Affichage des articles dont le libellé est Gouvernement. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gouvernement. Afficher tous les articles

jeudi 18 novembre 2010

Cela servait à quoi, tous ces billets sur le remaniement ?

J'ai une question à poser à la blogosphère politique française... Oui, moi, quand je pose une question, je ne passe pas par quatre chemins, on y va directement et sans faire de détour.

Cela servait à quoi, tous ces billets sur le remaniement ?

Globalement, vous n'avez fait que répéter ce que les journaux et les éditorialistes ont dit pendant trois jours : Morin n'est pas content, Bertrand va avoir du mal, pourquoi Juppé est-il revenu dans cette galère, pauvre Rama Yade... Quelle plus-value peut apporter la blogosphère dans un cas pareil ?

Je ne vois pas bien l'intérêt de faire des billets factuels de ce type, sauf si on a une réelle information nouvelle ou une idée un peu différente à apporter. Je n'ai malheureusement vu que peu de billets de ce type...

dimanche 24 octobre 2010

Tirons une leçon du mouvement contre la réforme des retraites.

Ce qui est finalement le plus inquiétant, dans le mouvement des retraites, est la lumière faite sur une démocratie en état de décomposition avancée. De droite comme de gauche, nous devrions tous nous en inquiéter, au lieu de nous y vautrer.

Au début de l'année, le président de la République annonce une réforme qu'il va tenir apparemment jusqu'au bout en l'adaptant à peine à l'extrême-marge. Dans ce processus, l'ensemble des acteurs de notre système démocratique sont bafoués : les syndicats ne sont pas consultés, les autres partis politiques à peine, le parlement qui tente régulièrement de faire évoluer ce texte doit finalement réduire ses débats au minimum et n'accepter que les amendements tolérés par le gouvernement. L'impression qui ressort de tout cela est une évidence : le gouvernement peut faire ce qu'il veut, comme il le veut, sans qu'une opposition institutionnelle réelle puisse se mettre en place.

On pouvait à ce moment-là espérer que la rue se substitue et prenne le contrôle des choses. Finalement, jusqu'à maintenant, ce n'est pas du tout le cas. Les syndicats ont organisé un mouvement, au départ, très peu contestataire : quelques grandes manifestations, certes impressionnantes, mais qui n'inquiétaient pas plus que cela le pouvoir. Ces dernières semaines, les choses se sont radicalisées mais sans soulever l'ensemble des Français. Certes, des salariés de certains secteurs se sont fortement mobilisés, mais sans jamais parvenir à déclencher une grève majoritaire et sans paralyser le pays. Même s'il faut faire la queue une heure pour avoir de l'essence, on ne peut pas dire que notre vie en soit radicalement transformée.

Dans ce petit bras de fer, les acteurs ont donc cherché, avec une certaine insistance, la position de la population. Ah, comment savoir ce que peut bien vouloir le peuple... On a donc, de tous les côtés, commandé des sondages, dont on sait pourtant qu'ils sont aisément manipulables et réalisés dans des conditions toujours discutables. Ainsi, dans les grands débats organisés dans nos médias, on a pu voir les partisans des deux camps se jeter les mêmes chiffres à la figure en affirmant détenir le soutien de la majorité. Sans aucune preuve concrète.

Dans ce jeu stupide, les médias ne sont pas en reste. Pour illustrer l'avis du bon peuple, on rajoute une louche de sondages et surtout, les habituels micro-trottoirs où un bon Français donne son avis. Souvent, ces petits reportages sont au mieux risibles. Voici que, sur TF1, on interroge un passant de Neuilly-sur-Seine qui, bien évidemment, déclare sa haine de ces infâmes grévistes privilégiés qui l'empêchent de mettre de l'essence dans sa Porsche... Pendant ce temps, sur Arte, voici un enseignant qui dit comprendre les grévistes. Sur France 2, un médecin libéral se plaint de ne pas pouvoir remplir sa voiture d'essence pour aller faire sa tournée, alors que sur une autre chaîne du service public, un médecin hospitalier rejette la réforme. Le pire a pour moi été d'entendre l'habituel langue de bois ressassant toujours les mêmes marronniers que nous devrions considérer comme justes : les Français sont nuls en économie, les Français sont des enfants qui refusent une réforme inévitable, les Français en ont marre de ces prises en otage, les Français ont besoin de l'essence pour vivre, les Français veulent la fin du statut de la fonction publique, les Français sont fatigués de cette élite bourgeoise qui prend des décisions qui ne la touchent pas directement...

