Blog tenu à trois mains par un métèque, un juif errant et un pâtre grec. Chacun a son passé, ses idées, ses valeurs, parfois communes, parfois différentes. Ici, on débat avec tous et de tout !
jeudi 18 novembre 2010
Cela servait à quoi, tous ces billets sur le remaniement ?
dimanche 24 octobre 2010
Tirons une leçon du mouvement contre la réforme des retraites.
- convoquer un référendum,
- dissoudre l'Assemblée nationale et faire une élection.
jeudi 29 avril 2010
Concertation ta mère !
Ah, les concertations... Plus ça va et plus ce terme est pénible à entendre. Le ministre en a fait ce matin une définition absolument parfaite et il faut que je puisse vous la livrer. Alors que Nicolas Demorand s'interrogeait sur sa rencontre avec Martine Aubry...
Bon, là, cher lecteur, il me faut faire une pause. Comme cela avait été annoncé, Aubry n'a pas communiqué au ministre sa vision de la réforme des retraites, estimant que le gouvernement risquait de piller le programme du PS. Il est très difficile de comprendre cette stratégie, même après une très longue réflexion. Pourquoi ne pas dire ce que l'on veut faire, même si le gouvernement prend des éléments après ? Il sera d'autant plus facile ensuite de dire que l'UMP n'a pas d'idées et qu'elle est obligée de faire une politique de gauche. Avec ce choix, la droite aura beau jeu de dire que le PS ne dit rien parce qu'il n'a pas d'idées...
Et donc, en recevant Martine Aubry, Woerth a proclamé qu'il avait "écouté" la leader socialiste, car nous étions en "phase d'écoute". Voilà une définition de la concertation parfaite venant d'un politique. On écoute, cher lecteur, on écoute, mais fondamentalement, on s'en fiche et on fera ce que l'on veut. Vu le pilonnage médiatique actuel autour de la situation du régime de retraites, le gouvernement a la voie libre pour réformer tranquille. Les actions sociales n'en prennent que plus de sens.
Pendant ce temps, cela ne semble inquiéter personne mais la Grèce est sur le point de faire faillite et de déclencher la véritable crise que nos politiques avaient réussi à éviter partiellement à la fin 2008. Derrière, le Portugal, l'Espagne, l'Irlande et l'Italie pourraient suivre...
lundi 11 mai 2009
Définir une position sur les crimes passés de la France.
En fait, je crois que nos contradicteurs font une erreur fondamentale d'interprétation de nos modes de pensée. Personnellement, je ne me sens absolument pas coupable des crimes ou des idées débiles développées dans le passé. Certes, mes ancêtres ont parfois fait des bêtises. C'est le cas de la colonisation ou de la collaboration. Cependant, je n'étais pas là, et je n'ai donc pas à assumer quoi que ce soit sur ce sujet. De plus, je n'ai pas vécu cette période, mais je sais qu'une grande majorité des Français soutenaient l'idée d'empire colonial dans les années 1930, et que Pétain a été vu comme un sauveur, au moins durant la première année, par une ultra-majorité des Français. Je ne vois pas pourquoi j'aurais été différent à ce moment-là.
Par contre, nous avons à gérer ce passé historique, qui, parfois, a encore un impact sur la vie de notre pays aujourd'hui. C'est le cas de la colonisation. Je reste persuadé que le rapport des Français avec les immigrés de l'ancien Empire sont en lien avec ce passé colonial. Il subsiste dans notre inconscient collectif cette idée d'enfance de l'indigène, d'infériorité, que les Français doivent aider et éduquer. De même, le personnage du jeune de banlieue un peu sauvage me semble correspondre assez strictement à la définition que donnait Jules Ferry de l'œuvre civilisatrice de la France en 1885. Finalement, Jean-Pierre Chevènement, en employant ce magnifique terme de « sauvageon » en 1998, en parlant des jeunes des cités, nous rappelait la persistance de la pensée colonialiste dans notre beau pays, y compris à gauche : comment ne peut-on pas voir le lien avec le terme de « sauvage » qu'utilisait Montaigne.
Pour gérer ce problème, je crois qu'il faut totalement assumer notre passé. Si la France a commis des crimes, s'est comportée comme une grande puissance dominante qui a écrasé de nombreux peuples durant cette période, il faut tout simplement l'admettre ! C'est un fait historique, qu'il faut expliquer à nos enfants (pourquoi cela s'est-il produit ? Quel était le contexte idéologique ? Quelles résistances ?). De même, il faut montrer quelles idées et quelles valeurs se sont exprimées dans la collaboration, et lesquelles dans la réaction du général de Gaulle et des résistants. Il ne faut pas gommer ces actes : quand on aime quelqu'un ou quelque chose, on le prend en entier, dans sa totalité, avec ses qualités et ses défauts. La France, c'est la Révolution française et la colonisation. C'est la résistance et la collaboration. C'est la droite et c'est la gauche.
Par contre, ce qui provoque souvent ma réaction outrée, c'est la persistance des idées qui ont fondé ces crimes dans notre société. Finalement, il ne s'agit pas de faire de la repentance gratuite. Envers les anciens colonisés par exemple, il est important de rappeler, et ce même quand notre gouvernement va dans l'autre sens, que tous les Français ne partagent pas cette volonté de nier le passé historique de la France. Nous n'en avons pas honte, mais nous ne sommes pas prêts à laisser les choses se reproduire et perdurer.
