Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
dimanche 13 mars 2011
Le Japon pleure, les médias rient.
dimanche 10 janvier 2010
lundi 30 novembre 2009
Les blogueurs libéraux, ayatollahs du climat.
Leur problème est le Climategate. De quoi s'agit-il ? A partir de données piratées auprès du GIEC, certains libéraux considèrent que le réchauffement climatique n'est pas causé par l'homme, et le disent avec force. Pour le moment, cette information n'est pas du tout reprise par les médias, et les opérations de Copenhague se poursuivent.
Je vais peut-être te surprendre, cher lecteur, mais j'admets partager certaines préoccupations des libéraux sur cette question. Non pas sur la réalité du réchauffement, mais plutôt sur les conséquences que cette situation de crise va avoir sur nos démocraties. Il va falloir très fortement surveiller l'Etat et ses actions, mais aussi les décisions internationales. Je suis d'ailleurs persuadé qu'il est possible de construire des solutions démocratiques à la crise climatique, sans entraîner une restriction de nos droits. De plus, il faudra aussi veiller que les pauvres et les classes moyennes ne soient pas les seuls groupes sociaux à faire tous les efforts, les solutions actuelles étant plutôt favorables aux milieux les plus aisés, comme la taxe carbone ou les incitations fiscales.
Dans ce cadre, je comprendrais que les libéraux, toujours inquiets de l'intervention de l'Etat, s'inquiètent et se manifestent. Je m'attendais à les entendre nous dire que le marché, dans sa grande sagesse, réagirait automatiquement en cas d'une telle crise climatique et amènerait les bonnes solutions, avec en plus de juteux profits pour les entrepreneurs innovants.
Or, leur stratégie est totalement différente. Ils essaient de nous dire que le réchauffement est une construction d'un groupe appelé les « réchauffistes » et espèrent nous convaincre de renoncer ainsi à toute mesure pour réduire nos taux de pollution. En clair, ils se masquent et se lancent dans une théorie complotiste qu'ils peinent réellement à appuyer, vu le faible nombre de scientifiques allant dans leur sens.
En clair, des politiciens font de la science. Je trouve cette stratégie inefficace et dangereuse car tentant de réduire un risque qui pourrait bien être vrai : l'homme aurait un impact sur le climat. Finalement, ils se montrent aussi sectaires que les nombreux ayatollahs qu'ils dénoncent eux-mêmes. Et si nous laissions les vrais spécialistes s'exprimer ?
Je ne vois toujours pas quel serait l'intérêt du GIEC, et les objectifs des Etats, à promouvoir une fausse version de l'histoire. En effet, développer une politique de lutte contre cette crise va coûter très cher ! Les gouvernements, et en particulier les pays pauvres, s'en passeraient bien…
jeudi 3 septembre 2009
La racoleuse publicité de M6 pour son nouveau JT.
Lorsqu'on regarde attentivement la publicité, qui découvre-t-on ? Une représentation graphique de l'évolution de l'homme depuis le paléolithique jusqu'à l'informatique, et finalement, la journaliste qui va présenter l'émission. A priori, M6 ne change pas tellement de recette : sans aucun préjugé sur elle, la journaliste, Claire Barsacq est mise en avant pour son physique, et je lui souhaite rapidement de faire évoluer l'image que la chaîne lui a collée.
Dans le même esprit, la phrase qui accompagne la publicité se retrouve totalement dans le soi-disant « esprit M6 », chaîne destinée à des 30-40 ans consuméristes et baignés dans les valeurs individualistes. Elle est claire : « l'info comme vous la vivez. »
En soi, cette phrase est très dérangeante. On pourrait d'abord imaginer un journal centré uniquement sur les réactions des téléspectateurs de la station. Cela risque d'être assez amusant. Par exemple, après une nouvelle émeute en banlieue, on verra peut-être la journaliste annoncer que, décidément, il faudra penser à vider les cités des Arabes et des Noirs qui y mettent le bordel ! Après tout, près d'un tiers des Français vit l'actualité comme cela.
