mardi 30 juin 2009

Une perle pour résumer.

Ça y est, cher lecteur ! Après un travail assez long et, je dois le dire, fastidieux, je viens de classer l'ensemble de mes billets publiés sur ce blog dans une perle. Vous la trouverez ci-dessous.

Avec nos gueules...

J'avais déjà réalisé ce travail pour les Privilégiés. L'usage des perles permet de classer les billets autrement que par l'entrée chronologique, ce qui aide l'auteur à s'y retrouver et autorise les lecteurs de faire des parcours par thème.

Ce classement m'a obligé à relire la plupart de ces billets pour savoir où les mettre. Je me suis rendu compte à quel point mes deux blogs se différenciaient maintenant. D'ailleurs, lorsqu'un thème de billet me vient, je sais instantanément sur quel blog je vais le rédiger. Parfois, je suis conscient de la raison : je sais que le thème va faire réagir Fabrice et/ou Manuel. Or, le but de ce blog étant de créer le débat, c'est intéressant. De plus, je sais que lorsque Manuel et/ou Fabrice réagit, l'autre pointe rapidement son nez… Par contre, le plus souvent, je choisis sans vraiment réfléchir à la raison, mais on retrouve des entrées dominantes. Il faudrait que j'en parle à mon psychanalyste pour faire la part des choses…

J'ai pu aussi me rendre compte à quel point nos commentateurs avaient changé. Ils furent d'abord très LHC, et sont maintenant dominés par les gauchistes et les réactionnaires. Étonnante évolution…

Bon, je te laisse, cher lecteur, redécouvrir ces billets si tu ne les connais pas déjà.

lundi 29 juin 2009

Obama face à l’histoire de la relation entre Etats-Unis et Amérique latine.

Je sais que l'actualité est en ce moment focalisée sur Michael Jackson et sur le grand emprunt, voire même sur la burqa, mais je voudrais te parler aujourd'hui d'un petit pays d'Amérique latine, le Honduras.

Hier, un coup d'État s'est produit dans ce pays. L'armée a procédé à l'arrestation du président Manuel Zelaya, qui tentait d'organiser un référendum pour avoir le droit de briguer un second mandat. Cette réforme était contestée par de nombreux acteurs politiques du pays, l'armée certes, mais aussi le Parlement, la Cour suprême et le propre parti politique du président. Les États-Unis ont nié toute intervention dans cet événement. Le président a été relâché au Costa Rica. Durant le putsch, les ambassadeurs cubains et vénézuéliens auraient été arrêtés et tabassés par les militaires.

Cette action au Honduras fait renaître les putschs militaires que l'on croyait disparu dans cette région du Monde. De plus, elle touche un pays qui a largement souffert des conflits entre États-Unis et URSS. Durant les années 1970, le Honduras servit de base arrière aux États-Unis dans leur lutte contre les sandinistes du Nicaragua. De plus, la démocratie y est récente (1981) et n'est pas solidement installée, comme le prouve cette crise. Je m'étonne que ce putsch ait eu lieu sous la présidence de Barack Obama, qui s'était engagé à faire évoluer la relation des États-Unis avec son pré carré sud-américain. Certes, le président américain a appelé l'armée du Honduras à respecter les institutions démocratiques, mais il est impossible que ce putsch ait pu avoir lieu à la barbe de Washington.

Le président Zelaya, pourtant élu sur un programme conservateur, avait changé progressivement de camp et s'était rapproché de Cuba, du Venezuela et de la Bolivie. En août 2008, le Honduras a rejoint l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), fondée par Hugo Chavez pour regrouper ses alliés, en opposition avec le projet de Zone de Libre-échange des Amériques lancée par George W. Bush.

C'est marrant : ce matin, l'AFP nous apprend que Chavez s'agite et commence à dire qu'il pourrait lancer une intervention militaire sur le Honduras pour rétablir Zelaya. Franchement, je doute que le Venezuela ait les moyens et l'intérêt de lancer une opération pareille. Par contre, c'est toute l'image d'Obama en Amérique latine qui est posée.

Il n'est même pas sûr que le président américain ait été vraiment acteur de cette action : peut-être les opposants honduriens ont-ils simplement tenté leur chance en espérant le soutien américain. Cependant, si Obama soutient, il ouvre la porte à tous les conservateurs sud-américains qui pourraient y voir un signal pour se lancer dans de nombreux coups d'Etat un peu partout, comme en Bolivie ou Morales est très contesté. Ce soutien créerait une instabilité très grande dans la région et remettrait en cause des démocraties déjà fragiles, alors qu'Obama s'était montré plutôt ouvert au départ. Espérons que le président américain garde suffisamment son sang-froid et puisse rompre avec les vieux démons de la politique régionale américaine…

dimanche 28 juin 2009

Le FN refait surface à Hénin-Beaumont.