Au final, quelle est l'opinion majoritaire ? Les sondages n'ont pas arrêté de dire deux choses totalement contradictoires : les Français soutiennent le mouvement de grève mais ils pensent la réforme inévitable. On pourrait trouver nos concitoyens totalement incohérents mais il faut bien prendre en compte les facteurs pouvant expliquer ces réponses. Pour moi, la réforme était effectivement inévitable, non pas parce qu'elle aurait permis de sauver le système de retraites, mais parce qu'elle était portée par un gouvernement que personne ne peut bloquer. D'un autre côté, les Français disent soutenir le mouvement mais ils se gardent bien de s'y engager eux-mêmes. Là encore, on assène souvent que la majorité des Français ne peut faire grève et agir parce que la vie est dure et que la crise économique frappe. Cependant, il y a eu de nombreuses manifestations, y compris en week-end, et tout le monde pouvait s'y associer. De même, l'histoire a souvent montré que, même lors de crises économiques terribles, nos concitoyens pouvaient parfaitement se soulever et prendre de réels risques (souvenez-vous de 1848, de 1871, de 1936 et même de 1995). Aujourd'hui, rien de tel.

Les défenseurs du président de la République se ruent sur cette inactivité pour prouver que les Français, à cause de ces sondages contestables (qu'ils n'hésitent pourtant pas à utiliser lorsqu'ils sont de leur côté), soutiennent la loi. Pourtant, rien n'est moins sûr. Qui a aujourd'hui une preuve réelle de l'opinion de la population ? Je vais te répondre, cher lecteur, pour que tout soit clair : personne, rigoureusement personne ! Nous ne pouvons connaître que l'avis de nos proches (famille, travail, amis...) avec qui on a souvent de nombreux points communs idéologiques. Je peux te faire d'ailleurs un sondage : 70% de mes connaissances sont contre cette réforme. Puis-je conclure qu'il faut la rejeter ?

Il n'existe réellement que deux moyens de connaître l'avis des Français :

  • convoquer un référendum,
  • dissoudre l'Assemblée nationale et faire une élection.
Personnellement, je penche largement pour la première. Un référendum oblige le citoyen à s'intéresser réellement à la question posée et à quitter les simples invectives qui résument le débat politique actuel. Il doit se forcer à aller vérifier les chiffres, à peser les idées en présence, et finalement faire un choix. Là encore, les partisans de la démocratie pour une minorité vont crier au populisme, au risque de manipulation, à la bêtise naturelle du citoyen... Je pourrais moi-même le faire d'ailleurs, faisant partie de ce groupe de gens qui peut faire grève sans prendre trop de risques, par crainte que mes concitoyens choisissent de soutenir cette réforme réactionnaire.

Je peux cependant te rassurer, cher lecteur, ce référendum n'aura pas lieu. A force de pratique politique, j'ai pu identifier un point commun général à l'ensemble des camps et des acteurs de notre démocratie : tout le monde est d'accord pour que la nation s'exprime globalement le moins souvent possible. Une fois tous les cinq ans, hein, les gars, ça suffit. Surtout, ne surgissez pas dans le débat. On ne vous aime tellement pas qu'il est hors de question qu'on vous consulte même sur des sujets où on est sûr que vous serez d'accord. Pourquoi ? Parce qu'on ne vous connaît pas, on ne vous voit jamais (une fois tous les cinq-six ans pour se faire réélire) et on se fiche totalement de vous.

Personnellement, je suis prêt à prendre le risque de me prendre une tôle et de voir cette loi nullissime passer. Je crois en effet que, si les arguments des opposants à la réforme sont si forts, il n'y a pas à craindre d'affronter nos adversaires dans un réel débat public. De plus, il est important d'obliger nos concitoyens à prendre une vraie décision, claire et nette, car dans ce débat stérile, ils ont clairement exprimé une chose : le refus de prendre leurs responsabilités. On n'embêtera pas le gouvernement qui fait ce qu'il veut, mais on soutient les grévistes sans rien faire soi-même.