Or, il est évident que M6 ne fera pas cela. Elle diffusera simplement ses valeurs (soutien au capitalisme, libéralisme, individualisme) en disant qu'elles sont largement partagées par le public, ce qui reste largement à démontrer. Comme c'est devenu une habitude chez nos élites, on annonce une évidence qu'on attribue à la population, pour faire passer un discours qui n'est pas forcément légitime.
Une chose est sûre : devant une telle manière de présenter les choses (belle nana et on pense comme vous), il n'est pas certain que M6 soit capable d'élargir réellement son audience. France 3 a encore de beaux jours devant elle.
lundi 18 mai 2009
Paris is burning... or maybe not really?
J’ai crû que les corses avaient encore emmerdé leur monde, mais finalement il s’avère que ce fait s’est déroulé à la Courneuve, dans le réputé 93, pas loin de mon ancien chez moi.
En fait le journaliste interviewait Gilles POUX, le maire de la Courneuve et celui-ci expliquait calmement que ce genre d’évènements résultait de l’abandon structurel dont était victime sa ville.
Fini la police de proximité, moins de service public en général.
On le sait, c’est clair comme de l’eau de roche et quelque part, ce type de violences pourrait permettre d’attirer l’attention sur les problèmes rencontrés dans certaines zones délaissées pour les revitaliser… Je rêve…
Non, le journaliste a posé la question suivante (à peu de choses près):
« Pouvez aujourd’hui affirmer que votre ville est en partie sous le contrôle de bandes organisées et armées? »
Putain, on dirait Sarkozy !
Mais comme c’est pas lui, c’est donc plutôt un journaliste de merde qui veut lui amener des voix.
Vive la peur, vive l’insécurité!
La France brûle, les quartiers sont armés de Kalachnikovs, on court vers la guerre civile!
Est-ce que c’est déjà l’effet Jean-Luc Hees ? Ou est-ce le non-professionnalisme chronique de nos médias?
vendredi 15 mai 2009
Edwy Plenel vs Jean-Luc Hees.
Une nouvelle fois, je ne peux que te conseiller, cher lecteur, d'aller écouter l'émission, assez intéressante finalement. Plenel a suscité quelques interrogations chez moi, que je vous soumets ici :
- Tout d'abord, il a affirmé avec force le fait que l'information ne doit pas être soumise à l'argent, comme elle ne doit pas l'être à l'État. Cette idée est totalement mienne. Évidemment, le journaliste y voit là un moyen de défendre son modèle, celui de Mediapart. Cependant, je reste circonspect devant le statut que devraient avoir les entreprises de presse. Comment les dégager de l'influence des lobbies et des pouvoirs ? Plenel a répondu à cette contradiction par la nécessité de maintenir un secteur privé et un secteur public. Soit. Mais que faire quand l'État est en collusion avec les pouvoirs financiers comme c'est le cas aujourd'hui ? Ben, rien, à priori.
- Plenel a affirmé une chose qui m'a beaucoup touché. Prenant en compte l'existence des citoyens qui peuvent maintenant donner leurs opinions sur le web sans problème et être des éditorialistes, comme nous le faisons ici d'ailleurs, Plenel affirme que les journalistes doivent se concentrer sur l'information et la rendre la plus objective possible. Cela me semble très difficile à réaliser, mais c'est un bel objectif de principe. J'attends de voir comment les journalistes du Figaro ou de Libération suivront ce principe.
- Enfin, Plenel s'est inquiété de la prise d'influence du politique sur les nominations des dirigeants des chaînes publiques par le pouvoir. Qu'il se rassure, on est inquiet. Il a d'ailleurs relaté le fait que les députés avaient été mis en défaut sur la nomination du président de la chaîne parlementaire, puisque le pouvoir aurait imposé son candidat. Même les députés ne pourraient résister à la volonté du président, alors que la chaîne parlementaire est leur chaîne. Bon, on le savait déjà, mais plus cela apparaît clairement, plus cela me semble gravissime.