Ce soir, alors qu'on croyait le FN définitivement enterré, le voici qui refait surface.

Des élections municipales partielles se déroulaient à Hénin-Beaumont, suite à la procédure lancée par la justice contre l'ancien maire socialiste, Gaston Dalongeville. Celui-ci est actuellement écroué pour une affaire de fausses factures, après de multiples critiques sur sa gestion de la ville. Le PS a longtemps tardé à réagir contre un maire très discutable.

Marine Le Pen a donc profité de ce contexte pour tenter de s'implanter. Elle s'était déjà présentée aux municipales de l'an dernier mais avait échoué. Ce soir, elle parvient à obtenir, dès le premier tour, le score de 39% des voix, au-dessus de ce que les sondages laissaient espérer. Certes, les listes de gauche font un score honorable, mais elles sont divisées.

Dans cette affaire, le PS porte une lourde responsabilité. Voilà que le FN se prépare à prendre une ville et à créer un nouveau Vitrolles. Marine Le Pen, si elle remporte cette élection, va pouvoir tenter de gagner une respectabilité en gérant une commune. D'ailleurs, les électeurs ne s'y sont pas trompés : la liste à laquelle participe le PS arrive en troisième position.

Le second tour se déroule le 5 juillet. On ne peut espérer que la défaite du FN, et que la nouvelle municipalité élue se détache de la gestion calamiteuse du précédent édile…

Interdire la Burqa... Pourquoi?

Je vais finalement m'exprimer sur cette nouvelle marotte médiatique et politique qu'est l'interdiction de la Burqa.
Tout d'abord j'aimerais préciser que la vue d'une burqa me hérisse le poil, et certainement pas dans le bon sens du terme, toutefois, comme j'ai pu l'écrire dans un billet précédent, je pense qu'il ne faut surtout pas juger de manière unilatérale la condition des femmes portant le voile.
Il y a quelques jours je suis tombé sur un billet d'Aurélien Véron, avec qui je suis totalement d'accord à ce sujet.
Mais en faisant pour mini tour des blogs ce matin j'ai découvert que Nicolas le provocateur était de retour, mais de manière assez inhabituelle, j'avais presque l'impression de lire du LOmig...
Justifier l'interdiction de la Burqa en France par les horreurs perpétrées contre les femmes dans les pays appliquant la Charia me semble très réducteur et manipulateur.
Je me pose une question concernant cette création d'une commission d'enquête parlementaire sur le port de la Burqa.
A quel but?
Pourquoi relancer le débat sur le voile et vouloir interdire la Burqa?
Combien de femmes portent la Burqa en France?
La commission sera chargée de la déterminer, tout ce que je peux dire, c'est que j'ai du en voir une ou deux en France de toute ma vie. Je pense que le nombre est extrêmement réduit.
Donc on assiste à tout un battage médiatique pour interdire quelque chose de terrible mais touchant qu'un petit nombre de femmes de notre pays.
Le problème, c'est qu'à mon avis, cette interdiction contribuera à creuser un peu plus encore le fossé déjà profond existant entre la communauté musulmane et le reste de la France.
Car on ne s'attaque pas là aux signes religieux en général, on s'attaque à une communauté particulière, et en mettant à l'index les porteuses de Burqa, on diabolise également les femmes portant le voile "simple".
Aggraver encore un peu plus le malaise communautaire en France pour sauver les quelques femmes portant la Burqa, ou plus probablement pour une question de principes je trouve pas cela très fin politiquement.
Les résultats seront probablement une réaction épidermique de beaucoup de musulmans français et une légitimation à rejeter les femmes voilées dans leur ensemble par les français non-musulmans.
Je pense que le gouvernement aurait pu tourner les choses différemment en dissimulant l'interdiction du port de la Burqa derrière une interdiction de dissimuler entièrement son visage, mais non, il s'est attaqué à une communauté spécifique pour une question de principes.
Pour moi une loi, une décision politique doit améliorer une situation problématique, cette proposition ne me semble pas avoir ce but, elle fait du bruit, se veut humaniste, mais aura beaucoup plus d'effets négatifs que positifs.
Je n'avais mis en lien le bon billet de Nicolas, voilà qui est fait.
J'en profite pour ajouter celui de Rubin.

