Bon, samedi, y avait manif, pour dénoncer la xénophobie, à l'appel de la LDH. J'ai donc été faire un petit tour dans le cortège parisien pour voir un peu de quoi il pouvait bien retourner. Sincèrement, cher lecteur, je m'attendais à un gros flop.
Ce ne fut pas le cas.
Certes, il n'y a pas eu un cortège monstrueux, et le gouvernement et la réacosphère plastronnent devant l'inaction des Français, mais le cortège parisien était tout de même relativement important, puisqu'il s'étirait en rang serré entre République et Bastille, ce qui est loin d'être ridicule.
N'empêche que le gouvernement est parvenu à faire passer son thème sécuritaire, affichant une nouvelle fois son irresponsabilité. En effet, dans ce pays, de plus en plus, plutôt que de chercher à faire face aux difficultés, les différents acteurs ont pris l'habitude de se réfugier derrière des coupables qu'il faut châtier de manière plus ou moins violente. Ainsi, notre gouvernement a pu accuser de tous les maux, à différentes périodes, les fonctionnaires, les juges, les banques, les Etats-Unis, les islamistes, les gauchistes, l'Union Européenne, Raymond Domenech et les pays du Sud de l'Europe qui ne savent pas se gérer. A gauche, on accuse les banques, les juges, certains fonctionnaires, la police, les racistes, les patrons, l'Union Européenne et Raymond Domenech. Chez les réactionnaires, ce sont les Arabes, les Noirs, les Roms, les étrangers, les patrons, les fonctionnaires, les profs, les hommes politiques, les pédés, les banques et l'Union Européenne, voire Raymond Domenech qui n'avait sélectionné que des étrangers. Chez les libéraux, voici venir les fonctionnaires, les syndicats, les politiques, l'Union Européenne, les islamistes, les marxistes, les socialistes et Raymond Domenech.
Ces discours, tout le monde les tient à un moment ou un autre, moi compris. Je ne jette donc la pierre à personne. Cependant, je ne peux que constater l'inefficacité de ce mode de fonctionnement intellectuel.
Lorsqu'on passe son temps à chercher des coupables, on évite de traiter le problème de fond. On s'enfonce dans la recherche de ses ennemis supposés et on se refuse à voir ce qui a produit la situation. D'autre part, on évite surtout soigneusement d'analyser ce qu'on est soi-même, car finalement, on a toujours une victime qui traîne et qui vous permet de passer vos nerfs. Ainsi, en accusant sans cesse l'autre de tout, on évite le changement et on stagne, personnellement et collectivement.
Ainsi, en disant : "la criminalité existe parce qu'il y a des Roms en France", on refuse d'analyser cette criminalité, de comprendre d'où elle sort, et pourquoi notre société amène la naissance de ce phénomène. On ne se questionne pas, on condamne. L'expulsion devient la solution la plus simple et on espère se débarrasser ainsi des problèmes, l'extermination étant passée de mode. Rassure-toi, cher lecteur, ils sont toujours là.
Finalement, on pourrait presque affirmer que les vrais conservateurs sont ceux qui ne cessent de chercher des coupables et qui se refusent à se confronter aux difficultés et à leur propre part de responsabilité dans les affaires. Comme d'autres, j'ai donc une part de conservatisme. J'essaie de me soigner, mais je dois l'admettre, cher lecteur, c'est difficile...
Ce ne fut pas le cas.
Certes, il n'y a pas eu un cortège monstrueux, et le gouvernement et la réacosphère plastronnent devant l'inaction des Français, mais le cortège parisien était tout de même relativement important, puisqu'il s'étirait en rang serré entre République et Bastille, ce qui est loin d'être ridicule.
N'empêche que le gouvernement est parvenu à faire passer son thème sécuritaire, affichant une nouvelle fois son irresponsabilité. En effet, dans ce pays, de plus en plus, plutôt que de chercher à faire face aux difficultés, les différents acteurs ont pris l'habitude de se réfugier derrière des coupables qu'il faut châtier de manière plus ou moins violente. Ainsi, notre gouvernement a pu accuser de tous les maux, à différentes périodes, les fonctionnaires, les juges, les banques, les Etats-Unis, les islamistes, les gauchistes, l'Union Européenne, Raymond Domenech et les pays du Sud de l'Europe qui ne savent pas se gérer. A gauche, on accuse les banques, les juges, certains fonctionnaires, la police, les racistes, les patrons, l'Union Européenne et Raymond Domenech. Chez les réactionnaires, ce sont les Arabes, les Noirs, les Roms, les étrangers, les patrons, les fonctionnaires, les profs, les hommes politiques, les pédés, les banques et l'Union Européenne, voire Raymond Domenech qui n'avait sélectionné que des étrangers. Chez les libéraux, voici venir les fonctionnaires, les syndicats, les politiques, l'Union Européenne, les islamistes, les marxistes, les socialistes et Raymond Domenech.
Ces discours, tout le monde les tient à un moment ou un autre, moi compris. Je ne jette donc la pierre à personne. Cependant, je ne peux que constater l'inefficacité de ce mode de fonctionnement intellectuel.
Lorsqu'on passe son temps à chercher des coupables, on évite de traiter le problème de fond. On s'enfonce dans la recherche de ses ennemis supposés et on se refuse à voir ce qui a produit la situation. D'autre part, on évite surtout soigneusement d'analyser ce qu'on est soi-même, car finalement, on a toujours une victime qui traîne et qui vous permet de passer vos nerfs. Ainsi, en accusant sans cesse l'autre de tout, on évite le changement et on stagne, personnellement et collectivement.
Ainsi, en disant : "la criminalité existe parce qu'il y a des Roms en France", on refuse d'analyser cette criminalité, de comprendre d'où elle sort, et pourquoi notre société amène la naissance de ce phénomène. On ne se questionne pas, on condamne. L'expulsion devient la solution la plus simple et on espère se débarrasser ainsi des problèmes, l'extermination étant passée de mode. Rassure-toi, cher lecteur, ils sont toujours là.
Finalement, on pourrait presque affirmer que les vrais conservateurs sont ceux qui ne cessent de chercher des coupables et qui se refusent à se confronter aux difficultés et à leur propre part de responsabilité dans les affaires. Comme d'autres, j'ai donc une part de conservatisme. J'essaie de me soigner, mais je dois l'admettre, cher lecteur, c'est difficile...