Ce qu'il faut prendre en compte, c'est le passage du temps. Autant on peut saisir que les Français de 1880 aient pu être dominés par des raisonnements de puissance et racialistes concernant la colonisation. Autant il est totalement anormal que subsiste aujourd'hui dans notre société, alors que les idées ont avancé depuis, les mêmes valeurs et les mêmes idées. En assument nos actes passés, nous pouvons nous départir de ces idées, et passer à autre chose…
mardi 31 mars 2009
L’étonnant retour d’Alain Juppé sur notre scène politique.
Depuis, l'ancien Premier ministre semblait se consacrer uniquement à sa bonne ville de Bordeaux. Mais là, depuis quelques jours, Juppé fait un retour en force sur la scène médiatique : Jacques Delors l'évoque la semaine dernière comme un potentiel président de la Commission Européenne, les médias parlent aussi d'un retour au gouvernement pour redorer un peu un gouvernement Fillon dont les ministres sont pour la plupart à l'agonie politique.
Ce matin, Alain Juppé faisait la promotion de son nouveau livre : « Je ne mangerai plus de cerises en hiver. » Dans ce bouquin, Juppé prône un nouveau modèle économique moins consumériste, moins incohérent environnementalement parlant, et moins soumis aux infâmes règles du marché. D'ailleurs, ce matin, il a appelé à proposer une loi sur les rémunérations des patrons, à ma grande surprise, alors qu'on a déjà publié un décret, apparemment mal fichu, sur la question.
Franchement, cher lecteur, ce type de discours me fait bien rigoler. On oublie de dire que Juppé a été le promoteur de ce système. En tant que Premier ministre, il a défendu une politique de réduction de la place de l'Etat et de dégradation des systèmes sociaux. Auparavant, il avait été ministre du budget lorsque Jacques Chirac était Premier ministre, entre 1986 et 1988, dans une des phases les plus libérales de notre histoire politique.
Doit-on déjà à la crise d'avoir amené Alain Juppé à changer radicalement de position idéologique ? Franchement, je n'en crois rien. Sans doute s'agit-il d'une conversion bien opportune, visant à se mettre en phase avec la population pour préparer un retour.
Nos hommes politiques sont vraiment increvables…
dimanche 18 janvier 2009
Quels enseignements du remaniement ministériel ? Sarkozy est nu !
Tout d’abord, ce remaniement visait à permettre au président de reprendre la main sur l’UMP, apparemment trop phagocytée par le bouillonnant et ambitieux Jean-François Copé. Voici donc à la tête du parti Xavier Bertrand, l’un des seuls hommes politiques de droite qui avaient un peu de poids dans le gouvernement. Sarkozy parvient donc à la fois à écarter Bertrand du pouvoir et, en même temps, à le rendre redevable de son accession à la tête de l’UMP. A part Michèle Alliot-Marie et un François Fillon toujours aussi inaudible, il ne reste plus de grande figure de la droite dans ce gouvernement.
Pour remplacer Bertrand aux affaires sociales, voici l’arrivée de Brice Hortefeux. Cela laisse augurer d’une évolution très négative des rapports sociaux dans notre pays, vue la grande ouverture d’esprit du ministre à la tête du ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Je n’aimerais pas être à la place des syndicalistes dans les prochaines semaines, qui vont devoir négocier avec ce représentant de la droite dure, dans le cadre de la grande grève interprofessionnelle du 29 janvier.
Comme un épiphénomène, Nathalie Kosciusko-Morizet est sortie du secrétariat à l’écologie pour être mise au placard à l’économie numérique. Certes, elle affirmait ce vendredi sur Inter qu’il s’agissait d’une promotion, mais elle doit bien être la seule à y voir une telle évolution. On peut plutôt y voir le résultat de sa liberté d’expression face à Jean-Louis Borloo et au président de la République, et du fait que l’écologie n’est pas vraiment la priorité de nos dirigeants.
Enfin, le président utilise à fond les quelques personnalités de gauche qui lui reste, pour faire passer ses politiques et tenter de calmer le mécontentement généralisé : Eric Besson flingue définitivement sa carrière politique en acceptant le ministère de l’immigration, et Martin Hirsch va devoir aller jouer au pompier auprès de la jeunesse.
Ce qui m’inquiète, c’est que le président semble de moins en moins prêt à tolérer l’existence d’une pluralité et de résistances dans sa propre majorité : ses actions ne visent qu’à cadenasser l’UMP, à détruire les résistances internes au gouvernement et qu’à lui permettre d’exercer quasiment seul la réalité du pouvoir.
Il y a un gros risque là-dedans : le président est à poil ! Il doit encore tenir trois ans et quatre mois à la tête de l’État, en période de crise économique, et il n’a maintenant plus vraiment de soupapes à ouvrir pour relâcher le mécontentement populaire. Sarkozy est en train de se délester de tous les avantages permis par notre constitution pour protéger le président de la République.
Franchement, cher lecteur, il ne faudrait pas qu’un important mouvement social démarre dans les prochaines semaines. Le pouvoir risquerait alors de tanguer un peu fort…