vendredi 26 juin 2009

La disortografy

Je suis sûrement un fétichiste de l’orthographe, je ne sais pas, en tout cas je n’hésiterai pas à effacer un commentaire écrit en langage sms ou regorgeant de participes passaient ou passer.
Je viens de tomber sur un article fort amusant sur la discrimination à l’embauche des écrivains alternatifs sur Rue89.
Je vous en conseille vivement la lecture pour un petit moment de détente, et tant que vous y êtes poussez donc jusqu’au premier commentaire, c’est du haut niveau…
Pour ma part, si je devais me retrouver à nouveau au triage de CVs, je serai impitoyable sur les fautes d’orthographe grossières.
Remplacer le verbe du premier groupe par un verbe du troisième c’est une technique tellement simple que les fautes d’accord m’insupportent complètement.
Je ne suis certainement pas parfait en orthographe mais il y a une limite et elle est franchie de toute part.
Extrait spécial pour Fabrice des commentaires de l’article en question :
« La dysorthographie est à la langue ce que le rap est à la musique. Un aveu d'impuissance… »

Le voile pas si simple que ça

Je ne sais pas pour vous, mais je ne connais aucune femme portant la burqa, j'en ai vues mais ça s'arrête là.
Par contre j'ai eu à plusieurs reprises l'occasion de passer une soirée avec à discuter avec des couples maghrébins dont la femme était voilée, et mis à part un coup de bâton dans la gueule du mari quand elle parlait, elles m'avaient l'air tout à fait sympatiques, ouvertes, "normales".
En outre j'ai une expérience professionnelle avec des habitants très des pays de la péninsule arabique. J'étais responsable de réception dans une résidence hôtelière près de Genève où les saoudiens et autre émiratis aiment venir passer quelques semaines au frais en été.
Burqa, polygamisme, tous ces termes barbares étaient présents de juillet à août, et je peux vous affirmer que ces pauvres femmes étaient plus des marchands d'esclaves que des esclaves elles-mêmes. Marchands d'esclaves à cause de la relation très spéciale qu'elles entretiennent avec leurs "employées" philipines. Arrogantes, désagréables, fashion victimes totales, incapables d'ajouter un bonjour, un merci à leurs phrases, j'ai vu des engueulades monumentales avec leurs maris, qui au lieu de leur mettre des gifles comme on pourrait le croire, se réfugiaient plutôt à l'autre bout de la résidence pour esquiver la fureur féminine.
Alors je ne veux pas dire par là que toutes les femmes voilées sont infectes et font la loi à la maison, mais les considérer toutes commes des choses misérables à la solde d'un mari abusif, c'est un amalgames à éviter également.
Notre oeil occidental a tendance voir le mal, à juger sans vraiment savoir.
La relation de couple en orient est radicalement différente de celle que nous connaissons en occident, les rôles sont différemment répartis et si la matraitance existe, si je pense qu'elle est plus répandue dans les campagnes, au sein des populations non-cultivées et pauvres.
Je suis comme beaucoup choqué à la vue d'un voile intégral, mais je me garderai bien de victimiser la femme le portant, il est délicat de juger sur des apparences.
En tout cas , ce projet de loi pour l'interdiction de la burqa aura pour effet non pas la libération de la femme, mais de stigmatiser un peu plus les populations musulmanes vivant sur notre territoireet creuser un peu plus le fossé entre elles et le reste. Bravo!
Et puis à ce sujet, Michael Jackson est mort, je suis assez triste, ça fait bizarre...

jeudi 25 juin 2009

Coup de génie d'Obama l'iranien?

Depuis le discours d’Obama au Caire, on entend un peu tout et n’importe quoi concernant l’Iran et les dernières élections, difficile de se faire une opinion précise, peu d’information valable et beaucoup de passion et de manipulation médiatique de part et d’autre.
Il y a quand même quelque chose de frappant.
Depuis 30 ans, les Etats-Unis sont en guerre plus ou moins ouverte avec l’Iran, ils ont combattu au travers des irakiens, sanctionné à travers l’ONU, étendu leur influence dans la région en envahissant quelques voisins, menacé plus ouvertement d’envahir le pays…
Tout ça pour quel résultat ?
Un Ahmadinejad complètement légitime dans son pays, avec son discours belliqueux en accord avec la situation internationale.
Obama n’a fait que changer le discours, il a tendu la main.
Ahmadinejad a quand même gagné les élections, les dirigeants iraniens ont refusé la main tendue, mais nous assistons aux plus grandes révoltes depuis la révolution islamique de 1979.
Alors je suis incapable de dire si le pays se dirige vers une véritable révolution, une réforme de fonds de la république islamique ou une simple répression sans conséquences pour le pouvoir, mais ce qui parait clair, c’est que cette soudaine absence de danger pour l’Iran a fait s’écrouler un pilier de la politique des dirigeants iraniens.
Pourquoi continuer à provoquer le monde, à s’isoler quand on peut en faire partie.
Cette possibilité a certainement contribué à cette révolte.
La politique de la peur envolée, le peuple veut vivre mieux, et vivre mieux c’est mettre en phase une société (citadine) moderne avec une république ancestrale.
J’espère que d’autres pays…Israël…réussiront un jour à sortir de cette politique de la peur et de l’affrontement pour faire taire l’extrémisme avec une main tendue…
Je verse dans l’utopie rêveuse, je sais…