Gaël, il y a quelques heures, nous conseillait de bien profiter des dernières chroniques de Didier Porte et de Stéphane Guillon. Plenel allait encore plus loin ce matin.
Et il y a eu une scène assez insolite à la fin de l'émission. A 8h57, Jean-Luc Hees a débarqué dans le studio et a demandé la parole, affirmant sa volonté de préserver la liberté du service public d'information.
Pour moi, Hees a réagi exactement à l'inverse de ce qu'il fallait faire. D'abord, en faisant cela, il a confirmé la validité du doute. Après tout, il a accepté le geste du roi en se faisant nommer. Ensuite, il a confirmé que sa nomination pouvait confirmer nos craintes. Enfin, il a crédibilisé le discours de Plenel.
Au moins Hees a-t-il assuré Plenel de sa liberté de parole sur Inter. On espère que Philippe Val aura entendu la consigne. Comme Plenel n'est pas salarié de la chaîne, pourquoi pas. Les autres journalistes auront-ils la même liberté ? A nous, avec nos tribunes d'opinion, de rester vigilant sur cette question, avec nos petits bras musclés…
mardi 13 janvier 2009
Les médias doivent-ils faire du sensationnel ou de l'information?
Je suis donc beaucoup moins prolifique que d'habitude car, je suis un petit peu las de mettre de facto dans un camp et de devoir ensuite tenir des discussions parfois agitées sur ce conflit.
Je recommence aujourd'hui car j'ai exceptionnellement vu le journal télévisé de France 2 hier soir...
J'y ai entendu 2 choses concernant Israël et Gaza, la première étant l'importation des violences sur notre territoire et l'autre l'utilisation par Tsahal de bombes au phosphore.
Après lavoiture bélier en feu qui est venue enfoncer la grille de l'entrée de la synagogue de Toulouse, on a eu droit aux cocktails molotovs balancés sur la synagogue de Saint Denis et sur un lieu de prière à Schiltigheim en Alsace.
Heureusement pas de victimes et peu de dégâts.
Malheureusement, ça sent le vieux relent antisémite qui a l'occasion de s'exprimer en cette période de guerre.
Cet antisémitisme, pourtant tabou dans notre société post-Shoah, s'est également manifesté par des slogans sans équivoque pendant plusieurs manifestations pour la Palestine.
Hier le président de SOS Racisme, Dominique SOPO, nous expliquait que le conflit permettait l'expression d'un sentiment antisémite enfoui et interdit. J'ai quand même un doute, j'ai l'impression que l'antisémitisme exprimé par des jeunes se sentant touchés par la cause palestinienne relève plus de l'ignorance et la désinformation que de racisme inexprimé.
Comme j'en ai parlé dans un billet précédent, les médias jouent, comme d'habitude le tape à l'oeil, les images choc et les phrases accusatrices. C'est le jeu de l'audience, sauf que le jeu de l'audience provoque des tensions communautaires complètement déplacées.
Je ne vais revenir ici sur le fait qu'un juif et un israélien, ça n'est pas pareil...
Donc, hier, France 2 nous a gratifié d'un reportage à Gaza sur l'utilisation de bombes au phosphore, provoquant de graves brûlures sur les populations exposées. On voyait des images de personnes brûlées et des interviews de gazaouis expliquant la dangerosité de ces bombes.
Finalement, il s'avère que l'utilisation est autorisée par la convention de Genève, et strictement règlementée.
Probablement l'usage de ces bombes par Israël dépasse le cadre d'utilisation autorisée la convention, toutefois, Mr Pujadas n'en a pas beaucoup parlé, il s'est contenté de montrer les dégâts.
Voici donc un sujet traité très légèrement, en surface, juste assez pour choquer, mais pas assez pour comprendre.
C'est exactement ce que je reproche à nos médias, ils font du sensationnel et attisent la haine.
dimanche 9 novembre 2008
La charité, ou le système de la culpabilisation libéralisée.