A quoi cela sert-il d'être citoyen et de vivre dans une démocratie si c'est pour laisser d'autres que vous-même faire le boulot ?

jeudi 29 avril 2010

Concertation ta mère !

Ce matin, cher lecteur, Éric Woerth, notre joyeux ministre des affaires sociales, était l'invité de France Inter. J'ai pris la peine, comme je suis sûr de nombreux auditeurs, d'écouter avec attention les mots choisis par le ministre pour parler des concertations en cours sur la réforme des retraites.

Ah, les concertations... Plus ça va et plus ce terme est pénible à entendre. Le ministre en a fait ce matin une définition absolument parfaite et il faut que je puisse vous la livrer. Alors que Nicolas Demorand s'interrogeait sur sa rencontre avec Martine Aubry...

Bon, là, cher lecteur, il me faut faire une pause. Comme cela avait été annoncé, Aubry n'a pas communiqué au ministre sa vision de la réforme des retraites, estimant que le gouvernement risquait de piller le programme du PS. Il est très difficile de comprendre cette stratégie, même après une très longue réflexion. Pourquoi ne pas dire ce que l'on veut faire, même si le gouvernement prend des éléments après ? Il sera d'autant plus facile ensuite de dire que l'UMP n'a pas d'idées et qu'elle est obligée de faire une politique de gauche. Avec ce choix, la droite aura beau jeu de dire que le PS ne dit rien parce qu'il n'a pas d'idées...

Et donc, en recevant Martine Aubry, Woerth a proclamé qu'il avait "écouté" la leader socialiste, car nous étions en "phase d'écoute". Voilà une définition de la concertation parfaite venant d'un politique. On écoute, cher lecteur, on écoute, mais fondamentalement, on s'en fiche et on fera ce que l'on veut. Vu le pilonnage médiatique actuel autour de la situation du régime de retraites, le gouvernement a la voie libre pour réformer tranquille. Les actions sociales n'en prennent que plus de sens.

Pendant ce temps, cela ne semble inquiéter personne mais la Grèce est sur le point de faire faillite et de déclencher la véritable crise que nos politiques avaient réussi à éviter partiellement à la fin 2008. Derrière, le Portugal, l'Espagne, l'Irlande et l'Italie pourraient suivre...

lundi 11 mai 2009

Définir une position sur les crimes passés de la France.

Régulièrement, sur ce blog mais aussi sur d'autres, nous avons eu des affrontements avec des contradicteurs nous accusant de réduire et de mépriser la France à cause de son passé historique. Cela est arrivé souvent sur des discussions sur le passé colonial, mais aussi sur l'occidentalisme plus récemment. A droite semble donc dominer l'idée que les personnes de gauche considèrent notre passé comme une tare, comme un poids, et que s'exprime en permanence un besoin de repentance face aux crimes passés de notre pays. On a même vu ressurgir, sur certains blogs, le terme d'« anti-France », que je croyais pourtant relégué dans les oubliettes de l'histoire. Il est d'ailleurs intéressant de constater que la bien-pensance est là de l'autre côté : « mais non, la colonisation n'était pas négative, et la France n'a pas à rougir de son passé. »

En fait, je crois que nos contradicteurs font une erreur fondamentale d'interprétation de nos modes de pensée. Personnellement, je ne me sens absolument pas coupable des crimes ou des idées débiles développées dans le passé. Certes, mes ancêtres ont parfois fait des bêtises. C'est le cas de la colonisation ou de la collaboration. Cependant, je n'étais pas là, et je n'ai donc pas à assumer quoi que ce soit sur ce sujet. De plus, je n'ai pas vécu cette période, mais je sais qu'une grande majorité des Français soutenaient l'idée d'empire colonial dans les années 1930, et que Pétain a été vu comme un sauveur, au moins durant la première année, par une ultra-majorité des Français. Je ne vois pas pourquoi j'aurais été différent à ce moment-là.

