Philippe Marini est en forme, il nous a pondu l'amendement permettant de déduire les pertes en valeurs mobilières des revenus, et aujourd'hui, il ne se démonte pas et nous sort un nouvel opus des petites idées de Marini.
Mais cette fois, force est de constater, que cet amendement est plus réfléchi et parait plus logique que le premier.
En effet il veut supprimer la demi-part sur la déclaration d'impôt des parents isolés d'enfant de plus de 26 ans. Il leur faudra prouver que l'enfant en question est toujours à leur charge.
Comme Nicolas bis annexe, je pense que cet amendement n'a rien de scandaleux, et j'attends avec impatience la réaction toute rouge de mes deux compères.
Cet avantage fiscal concerne 4,3 millions de personnes et génèrera (ou coûtera à l'État) en 2009, 3.7 millions d'euros.
Toutefois, j'ai également lu que cet argent allait principalement aux femmes veuves, célibataires ou divorcées.
Je suis donc assez perplexe, et ce sujet demande recherche et réflexion approfondie.
Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
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mardi 9 décembre 2008
lundi 8 décembre 2008
Ah, c'est la crise, aidons vite les pauvres retraités actionnaires à s'en sortir !
Le Sénateur Philippe Marini a trouvé un nouveau moyen de creuser un peu plus le déficit public. Il propose un amendement à la loi de finances, actuellement étudiée au Sénat, qui permettrait aux personnes qui ont perdu de l'argent en revendant leurs valeurs mobilières ces derniers mois, de déduire ces pertes de leurs revenus de 2009. Ils pourront ainsi déduire jusqu'à 10 700 € sur une somme de vente de moins de 25 000 €.
Lorsque je l'ai entendu ce matin sur France Inter, Marini a presque failli me faire pleurer. Voilà qu'il nous présente le cas suivant : "Imaginez ce retraité qui a dû vendre ses actions en catastrophe pour permettre de faire entrer sa femme en maison de retraite. Voilà un homme en grande difficulté que nous devons aider".
Tiens, c'est marrant. Moi, j'avais plutôt l'impression qu'en ce moment, les vieux en difficulté étaient plutôt ceux qui touchent le minimum-vieillesse et qui n'arrivent plus à assumer leurs frais de base. En effet, si ces personnes sont déjà capables de déduire 10 700 € de leur revenus, c'est qu'ils sont au-dessus du minimum-vieillesse.
Pour moi, la mesure est nocive sur au moins deux points :
Lorsque je l'ai entendu ce matin sur France Inter, Marini a presque failli me faire pleurer. Voilà qu'il nous présente le cas suivant : "Imaginez ce retraité qui a dû vendre ses actions en catastrophe pour permettre de faire entrer sa femme en maison de retraite. Voilà un homme en grande difficulté que nous devons aider".
Tiens, c'est marrant. Moi, j'avais plutôt l'impression qu'en ce moment, les vieux en difficulté étaient plutôt ceux qui touchent le minimum-vieillesse et qui n'arrivent plus à assumer leurs frais de base. En effet, si ces personnes sont déjà capables de déduire 10 700 € de leur revenus, c'est qu'ils sont au-dessus du minimum-vieillesse.
Pour moi, la mesure est nocive sur au moins deux points :
- Il existe une multitude de moyens pour placer son argent : achat de biens immobiliers, assurances-vies, livret bancaires protégés par la collectivité, investissement dans les entreprises innovantes... Le capitalisme a inventé de nombreuses solutions pour permettre à ceux ayant du capital de le faire fructifier. Ces retraités, puisque c'est à eux que pense Marini, ont fait le choix de placer leurs capitaux sur les investissements les plus à risques, sans doute parce qu'ils espéraient faire le maximum de bénéfices possibles. Aujourd'hui, dans le jeu boursier, ces gens ont perdu, mais seulement pour le moment : n'oublie pas, cher lecteur, que le marché repartira à la hausse. On soutient donc les gens qui ont paniqué, car je ne crois pas que si tu es capable de vendre 25 000 € d'actions, tu aies du mal à aider ta femme qui va en maison de retraite. Encore une mesure profondément déresponsabilisante, d'autant plus que les gains sont déjà en grande partie exonérés : quand tu gagnes, tu gardes, et quand tu perds, tu gagnes aussi !