Régulièrement, tu verras sur les blogs libéraux un argumentaire très simple sur les impôts. Pour les libertariens, l'impôt est un vol permanent qu'effectuent les autorités sur les individus qui travaillent librement pour s'enrichir. L'impôt est nécessaire pour assurer les services vitaux de l'État (armée police, justice), mais il faut le limiter au maximum. Chaque citoyen devrait pouvoir choisir librement d'utiliser son argent pour assurer ses services vitaux. Or, il reste le soutien de la société aux pauvres et aux nécessiteux, qui ne peuvent plus recevoir leurs oboles à la sortie de l'église puisque plus personne ne va à l'église. Heureusement, cher lecteur angoissé, le libéral a la solution : la charité ! Ah, la charité, c'est génial. Tu peux librement choisir à qui tu donnes, pour les œuvres que tu préfères. Quand tu dis au libéral qu'une personne ne donnera jamais que peu de choses aux associations et aux fondations, il te répond que c'est à cause du poids monstrueux des impôts. Si on les réduisait, on pourrait mettre en place un véritable système libre de charité.
Or, cher lecteur, je ne sais pas pour toi, mais moi, donner aux associations, que je ne connais pas vraiment, sur qui je n'ai aucun contrôle et dont je ne connais pas les modes de fonctionnement, cela me gène. En plus, je suis un peu égoïste, et j'aime garder farouchement ma petite épargne. Je suis d'ailleurs persuadé que je suis loin d'être le seul. Les associations le savent bien : la campagne que mène en ce moment le Secours Catholique en est la preuve.
Comment se compose l'image ? Tu vois un enfant qui, comme Big Brother, pointe le doigt sur toi. Cet enfant est en train de te parler et te dis : "Je crois en toi." Le message est limpide : moi, pauvre enfant tout pauvre, je crois en ta générosité et je suis sûr que tu vas donner à l'association qui veut bien m'aider et m'empêcher de tomber dans la pauvreté. En clair, l'affiche est là aussi pour te donner mauvaise conscience et pour te culpabiliser. Grâce à cela, tu vas donner et te soulager de ta mauvaise conscience de classe moyenne ou de bourgeois.
Cet aspect est ce qui me gène le plus dans la charité. Tout le processus fonctionne par la culpabilisation des acteurs économiques. Certes, certains donneront naturellement aux associations, mais une toute petite minorité. Pour récolter des fonds, les associations font de la culpabilisation pour récolter plus de dons. Ainsi, alors que c'est la société qui est organisée ainsi et que c'est notre volonté individualiste qui suscite les inégalités, c'est à chaque individu d'assumer la culpabilité du système social et de s'en délester par le don.
Franchement, cher lecteur, je préfère les impôts et les cotisations sociales. Par ce système, les citoyens assument le fonctionnement réel de la société. Chacun est prélevé d'une part de ses revenus par choix de la société, pour permettre à la majorité pauvre de vivre un peu moins mal. Tout le monde contribue, malheureusement inégalement en France, mais il n'y a là aucun processus culpabilisant. Avec la charité, on joue sur l'inconscient et sur la culpabilité des acteurs économiques.
Cher lecteur, tu ne te sens pas déjà coupable de plein de choses ? Laisse les impôts et les cotisations te soulager de tout cela, mais intéresse-toi à la vie politique, et mène les actions nécessaires pour les faire évoluer. C'est cela, la vraie responsabilité !
mardi 28 octobre 2008
Barack Obama fait campagne en utilisant les artistes : quelles conclusions en tirer ?
La vidéo est à l'évidence assez bien faite. Cependant, je voudrai m'interroger, et t'interroger par la même occasion, sur l'impact de ce type de document. En France, nous n'avons pas encore eu l'occasion d'assister à ce type de chose, mais je pense que vu l'influence du modèle politique américain en France, cela ne va pas tarder.