Par contre, nous avons à gérer ce passé historique, qui, parfois, a encore un impact sur la vie de notre pays aujourd'hui. C'est le cas de la colonisation. Je reste persuadé que le rapport des Français avec les immigrés de l'ancien Empire sont en lien avec ce passé colonial. Il subsiste dans notre inconscient collectif cette idée d'enfance de l'indigène, d'infériorité, que les Français doivent aider et éduquer. De même, le personnage du jeune de banlieue un peu sauvage me semble correspondre assez strictement à la définition que donnait Jules Ferry de l'œuvre civilisatrice de la France en 1885. Finalement, Jean-Pierre Chevènement, en employant ce magnifique terme de « sauvageon » en 1998, en parlant des jeunes des cités, nous rappelait la persistance de la pensée colonialiste dans notre beau pays, y compris à gauche : comment ne peut-on pas voir le lien avec le terme de « sauvage » qu'utilisait Montaigne.

Pour gérer ce problème, je crois qu'il faut totalement assumer notre passé. Si la France a commis des crimes, s'est comportée comme une grande puissance dominante qui a écrasé de nombreux peuples durant cette période, il faut tout simplement l'admettre ! C'est un fait historique, qu'il faut expliquer à nos enfants (pourquoi cela s'est-il produit ? Quel était le contexte idéologique ? Quelles résistances ?). De même, il faut montrer quelles idées et quelles valeurs se sont exprimées dans la collaboration, et lesquelles dans la réaction du général de Gaulle et des résistants. Il ne faut pas gommer ces actes : quand on aime quelqu'un ou quelque chose, on le prend en entier, dans sa totalité, avec ses qualités et ses défauts. La France, c'est la Révolution française et la colonisation. C'est la résistance et la collaboration. C'est la droite et c'est la gauche.

Par contre, ce qui provoque souvent ma réaction outrée, c'est la persistance des idées qui ont fondé ces crimes dans notre société. Finalement, il ne s'agit pas de faire de la repentance gratuite. Envers les anciens colonisés par exemple, il est important de rappeler, et ce même quand notre gouvernement va dans l'autre sens, que tous les Français ne partagent pas cette volonté de nier le passé historique de la France. Nous n'en avons pas honte, mais nous ne sommes pas prêts à laisser les choses se reproduire et perdurer.

Ce qu'il faut prendre en compte, c'est le passage du temps. Autant on peut saisir que les Français de 1880 aient pu être dominés par des raisonnements de puissance et racialistes concernant la colonisation. Autant il est totalement anormal que subsiste aujourd'hui dans notre société, alors que les idées ont avancé depuis, les mêmes valeurs et les mêmes idées. En assument nos actes passés, nous pouvons nous départir de ces idées, et passer à autre chose…

mardi 31 mars 2009

L’étonnant retour d’Alain Juppé sur notre scène politique.

Les hommes politiques sont marrants. Ce matin, j'ai entendu Alain Juppé sur France Inter. L'ancien premier ministre a eu une carrière politique qui n'a pas été simple. Il a supporté l'une des grèves les plus importantes des 30 dernières années en 1995 et a été le premier ministre de la Ve République le plus impopulaire, il a dû payer pour les errements de la mairie RPR de Paris par une peine d'inéligibilité et s'exiler ensuite un an au Canada, il a enfin tenté un retour au premier plan en étant l'un des principaux ministres de François Fillon dans son premier gouvernement, avant de démissionner, à cause de son échec aux législatives.

Depuis, l'ancien Premier ministre semblait se consacrer uniquement à sa bonne ville de Bordeaux. Mais là, depuis quelques jours, Juppé fait un retour en force sur la scène médiatique : Jacques Delors l'évoque la semaine dernière comme un potentiel président de la Commission Européenne, les médias parlent aussi d'un retour au gouvernement pour redorer un peu un gouvernement Fillon dont les ministres sont pour la plupart à l'agonie politique.

Ce matin, Alain Juppé faisait la promotion de son nouveau livre : « Je ne mangerai plus de cerises en hiver. » Dans ce bouquin, Juppé prône un nouveau modèle économique moins consumériste, moins incohérent environnementalement parlant, et moins soumis aux infâmes règles du marché. D'ailleurs, ce matin, il a appelé à proposer une loi sur les rémunérations des patrons, à ma grande surprise, alors qu'on a déjà publié un décret, apparemment mal fichu, sur la question.

