie « Shanti Shanti », et le fait que le Charras soit à l’Inde ce que le vin rouge est au sud-ouest, accentue fortement cet enivrement…
Comme on l’explique dans le documentaire, les israéliens migrent à travers l’Inde selon les deux grosses saisons, entre Goa et les régions de l’Himalaya, les fêtes Trance du sud et le calme isolé du nord.
Goa et ses fêtes, la plage, les drogues, la liberté, pas d’œil parental pour vous juger…
La drogue est un vecteur important de la perte de ses repères, et elle est omniprésente, les drogues dures dans le sud et le Charras partout, tous les jours.
Le film montre beaucoup d’image de gens fumant le Chillum de bon matin, ou dansant sous ecstasy.
Maintenant je ne vais pas me muer en adulte bienpensant et moralisateur, je laisse ça aux réactionnaires.
Je voudrais simplement revenir sur les Beit Chabad ces maisons d'accueil religieuses, j'en ai vu partout ou je sois allé, et dans les lieux les plus insolites.
C’est un lieu où l’on vient se recueillir, manger, retrouver les siens, demander assistance, ce sont des espèces d'ambassades humanistes et religieuses. Car elles sont bien sûr religieuses, le Chabadnik essaiera bien sûr de ramener le jeune israélien dans le chemin de la foi. Mais au moins il est là, et il aide.
Cela me ramène à un thème que j’ai déjà évoqué il y a quelques temps, celui du sentiment d’appartenance à une communauté.
En tant français, s’il vous arrive des merdes, vous êtes livrés à vous-même, ne comptez pas trop sur les ambassades ou l’Alliance française, vous seriez déçus...
Si vous êtes israéliens vous êtes important, on ne peut laisser se perdre la jeunesse du pays aux quatre coins du globe. Le bouche à oreille permet aux Beit Chabad de venir en aide aux perdus du voyage, permet à Hilik, l’étrange ancien membre des services secrets chargé par le gouvernement de ramener les jeunes qui ont pété un plomb et qui se mettent en danger. Chaque citoyen mérite attention et aide.
Cela ne peut qu’accentuer le sentiment d’appartenance à la nation.
Je m’éloigne du sujet que je voulais traiter initialement, celui du traumatisme de l’armée, je me suis laissé envahir par mes souvenirs, ça arrive...
Je dirais qu’une génération entière est en train de connaitre la guerre et l’occupation, la violence, et cela laisse des marques.
Pour éviter cela on peut tenir le discours de plus en plus utopique de la Paix, mais bon, j’y crois de moins en moins à court ou moyen terme.
Sinon, vous aurez ceux qui diront que c’est la barbarie israélienne, le meurtre de civils qui provoque cet exode physique et psychologique, et là on est dans la rhétorique antisioniste de base qui ne mérite pas mon attention.
Par contre toute violence, les armes, la tension, la peur, la pression peuvent provoquer des troubles psychologiques importants, pas grand-chose à faire.

vendredi 24 avril 2009

Et pendant ce temps, au Pakistan…

Pendant que l'on s'égosille sur le président iranien et la conférence sur le racisme, un problème bien plus important devrait largement nous inquiéter.

Depuis deux semaines, les talibans pakistanais sont en hostilité quasi-ouverte avec le gouvernement pakistanais. Celui-ci, et en particulier le président Zardari, a été accusé par la communauté internationale, Etats-Unis en tête, de capituler face à des talibans en progression régulière. Hier, les talibans se trouvaient à une centaine de kilomètres de la capitale Islamabad.

Depuis les années 1990, le Pakistan joue un jeu dangereux avec les talibans. Ce pays a soutenu la conquête de l'Afghanistan par ceux-ci, avec la neutralité complice des Américains et les a laissés s'installer durablement sur son sol, particulièrement au Nord du pays. Après le 11 septembre, le Pakistan a joué la carte de l'alliance avec les Américains et l'OTAN, tout en continuant à manipuler les talibans. Le général Musharaf préférait ne pas céder à la pression populaire. Le nouveau gouvernement pakistanais a eu bien plus de mal à se positionner, coincé entre les réclamations de la rue et les attentes de ses alliés étrangers. Zardari a signé un accord avec les étudiants islamistes, les autorisant à installer des tribunaux dans la vallée du Swat, mais ceux-ci ne l'ont pas respecté. Aujourd'hui, le risque d'un basculement du pays est réel, du fait des tiraillements internes à l'armée pakistanaise, la troupe ayant de nombreux jeunes séduits par les idées islamistes.

Ainsi, un pays doté de l'arme nucléaire pourrait basculer dans un régime fasciste de type islamiste. Depuis trois ans, la communauté internationale craignait que l'Iran porte ce danger, mais la menace la plus immédiate n'était pas là. Ce qui est le plus ironique, c'est que dans un cas pareil, l'Iran deviendrait très rapidement un allié objectif ; les ayatollahs iraniens ne verraient sans doute pas d'un bon œil la présence d'un gouvernement islamiste sunnite juste à côté de chez eux, surtout en possession de l'arme nucléaire, et pourraient rapidement se retourner vers les grandes puissances.

Que faire ? Cher lecteur, je n'en sais rien, mais il y a là un vrai risque qu'il ne faut pas négliger. Certes, nous ne serions sans doute pas directement menacés, mais les Indiens ne peuvent pas en dire autant. De plus, il ne faut pas oublier que des troupes occidentales sont présentes en Afghanistan, et qu'elles se retrouveraient alors en danger. Dans tous les cas, il faut maintenant exercer des pressions fermes sur le gouvernement pakistanais pour qu'il prenne de réelles mesures contre cette progression talibane. S'il le faut, nos forces pourraient apporter un soutien matériel et logistique. Je ne vois pas trop ce que nous pouvons faire d'autres, à part convaincre ce pays d'envisager de répartir un peu mieux les richesses et de se lancer dans de réels programmes d'éducation de sa population. Le Pakistan reste en effet l'un des pays où les inégalités entre les groupes sociaux sont les plus énormes, avec un IDH de 0,551 en 2005…