Tout d'abord, on peut se demander qui est la cible de cette vidéo, largement diffusée sur Youtube mais aussi sur de nombreux blogs nord-américains et sur certaines chaînes de télévision. Personnellement, la vidéo ne me touche absolument pas, même si je reconnais la bonne facture du clip. En tant que passionné de politique, il en faut plus pour m'atteindre et me convaincre de voter pour un candidat. Je peux donc logiquement en déduire que les personnes visées sont plutôt des non-politisées. Ma collègue m'a tout de suite dit que cela visait les jeunes, très peu mobilisés en général aux États-Unis par la vie politique, y compris nationale. J'ai remis en cause tout de suite l'impact réel de ce type de vidéos, mais ma collègue, qui ne se laisse pas démonter facilement, m'a affirmé que les élèves français, avec qui elle avait travaillé sur la campagne électorale américaine, était très touchés par elle. Dont acte, mais nos élèves ne sont pas des Américains.
Quel est ensuite l'intérêt pour Barack Obama de mobiliser des artistes et des acteurs pour sa campagne ? S'il s'agit de mobiliser des jeunes, je trouve que le clip démontre la crise que connaît le monde politique dans son ensemble. Même un personnage charismatique comme Obama sait que son discours sera relativement inaudible chez les jeunes : le voilà obligé de mobiliser le ban et l'arrière-ban du monde des stars américaines pour tenter de bouger les jeunes. C'est d'autant plus étrange finalement qu'on peut douter de la capacité de McCain à attirer ces électeurs-là. Peut-être que le déséquilibre important entre jeunes et vieux (naturellement davantage républicain), qui a tant joué en France en 2007, effraie le candidat démocrate, qui cherche tous les moyens possibles pour se trouver une audience chez les post-ados. Comme cette population se mobilise peu, on essaie ici de la pousser au maximum à aller voter.
Quel est l'intérêt du chanteur et des autres artistes de s'engager là-dedans ? On peut d'abord penser que ce clip peut avoir un impact sur la campagne et faire gagner Obama, pourquoi pas... Je pense aussi que les chanteurs peuvent y trouver un impact financier personnel. Cet ancrage chez les démocrates peut amener de nouveaux auditeurs, même si les Républicains pourraient aussi quitter les salles. Il peut aussi donner une forme de respectabilité à des artistes considérés comme superficiels et sans grand intérêt dans leur production artistique habituelle : tu as peut-être reconnu dans ce clip la chanteuse des Pussycat Dolls dans la deuxième partie de la chanson...
On peut se poser une dernière question : qu'est-ce que cette chanson exprime de l'état réel de la politique ? A l'évidence, le clip joue sur l'émotion bien plus que sur la raison indispensable à l'analyse politique. Obama fait référence à quelques grands moments de l'histoire américaine : la guerre d'indépendance, l'abolition de l'esclavage ou Martin Luther King. Il fait appel à l'espoir de changement des jeunes et martèle les mots hope et yes, we can, mais que reste-t-il du programme du candidat, des propositions concrètes ? Au final, peu de choses... L'électeur jeune et adolescent devra se contenter des émotions et de voter pour un vague espoir. Finalement, tout cela n'est guère rassurant sur la politique américaine.
Bon, d'un autre côté, je ne pense pas qu'un tel clip aurait pu être fait en France pour Ségolène Royal en 2007. Peut-être sur de la musique hippie : Fraternité, fraternité, fraternité yeeaahhh...
mardi 14 octobre 2008
Quand FIP fait de la lèche à Carla Bruni-Sarkozy...
Après mon travail, cher lecteur, je revenais dans mon automobile vers mon domicile. Comme souvent le mardi soir, je covoiturais quelques collègues, histoire de me déculpabiliser de polluer et de détruire un peu plus la planète. Quand je suis dans cette configuration, je branche FIP, radio idéale quand, en voiture, on papote avec des amis.