Franchement, cher lecteur, ce type de discours me fait bien rigoler. On oublie de dire que Juppé a été le promoteur de ce système. En tant que Premier ministre, il a défendu une politique de réduction de la place de l'Etat et de dégradation des systèmes sociaux. Auparavant, il avait été ministre du budget lorsque Jacques Chirac était Premier ministre, entre 1986 et 1988, dans une des phases les plus libérales de notre histoire politique.

Doit-on déjà à la crise d'avoir amené Alain Juppé à changer radicalement de position idéologique ? Franchement, je n'en crois rien. Sans doute s'agit-il d'une conversion bien opportune, visant à se mettre en phase avec la population pour préparer un retour.

Nos hommes politiques sont vraiment increvables…

dimanche 18 janvier 2009

Quels enseignements du remaniement ministériel ? Sarkozy est nu !

Cela semble être passé inaperçu, mais notre gouvernement a été quelque peu modifié ces derniers jours. Les choix qui ont été faits par le président de la République m’inquiètent réellement pour l’évolution de notre pouvoir politique, et sur l’aspect de plus en plus soumis au président de ce gouvernement.

Tout d’abord, ce remaniement visait à permettre au président de reprendre la main sur l’UMP, apparemment trop phagocytée par le bouillonnant et ambitieux Jean-François Copé. Voici donc à la tête du parti Xavier Bertrand, l’un des seuls hommes politiques de droite qui avaient un peu de poids dans le gouvernement. Sarkozy parvient donc à la fois à écarter Bertrand du pouvoir et, en même temps, à le rendre redevable de son accession à la tête de l’UMP. A part Michèle Alliot-Marie et un François Fillon toujours aussi inaudible, il ne reste plus de grande figure de la droite dans ce gouvernement.

Pour remplacer Bertrand aux affaires sociales, voici l’arrivée de Brice Hortefeux. Cela laisse augurer d’une évolution très négative des rapports sociaux dans notre pays, vue la grande ouverture d’esprit du ministre à la tête du ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Je n’aimerais pas être à la place des syndicalistes dans les prochaines semaines, qui vont devoir négocier avec ce représentant de la droite dure, dans le cadre de la grande grève interprofessionnelle du 29 janvier.

Comme un épiphénomène, Nathalie Kosciusko-Morizet est sortie du secrétariat à l’écologie pour être mise au placard à l’économie numérique. Certes, elle affirmait ce vendredi sur Inter qu’il s’agissait d’une promotion, mais elle doit bien être la seule à y voir une telle évolution. On peut plutôt y voir le résultat de sa liberté d’expression face à Jean-Louis Borloo et au président de la République, et du fait que l’écologie n’est pas vraiment la priorité de nos dirigeants.

Enfin, le président utilise à fond les quelques personnalités de gauche qui lui reste, pour faire passer ses politiques et tenter de calmer le mécontentement généralisé : Eric Besson flingue définitivement sa carrière politique en acceptant le ministère de l’immigration, et Martin Hirsch va devoir aller jouer au pompier auprès de la jeunesse.

Ce qui m’inquiète, c’est que le président semble de moins en moins prêt à tolérer l’existence d’une pluralité et de résistances dans sa propre majorité : ses actions ne visent qu’à cadenasser l’UMP, à détruire les résistances internes au gouvernement et qu’à lui permettre d’exercer quasiment seul la réalité du pouvoir.

Il y a un gros risque là-dedans : le président est à poil ! Il doit encore tenir trois ans et quatre mois à la tête de l’État, en période de crise économique, et il n’a maintenant plus vraiment de soupapes à ouvrir pour relâcher le mécontentement populaire. Sarkozy est en train de se délester de tous les avantages permis par notre constitution pour protéger le président de la République.

Franchement, cher lecteur, il ne faudrait pas qu’un important mouvement social démarre dans les prochaines semaines. Le pouvoir risquerait alors de tanguer un peu fort…