mercredi 24 juin 2009

Les chaises ministérielles

Les nombreux remaniements ministériels me laissent perplexes, on prend untel, on le met à la culture et celui qui était à l’éducation nationale pour le mettre au travail, celui qui foutait dehors les immigrés, on le place à l’intérieur…
Alors je suppose qu’il y a des raisons politiques à ce jeu des chaises musicales, mais d’un point de vue de gestionnaire de la maison France, quel est l’intérêt d’interchanger les ministres apparemment sans véritablement tenir compte de leurs compétences ?
Je n’imagine pas mon patron m’envoyer dans un service différent du jour au lendemain, j’ai les compétences pour le poste que j’occupe et plus le temps passe, plus je deviens rentable, en serait-il autrement avec les ministres ?
Les droits de l’homme et le sport, c’est pareil ?
L’éducation nationale et le travail ?
Si un ministre n’a pas été à la hauteur, pourquoi ne pas le virer ?
Et si un ministre a été bon pourquoi le déplacer ?
Placer ses pions en vue de prochaines échéances électorale est-il plus important que d’apporter les meilleures compétences possibles au service du pays ?
Je suis curieux de lire vos avis, merci.

mardi 23 juin 2009

Une réforme pas si anodine que cela, ce discours devant le Congrès…

Cher lecteur, je vais pour une fois faire amende honorable. Il y a quelques mois, j'avais rédigé un article sur la venue du président de la République devant le Congrès, considérant que cette réforme n'avait aucun intérêt pour lui à terme. Fabrice m'avait contredit en me disant que cette possibilité pourrait être utilisée par Sarkozy pour se servir de l'Assemblée comme fusible et pour lancer sa campagne présidentielle. De plus, elle lui permettait d'opposer la légitimité de la majorité du peuple à la légitimité du peuple qu'incarnent les parlementaires, mais séparément.

Après le Congrès de lundi, j'admets que Fabrice, plusieurs mois après la conversation, est parvenu à me convaincre. Plusieurs choses me poussent par là.

Il y a d'abord des symboles : le fait de voir Sarkozy faire son entrée sous les ors du château de Versailles entouré de la garde républicaine me pose un vrai problème. Normalement, le Parlement dispose de sa propre force de sécurité. Or, le voilà « protégé » par les forces du pouvoir exécutif. Même si je maintiens que nous ne sommes plus en 1799 voire en 1873, je reste troublé devant cette image.

Ensuite, le président vient bien de lancer la campagne électorale de 2012, en indiquant qu'il allait poursuivre une politique finalement trouble mais en donnant de nouveaux signaux, comme un débat sur l'âge de départ à la retraite, et le faire avec un nouveau gouvernement (qui devrait quand même ressembler à l'ancien). Or, il s'agit bien encore de marquer le tempo et de se positionner comme l'axe de la vie politique. Dans ce cadre, le Premier ministre n'est plus que celui qui va gérer, techniquement avec le Parlement, les grandes idées des futures réformes.

Enfin, comme Fabrice le disait en juillet, le président ne s'est pas gêné pour impliquer des parlementaires qui pourraient tenter d'être timorés. Ce sera leur rôle de fixer les conditions du futur emprunt national et de se débrouiller avec la burqa, voire avec les retraites. Voilà la majorité parlementaire qui va avoir du travail…

Finalement, les vrais perdants de cette affaire restent les socialistes. Malgré les différents appels à ne pas se rendre à ce Congrès, la grande majorité des parlementaires de l'opposition n'a pas résisté et n'a pas été audible. Les médias n'ont relayé que Bayrou hier. Malheureusement, Manuel avait tristement raison…

PS : tiens, au passage, un autre truc sur lequel j'avais tort…