Après avoir abandonné mes trois collègues à une bouche de métro, je reprends ma route lorsqu'arrive le flash de FIP, bulletin souvent très condensé qui résume l'actualité du jour. Après m'avoir mis en rogne sur le vote de l'Assemblée nationale sur le plan de sauvetage des banques, le journaliste annonce nonchalamment que Le Monde, dans son édition de demain, présente ses excuses à Carla Bruni pour l'avoir appelé Cécilia dans son édition d'aujourd'hui...
Sur le moment, j'ai réagi de manière un peu incrédule : pourquoi le Monde prend-il cette peine ? Après tout, cela n'a rien de grave. Un courrier adressé à la première dame aurait sans doute largement suffi. Un simple erratum dans le journal n'aurait pas choqué plus que cela, l'erreur est humaine après tout. Je me suis donc logiquement dit que la presse était décidément totalement écrasée par le poids du pouvoir sarkozyen, pour s'humilier à ce point.
Et puis, pendant que la radio relançait un sympathique morceau de jazz, j'ai commencé à m'interroger sur ce qui avait bien pu pousser ce journaliste à annoncer cette nouvelle. Je sais que FIP n'est pas une radio très écoutée, à part dans les bouchons du soir sans doute. Cette proclamation est pourtant étrange : on annonce ainsi à la France entière que le méchant journaliste qui avait osé faire ce lapsus est obligé de s'écraser comme une galette tombée de la poêle. Oh, le vilain...
Et si c'était plutôt de l'ironie ? D'abord, si je n'avais pas entendu ce flash, je n'aurai jamais su que Le Monde s'était amusé à ce type d'erreur. Surtout, voilà que j'apprends que le pouvoir en est réduit, pour se faire respecter, à exiger des excuses publiques de n'importe quel gugusse journaliste qui fait une erreur, répercutant l'information originelle à une échelle beaucoup plus vaste. Enfin, pourquoi exigerait-on des excuses sur ce sujet-là ? Une sensibilité, Monsieur le Président ?
Lorsque le pouvoir devient ridicule, surtout dans la bouche de ceux qui le défendent, c'est peut-être qu'il est sur le point de basculer, non ?
vendredi 10 octobre 2008
Nous sommes vraiment des veaux
On nous raconte tout et n'importe quoi, on nous rassure, on nous inquiète, on nous parle de gros sous, de faillites, mais en fait, on ne peut qu'attendre et espérer que nos dirigeants prendront les bonnes mesures pour nous sortir de là et empêcher que l'on y replonge de si tôt.
Comme le dis Nicolas dans un de ses billets, cette crise pourrait aboutir à guerre, histoire de faire oublier à la populace que la gouvernance libéro-capitaliste du moment nous a amené une fois encore à une catastrophe.
Une bonne petite guerre pour relancer la machine et divertir les gens en cette époque de pénurie footballistique.
Par ailleurs, après un printemps asiatique, avec tour à tour les sanglantes répressions à Myanmar et au Tibet, après quelques années à s'inquiéter de la situation au Darfour, après les terribles ouragan et séisme birman et chinois, les jeux olympique ont commencé leur travail de sape anti prise de conscience collective, relayé on ne peut plus efficacement par la crise actuelle.
Comme disait très justement le Général, les français sont des veaux, mais en fait il n'y a pas que nous, la terre est remplie de veaux développés. Les pauvres n'ayant pas le luxe d'être des veaux, trop occupés à survivre et endurer les souffrances.
Nous sommes tellement simples à manipuler, on nous met devant Dechavanne et si par hasard on zappait sur Arte, papa média et gouvernement a vite fait de remettre TF1...
Tout ça n'est un secret pour personne, mais je n'ai plus envie d'écrire de billets sur la BCE ou autre Trichet, ce qui me désolé, c'est qu'en fait, on se fout totalement de vraies misères de ce monde (pas un secret non plus), mais qu'il y a des modes, alors au printemps, mode Asie, en été, mode rien, en automne, mode crise, en hiver, mode Obama / McPalin, et ensuite?