- Le second problème est que l'État a déjà des problèmes financiers. Continuant à refuser de jouer sur les recettes, la majorité continue à créer des dépenses par des exonérations, pour aider des riches ici. Je sais que je vais encore passer pour un gauchiste, mais je ne veux même pas leur prendre de l'argent. Je pense juste qu'ils doivent assumer leurs responsabilités et accepter de perdre l'argent qu'ils ont jouée. Il y a d'autres catégories de personnes qui ont vraiment besoin de l'État pour affronter la crise. Les ouvriers de l'automobile, victimes des mauvais choix de leurs entreprises et qui perdent du salaire en chômage technique, alors qu'ils veulent travailler, auraient pu, eux, recevoir quelque chose, comme une compensation salariale totale, juste avant les fêtes. Cela coûterait-il si cher, et plus que l'aide de Marini ? Peut-être même pas... Et que dire de l'important groupe de retraités au minimum-vieillesse ?
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dimanche 7 décembre 2008
Les municipalités de gauche dépensent parfois de l'argent inutilement.
Cher lecteur, comme nous sommes dimanche, qu'il fait gris et que je suis fatigué, j'ai envie de t'entretenir d'un sujet léger, sans grand intérêt, mais qui m'énerve grandement.
Le 26 novembre, j'ai découvert que ma commune, la petite ville des Lilas (93), a décidé d'allumer les décorations de Noël. Sur le moment, je me suis dit : "hum, ils doivent faire un test pour vérifier que tout marche bien, et ils rallumeront tout cela dans quelques jours". Le lendemain, ma surprise et mon agacement ont augmenté : les lumières, flashs et autres projecteurs fonctionnaient bel et bien, et toute la nuit, de 17h30 jusqu'à 7h00 du matin. Ma surprise s'est accrue lorsque j'ai pu me rendre compte que les autres communes du coin, Pantin et le Pré Saint-Gervais, avaient suivi la même voie.
Tu vas me dire, cher lecteur : "Et alors ?"
Nos communes sont des vieilles municipalités de gauche, sauf les Lilas qui sont passés à gauche en 2001. Régulièrement, nos maires évoquent des manques de moyen et se plaignent des processus de décentralisation sans la transmission des fonds nécessaires par l'État. Et là, voilà que ces mairies estiment qu'elles peuvent se permettre de dépenser deux mois d'électricité, alors que le prix de celle-ci est au plus haut ? Je suis sûr que les décorations vont rester allumées jusqu'à la fin du mois de janvier.
Les lecteurs compréhensifs me rétorqueront : "mais cela égaye la ville et fait plaisir aux enfants. En plus, en période de crise, cela réjouit de voir toutes ces lumières." Justement, la crise devrait imposer aux municipalités, dont les recettes fiscales vont diminuer, de limiter au maximum les dépenses de ce type, qui ne produisent rien de précis pour la ville.
Pour le premier argument, les enfants sont sans doute heureux les deux premiers jours, et après, ils s'y habituent et n'y font même plus attention. Ces lumières sont censées marquées l'exceptionnalité de la période des fêtes. Dans la plupart des familles, les repas de réveillon sont quand même, pour les enfants, un moment assez positif et excitant : on se retrouve, souvent avec des cousins ou de vieilles tantes qu'on ne voit pas souvent, on s'offre des cadeaux, on mange et on boit ; bref, on célèbre nos retrouvailles et le fait d'être tous encore là à la fin de cette année. Les chrétiens y rajoutent la célébration de la naissance de leur prophète. Le moment est donc, en soi, totalement exceptionnel. C'est ce que je ressentais enfant. Maintenant, en allumant les guirlandes dès fin novembre, on désacralise ce moment spécial. On pourrait se contenter d'une période 15 décembre-10 janvier.
