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vendredi 20 février 2009

Et pendant ce temps, dans les universités...

Et pendant ce temps, alors que nous nous passionnons pour les différentes annonces du président de la République, le mouvement universitaire prend de l’ampleur.

Aujourd’hui, la manifestation parisienne a regroupé entre 15 000 (selon la police) et 30 000 personnes (selon les organisateurs). Cela fait maintenant trois semaines qu’un mouvement important est engagé. Certes, l’actualité en Guadeloupe cache maintenant cette grève, mais elle est significative. C’est la première fois depuis 1968 que les universités sont touchées par un tel mouvement.

Il y a dans cette grève plusieurs aspects :

  • D’abord, se pose la question du statut des professeurs d’université. Actuellement, ces collègues doivent partager leur temps de travail entre l’enseignement et la recherche. Cependant, certains souhaitent davantage se consacrer à la recherche. Le nouveau statut prévoit que les profs qui ne font pas de recherches soient obligés d’enseigner davantage, tandis que les autres pourraient faire uniquement de la recherche. Or, pour pouvoir garantir que l’on fait de la recherche, il faut publier dans des revues assez réduites en nombre, ce qui risque d’obliger de nombreux collègues, pourtant chercheurs, à augmenter le temps d’enseignement (très lourd en préparation à la fac) et à négliger la recherche.
  • La réforme du CAPES (l’un des concours de recrutement des enseignants du secondaire) inquiète aussi beaucoup, car elle met en place deux voies, après un master, pour accéder à l’enseignement : des fonctionnaires qui seraient de moins en moins nombreux, et des personnes ayant le master mais ayant échoué au CAPES, et qui pourraient être recrutés en contractuels par l’Éducation nationale. De même, ces nouveaux masters professionnalisants ne seraient plus connectés aux connaissances fondamentales, et feraient donc perdre des chercheurs potentiels aux universitaires. On pense aussi que le nouveau de compétences de ces enseignants serait moindre.
  • Enfin, la recherche souffre d’un manque chronique de financements publics en France. Le discours de Nicolas Sarkozy sur la recherche, pris par les chercheurs comme une marque profonde de mépris, n’a rien arrangé.
Aujourd’hui, les étudiants étaient apparemment nombreux dans le cortège. Ce soir, 250 d’entre eux occuperaient un amphithéâtre de la Sorbonne, entourée par un dispositif policier.

Ne perdons pas ce mouvement de l’œil, cher lecteur…