Et j'oserai, pour finir, une réflexion politique un peu plus lointaine. Et si nos municipalités allumaient pour nous rappeler, à nous pauvres mécréants, que la période de la consommation est là ? Ainsi, se dessine une alliance objective entre les commerçants et les mairies de gauche. Si les commerçants font du bénéfice et survivent à la crise qui s'engage, les revenus de taxe professionnelle se maintiennent. Pensant bien faire, nos mairies s'associent à l'idéologie consumériste et mettent en avant la dépense. Franchement, cher lecteur, ne faudrait-il pas que des villes de gauche pensent à autre chose ?
Sur cette merveilleuse conclusion, je vais sortir faire ma tournée de petits commerçants et consommer au marché...
Le 26 novembre, j'ai découvert que ma commune, la petite ville des Lilas (93), a décidé d'allumer les décorations de Noël. Sur le moment, je me suis dit : "hum, ils doivent faire un test pour vérifier que tout marche bien, et ils rallumeront tout cela dans quelques jours". Le lendemain, ma surprise et mon agacement ont augmenté : les lumières, flashs et autres projecteurs fonctionnaient bel et bien, et toute la nuit, de 17h30 jusqu'à 7h00 du matin. Ma surprise s'est accrue lorsque j'ai pu me rendre compte que les autres communes du coin, Pantin et le Pré Saint-Gervais, avaient suivi la même voie.
Tu vas me dire, cher lecteur : "Et alors ?"
Nos communes sont des vieilles municipalités de gauche, sauf les Lilas qui sont passés à gauche en 2001. Régulièrement, nos maires évoquent des manques de moyen et se plaignent des processus de décentralisation sans la transmission des fonds nécessaires par l'État. Et là, voilà que ces mairies estiment qu'elles peuvent se permettre de dépenser deux mois d'électricité, alors que le prix de celle-ci est au plus haut ? Je suis sûr que les décorations vont rester allumées jusqu'à la fin du mois de janvier.
Les lecteurs compréhensifs me rétorqueront : "mais cela égaye la ville et fait plaisir aux enfants. En plus, en période de crise, cela réjouit de voir toutes ces lumières." Justement, la crise devrait imposer aux municipalités, dont les recettes fiscales vont diminuer, de limiter au maximum les dépenses de ce type, qui ne produisent rien de précis pour la ville.
Pour le premier argument, les enfants sont sans doute heureux les deux premiers jours, et après, ils s'y habituent et n'y font même plus attention. Ces lumières sont censées marquées l'exceptionnalité de la période des fêtes. Dans la plupart des familles, les repas de réveillon sont quand même, pour les enfants, un moment assez positif et excitant : on se retrouve, souvent avec des cousins ou de vieilles tantes qu'on ne voit pas souvent, on s'offre des cadeaux, on mange et on boit ; bref, on célèbre nos retrouvailles et le fait d'être tous encore là à la fin de cette année. Les chrétiens y rajoutent la célébration de la naissance de leur prophète. Le moment est donc, en soi, totalement exceptionnel. C'est ce que je ressentais enfant. Maintenant, en allumant les guirlandes dès fin novembre, on désacralise ce moment spécial. On pourrait se contenter d'une période 15 décembre-10 janvier.
Et j'oserai, pour finir, une réflexion politique un peu plus lointaine. Et si nos municipalités allumaient pour nous rappeler, à nous pauvres mécréants, que la période de la consommation est là ? Ainsi, se dessine une alliance objective entre les commerçants et les mairies de gauche. Si les commerçants font du bénéfice et survivent à la crise qui s'engage, les revenus de taxe professionnelle se maintiennent. Pensant bien faire, nos mairies s'associent à l'idéologie consumériste et mettent en avant la dépense. Franchement, cher lecteur, ne faudrait-il pas que des villes de gauche pensent à autre chose ?
Sur cette merveilleuse conclusion, je vais sortir faire ma tournée de petits commerçants et consommer au marché...
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